HABITATIONS DE JOURNALIERS
De toutes les habitations rurales, celle qui est destinée à un journalier est la plus simple dans sa disposition; elle doit réunir les conditions de salubrité dont nous avons déjà parlé et dont nous répéterons les principales : l'élévation au-dessus du sol environnant d'au moins 0™,oO, autant que possible l'exposition au midi, une hauteur sous plancher de 3 mètres.
La distribution intérieure ne comportera pas un grand nombre de pièces; le journalier n'a besoin que d'une chambre pour sa fala paroisse à bénir vos constructions, qu'un simple repas, dont il sera l'hôte, réunisse votre famille, celle qui doit occuper l'habitation, les ouvriers employés à l'élever, ceux qui y seront occupés ; et vous pourrez entendre dire à quelques bonnes gens que cela vous ^Jor^era bo7^hcur. (Considérations morales sur les habitations de l'homme. Inédit.)
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Constructions rurales. — Habitations.
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mille, dans laquelle la ménagère puisse préparer ses aliments ; d'une petite pièce servant de laverie pour la vaisselle et de dépôt pour les vivres en réserve; enfin, d'un abri fermé pour la provision de bois et de vin ou de cidre. D'après ces bases, nous avons établi la petite maison représentée dans la pl. 21 : elle se compose d'un bâtiment rectangulaire de 1 1 mètres de long sur 7 de large. Voici quelle est la disposition de son plan (fig. 4).
Une entrée ou vestibule a (1'",50X2"') sert à empêcher le vent et le froid de pénétrer dans la pièce principale ; au fond se trouvent une armoire ou des rayons destinés à recevoir les menus outils du journalier. La pièce principale b (S^XS) est coupée en deux parties par ' une alcôve {\'!^,&0'X?>'"] en menuiserie, dans laquelle prennent place le lit du journalier et celui d'un ou deux jeunes enfants; le surplus de la pièce sert de cuisine et de salle à manger; un petit fourneau est placé auprès de la cheminée. A côté de cette pièce se trouve un cabinet c (l^jSOXi"")? avec évier, servant de laverie et de gardemanger; rien ne concourt plus à la propreté de l'habitation qu'un local séparé pour le dépôt des ustensiles et des provisions du ménage. La pièce (3™X6), à usage de bûcher et de cellier, pouvant avoir une communication avec la pièce principale (ainsi que l'indique le plan), est pourvue d'une entrée extérieure qui permet d'y ramasser les objets qu'elle doit contenir. Sur le tout règne un grenier auquel on communique, à l'aide d'une échelle, soit extérieurement par une porte pratiquée dans le pignon, soit par une trappe dans le vestibule a. Toutes les pièces sont pavées en carreaux de terre cuite.
Les fig. 2 et 3 sont les élévations longitudinale et latérale dn plan représenté par la fig. 4, et la fig. 5 une coupe transversale de cette petite maison qui nous semble réunir toutes les conditions nécessaTres à l'habitation d'un ouvrier de la campagne.
Construite en moellons avec pierre de taille pour les encoignures et les baies de portes etde fenêtres, couverte en tuiles avec saillie du toit de 0'",40 aussi bien sur les pignons que sur les façades, cette simple maison prendra, de la régularité de sa construction, un aspect qui ne sera pas sans quelque élégance.
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On sait combien il serait facile d'en modifier et d'en orner l'apparence par le mélange de la brique à la pierre de taille, aussi bien dans les encoignures que dans les baies de portes et de fenêtres. Nous ne parlerons pas non plus de l'addition de chaînes formées des mêmes matériaux qui, suivant le goût de leur disposition, pourraient faire de cette modeste demeure un objet digne d'orner un parc ou une propriété d'agrément.
— La petite maison représentée dans la pl. 3 a la même destination que la précédente (1). La disposition extérieure varie en ce que l'entrée principale se trouve dans le pignon. Elle se compose d'un bâtiment carré dont le côté est de 7 mètres et d'un petit appentis de 3 mètres de largeur sur 6 mètres de long, ainsi que le montre le plan (fig. 8). Des cloisons légères divisent le bâtiment carré en quatre compartiments : l'un, a (1'",50 X '•"jSO), sert de vestibule pour remplir le but dont nous avons parlé; le second, b (6"" X est la chambre d'habitation ; le lit s'y trouve placé comme dans une sorte de grande alcôve formée par le vestibule, alcôve qui pourrait, du reste, être fermée, si on le jugeait à propos; le vestibule communique avec le troisième compartimente (2™ X 1'",30), qui est une laverie avec pierre d'évier; elle sert de passage pour la quatrième partie d (2™ X destinée à l'usage de cellier ou de cabinet pour placer un lit d'enfant. L'appentis, situé à la partie postérieure du bâtiment carré, renferme un petit bûcher e (2"", 50 X 2™, 50) avec entrée extérieure, et l'emplacement /'du four ouvrant dans la cheminée de la chambre principale b. — Ce four est nécessaire toutes les fois que l'habitation du journalier est éloignée d'une ville ou d'un bourg où il puisse se procurer du pain; nous reviendrons sur son utilité et sur sa position dans la maison en parlant de l'habitation du fermier d'une petite exploitation. (Voir l'explication des pl. 8 et 9.)
(1) Une construction analogue a été faite par M. de Béhague, l'un de nos habiles éleveurs d'animaux domestiques, dans sa propriété de Dampierre-sur- Loiret ; nous en avons toutefois modifié la disposition intérieure, principalement par l'addition du vestibule a et de la laverie c.
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' Un grenier règne sur toute la partie carrée du bâtiment; on y parvient, à l'aide d'une échelle , soit par une entrée extérieure audessus de la porte de la maison , soit par une trappe s'ouvrant dans le vestibule.
Les conditions de salubrité et le mode de construction sont les mêmes que pour l'habitation représentée dans la pl. 2.
La fig. 6 de la pl. 3 est l'élévation de la face principale; la fig. 7, celle de la face latérale et de l'appentis. La fig. 9 représente une coupe transversale suivant une ligne parallèle à la face principale. Enfin le plan est représenté dans la fig. 8.
— Les deux habitations représentées par les pl. 2 et 3 pourraient servir de types aux constructions ayant pour but le logement d'un journalier ; elles comportent tout ce qui lui est nécessaire et lui procureraient un intérieur confortable qu'il est malheureusement rare de rencontrer dans la plupart des cabanes qui servent à nos ouvriers de la campagne et qu'il serait bien désirable de leur assurer. — Celles que nous allons décrire maintenant, et qui ont la même destination, ont été établies dans des conditions particulières qui peuvent cependant se rencontrer fréquemment.
— Les quatre pavillons représentés dans les pl. 4 et 5 diffèrent fort peu l'un de l'autre (1). Le plan de chacun d'eux est un carré de 6 mètres de côté extérieurement. L'habitation proprement dite ne comporte qu'une seule pièce au rez-de-chaussée; mais le rez-dechaussée est élevé de O^jSO au-dessus du sol, et cet exhaussement est produit par la partie supérieure d'une pièce en partie souterraine. On voit de suite qu'il n'est pas possible d'établir une pareille construction dans tous les terrains ; il faut, pour cela, que le sol soit sec à une assez grande profondeur afin que l'eau ne vienne pas remplir la cave de l'habitation.
Cette cave est divisée en deux parties, l'une à l'usage de bûcher et de cellier, l'autre renfermant un four dont le tuyau de cheminée
(1) Trois de ces pavillons ont été bâtis par l'un de nos voisins, M. le comte Langlois d'Amilly, dans sa propriété de Saint-Aignan-siir-Erre (Orne).
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vient se placer à côté de celui de la pièce située au-dessus et ne former avec celui-ci qu'un seul corps à deux compartiments.
L'accès de la partie souterraine a lieu par un escalier exposé à l air libre, situé sur le côté, et dont la position est indiquée dans les plans (fig. 12, 15, 18 et 21) par des lignes ponctuées; cet escalier a l'inconvénient de rejeter dans la cave la portion d'eau de pluie qui tombe sur les marches; néanmoins, comme leur surface n'est pas considérable, si le sous-sol est perméable, cet inconvénient est peu grave et ne peut faire compensation avec l'économie de couverture (I) résultant de la superposition des deux pièces l'une audessus de l'autre.
Le plancher qui sépare la cave de la pièce d'habitation est établi solidement en bois de chêne; l'emploi de ce bois est nécessité par la position du plancher non loin du sol; sa conservation, du reste, est assurée par les courants d'air qu'entretiennent les soupiraux ouverts sur les quatre faces de la cave et servant, à la fois, à l'assainissement et à l'éclairage de celle-ci.
On entre dans la pièce d'habitation, élevée au-dessus du sol ainsi que nous l'avons dit, et dont les dimensions sont de 5 mètres en tous sens, par un escalier extérieur de six larges marches en pierre; cet accès direct laisse le froid pénétrer dans la maison ; mais il serait facile d'y remédier par l'emploi d'un tambour en hois^ analogue à ceux employés dans les boutiques de Paris et dont la porte se trouverait à gauche ou à droite de l'entrée principale. Lorsqu'un pareil tambour existe, les deux portes ne sont ouvertes que l'une après l'autre et l'air extérieur n'entre que par quantités insignifiantes. Ces tambours ont encore un autre avantage; ils forment une espèce de petit vestibule dont la dimension peut n'être que de 1 mètre carré, mais qui suffit, toutefois, pour que l'homme arrivant du dehors, mouillé ou crotté, puisse y secouer ses habits et se débarrasser d'ordures qui ne vont point souiller sa demeure. L'établissement d'un pareil
(1) Cette économie est considérable dans certaines localités dépourvues do combustible pour la cuisson de la tuile et éloignées des lieux où l'on trouve les matériaux employés pour les autres modes de couverture.
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