‹ Traité des constructions rurales et de leur disposition (volume 3)Chapitre 8 sur 31 · HABITATIONS POUR UNE PETITE EXPLOITATION · texte numérisé non relu

HABITATIONS POUR UNE PETITE EXPLOITATION

L'habitation du-petit cultivateur diffère peu de celle destinée à un journalier; cependant elle doit contenir, de plus que celle-ci, quelques petits locaux destinés aux produits agricoles, qu'il est bon que l'exploitant ait auprès de lui ; tels sont la laiterie et le grenier à grain, qui n'ont pas encore une importance suffisante pour occuper des bâtiments distincts.

Le petit propriétaire ou le petit fermier peut employer dans sa culture et, par conséquent, garder auprès de lui une plus grande partie

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de sa famille ; il est donc nécessaire que sa maison puisse la contenir.

Il devient plus difficile de présenter une habitation pouvant servir de type; toutefois, comme on peut rejeter dans les autres bâtiments de la ferme les locaux à usage spécial et variables avec le mode d'exploitation, nous essayerons d'indiquer une construction pouvant servir à la majeure partie de nos petits fermiers. Nous voulons parler de la petite maison que nous avons fait construire en 1849 pour notre ferme des Petits-Chênes (1). Nous n'avons pas la prétention de donner un modèle, mais un exemple modifiable au gré de chacun. Les détails en sont représentés dans les pl. 8 et 9,

Avec quelques modifications et agrandissements, cette maison ressemble à celle que nous avons décrite dans la pl. 2. Ses dimensions extérieures sont de 13 et de 7 mètres. Le plan des fondations ( fig. 31 ) fait voir qu'elles forment un rectangle coupé en trois parties par deux murs de refend. La fig. 32 est le plan à hauteur du pavage, lequel est élevé de 0'",50 au-dessus du niveau de la cour. Un petit carré ou vestibule A, auquel on arrive par un palier surmontant trois marches, est destiné, comme nous l'avons dit, à assurer la propreté de la pièce principale et à la protéger du froid ; il donne accès, d'un côté, à cette pièce, et, de l'autre, à un escalier conduisant au grenier. La pièce principale B {maison manable), de 6 mètres en tous sens, renferme deux lits qui peuvent être isolés à l'aide d'une cloison en planches légères formant alcôve. Dans la cheminée s'ouvre un four F, sous lequel est une étuve ou séchoir. Cette disposition a été blâmée à cause du danger d'incendie qui pourrait résulter de la présence d'un four dans une maison d'habitation; mais, s'il n'en était pas ainsi, il faudrait un bâtiment spécial pour le fournil, et cette dépense n'est pas sans importance dans une petite exploitation : c'est donc d'abord une raison d'économie. 11 faut remarquer, en outre, que le four situé dans la maison est constamment sous les yeux de la ménagère, que ses alentours sont tenus plus propres que lorsqu'il est dans un bâtiment éloigné,

(1) Département de l'Orne (commune de Saint-Hilaire-sur-Erre).

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Fig. 32.

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et qu'ainsi il présente moins de danger pour la communication de l'incendie; c'est donc encore une raison de sécurité.

A côté de la pièce principale se trouve une petite chambre C , de 2™, 80 sur 3"", 50, contenant un ou même deux lits pour les enfants du fermier et pouvant servir en cas de maladie; aussi cette chambre, éclairée par une fenêtre au pignon, est-elle chauffée par une petite cheminée ou un poêle.

A droite du four est une laverie E, de 2 mètres sur 1 mètre, avec pierre d'évier. Rien de plus nécessaire que ce petit réduit ; là se concentrent une partie des travaux de la cuisine, là se rangent les ustensiles qu'elle réclame; là se font tous les lavages qui rendent si souvent la chambre d'habitation humide avec la disposition trop fréquemment vicieuse des maisons de nos campagnards.

De l'autre côté du four est une pièce D, servant soit de cabinet pour la garde des provisions , soit de laiterie ; il est en contre-bas de 0">,50; ce qui exige trois marches pour y descendre; malgré la proximité du four, dont il est séparé par une maçonnerie de 0",60 d'épaisseur, ce petit local a pu être utilisé pour une laiterie; deux petites fenêtres l'une au nord, l'autre à l'est, servent suffisamment à le rafraîchir pendant l'été. Il est voûté, comme on peut le voir dans la coupe, fig. 35; deux rangs de tablettes en pierre scellées dans le mur sont destinés à supporter les vases de la laiterie.

L'escalier G est composé de deux échelles de meunier avec un palier au milieu. Le grenier auquel il conduit est divisé en trois parties. La première, H (fig. 36), est un grenier à blé; ses dimensions (3 mètres sur 4 mètres) suffisent pour le blé mis en réserve dans une petite exploitation. S'il en était besoin, cet emplacement pourrait servir de chambre supplémentaire ; il est éclairé par une fenêtre au pignon; la naissance du toit, qui ne commence qu'à 1 mètre au-dessus du sol, y laisse une hauteur convenable; il serait facile d'y établir un tuyau de cheminée à côté de celui qui vient du bas; pour le rendre habitable, il n'y aurait besoin que d'un plafonnage sous le chevron et sous un petit plancher porté par la charpente. La deuxième partie, I, est le grenier proprement dit; sa surface

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est de 36 mètres carrés. Le même exhaussement du mur de 1 mètre règne autour.

Enfin la troisième partie, K, située au-dessus du four et de la laiterie, et dont le sol est un peu plus bas que celui du grenier précédent, peut servir à placer les objets qui demandent un emplacement très-sec et même une certaine chaleur pour leur conservation.

Les fig. 29 et 30 représentent les élévations de face et de côté de la construction. Les fig. 33, 34 et 35 sont des coupes transversales faites au milieu de la pièce principale B (fig. 33), à travers la chambre C (fig. 34) et à travers le four, la laiterie et la laverie (fig. 35). La fig. 33 est une coupe longitudinale du bâtiment (1).

C'est en moellons avec pierres de taille pour les ouvertures qu'a été établie cette construction ; les deux murs de refend que fait voir le plan des fondations (fig. 31) ont été prolongés en forme de pignons ; la charpente a donc été réduite à des éléments assez simples : sur la chambre C, des solives de 3", 80; sur la pièce B, une poutre de 7 mètres de long soutenant deux rangs de sohves de S^jlS; sur la laverie E, de petits soliveaux de 1"',30; sur la laiterie et le four qui sont, voûtés, point de planchers en charpente. La couverture est supportée par une seule ferme avec jambes de force située au milieu du bâtiment et dont la poutre forme l'entrait; le faitage et les pannes des deux parties extrêmes reposent sur les pignons et les murs de refend.

La couverture en tuiles ne présente d'autre solution de continuité que celle nécessaire au passage des tuyaux des deux cheminées ; elle est, toutefois, percée de six chatières (carneaux) destinées à l'éclairage et à l'aération du grenier.

— Sous une forme un peu plus élégante, la petite maison représen-

(I) Celte habitation a été décrite pal- notis dans les Annales de l'agriculture française en février 18'd5, peu de temps après sa construction. Les frais d'établissement se sont élevés à environ 2,000 fr., non compris la valeur des bois de charpente recueillis en entier sur l'exploitation.

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Fig. 37.

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tée dans la pl. 10 peut remplir aussi le but que nous nous sommes proposé en faisant construire l'habitation précédemment décrite. Nous en avons dressé le plan d'après une élévation que nous avons remarquée dans nos excursions (1). Ce plan (fig. 39) est composé d'un vestibule a, donnant accès d'un côté à une chambre à feu c de 5 mètres sur 3 mètres, et de l'autre à la pièce principale b servant de cuisine et ayant 20 mètres carrés de superficie. La cloison qui forme le vestibule est utilisée pour une alcôve avec cabinet éclairé par un petit œil-de-bœuf prenant jour au-dessus de l'appentis situé derrière. Dans la pièce b sont ménagés, de chaque côté de la cheminée, les emplacements d'un fourneau et de la table à manger. Si l'on voulait y établir un four, rien ne serait plus facile, en formant au pignon un petit appentis auquel on donnerait pour pendant symétrique, à l'autre extrémité, un petit local pouvant servir de bûcher, de poulailler, etc. A côté de la cuisine b se trouve une laverie d, dont le sol est plus bas d'environ 0'",30, et qui contient une pierre d'évier; cette laverie, dans laquelle on descend par deux marches, est en communication avec la laiterie qui est au même niveau et dans laquelle on peut, à volonté, pénétrer du dehors.

On arrive dans le grenier à l'aide d'une échelle apposée soit extérieurement contre la lucarne, soit intérieurement dans le vestibule a par une trappe pratiquée devant cette lucarne même. Cette disposition est moins commode que celle qui résulte de l'établissement d"un escalier à demeure; avec une échelle, le grenier est un lieu de réserve dans lequel on ne pénètre que de temps à autre; il est presque interdit à la ménagère; ici, d'ailleurs, il est peu étendu, à cause des croupes du toit et de sa naissance au niveau du plancher ; ce qui ne lui donne point de hauteur.

L'élévation de face (fig. 37) et l'élévation latérale (fig. 38) montrent quel est le mode de construction employé : moellons avec pierres de taille pour les encoignures et les montants des baies; ces

(1) Près la feme^ôcole du département du Cher, alors exploitée pat" M. Poisson, et appartenant à M. Combarel, à Aubussay, près Vierzon,

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dernières, surmontées d'un plein cintre de briques en saillie de 0™,0o; couverture en ardoise avec lucarne en bois; volets peints aux fenêtres. Cette maison, située au bout d'une petite avenue d'arbres, offre, par la variété des couleurs des matériaux employés, un aspect assez pittoresque qui peut la faire servir à la décoration d'un parc ou d'un paysage.

— La maison représentée dans la pl. I l est construite à peu près comme la précédente; des moellons avec pierres de taille aux encoignures , au soubassement et au pourtour des baies, composent les murailles, ainsi qu'on en peut juger par l'élévation de face (fig. 40) et par l'élévation latérale (fig. 41). La couverture est en tuiles plates.

Le projet de cette habitation a été dressé pour être présenté comme exemple d'une construction plus économique que la précédente, à laquelle on peut reprocher la forme du toit ; les croupes dans les couvertures ont l'inconvénient de diminuer l'emplacement utilisable, d'être d'un entretien coûteux, et parfois de laisser pénétrer l'eau de la pluie, lorsque les tuiles ou les ardoises ne sont pas en parfait état de conservation; il en est de même des lucarnes, qu'un constructeur soigneux évitera toujours d'établir sur des bâtiments ruraux, car elles sont peu solides et facilitent les infiltrations humides ; il n'y a qu'un motif d'ornementation qui puisse autoriser l'établissement des lucarnes. Aussi le toit de la maison représentée dans la pl. 11 est-il uni et à deux seules pentes ; il repose sur des pignons en maçonnerie dans lesquels des fenêtres sont ouvertes, et peuvent donner accès au grenier à l'aide d'une échelle, dans le cas où l'on ne jugerait pas à propos d'établir l'escalier intérieur dont nous allons parler un peu plus loin ; toutefois il est préférable et plus commode d'avoir un escalier intérieur ainsi que nous l'avons dit à la page précédente.

Le plan (fig. 42) comporte à peu près la même disposition que celui (fig. 39) de la maison représentée dans la planche précédente (pl. 10), mais cette disposition établie en sens inverse, c'est-à-dire que la pièce principale s'ouvre à droite du vestibule, et non à

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gauche, comme dans la première ; de telle sorte que, en supposant la maison ouverte au midi, la pièce principale aurait son pignon tourné à l'est.

Ce plan (fig. 42) se compose ainsi : a, vestibule au-dessus d'un palier extérieur, précédé de trois marches. Ce vestibule, formé de cloisons légères, donne accès à la pièce principale b, où se trouvent cheminée, fourneau, table de cuisine et une alcôve c. A côté de celle-ci, est un passage d, où on voit un petit escalier pour l'accès du grenier; cet escalier, en forme d'échelle de meunier, peut être relevé sur le côté pour laisser plus de largeur dans le passage, si on le juge à projDOS ; de fortes charnières appliquées du côté du mur facilitent ce mouvement et permettent de ne mettre l'escalier en place qu'au moment où on doit s'en servir. Le couloir d donne accès dans une pièce à feu e, contenant un lit, et utilisée soit pour les enfants du cultivateur, soit pour loger temporairement un étranger ou soigner un malade. Cette pièce peut avoir une porte donnant sur le vestibule extérieur pour le cas où on y logerait un étranger à la ferme; mais dans tout autre cas, il est préférable qu'on n'y puisse arriver que par la chambre b et le passage d.

Au fond de la cuisine b, s'ouvre une porte par laquelle on pénètre dans un petit bâtiment construit en appentis, et appuyé derrière le bâtiment principal, comme dans l'habitation précédente, mais sur une longueur un peu plus grande ; la moitié de cet appentis contient une laverie f avec pierre d'évier g, et une laiterie ou un garde-manger h, communiquant l'une et l'autre avec l'intérieur de la maison. L'autre portion de l'appentis contient un bûcher ou un cellier l, un petit poulailler ?, des latrines k, compartiments auxquels on accède seulement du dehors.

Ce projet nous semble devoir être recommandé avantageusement aux cultivateurs.

Les pignons où ne se trouvent point d'ouvertures sont utilisés pour placer des arbres en espalier surmontés d'un petit abri, ainsi qu'on le voit dans l'élévation latérale de la construction représentée dans la fig. 41 .

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Si l'on avait besoin d'établir un four dans la maison même, il serait facile de l'ouvrir dans la cheminée de la chambre b et de l'in staller sous un petit appentis accolé au pignon, comme nous l'avons dit en expliquant le plan de la maison représentée dans la pl. 10 (page 51). Si on tenait en outre à la symétrie, un petit hangar adossé à l'autre pignon remplirait cet office.

— Nous avons pris la construction représentée par la pl. 12 dans une publication anglaise, où elle est rangée parmi les cottages for labourers (1). Nous n'en avons modifié que quelques détails. L'élévation principale (fig. 43) serait fort ordinaire si elle n'était rehaussée par une espèce de petit fronton assez élancé. Ce fronton, de la hauteur du toit, est percé d'une petite fenêtre allongée qui éclaire le grenier; sur ses deux côtés inclinés règne une simple moulure en pierre de taille dont la base, recourbée horizontalement, est soutenue par deux consoles qui s'appuient sur une saillie également en pierre. Au milieu de la façade s'ouvre une porte d'entrée à deux battants protégée par un petit auvent en menuiserie. Le toit est encadré dans le recouvrement en pierre du fronton et des pignons, ainsi que le laissent voir cette fig. 43 et la fig. 44 qui représente l'élévation latérale. Les toits ainsi terminés résistent généralement très-bien à l'influence du vent; mais, si la tuile ou l'ardoise n'est pas maçonnée contre les pierres d'encadrement avec un bon mortier hydraulique, il peut en résulter des infiltrations qui nuisent beaucoup à la conservation des murs de pignons.

Le plan (fig. 45) est composé d'un vestibule a de 2 mètres de large, qui est agrandi par la saillie de 0'",30 qui supporte le fronton ; au fond du vestibule se trouvent une grande armoire ou des rayons destinés à resserrer les outils de jardinage ou de terrasse. A droite est la chambre à coucher du fermier /", avec cheminée; ses dimensions sont de 4 mètres sur 5 mètres. A gauche de l'entrée est la cuisine 6, avec cheminée et fourneau, de même grandeur que la

(1) Smith : Essay on llie construcUon of cottages ; ouvrage qui a remporté le prix de la Société royale d'agriculture d'Écosse. Glasgow, 1834.

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Fig. 47.

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chambre à coucher; à côté sont une petite laverie c avec évier et un cabinet d pouvant contenir un lit; enfin, au milieu de la pièce est un escalier e pour conduire au grenier ; il est éclairé par de petits jours ouverts dans la toiture. De chaque côté du bâtiment principal sont deux appentis : l'un contient la petite laverie c communiquant avec la cuisine et un poulailler g ; l'autre un bûcher une petite serre à provision i et des latrines k.

Dans le cas où on voudrait établir, pour cette habitation, un four dans la cuisine, il serait facile d'y consacrer l'emplacement occupé par le poulailler g. Peut-être alors faudrait-il agrandir un peu l'appentis dans le sens de sa largeur.

— Nous dirons à peu près la même chose pour la maison figurée dans la pl. 13 que pour celle que nous venons de décrire. Nous l'avons prise à la même source en faisant quelques modifications dans sa disposition intérieure. Le fronton qui surmontait la porte d'entrée est supprimé dans cette planche, mais le toit est encore renfermé dans les recouvrements en pierre des pignons. La construction , de même que la précédente, est faite en moellons avec pierre de taille pour les angles et les baies de portes et de fenêtres. Le toit se prolonge au-dessus de la porte d'entrée, de manière à former au-dessus un petit auvent supporté par deux consoles, ainsi qu'on peut le voir dans l'élévation de face (fig. 46) et dans l'élévation latérale (fig. 47).

Enfin les deux appentis qui se trouvaient sur les côtés dans la maison représentée sur la planche précédente sont remplacés dans celle-ci par un petit bâtiment situé derrière la construction et formant un T avec elle.

Le plan (fig. 48) se compose d'un vestibule a avec armoire ou rayons ; d'une chambre à coucher h ayant 4 mètres sur 6 mètres ; elle renferme une alcôve et communique avec un petit cabinet e pouvant contenir un lit d'enfant; à côté sont des latrines f s'ouvrant au dehors, mais qu'il serait très-facile de faire ouvrir dans le cabinet e, si on le préférait. De l'autre côté du vestibule est la cuisine c, de même dimension que la chambre à coucher b; dans

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celte cuisine se trouve aussi une alcôve, laquelle, si on le désire, peut être fermée à l'aide d'une porte à coulisse. La laverie ci ayant un évier communique avec la cuisine. Quant à la partie k, elle peut être utilisée de deux manières : comme emplacement de l'escalier conduisant au grenier qui surmonte le petit bâtiment et communique avec celui du grand, ou comme bûcher. Dans ce cas on monterait dans le grenier à l'aide d'une échelle appuyée sur le pignon du petit bâtiment où une ouverture serait pratiquée à cet effet ; ce qui serait moins commode qu'un escalier intérieur, si rapide qu'il dût être.

— On pourrait établir dans la cuisine un four comme nous venons de l'indiquer pour la maison précédente.

— C'est encore dans les publications anglaises que nous avons pris l'élévation (1) de la maison représentée dans la pl. 14, mais en modifiant entièrement son plan. L'élévation (fig. 49) montre le caractère de la construction; les fenêtres, presque aussi larges que hautes, sont surmontées, de même que les portes, d'une moulure ou corniche telles qu'on en faisait chez nous au moyen âge, et un tuyau en fonte, moulé sous forme de colonnette, pour le passage des eaux de pluie, coupe en deux parties symétriques la façade du bâtiment. Deux lucarnes en pierre de taille sont assises sur le bord du toit et servent à éclairer le premier étage. Une grosse cheminée enfin, de forme polygonale, vient surmonter la couverture du bâtiment.

Le plan du rez-de-chaussée (fig. 50) donne la composition suivante :

a, très-petit vestibule ;

b, réfectoire ou chambre commune ;

c, cuisine avec fourneau à vapeur, ou laiterie, ou dépense;

d, laverie; Cj office;

f, escalier tournant, un peu rapide, surtout s'il fallait monter des sacs de grain au premier étage.

(1) H. Roberts : Des habitations ouvrières; traduit de l'anglais par ordre du président de la République, Louis-Napoléon. Paris, 1850, in-4''.

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Fig. 51.

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Du réfectoire b on passe dans la chambre renfermant une grande alcôve h à deux lits ; à côté est un cabinet /c, avec petites aisances. Un autre cabinet de latrines i et un petit endroit pour serrer les outils l complètent le rez-de-chaussée de cette maison.

Le premier étage, auquel la naissance du toit à 0",50 donne un peu d'élévation, se compose d'un cabinet m (fig. 51), où l'on peut placer un lit; d'une petite chambre à feu n et de quatre compartiments, 0, g, r, servant de greniers à grains et à provisions.

Les dimensions extérieures de ce bâtiment sont de \ 0 mètres sur 6 mètres. Un petit appentis à construire par derrière permettrait l'établissement d'un four dans la pièce c.

— Nous terminerons, par la description de la maison représentée pl. 15, la série de celles que nous désignons comme pouvant servir à de petits cultivateurs (1).

L'aspect n'est plus le même que dans les constructions précédentes ; c'est ici le pignon qui forme la façade principale (fig. 52). L'élévation latérale (fig. 53) ne laisse apercevoir qu'une baie de croisée et les pentes des toits qui aboutissent sur la façade. Un premier étage sert d'habitation au fermier. La construction, solidement établie en moellons avec encoignures en pierre de taille, se compose d'un bâtiment principal et de deux appentis d'assez grande dimension. Les ouvertures, comme les conduits des cheminées, sont faites en briques; et leurs voûtes surbaissées sont reçues à la partie supérieure par des pierres qui tranchent assez vigoureusement sur la couleur sombre de la brique. Une petite fenêtre, formée d'un demicercle et située dans la pointe du pignon, sert à éclairer le grenier.

La couverture se compose de tuiles à recouvrement formant losanges, imitées des tuiles romaines, et dont l'emploi a été repris avec succès depuis quelques années.

(1) Le plan en a été tracé d'après l'élévation d'une maison de garde de M. le comte D"*, à Forges, près Montereau (Seine-et-Marne).

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Le plan (fig. 54) a pour dimensions 13 mètres sur 9 mètres; il est composé ainsi :

a, entrée, avec rayons ou armoires pour déposer des outils ; 6, cuisine de 5 mètres en tous sens ;

c, alcôve fermée par une cloison vitrée, avec porte, de manière à former une petite chambre de 2™, 50 sur 4 mètres ;

d, escalier pour monter au premier, où se trouve la chambre à coucher principale ; armoires en dessous ;

e, pièce, à côté de la cuisine, à usage de boulangerie, avec four, et de laverie, avec évier. Ses dimensions sont de 3 mètres sur 4 mètres, non compris l'emplacement du four.

/", bûcher ou cellier ;

^, laiterie dans laquelle on parvient soit à travers la pièce f, soit par une ouverture pratiquée dans la cuisine 6, et dont l'indication a été omise dans notre dessin ; cette pièce pourrait être réunie à la précédente.

Le premier étage contient une pièce à feu, de 5 mètres en tous sens, servant de chambre à coucher, dont les dimensions sont égales à celles de la cuisine du dessous, et un cabinet à côté de l'escalier. C'est là qu'habitent le fermier et sa famille; l'élévation rend la surveillance plus facile. C'est ainsi que la chambre du fermier doit être placée, d'après Olivier de Serres.

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