‹ Traité des constructions rurales et de leur disposition (volume 3)Chapitre 9 sur 31 · HABITATIONS POUR UNE MOYENNE EXPLOITATION · texte numérisé non relu

HABITATIONS POUR UNE MOYENNE EXPLOITATION

Sous ce titre nous avons voulu désigner une habitation qui n'est plus celle que réclame une ferme de deux ou trois charrues, mais qui n'est point encore celle que nécessite une grande entreprise agricole. Dans la première, une famille modeste, aidée de quelques serviteurs, doit trouver un logement suffisant, quoique restreint ; dans la seconde,

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au contraire, l'entrepreneur, propriétaire ou fermier, habitué à plus de luxe et d'aisance, a besoin d'une maison vaste et commode, dont nous donnerons plus loin quelques exemples. C'est entre ces deux catégories d'habitations que prennent place celles que nous allons décrire,

— La maison représentée dans la pl. 16 a été construite, par l'un de nos amis, sur le plan que nous lui en avons remis (1). Elle se compose d'un bâtiment rectangulaire de 26 mètres de long sur 7 de large. Peut-être cette longueur paraîtra-t-elle considérable ; un bâtiment double ou plus élevé eût pu remplir le même but ; mais, dans la disposition, il fallait tenir compte de quelques circonstances qui se présentent assez fréquemment : c'était d'abord la nécessité de donner jour sur la cour, à la cuisine, à la chambre à coucher et même à la boulangerie, afin que le maître ou, en son absence, la maîtresse de la maison, puisse surveiller ce qui se passe dans la ferme ; c'était ensuite la répugnance qu'éprouvent les habitants de la campagne à se loger au premier étage ; c'était enfin l'impossibilité de bâtir sur caves, difficulté sans laquelle on eût pu placer en soussol les locaux situés aux deux extrémités et servant l'un de bûcher, l'autre de cellier.

Construit en moellons et en pierre de taille aux ouvertures espacées régulièrement, le bâtiment a sa façade relevée par un pignon en forme de fronton de la hauteur du toit ; une fenêtre y est percée (fig. 55). L'espace intérieur que donnent ce pignon et un exhaussement de 1 mètre laissé à l'étage supérieur est utilisé pour augmenter l'habitation.

Notre construction se compose ainsi (fig. 56) : . : .

Au rez-de-chaussée, un vestibule a sert d'entrée à toute la maison. A droite est la cuisine b, au fond de laquelle une alcôve fermée contient les lits des filles de service ; à côté de la cuisine, la chambre

(1) M. Eugène Mauté, pour l'une de ses propriétés, à Saint-Picrro-la- Bruyère (Orne). Voir le plan général du domaine, 2' partie.

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du maître c comprend aussi une alcôve fermée qui permet de la convertir en salle de réunion. De l'autre côté est une laverie d, avec pierre d'évier et planches à ustensiles de cuisine ; elle sert de passage pour la laiterie e, dont le sol est un peu plus bas, et dans laquelle on peut renfermer quelques provisions.

A gauche du vestibule a est une pièce g à usage de buanderie, de boulangerie et de magasin pour les provisions qui ne redoutent pas une chaleur momentanée. Le four, dont la masse est assise en dehors du bâtiment, s'ouvre dans la cheminée adossée au mur extérieur, et à côté de laquelle se trouve un fourneau pour la lessive et la cuisson des aliments destinés aux bestiaux.

Dans le vestibule a s'ouvre l'escalier /", conduisant au premier étage ; sous cet escalier est un cabinet, où l'on peut serrer quelques outils.

Aux deux extrémités du bâtiment se trouvent un cellier i et un bûcher h, tous deux sans communication avec l'intérieur, quoiqu'il fût facile d'en établir, s'il en eût été besoin.

L'escalier se termine dans un grenier situé au premier étage audessus du bûcher, de la boulangerie et de la laiterie; ce grenier, destiné à l'avoine, est formé par la naissance du toit élevée à 1 mètre, ainsi que nous l'avons déjà dit. A côté se trouvent deux petites chambres (5" X 2'",50 ) éclairées par les fenêtres des frontons , l'une sur la cour, l'autre sur le jardin ; elles sont destinées aux enfants du fermier, ou à servir de chambres supplémentaires, et peuvent être chauffées par de petites cheminées. Entre elles règne un couloir éclairé par en haut et donnant accès au grenier à blé établi sur la chambre d'habitation c et le cellier i. Ce grenier et celui qui est à l'autre extrémité sont éclairés par des fenêtres pratiquées dans les pignons et munies de poulies, de telle sorte qu'on puisse y introduire facilement les sacs de grain qu'une voiture amène audessous.

— La pl. 17 représente une maison bâtie sur un plan tout différent de la précédenie; ici on a eu pour but de restreindre la surface

Conslruclions ruralrs. - Habitations.

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de la construction et de gagner par son élévation l'emplacement dont on avait besoin (1).

La maison est construite en moellons recouverts d'un enduit et établie sur un soubassement en pierres meulières laissées en saillie de 0™,05 et restées apparentes. Les angles sont formés alternativement d'une pierre de taille et d'un massif en briques d'à peu près égale épaisseur. Les baies des portes et fenêtres, montées verticalement en moellons recouverts d'enduit, sont fermées à la partie supérieure par un bandeau surbaissé en briques apparentes.

La construction se compose d'un bâtiment rectangulaire de 121 mètres sur 6", 50, et d'un autre par derrière en saillie de 3 mètres formant T avec le premier. La fig. 57 est l'élévation de la face, la fig. 58 l'élévation latérale, et la fig. 59 le plan.

Ce bâtiment est élevé sur caves où trouvent place un cellier et un bûcher. On accède à ce dernier, pour la descente du bois, par un soupirail placé derrière l'habitation. L'entrée de celle-ci a lieu par un vestibule a, où aboutissent l'escalier de la cave et celui du premier étage. A gauche de l'entrée a est une pièce b (6"" X 4") servant à la fois de cuisine et de réfectoire , et dans laquelle on a mis une pierre d'évier ; un cabinet e sert de garde-manger; il est éclairé par une imposte établie sur la pièce d et ventilé par deux tuyaux en poterie prolongés jusqu'au-dessus du toit. A droite de l'entrée se trouve une grande chambre à coucher c, ayant les mêmes dimensions que la cuisine b. Enfin une pièce à feu d éclairée par trois fenêtres peut servir de cabinet de travail au maître de l'exploitation ; on y parvient en traversant soit la cuisine, soit la chambre à coucher ; ses dimensions sont de 5 mètres sur 2™, 50. Cette pièce peut être consacrée à l'usage de laiterie, en diminuant la grandeur des baies de fenêtres.

Le premier étage, auquel on parvient par l'escalier f, est la répétition du rez-de-chaussée ; nous n'avons pas cru devoir en donner

(1) Nous avons dressé ce plan d'après une élévation prise dans l'ancien parc du Raincy, près Bondy (Seine-et-Oise).

&l MAISONS D'HABITATION.

le plan, qui comprend soit trois chambres à coucher, soit deux chambres et un cabinet.

Le grenier est au-dessus et on y arrive aisément par la prolongation de l'escalier ; il est recouvert en tuiles creuses ou pannes et éclairé par deux ouvertures pratiquées dans les deux pignons principaux ; une porte est ouverte dans le troisième pignon : une poulie, scellée au-dessus, permet de monter et de descendre facilement les sacs de blé qu'on ne voudrait pas mouvoir à dos d'homme, la hauteur du bâtiment rendant ce service trop pénible pour les porteurs.

— D'après une construction du genre anglais (1), nous avons dressé le plan de la maison dont les détails sont représentés dans la pl. 18. Elle est formée de deux bâtiments perpendiculaires l'un h l'autre, et dont le premier, plus élevé, comporte deux chambres au premier étage ; deux petites additions latérales complètent l'ensemble.

Le bâtiment (vu de face fig. 60, et vu de côté fig. 61) est établi en pierres et moellons ; les façades sont rehaussées par une pointe émoussée en métal pouvant servir de base à un paratonnerre, et par deux cheminées dont la partie supérieure est formée de tuyaux en fonte.

Les toits, couverts en ardoises, sont encadrés par le revêtement en pierre des pignons formant corniche au-dessus. Nous avons déjà indiqué (page 54, pl. 12) les avantages et les inconvénients de ce système. Dans le pignon qui forme la façade principale, s'ouvrent deux fenêtres : l'une est surmontée par une moulure en pierre, l'autre par un petit abri en planches.

C'est dans l'avancement de ce pignon sur le reste de la construction que consiste la préférence qui pourrait être accordée à cet exemple d'habitation : il permet d'établir une pièce dont les ouvertures, laissant projeter les regards au dehors dans trois directions différentes, facilitent singulièrement la surveillance de ce qui se passe dans la cour d'exploitation.

(l) Smith ; Ensay on Ihe con&lruclion of cotlog(S. Voyez page 54,

rage G3.

Fiy. (ii.

Conslruclions rurales. — Habitations.

MAISONS Û'HÀËITATIÔN.

Le plan (fig. 62) se compose d'une entrée ou vestibule a; à droite, une cuisine h un peu allongée et servant de réfectoire aux ouvriers ; elle communique avec une laverie c et un garde-manger d. A la suite de la cuisine, un passage fermé de portes vitrées, donne accès d'abord à l'escalier f du premier étage, puis à une salle à manger pour les maîtres g, et à la chambre des filles de service h. La chambre du maître i est à l'autre bout du passage e dont un des côtés est formé par l'alcôve ; c'est de cette chambre que la surveillance peut s'exercer, ainsi que nous l'avons dit, à l'aide d'une fenêtre principale et de petites ouvertures latérales, fermées, si on le désire, par des volets intérieurs. Un couloir établi à l'autre bout de l'alcôve communique avec une petite pièce k servant de cabinet ou de chambre d'enfants et chauffée par la cheminée de la chambre i ou par un appareil quelconque établi dans un des angles. Enfin, au bout et symétriquement à la porte d'entrée du vestibule est un local l pour serrer les outils manuels des ouvi'iers, à la suite duquel on a établi un cabinet d'aisances k.

Au premier étage l'escalier éclairé par le haut, donne accès à deux chambres à feu, dont l'une, sur la façade principale, peut réunir les mêmes avantages que la pièce i située au-dessous; elles sont toutes deux légèrement lambrissées. Au-dessus de la cuisine b et des pièces h eik règne un grenier à tous usages.

— L'habitation représentée dans la pl. 19 a les mêmes dimensions et la même forme que celle de la pl. 17; elle n'en diffère ■que par le mode de construction et la disposition du plan. Elle est élevée sur un soubassement en pierres de taille, et construite en moellons recouverts d'un enduit; les encoignures et les baies des portes et fenêtres laissent apparaître les pierres blanches qui les entourent; la maison est couverte en ardoises (fig. 63 et 64).

Le plan (fig. 65) se compose d'une pièce a (4«' X 5'n,50), â laquelle on parvient par un vestibule e. Cette pièce sert de chambre commune , de réfectoire , etc. ; à côté est une petite cuisine (5m ^ 2m^50) avec pierre d'évier. Dans la pièce a s'ouvre l'escalier / qui conduit au premier étage, où la fenêtre du milieu suffit à l'éclaî-

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rer en même temps qu'une porte vitrée sur la pièce a et une imposte sur la cuisine b. A droite de l'entrée e est une chambre à coucher c (i" X S", 50), avec une alcôve et un petit cabinet d éclairé par une imposte sur la cuisine.

Dans le vestibule e peut s'ouvrir, au-dessous de l'escalier /", celui qui descend dans les caves, si le terrain permet d'en établir; elles recevront alors une destination analogue à celle de la maison représentée dans la pl. 17 (page 61).

Le premier étage, dont nous avons cru inutile de donner le plan, se compose, de même, de trois chambres à coucher ayant des dispositions analogues à celles du bas, avec un petit palier au haut de l'escalier. Au-dessus, enfin, règne un grenier dans lequel s'ouvre une fenêtre surmontée d'une poulie pour l'introduction des sacs de grains.

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