MOYENNES EXPLOITATIONS
Les constructions nécessaires à une moyenne exploitation doivent satisfaire à un plus grand nombre de besoins que ceux d'une petite culture; nous avons dit que le cultivateur, travaillant encore manuellement, occupe un certain nombre de domestiques et d'ouvriers, les premiers logés dans l'exploitation, les autres habitant au dehors; par conséquent, les travaux ont pris plus d'importance, les animaux sont plus nombreux et les produits plus considérables. D'ailleurs la direction de l'exploitation commence à spécialiser ses entreprises de culture : il en résulte le besoin de constructions à usage particulier, quoique leur séparation n'atteigne pas l'importance qu'elle prendra dans de grandes exploitations : pour ce motif, nous ne pourrons que présenter quelques exemples de dispositions d'ensemble.
Dans les exploitations de cette catégorie, il est aisé d'observer la règle que nous avons posée (page 610) pour la séparation des bâtiments en trois attributions principales : 1° logis, 2" animaux, 3° abris pour instruments et pour récoltes.
Forme générale. — Les bâtiments atteignent généralement une longueur trop considérable pour qu'on les dispose sur une seule ligne ; cependant on peut encore adopter cette forme ; nous en donnerons un exemple ci-après. Mais les dispositions des bâtiments en équerre simple (fig.724),en double équerre continue (fig. 725) ou discontinue (fig. 726), ou sur deux lignes parallèles, conviennent parfaitement aux exploitations de moyenne importance. Généralement les con-
DISPOSITIONS DIVERSES DE DOMAINES. 635 structions ne sont pas assez considérables pour être disposées sur
o,oooH
Fig. 724. Fig. 725. Fig. 726.
les quatre faces d'un rectangle ou d'un carré, de manière à fermer une cour centrale : celle-ci serait bien petite pour les mouvements des véhicules ; cependant, avec des bâtiments simples en profondeur et isolés entre eux, nous avons vu quelques exploitations moyennes dont les constructions étaient ainsi groupées.
Disposition sur une seule ligne. — L'exemple indiqué (fig. 716 et 717, page 627) pourrait être utilisé par une moyenne exploitation en agrandissant chacune de ses divisions.
— C'est sur une seule ligne, mais ligne discontinue, que sont établis les bâtiments de l'exploitation représentée dans la planche 141 , en vue à vol d'oiseau par la figure 727 et en plan par la figure 728. Le principe de l'isolement des bâtiments en trois parties distinctes y est observé.
Au centre est l'habitation; d'un côté un bâtiment contient les logements d'animaux, de l'autre les granges et les abris pour instruments forment une autre construction; ils sont séparés de l'habitation par un intervalle de 8 mètres. La rose des vents tracée sur le plan indique l'orientation des bâtiments dont la face reçoit les rayons du soleil de midi.
Nous avons pris pour exemple de l'habitation A l'une de celles dont le modèle a été donné par M. le vicomte de Morel-Vindé, mais en y apportant quelques légères modifications. Le rez-dechaussée est élevé à 1 mètre ; le soubassement de la moitié est occupé par un cellier et par un fournil demi-souterrains ; la terre provenant de la fouille a servi à rehausser l'autre partie en la mettant au même niveau que la première. Extérieurement, deux perrons, placés près l'un de l'autre, sont abrités par le même auvent; l'un d'eux descend au cellier et l'autre monte à l'habitation. La cui-
sine a sert pour l'accès de toute la maison : à côté est la chambre à coucher b pour le chef avec alcôve et cabinet; elle communique avec une chambre d'enfants c : une pièce pour les servantes d est attenante à la cuisine. Sous les prolongements du toit, mais au niveau du sol extérieur, sont établis, d'un côté, une laiterie e et un petit garde-manger f; de l'autre, un bûcher g et un serre-outils h • la laiterie serait mieux à côté de la cuisine.
Le bâtiment des animaux B (<l6mX7m) se compose d'une écurie pour 4 chevaux i, s'accédant par le pignon le plus rapproché de l'habitation, d'une vacherie pour 4 bétes h, d'un poulailler l et de deux loges à porcs mm avec cours nn. Les rigoles d'écoulement pour les urines, indiquées au plan par des lignes ponctuées, les conduisent dans la fumière u et la fosse à purin v,
Le bâtiment C, de dimensions égales au précèdent, se divise en une remise fermée g, une grange au milieu, dont la capacité est d'environ 300 mètres cubes (à cause du comble et de son prolongement au-dessus des deux remises latérales), enfin d'une remise ouverte r. A côté se trouvent trois supports pour meules s s s.
Toutes ces constructions sont établies en colombages très-espacés, dont les intervalles sont remplis en briques pour la maison d'habitation, et en bauge pour les écuries et la grange ; c'est un des systèmes les plus économiques que l'on emploie pour les bâtiments ruraux.
La cour, dont les dimensions sont de 85m X 23m, contient, en outre, un petit abreuvoir t à côté d'un puits, et à l'extrémité opposée une fosse à fumier u avec purinière v et latrines rustiques au-dessus. Derrière l'habitation, le jardin potager s'étend suivant toute la longueur de la cour, ainsi que le fait voir la fig. 727.
Cette disposition de domaine convient lorsqu'on ne peut pas donner une plus grande profondeur à la cour ; elle est peu favorable à la surveillance du chef, parce que de sa maison il ne peut voir les autres bâtiments; il faut, à cet effet, qu'il sorte sur le perron.
Disposition en équerre. — Cette disposition ( voir fig. 724, page 635), convient assez bien à une moyenne exploitation : elle est très-facile à établir. Elle est usitée en Angleterre et dans les pays
Tage 637.
pl. 142.
Constructions rurales. — Moyennes exploitations
exposés aux vents. En voici les trois principales applications : La première consiste à placer l'habitation à l'extrémité d'un des côtés, puis les écuries et étables au sommet de l'angle, puis sur l'autre côté la grange et la remise: c'est la plus communément adoptée.
La deuxième n'en diffère qu'en ce que la grange occupe le sommet de l'angle, entre l'habitation et les étables.
Dans la troisième application, l'habitation est entre les étables et la grange, au sommet de l'angle; c'est celle qui est la plus favorable pour la surveillance.
— Un exemple de la première de ces dispositions est représenté dans la planche 142, en vue perspective par la fig. 729 et en plan par la fig. 730 ; c'est un projet dressé avec soin, qu'on doit recommander aux cultivateurs.
L'habitation se compose d'un vestibule d'entrée a donnant accès à la cuisine b ; à côté de l'alcôve est une laverie c avec évier précédant la laiterie d; de l'autre côté du vestibule est une pièce à feu e; sur ces locaux, un premier étage comprend deux ou trois pièces à usage soit de logement, soit de petit magasin à blé; on y monte par un escalier droit ouvrant dans le vestibule et , mieux encore pour la surveillance, dans la laverie c.
A la suite de l'habitation sont rangés une écurie f pour 4 chevaux, un poulailler g bien situé entre les deux travées où logent des animaux, une vacherie h pour 8 vaches, une porcherie à deux compartiments i avec petit vestibule servant de dépôt de nourriture, enfin une bergerie k pour une cinquantaine de moutons, formant l'angle du bâtiment. Une série de fenêtres intérieures, garnies de châssis vitrés, placées en face les unes des autres depuis l'habitation jusqu'à la bergerie, facilite une surveillance qu'on peut exercer d'une pièce aux deux locaux contigus. Sur tous ces bâtiments s'étendent des greniers à fourrages.
En retour d'équerre, on trouve une remise à 2 travées / et un cellier m, sur lesquels est aussi un grenier; puis une grange n et une charreterie o sur laquelle s'étend la tasserie de la grange.
Dans la cour, sont réservés deux emplacements pp pour des meules , une fumière q avec fosse à purin garnie d'une pompe, cabinet de latrines au-dessus, un puits r. L'accès habituel de la cour a lieu par l'entrée 5 proche l'habitation. Mais une autre entrée, ménagée près de la grange, sert au moment des récoltes ou des transports de fumiers.
— La disposition en équerre simple prête à un arrangement que nous devons indiquer parce qu'il est des cas où un propriétaire pourra en faire l'application. Par la construction de deux domaines entièrement semblables , mais symétriques relativement à une large voie d'accès, comme le montre la flg. 731 , on forme un corps
de bâtiments d'exploitation applicable soit à une grande culture, soit à deux intérêts de moyenne importance. Il n'y a que quelques clôtures à modifier pour établir une ou deux cours.
Dans le cas où tous les bâtiments sont nécessaires pour une seule et même culture, la maison d'habitation de l'un des domaines, devenue vacante, sera utilisée comme logement d'ouvriers ou de contre-maître, si elle n'est pas utile pour la famille du chef.
Dans le cas où on forme deux cultures distinctes, chaque exploitant possède, dans chaque partie, l'ensemble des bâtiments nécessaires à une moyenne exploitation.
— Une autre disposition, celle dite en équerre à T, est encore applicable aux domaines du genre de ceux dont nous nous occupons en ce moment; la fig. 732 en donne l'indication. Les bâtiments poulies animaux, pour les instruments, pour les produits sont rangés à la suite les uns des autres sur une même ligne droite; l'habitation est placée à une vingtaine de mètres de distance, dans une direction perpendiculaire à celle des autres locaux; il est alors utile que
Fig. 731.
l'accès de cette habitation ait lieu par le pignon faisant face aux écuries, étables, etc.
Dans le cas d'agrandissement de l'exploitation, on voit facilement que le plan primitif du domaine se prête à l'extension des bâtiments sur les diverses faces de l'habitation.
Disposition en double équerre. — Cette disposition est adoptée tantôt avec des bâtiments contigus, tantôt avec des bâtiments séparés (page 635, fig. 725 et 726).
— Dans l'exemple représenté planche 143, en vue à vol d'oiseau par la fig. 733 et en plan par la fig. 734, les bâtiments sont contigus, ce qui présente quelque économie dans la construction, mais offre aussi des inconvénients, ainsi que nous l'avons signalé.
Les dispositions de ce domaine ont été étudiées avec assez de soin pour qu'on puisse les indiquer avec recommandation aux constructeurs auxquels conviendrait l'aspect général de ce projet.
Au milieu est l'habitation, composée d'une entrée a précédée par un perron de 4 marches ; d'une chambre à coucher b pour le maître du domaine avec cabinet c pour enfant et pièce k' où est placé l'escalier qui conduit au grenier à blé au-dessus de la maison ; d'une cuisine d avec alcôve fermée pour le lit d'une servante; d'une laverie e; d'une laiterie f.
D'un côté se trouvent le poulailler g; une remise h; deux cases à porcs ii; puis un grand bâtiment en retour à usage d'étable, d'écurie, de logement enfin pour tous les grands animaux (dans le dessin, il consiste en une grande étable à couloir longitudinal pour 24 bêtes; mais il pourrait être divisé en deux ou trois compartiments, l'un pour les chevaux, l'autre pour les bêtes à l'engrais, et un troisième pour les vaches à lait) ; il est traversé par une rigole qui conduit les urines à la fumière q.
De l'autre côté de l'habitation sont un bûcher ou un cellier /; une remise m; puis en retour une grange n, contenant environ 880 mètres cubes, y compris le comble.
Conformément à quelques-unes des idées que nous avons émises (page 616), la cour est réduite à l'intervalle entre ces bâtiments
(43mX'l8m), un passage a été seulement réservé à l'extrémité de chacune des deux ailes; mais aussi derrière celles-ci deux cours accessoires sont établies: l'une, derrière la grange, contient deux supports pour meules o et un petit abreuvoir s; l'autre, derrière les étables, est destinée à un emplacement pour des composts p, et à une fosse à fumier q avec citerne à purin r et latrines rustiques (1).
— Une disposition similaire de domaine consiste à placer la maison d'habitation dans l'une des ailes, celle qui reçoit les rayons du soleil levant ou du midi par exemple, les animaux au milieu et la grange dans l'aile opposée à l'habitation. Cette forme est autant recommandable que la précédente, mais elle ne permettrait pas aussi facilement l'emploi d'une cour latérale spéciale pour les fumiers; il faudrait la placer par derrière, si on ne voulait pas déposer ceux-ci dans la cour de service.
— La forme représentée dans la planche 144, en vue à vol d'oiseau par la fig. 735 et en plan par la fig. 736, présente encore une disposition en double équerre ; mais les bâtiments sont discontinus et séparés en trois parties principales, suivant le principe de la division spéciale posé précédemment.
La maison d'habitation A (16mX7m) placée au centre, orientée au midi, se compose d'un vestibule a donnant entrée, d'un côté, à la cuisine b avec alcôve fermée pour une servante, avec garde-manger c et laiterie d; de l'autre, à une chambre pour le chef de l'exploitation avec alcôve suivie d'une chambre d'enfant f. Un escalier commençant dans le vestibule conduit à une pièce au premier' étage, et à deux magasins pour grains placés dans les combles de chaque côté de cette chambre. (Les indications du dessin montrant le milieu du bâtiment construit en colombages ne sont point de rigueur; la pierre et tout autre système peuvent être employés.)
Le bâtiment des animaux B (20m X 7m), orienté à l'est, se divise en une écurie pour 4 chevaux g; une vacherie pour 4 bétes h; une
(1) Un domaine analogue, quoique différant un peu dans la distribution intérieure, est une des dépendances de la colonie agricole de Mettray, près Tours (Indre-et-Loire).
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pl. 144.
Fig. 736.
Constructions rurales. — Moyennes exploitations.
petite bergerie pour 20 à 25 bêtes à laine i, un poulailler k, trois loges à porcs l avec petites cours V . Au-dessus sont des fenils.
Le bâtiment des produits C (20mx8m), tourné vers l'ouest, est séparé en deux parties : l'une m est la grange renfermant environ 400 mètres cubes; l'autre contient deux remises n n et un cellier o; le comble au-dessus communiquant avec la grange peut encore servir à tasser des gerbes de grains. Aux deux extrémités se trouvent un puits et un petit abreuvoir p.
Comme dans l'exemple précédent (planche 143), deux cours spéciales sont ménagées sur les côtés et derrière les bâtiments; elles sont fermées par des palissades dans la portion qui touche à la cour de service : l'une, derrière les écuries, est destinée à la fumière F avec latrines et citerne à purin q, dans laquelle aboutissent les ruisseaux venant des étables; l'autre derrière la grange est réservée à des supports pour meules de grains s s s.
Deux petits bâtiments symétriquement placés et éloignés des autres constructions sont utilisés, l'un pour un fournil D, l'autre pour une infirmerie E destinée aux animaux malades, ou pour un dépôt temporaire de produits, ou pour un atelier, ou pour un logement d'ouvriers, ou pour tout usage particulier qu'il convient de ne pas annexer aux autres constructions.
L'ensemble des dispositions de ce domaine nous semble l'un des plus recommandables pour les différents motifs que nous avons énumérés. S'il était possible de déterminer un type applicable à une moyenne culture, il faudrait que les indications en fussent autant que possible rapprochées de celles du plan ci-dessus décrit et dessiné dans la planche 144.
— Les trois exemples que nous allons présenter dans les planches 145, 146 et 147 offrent bien encore la disposition en double équerre, discontinue, mais les bâtiments sont placés sur les trois côtés d'une seule cour rectangulaire, sans qu'il y ait d'autres enclos pour les fumiers ou les récoltes ; toutefois, le principe de l'isolement des bâtiments en trois parties y est encore observé.
Cette forme nous servira de passage entre les moyens domaines
et les grands, dont les bâtiments plus considérables peuvent occuper les quatre côtés d'un rectangle ; c'est donc par elle que nous finirons ce que nous avons à dire des exploitations de moyenne importance. Ajoutons que c'est celle que l'on rencontre le plus fréquemment, mais nous lui préférons néanmoins celle présentée dans la planche 1 44.
— Le domaine représenté dans la planche 145, en vue à vol d'oiseau par la figure 737 et en plan par la figure 738, a été construit en partie par notre père, en partie par nous (1). Voici quelle en est la composition. Bâtiment principal : a, pièce d'habitation avec cheminée et fourneau, un tambour en vitrage doit y donner accès ; 6, laverie, et d, laiterie, attenantes l'une à l'autre et communiquant avec l'habitation ; e, cellier avec escalier pour accéder au comble où est une grainerie au-dessus de la maison ; remise avec pressoir placé au fond ; g, écurie pour 3 chevaux avec cabinet pour le charretier ; h, élablc pour 4 vaches. Nous avons dit qu'il n'y avait point de cour spéciale pour les fumiers ; néanmoins dans ce domaine nous les avons rejetés en dehors de la cour principale en les plaçant derrière les établcs ; une porte de communication entre l'écurie et l'étable, une autre percée derrière celle-ci, portes qui ne s'ouvrent qu'au moment de la vidange des fumiers, permettent de déposer ceux-ci derrière la construction dans un petit emplacement k bordant le chemin d'accès du domaine et tourné du côté du nord.
Un bâtiment latéral, fermé par devant seulement avec des portes à claire-voie, sert de grange et de hangar pour la partie indiquée par / et de sellerie pour celle marquée l' . A l'extrémité, un ou plusieurs supports de meules trouvent place.
Un autre bâtiment, vis-à-vis ce dernier, contient un fournil et une buanderie m, deux toits à porcs n et n' et un poulailler o (2).
(1) Lo Lerry, à Saint-Hilaire-sur-Erre (Orne).
(2) Nous signalerons, en passant, le plan de ce domaine comme le résultat de la transformation d'une petite exploitation en domaine d'une moyenne importance. Si, en effet, on se reporte à la planche 13G (11g. 712 et 713), on
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pl. 145.
Constructions rurales. — Moyennes exploitations
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pl. 14G.
Fig. 739.
Constructions rurales. — Moyennes exploitations.
DISPOSITIONS
— Le domaine représenté dans la planche 1 46, en vue à vol d'oiseau par la figure 739 et en plan par la figure 740, présente une forme analogue à celui que nous venons d'examiner. Mais le principe de séparation des bâtiments en trois divisions, logis, animaux, produits, y est observé comme dans la planche 144. En voici la composition (1).
Le bâtiment A est la maison d'habitation ; c'est celle que nous avons fait élever (2) et que nous avons décrite dans la première partie de notre travail (planches 8 et 9, page 48) ; mais le plan en a été retourné, c'est-à-dire que ce qui était à gauche se trouve à droite. Nous ne reviendrons pas sur la description de cette habitation, nous bornant à rappeler sa composition : a, entrée ou vestibule ; b, chambre d'habitation avec alcôve double , cheminée avec four e, chambre d'enfant c, laverie d1 laiterie/"; escalier dans l'entrée a conduisant à une chambre haute au-dessus de celle indiquée par c au rez-dechaussée et à un magasin pour grains au-dessus de l'habitation b; à l'extrémité est un puits et derrière se trouve le jardin potager et fruitier.
Le bâtiment B renferme une grange s contenant environ 400 mètres cubes ; à chacune de ses extrémités est une remise double r r ; au-dessus on peut tasser des gerbes. Près de l'habitation une petite construction faisant suite à la grange et divisée en deux parties p
verra que le bâtiment principal n'a été modifié que dans sa disposition intérieure; la chambre d'habitation a n'a pas été changée, la laiterie b et la laverie c ont été réunies pour former une laverie b plus grande, le cellier d est devenu une laiterie, l'étable e a été destinée à un cellier, la remise /' n'a pas été modifiée, mais la grange g a été coupée en deux pour former une écurie g et une vacherie h. L'annexe, contenant le fournil, le toit à porc et le poulailler, que nous avons indiquée , est restée sans modification , mais vis-à-vis d'elle on a élevé un hangar / pour servir de grange ; enfin la cour a été un peu agrandie. Telle a été la transformation nécessitée par l'augmentation du terrain en culture, porté de 6 à 12 hectares.
(1) Ce domaine pourrait être considéré comme expression moyenne d'importance dans l'état actuel des exploitations rurales en France; les bâtiments conviennent à une culture comprenant 30 hectares.
(2) Aux Petits-Chênes, à Saint-Hilaire-sur-Erre (Orne).
et q sert de poulailler ; devant s'étend une petite cour fermée par des treillages hauts de 3m,50.
Vis-à-vis la grange un autre corps de bâtiment est destiné aux animaux : il se divise en une vêlerie (étable à veaux) k, une écurie / pour 4 chevaux, une vacherie m pour 9 bêtes, une bouverie n pour 4 bêtes, enfin une bergerie pour 25 à 30 bêtes à laine. La bouverie, la vacherie et l'écurie sont accompagnées chacune d'un cabinet fermé pour le logement d'un surveillant. Un vaste fenil s'étend surces différents locaux ; on y arrive à l'aide d'échelles par des fenêtres percées au-dessus de chacune des portes de l'étage inférieur. A l'extrémité de ce bâtiment, se trouve une porcherie composée de 3 loges iii avec petites cours devant hhh. Toutes les urines se rendent à la fosse à fumier D par des rigoles dont les lignes ponctuées indiquent la direction.
Celle-ci est adossée au mur de clôture qui occupe le quatrième côté de la cour, dans laquelle on entre par chacun de ses côtés. Les dimensions de la cour sont 30m X 25m.
Sur la fumière t sont établies des latrines rustiques u et une fosse à purin v avec pompe; les latrines de la purinière communiquent ensemble par une rigole que le fumier recouvre pendant la plus grande partie du temps de l'année; il vaudrait encore mieux réunir ces deux constructions.
— La disposition générale des bâtiments du domaine représenté planche 147 (vue à vol d'oiseau, fig. 744, et plan, fig. 742) est analogue à celle que nous venons d'examiner, c'est-à-dire en double équerre, mais les bâtiments sont placés, entre eux, dans un ordre différent; ainsi ce n'est plus l'habitation qui est au centre, elle est sur le côté, tandis que le bâtiment des animaux domestiques se trouve au fond de la cour. Cette position relative est quelquefois plus commode, surtout lorsque le personnel de l'exploitation est nombreux : pour accéder à l'habitation, il n'est pas nécessaire de traverser toute la cour, et la surveillance s'exerce un peu plus faciement sur les mouvements d'entrée et de sortie.
Le domaine ici figuré est l'un des plus considérables que l'on
'onslruclions rurales. —
Moyennes exploitations.
puisse ranger dans la catégorie des exploitations moyennes (1) ; c'est par sa description que nous terminerons ce qui a rapport à cette série de constructions. En voici la composition :
Le corps de bâtiment A, à l'usage d'habitation, est celui que nous avons décrit dans la première partie (voy. pl. 16, fig. 55 et 56, p. 59); nous y renverrons, nous bornant à rappeler sa distribution : a, entrée ou vestibule; b, chambre commune avec grande alcôve à deux lits pour servantes ; c, chambre de maître avec double alcôve ; d, laverie ; e, laiterie et garde-manger ; /', fournil, buanderie, cuisine rustique, le four étant par derrière en appentis ; g, bûcher; /?, cellier ; dans le vestibule a aboutit un escalier qui conduit à une chambre au premier étage, prenant jour par une espèce de fronton, et à des combles où sont placés des magasins de grains.
Le bâtiment du fond B est destiné aux animaux, et toutes les parties en sont ventilées par des tuyaux d'aération. Ce sont : en i, une écurie pour 6 chevaux avec cabinet pour palefrenier ; en A*,'une étable pour 1 0 bêtes bovines, pouvant être coupée en deux parties ; en l, une bergerie pour 45 à 50 bétes à laine; en m, un local supplémentaire pour bergerie ou étable d'engraissement, utilisé pour un pressoir. Sur cet ensemble s'étend un fenil auquel on accède par des fenêtres indiquées au dessin et par un escalier pratiqué dans la pièce m et qui a été omis dans ce dernier. A l'une des extrémités, une porcherie n, à quatre loges, est précédée par autant de cours séparées; à l'autre bout un poulailler o, divisé en deux compartiments, est précédé également d'une cour fermée en treillages.
Le bâtiment C, situé vis-à-vis l'habitation, contient la grange p et quatre remises placées deux par deux à chacun de ses pignons. La grange peut renfermer environ 600 mètres cubes de gerbes; des meules suppléeraient au défaut de sa capacité ; un passage pour voiture traverse cette grange.
La cour, qui forme un carré de 10 mètres de côté, contient un
(1) Il a été construit, sur les plans que nous avons arrêtés ensemble, par notre voisin M. Eugène Mauté, pour une de ses fermes, à Saint-Pierre-la- Bruyère (Orne).
emplacement r pour le fumier, vers lequel sont dirigées les urines des étables dans des rigoles tracées au plan par une ligne double ponctuée; elles se terminent dans une fosse à purin q, avec pompe et latrines rustiques établies au-dessus; la fumière est entourée d'un mur à hauteur d'appui. A côté, un autre emplacement s, égal en surface à la fumière (12 mètres X 14 mètres), entouré de palissades mobiles ou fixes, forme un parc où l'on laisse en liberté quelques animaux qu'on ne veut pas mettre vaguer au dehors ; ces petits enclos sont très-utiles pour la surveillance d'une pièce de bétail malade que l'on sépare des autres animaux de son espèce, et qui, cependant, ne se croit pas abandonnée, à cause du mouvement continuel qui s'opère dans la cour ; on les dispose comme les aires à fumier, avec une légère pente, de manière que les eaux aillent rejoindre la fosse à purin : on peut y faire briser des pailles sous les pieds des animaux, et y déposer quelques parties surabondantes d'engrais en attendant leur emploi.
La cour contient encore un puits t, avec une auge à abreuvoir, dont le trop-plein s'écoule par un tuyau souterrain dans une petite mare u, fort utile aux volailles, lorsqu'on en laisse se promener dans la cour. On accède à la cour par une porte charretière v, à côté de laquelle est un guichet pour les piétons. Deux autres portes indiquées au plan, aux extrémités du bâtiment des animaux, ne sont pas absolument nécessaires; si elles sont établies, on ne les ouvrira que dans de rares occasions, pour les motifs que nous avons déjà détaillés.
Autres dispositions applicables.— Quoique généralement les dispositions que nous venons d'examiner soient les seules qui conviennent à une exploitation de moyenne importance, il peut arriver, cependant, que l'on soit obligé de donner une plus grande extension aux bâtiments : tel est le cas 'particulier où un troupeau de bêtes à laine est entretenu dans le domaine pour l'utilisation de pacages, de bruyères, etc., terrains qui n'occasionnent aucun travail ni des hommes ni des animaux, et dont les produits ne viennent pas s'emmagasiner dans les constructions,
Constructions rurales. — Moyennes exploitations.
Citons un exemple qui, quoique de dimensions restreintes, pourrait être appliqué à des constructions plus considérables, en observant la disposition générale.
C'est encore sous la forme de double équerre pour les bâtiments d'exploitation, mais avec l'addition d'une habitation séparément située en face des autres constructions, qu'est élevé le domaine (I ) représenté dans la planche 148, en vue à vol d'oiseau par la figure 743 et en plan par la figure 744.
Le bâtiment d'habitation A se compose d'une grande cuisine a, avec entrée directe sur la cour et où se trouvent un fourneau et un évier ; d'un vestibule b avec entrée sur le jardin et escalier conduisant au premier étage où se trouvent les chambres à coucher du chef de l'exploitation ; d'une pièce c à usage, soit de petite salle à manger, soit de petit salon, soit de chambre pour servantes et ouvrières ; d'un cabinet d pour le travail du maître.
Un appentis appuyé sur ce bâtiment contient d'abord le four qui s'ouvre dans la cheminée de la cuisine; puis un cabinet de latrine e; un petit emplacement /"pour dépôt de charbon ; un abri g à usage de bûcher ou de poulailler. Ces divers emplacements e f g pourraient être utilisés pour un garde-manger, une laverie et une laiterie, si on les mettait en communication avec la cuisine.
Si on commence l'examen des bâtiments par la gauche, on trouve d'abord une porcherie à deux loges h h avec auges qu'on remplit de l'extérieur; un local i pour serrer les menus outils, pouvant, au besoin, servir de poulailler; une grande charreterie ou hangar à quatre travées; une pièce l servant de dépôt pour les aliments destinés au bétail ; puis une vacherie ou étable m pour 8 bêtes avec couloir pour l'alimentation; celui-ci communique d'un bout avec la pièce précédente, et de l'autre avec la grange ; dessus est un ventilateur.
(I) Domaine de Solferino. dans le département, des Landes, appartenant à l'Empereur Napoléon III; dix corps de ferme analogues à celui représenté dans la planche 148 ont été construits dans ce domaine vers 1865, sous la direction et d'après les instructions de M. Eugène Tisserand, directeur des établissements agricoles de la Couronne.
La grange o est placée en face l'habitation, au milieu des bâtiments d'exploitation ; eiîe est plus élevée de 3 mètres environ que ceux-ci : derrière, la toiture est prolongée et s'appuie sur des poteaux, de manière à former un appentis o', où l'on peut abriter et remiser deux ou trois voitures de gerbes; un passage transversal pour voitures chargées est ménagé au milieu de la grange ; il y a une machine à battre dont l'escalier est indiqué sur le dessin ; le manège peut être placé soit intérieurement, soit extérieurement à la grange.
De l'autre côté de la grange, une pièce n analogue à l'étable m et d'une égale capacité peut aussi servir d'étable pour les bœufs, ou de bergerie pour les mères et les agneaux. (Si on employait des chevaux, ce qui n'est point usité dans la localité, cet endroit pourrait former une écurie pour 6 et 7 chevaux.) Enfin tout un côté des bâtiments est occupé par une bergerie p longue de 24m et large de 6m pouvant contenir 1 50 bôtes à laine ; des râteliers à leur usage sont disposés autour et sur les parois.
Au milieu de la cour, l'emplacement du fumier q est accompagné d'une citerne à purin où sont amenés les liquides venant des étables par des conduits indiqués au plan par des lignes ponctuées. Sur cette citerne peuvent être établies des latrines à l'usage des serviteurs de l'exploitation.
Un puits avec auge d'abreuvoir s est placé non loin de l'habitation. Deux entrées r r, dans la cour du domaine, sont en regard l'une de l'autre; l'une donne sur un chemin d'accès, l'autre conduit aux champs de l'exploitation.
Dans les conditions spéciales où ce domaine a été construit, sa disposition doit être recommandée avec quelques modifications de détails (comme l'établissement d'une écurie à côté de l'étable); elle serait applicable à la plupart des exploitations de
moyenne importance qui se rapprochent le plus de la grande culture.
— Si tous les exemples que nous avons montrés ne pouvaient être appliqués à cause du besoin de locaux spéciaux, alors il faudra
recourir à l'une des formes, et spécialement à celle quadrilatérale, que nous allons indiquer pour les grandes exploitations.
Ci R AND ES EXPLOITATIONS.
Lorsqu'il s'agit d'un grand domaine, les besoins de locaux deviennent bien plus considérables que dans les exploitations que nous avons examinées jusqu'à ce moment. C'est ici qu'il faut consulter les variétés de spéculations agricoles, et prendre ses dispositions de manière à répondre à leurs exigences de la manière la plus économique en môme temps que la plus satisfaisante. Ainsi, lorsque dans une exploitation, telle qu'il s'en trouve tant dans notre Beauce, la culture des céréales est la base du système adopté, des granges et des écuries pour les chevaux de labour répondront aux; principaux besoins et constitueront, avec la maison d'habitation, l'ensemble des bâtiments nécessaires ; dans une autre où l'on entretiendra des vaches laitières, les étables, la laiterie, la fromagerie, prendront les développements utiles ; dans une troisième, si l'engraissement des bêtes à cornes est l'espoir des bénéfices du cultivateur, ce seront encore des étables, mais d'une nature différente, des étables à couloir, des boxes même ; dans quelques autres, la multiplication ou l'entretien des porcs ou des bêtes à laine demanderont la construction de bergeries ou de porcheries suffisamment grandes ; dans une exploitation moderne enfin, où le chef intelligent saura réunir et allier les spéculations agricoles proprement dites à celles qui touchent au domaine de l'industrie, les bâtiments seront disposés en conséquence, et à côté de la féculerie, de l'huilerie, de la distillerie, de la fabrique de sucre même, se grouperont des étables d'engrais pour les animaux auxquels conviennent le mieux les résidus de la
DOMAINES
transformation des produits du sol en denrées commerciales ; c'est dans ce domaine que la machine à vapeur devient une espèce de centre auquel se rattachent tous les locaux renfermant les machines mises en. mouvement par elle, et les appareils de cuisson ou de dessiccation en communication avec elle, locaux qui doivent donc être groupés autour de cette machine à vapeur. Il en serait de même dans le cas particulier où la position du domaine permettrait l'utilisation d'un moteur hydraulique pour les différents services où l'on a besoin d'une force impulsive.
Forme générale. — Le nombre des bâtiments nécessaires à une grande exploitation ne permet plus de donner à leur ensemble l'une des formes que nous avons indiquées pour les domaines de petite ou de moyenne importance. Il en est cependant une qui est applicable : c'est la disposition sur deux lignes parallèles, distantes d'une quarantaine de mètres l'une de l'autre, les diverses constructions pouvant être attenantes ou isolées ; la cour forme alors une espèce de rue que l'on clôt aux deux extrémités par des barrières fixes en partie et mobiles en partie. Cette forme , quoique rarement employée, présente quelques avantages, et principalement celui de l'extension possible pour les constructions; elle a l'inconvénient de n'offrir que deux expositions pour les ouvertures à l'intérieur, et de ne pas abriter la cour contre les vents venant par les deux côtés non fermés ; son utilisation est, du reste, une. affaire de localité : elle convient assez, par exemple, sur le versant d'un coteau, en plaçant les bâtiments perpendiculairement à son inclinaison.
Les formes en double équerre sont encore applicables ; mais, à
Fig. 745. Fig. 746.
cause du développement des constructions, il ne faudrait les em- ■ ployer que pour les bâtiments d'exploitation, en plaçant la maison
d'habitation en face, comme dans les deux exemples représentés dans les figures 745 et 746, dont les constructions ont à peu près le môme développement : il est vrai que, par l'addition du bâtiment d'habitation à cette place, la forme générale se rapproche beaucoup de la forme quadrilatérale.
La disposition des bâtiments sur les quatre côtés d'une cour est la plus usuelle et la plus communément adoptée pour un grand domaine. Tantôt les constructions sont contiguës et forment le périmètre d'un parallélogramme (fig. 747) ou d'un carré (fig. 748), tantôt elles ne se touchent pas, tout en gardant l'une de ces deux formes,
Fig. 747. Fig. 749. Fig. 748.
comme dans la fig. 749. Peut-être ces dispositions quadrilatérales sont-elles les meilleures : on ne peut leur reprocher que de s'opposer à l'extension des constructions dans le cas d'agrandissement de la surface ou de la fertilité du domaine : c'est pour ce motif, joint à ceux que nous avons fait valoir (page 609), que nous conseillerons d'adopter, presque toujours, la séparation des divers bâtiments entre eux, lorsqu'on fait bâtir un grand domaine sous la forme quadrilatérale.
Quant à la disposition en rectangle allongé, elle devra être préférée à celle en carré, suivant notre avis, toutes les fois que le côté du carré atteindrait 50 mètres : nous pensons que la largeur de la cour vis-à-vis l'habitation ne doit pas dépasser cette limite; nous en exposerons les motifs en décrivant les domaines représentés dans les planches 154 et 156.
— Pour faciliter la surveillance directe du chef de l'exploitation, on a proposé diverses formes, qui peuvent être ramenées à
deux, l'une en éventail (fig. 750) et l'autre polygonale (fig. 751) : ces deux formes ne nous semblent pas présenter beaucoup d'avantages sur celles que nous venons d'indiquer ; elles comportent des encoignures dont l'établissement est toujours coûteux et l'utilisation peu commode. Cependant nous ne rejetterons pas, d'une manière abso-
lue, ces formes qui peuvent recevoir leur application dans quelques circonstances d'emplacement spécial. Quant à la forme circulaire dont celles-ci se rapprochent, elle serait assez bonne, mais la difficulté de construire en cercle doit la faire abandonner; nous en dirons quelques mots ci-après (fig. 78 1 , page 694).
Nous appellerons de suite l'attention sur les formes dont nous parlerons plus loin ; nous les désignerons sous la qualification d'extensibles : elles résultent généralement de la disposition des bâtiments sur des lignes parallèles entre elles et perpendiculaires à l'une des faces du logis; leur seul inconvénient est d'exiger que les bâtiments soient accédés par le pignon, mais leurs avantages, principalement celui de l'utilisation de logements doubles, présentent une compensation qui les fera adopter dans bien des circonstances (voir planches 784 à 789 ci-après).
Nous allons maintenant étudier en détail ces principales dispositions et en présenter quelques exemples.
Disposition quadrilatérale discontinue. — Une disposition de domaine sur les quatre côtés d'un rectangle (1) est représentée en plan dans la planche 150, fig. 753, et en vue à vol d'oiseau dans la
(1) Cette disposition est imitée de l'une de celles qu'a indiquées M. de Perthuifi; diverses modifications y ont été cependant apportées.
Fig. 750.
Fig. 751.
planche 149, fig. 752. Elle comporte quatre bâtiments principaux : le premier pour l'habitation, deux pour les animaux de chaque côté du premier, et un quatrième à la partie la plus éloignée pour la grange et les remises à instruments. Les désignations portées au plan (fig. 753, pl. 150) sont les suivantes :
A, maison d'habitation exposée au midi et derrière laquelle est le jardin potager et fruitier; elle est ainsi composée :
a, porche fermé ou vestibule d'accès;
b, grande chambre commune avec four dans la cheminée et fourneau à côté, servant de cuisine ;
c, cabinet;
d, garde-manger; /*, laverie;
e, escalier conduisant au premier étage où sont ménagés deux chambres au-dessus du bâtiment principal et deux dépôts pour grains dans les combles des bâtiments annexes ;
g, chambre à coucher et cabinet du maître à côté de la chambre commune ;
h, laiterie;
i, cellier et bûcher.
B, bâtiments des gros animaux, comprenant :
k, écurie pour cinq chevaux ; l, chambre du palefrenier ;
m, écurie pour deux chevaux ou deux juments poulinières ; n, étable pour dix vaches laitières ; o, étable pour cinq vaches ou pour veaux à l'engrais; p, étable pour cinq bœufs.
C, bâtiments des petits animaux, contenant :
q, porcherie transversale à couloir pour l'alimentation, renfermant quatre loges; ces loges pourraient s'ouvrir sur une cour f, fermée par les murs de clôture du domaine et que des barrières diviseraient en portions correspondantes à chacune des loges ;
s, poulailler coupé en demi-étage; le haut est destiné aux
poules; le dessous étant occupé par des oiseaux aquatiques, l'un et l'autre s'ouvrent au dehors par des guichets; t, bergerie pour 125 bêtes à laine, divisée par des claies en
trois compartiments ; u, chambre de berger.
Sur tout ce bâtiment C, comme sur celui B, est établi un vaste fenil, auquel on accède par des fenêtres percées au-dessus de chacune des portes des étables : une ou deux trappes à l'intérieur peuvent, en outre, être ménagées dans les locaux d'un usage moins fréquent, comme dans le couloir qui conduit à la chambre du berger u; les trappes de communication directe entre les étables et les fenils ne valent absolument rien, ainsi qu'il a été dit (page 259).
Dans tous les logements d'animaux, des ventilateurs sont établis suivant les indications que nous avons posées dans la première partie; on en aperçoit l'extrémité supérieure sortant du faîte du toit dans la vue à vol d'oiseau (fig. 752).
La cour contient une fumière x à l'extrémité la plus éloignée de l'habitation; c'est là que se rendent les urines provenant des bâtiments B et G, par des ruisseaux qui sont indiqués dans le plan par une ligne double pointillée. La fumière x est en pente se terminant à une fosse à purin y, au-dessus de laquelle sont des latrines. A l'autre extrémité de la cour, un petit abreuvoir z enduit en ciment reçoit les eaux provenant du puits qui est à côté.
Enfin vis-à-vis l'habitation se trouve un bâtiment D, servant de grange; il contient une machine à battre mue par un manège placé sous un petit abri en avant de la construction, de manière à ce qu'on le surveille de la maison. La grange, traversée par deux passages pour voitures, peut contenir environ 1 ,500 mètres cubes ou \ 5,000 gerbes à peu près.
Aux deux extrémités de la grange sont six hangars ou remises U et V pour instruments et véhicules. Au lieu de les couvrir par un toit plus bas que celui de la grange, comme dans la fig. 752, il vaudrait mieux mettre les deux toitures au même niveau, ce qui procurerait emplacement d'un fenil au-dessus de chacune des remises.
Page G55.
pl. 152.
Enfin E est la cour des meules, contenant quatre plates-formes ou supports, cour entourée de murs hauts de 3 mètres ; on y accède par les deux passages à travers la grange, ou par deux portes placées à chaque extrémité de l'enclos qui les renferme, portes trèssolidement fermées, ainsi que nous l'avons dit en parlant des granges.
— Si la diversité des besoins des exploitations rurales permettait de poser un type comme modèle, au moins dans les conditions de grandeur qui y sont relatées, peut-être y aurait-il lieu de présenter l'exemple que nous venons de décrire.
Presque toutes les dispositions particulières que nous croyons recommandables se trouvent réunies dans cette disposition générale d'ensemble ; il n'y aurait guère à blâmer que la place de la porcherie : pour faciliter le transport des aliments qu'on cuit dans l'habitation, la porcherie q en a peut-être été trop rapprochée, et pourrait quelquefois lui transmettre non pas l'infection, mais des émanations désagréables ; si l'on craignait cet inconvénient, on la reporterait à l'autre bout du même bâtiment C ; l'exposition solaire de la porcherie serait même meilleure dans cette nouvelle position, puisqu'elle recevrait les rayons du soleil de midi : on pourrait, comme dans le premier cas, y ajouter une cour pour la promenade des porcs.
Nous voudrions aussi que les fumiers fussent portés dans une cour spéciale, par exemple derrière l'un des deux bâtiments B ou C. On obtiendrait aussi une disposition analogue à celle qui a été présentée comme pouvant servir de type à une moyenne exploitation (planche 144, page 640).
— Les dispositions du domaine représenté dans les planches 151 et 1 52, en plan par la fig. 755 et en vue à vol d'oiseau par la fig. 754, quoique présentant quelque analogie, dans la forme générale, avec celles du domaine que nous venons d'examiner, en diffèrent cependant par les détails de distribution et par la position relative des diverses parties. Ainsi, dans le bâtiment servant aux grands animaux, ceux-ci sont placés longitudinalement ; les granges, au lieu d'être reculées à l'extrémité, ont cédé cette place aux bergeries, qui
ont un plus grand développement, et elles sont placées sur le côté, vis-à-vis des étables ; la porcherie, plus considérable aussi, est rejetée au bout des granges à côté de la bergerie (pour meilleure disposition, cette porcherie serait placée au bout des bâtiments des grands animaux, c'est-à-dire qu'elle occuperait l'emplacement tenu au plan par les hangars et que ceux-ci lui seraient substitués à l'extrémité de la grange). Voici, du reste, la composition générale (1) du plan.
A, bâtiment d'habitation, comprenant :
«, entrée ou vestibule formant passage à travers la largeur du bâtiment, pour donner accès au jardin J ; dans ce vestibule se termine un escalier de service; le premier étage est divisé en chambres d'habitation à l'usage de la famille du chef; les combles servent de lieu de dépôt pour les grains;
b, cuisine avec fourneau et cabinet garde-manger à côté ;
c, vestibule particulier et escalier à l'usage du chef de l'exploitation ;
d, passage pouvant servir de lieu où se tient la ménagère ; (f , laiterie ou magasin ;
e, chambre à coucher ;
f, chambre a coucher pour servantes et ouvrières ;
<?, cabinet de travail avec grandes armoires servant de petits magasins ; ce cabinet a des fenêtres sur l'entrée, sur la cour du domaine et sur le jardin.
B, bâtiment annexe de l'habitation sur lequel est une cave ;
h, appentis servant de bûcher ;
i, grande pièce à feu pour différents usages, chaulagc de grains, petite distillerie, etc. ; au-dessus est une chambre à feu servant à loger les ouvriers étrangers, employés temporairement sur le domaine, qui se trouvent ainsi isolés ; et, si leur négligence était cause d'un incendie de cette construction, il pourrait y être concentré sans s'étendre avec d'autres bâti-
(1) Un domaine présentant à peu près ces dispositions a été construit, par M. Paulinier, à Sainte-Marie, près Mehun (Cher).
ments (1): on accède à cette chambre par un escalier extérieur;
h, latrines doubles établies à 2 mètres du 'sol avec système de
fosses mobiles dont les récipients sont au-dessous; l, local pour menus outils s'ouvrant sur le jardin.
C, bâtiment symétrique à celui B, et qui contient, au rez-de-chaussée, une buanderie et un fournil avec réduit pour un petit dépôt de houille; au-dessus est une fromagerie à laquelle on accède aussi par un escalier extérieur.
Devant ce petit bâtiment est ménagé un enclos qui reçoit diverses utilisations (dépôt de bois, etc.).
D, bâtiment des grands animaux : il renferme une écurie pour dix chevaux avec cabinet de palefrenier, et à côté une étable pour un pareil nombre de vaches; à la suite est une remise ou un hangar à cinq travées ; un escalier sert à l'accès du fenil disposé audessus de l'écurie, de l'étable et du hangar.
E, bergerie pour deux cents moutons : devant est un parc o, clos de barrières. Comme le nombre desbôtesà laine entretenues temporairement dans le domaine qui nous sert d'exemple peut être considérable, une seconde cour est ménagée derrière la bergerie ; elle forme deux parcs o' et o" ; un abri en appentis est ménagé dans toute la longueur de cette cour. On peut pénétrer dans ces deux parcs, soit de la cour principale, soit de la bergerie; une disposition de clôture, qu'indique le plan, permet de passer de la bergerie dans celui des deux parcs que l'on veut atteindre.
m et n, poulailler et lapinière placés dans deux appentis adossés à la bergerie; l'un de ces bâtiments n est entouré par une petite cour.
FF', porcheries. La première, F, est une porcherie simple et à couloir, comprenant 4 loges, chacune d'elles étant précédée d'une petite cour; l'emplacement d'une cinquième loge est réservé an fourneau qui sert à la cuisson des aliments, et que nécessite
(l) Voir Chambre des étrangers, Logements d'ouvriers, à la fin de ce chapitre.
l'importance de la porcherie. La seconde, F', est une porcherie double et à couloir central; elle contient dix loges; ces loges n'ont point de cours spéciales pour chacune d'elles, mais deux cours q et q' sont communes aux animaux, lorsqu'on juge à propos de les y lâcher.
G, bâtiment des récoltes, comprenant :
q, grange avec machine à battre mue par un manège placé à l'extérieur, sous une construction annexe; elle contient environ 1,500 mètres cubes, y compris le comble et l'espace au-dessus des deux locaux r et s; deux passages transversaux pour voitures y sont établis; les portes en sont abritées par de petits auvents, prolongations du toit; cellier en contre-bas du sol de 1 mètre; sa hauteur intérieure étant de 3 mètres, il en résulte que le plancher ne se trouve qu'à 2 mètres au-dessus du sol extérieur : l'espace au-dessus de ce plancher fait partie de la grange et sert à l'entassement des gerbes; s, lieu de dépôt pour les racines ou les tubercules, également en contre-bas du sol, et surmonté, comme le cellier r, par une tasserie appartenant à la grange ; Dans la cour se trouve un puits d'où l'eau est extraite à l'aide d'une pompe; à côté est une auge ou petit réservoir;
/, fumière établie dans la partie de la cour la plus rapprochée des étables, des bergeries et des porcheries ; des lignes pointillées indiquent la direction des rigoles conductrices des urines ; une fosse à purin avec pompe est creusée dans la partie la plus déclive de la fumière.
J, jardin placé devant l'habitation et dans lequel deux réservoirs d'eau sont symétriquement creusés : l'un, w, à proximité de l'entrée x de la cour du domaine, sert d'abreuvoir pour les bestiaux; l'autre v, qui communique avec le premier à l'aide de tuyaux, est utilisé pour les arrosages nécessaires au jardin : des escaliers en pierre y sont ménagés à cet effet.
L'examen du plan de ce domaine montre qu'il a été établi pour
Constructions rurales. —
Fig. 75G.
Grandes exploitation*.
satisfaire à des conditions qui ne sont déjà plus aussi générales que celles qui ont servi à tracer les constructions du domaine précédent. La critique de celui dont nous nous occupons maintenant ferait valoir beaucoup de bonnes dispositions; elle blâmerait peut-être un peu trop de luxe dans le développement des constructions ; mais, si ce développement est une cause de frais d'établissement, il présente quelques avantages que nous avons signalés.
Disposition quadrilatérale continue. — Nous allons maintenant examiner deux dispositions que nous mettrons en regard l'une de l'autre; les deux domaines sont composés des mêmes éléments constitutifs; ils ont la même étendue; ils comprennent les mêmes locaux, mais ils diffèrent par la place que ces locaux occupent par rapport les uns aux autres, ou plutôt, seulement, par la position de la maison d'habitation et de l'entrée de la cour.
Afin de mieux fixer les idées, nous avons choisi, pour les deux domaines, la même forme rectangulaire allongée avec bâtiments contigus; les conséquences que l'on déduira de notre examendes deux systèmes s'appliqueront à la disposition avec bâtiments séparés, elles s'étendront même à la forme carrée.
Décrivons d'abord le domaine représenté en plan dans la pl. 454 (fig. 757) et en vue à vol d'oiseau dans la pl. 153 (fig. 756).
Il se compose, ainsi que les figures l'indiquent, de quatre bâtiments attenants l'un à l'autre et formant un quadrilatère allongé ( I ). L'entrée est à l'une des extrémités de la cour, dans l'un des petits côtés du rectangle, entre les bâtiments indiqués par A et B dans le plan, et dont voici la distribution :
A, partie réservée pour l'habitation du chef de l'exploitation et comprenant :
a, cuisine avec fourneau économique et cheminée; 6, chambre de la cuisinière ; c, garde-manger ou office ;
(1) Ce beau domaine a été construit par M. de Gibert, à Thieux (Seine-et- Marne); il était exploité, en 1855, par M. Gilles, grâce à l'obligeance duquel nous avons pu le parcourir et l'examiner dans tous ses détails.
GGO
d, laverie ;
<>, réfectoire pour les ouvriers, échauffé par la cheminée de la cuisine;
f, cabinet du maître;
g, chambre à coucher;
h, chambre d'enfants avec cabinet h' et lieux d'aisances k;
i, salle à manger pour la famille du maître;
;', salon attenant, comme la salle à manger, à un vestibule particulier dans lequel aboutit l'escalier d'accès au premier étage, où se trouvent des chambres à coucher, une lingerie, des chambres à provisions, etc.
B, partie destinée à la conservation des grains, aux chaulages, à la cuisson des aliments destinés au bétail, comprenant :
/, lieu de dépôt pour menus ustensiles, petit magasin; I' , buanderie, fourneau, cuisine rustique, etc.; I" , chambre de chaulage, dépôt de tourteaux, etc.; mm, silos à netteraves placés en contre-bas du sol : on les remplit, du dehors, par des ouvertures ménagées à cet effet ; une voûte les recouvre à \ mètre au-dessus du sol extérieur. Au-dessus sont des chambres à grains auxquelles on accède par un escalier spécial indiqué au plan.
C, côté des logements des animaux, contenant :
ii, écurie pour vingt et un chevaux divisés en sept attelages
de trois têtes; pp' , vacheries pour dix vaches;
o, chambre à fromage élevée à 1 mètre au-dessus du sol ;
q, laiterie d'hiver au niveau du sol de la vacherie : elle n'en est séparée que par une cloison vitrée et protégée par des treillages en fer laminé; l'entretien d'une température suffisamment élevée y est assuré par la communication de la chaleur que les animaux donnent à la vacherie. Dans cette laiterie aboutit 'un escalier pour descendre à une laiterie d'été établie dans un caveau situé sous la chambre à fromage o, et auquel on accède par un passage souterrain creusé sous fa
DISPOSITIONS
vacherie p ; l'exhaussement du sol de la pièce o a permis de donner plus de hauteur à la laiterie demi-souterraine, et facilite son éclairage par des fenêtres percées à chaque extrémité, un peu au-dessus du niveau du sol extérieur.
r r, vacheries ou étables à bœufs, chacune pour dix têtes ;
s, bergerie pour cent cinquante à cent soixante-quinze bêtes a laine.
D, côté des hangars et basses-cours, savoir :
t, poulailler;
uuu, remises simples ou doubles entre lesquelles se trouve encore un passage fermé par une porte et ne s'ouvrant que dans quelques occasions ; dans l'intervalle il sert de remise. Au-dessus, un étage, en forme de pavillon, construit pour un pigeonnier, est devenu une fruiterie, un magasin de graines, une sécherie, etc.
i>, porcherie à couloir contenant trois loges.
E, côté des produits, divisé primitivement ainsi :
x, grange à avoine (3 travées de 250 mètres cubes chacune) ; y y, granges à blé entre lesquelles est un manège pour machine
à battre (12 travées de même capacité) ; z. cellier ou pressoir, ayant à côté un manège pour le concassagc des pommes à cidre.
Depuis la construction des bâtiments de ce domaine, l'extension des cultures fourragères a fait augmenter le bétail entretenu et modifier une partie des locaux : ainsi une portion de la bergerie s est devenue une étable d'engraissement ; la grange à avoine x et quelques travées de la grange à blé y ont été transformées en bergeries par l'ouverture de fenêtres d'aération et par la construction d'un plancher supportant un fenil. Six bergeries ont été ainsi établies et comprennent chacune deux travées du bâtiment.
La diminution des granges n'a pu être compensée que par rétablissement d'une cour à meules, où les gerbes de grain attendent leur tour pour passer sous la machine à battre.
Dans la cour se trouvent deux emplacements pour fumier
F, place pour le fumier de l'écurie avec petite fosse à purin ;
F', grande fumière avec fosse à purin et doubles latrines au-dessus ; les urines provenant des écuries et des étables y sont conduites par des rigoles dont la trace est indiquée au plan par des lignes de points.
G est un abreuvoir demi-circulaire à deux pentes : toutes ses parois sont très-solidement établies en mortier hydraulique, afin qu'il ne reçoive point d'infiltrations provenant des fumières qui le touchent ; des parapets ou garde-corps l'entourent, quelques arbres le protègent contre les rayons solaires. Les eaux y sont amenées par des conduits souterrains recevant les descentes d'égout des toits et le trop-plein de l'auge adossée à l'écurie, sous la pompe. Un canal de décharge dirige l'excédant de ces eaux dans un grand abreuvoir situé en dehors de la cour.
Enfin la cour est entourée par un trottoir se prolongeant le long des bâtiments et dont la trace est figurée sur le plan.
— Examinons maintenant le domaine représenté dans les pl. 155 et 156, en plan par la fig. 759 et en vue à vol d'oiseau par la fig. 758. Nous avons dit qu'il ne différait du précédent que par la place de la maison d'habitation et par celle de la porte d'entrée dans la cour. L'habitation est ici au milieu de l'un des grands côtés du rectangle, et l'entrée est en face. Tous les locaux sont, du reste, équivalents ; nous nous sommes appliqué à ce qu'il en fut ainsi en dressant le plan dont voici la composition : A, habitation composée, comme la précédente, de :
a, cuisine ;
b, laverie ;
c, garde-manger, office ;
d, chambre de la cuisinière ;
e, réfectoire chauffé par la cheminée de cuisine : il donne accès à la cuisine a ;
/', cabinet du maître : une petite avance à l'extérieur, établie suivant la méthode anglaise, permet de jeter un coup d'œil de chaque côté de l'habitation sans en sortir ou sans ouvrir
une fenêtre ; à côté, entrée particulière au maitre et escalier des chambres au premier étage ;
g, chambre à coucher avec cabinet g' ;
h, chambre d'enfants ; k, cabinet d'aisances.
B, partie attenante au bâtiment d'habitation et située du même côté de la cour, se divise en
chambre à outils ; /', chambre de chaulage; 1", buanderie et cuisine rustique;
V", place du coupe-racine et escalier des graineries; à côté,
manège pour le coupe-racine ; m m! ', silos à betteraves, comme dans le précédent exemple.
C, partie symétrique au bâtiment B, ne contenant que
n, écurie pour vingt et un chevaux.
D, bâtiment en retour d'équerre, formant l'un des petits côtés de rectangle, ainsi composé :
pp', vacheries avec chambre à fromages o et laiterie q, le tout présentant les mômes dispositions que dans l'exemple précédent ;
rr', étables pour bœufs ou vaches, chacune pour dix tètes; 1 1', poulailler divisé en deux compartiments ; u ) porcherie à couloir contenant quatre loges ;
E, bâtiment contenant
v, bergerie pour cent cinquante à cent soixante-quinze bétes à laine.
F, bâtiment en face de l'habitation, occupé par
x x, deux granges séparées par la porte d'entrée ; à l'extrémité est la machine à battre et son manège moteur. H, construction symétrique de celle E, où se trouve :
y, petite grange à avoine.
T, bâtiment occupant tout le petit côté du rectangle, où l'on trouve : zzzzz, cinq remises, dont une double; au milieu, passage couvert et utilisé également comme remise; un escalier con-
duit à des magasins à blé placés au-dessus des remises. Dans la cour, on voit :
K, fumière recevant les liquides des étables et des écuries par des rigoles indiquées au plan : la purinière, établie dans la partie déclive, est surmontée par deux cabinets de latrines.
L, abreuvoir à deux pentes : il peut être séparé en deux parties par une grille ; il est entouré d'un garde-corps.
P et Q, deux petits emplacements entourés de treillages dans lesquels on peut cultiver quelques fleurs ou quelques arbustes.
Il nous reste à faire valoir la préférence que nous accordons à la disposition de ce plan (pl. 156) sur celle du plan précédent (pl. 154), tous les deux comprenant les mêmes locaux avec les mêmes dimensions.
C'est principalement par l'emplacement de la maison d'habitation qu'ils diffèrent; c'est par là aussi que nous croyons la seconde disposition meilleure que la première.
En effet, dans le plan (pl. 154), la maison est à l'extrémité de la cour. Le coup d'œil du maître peut bien parcourir toute son étendue; mais il n'en est pas de môme pour sa voix. Si le maître a un ordre à transmettre, il ne peut qu'avec de très-grands efforts appeler un ouvrier occupé à l'autre extrémité de la cour, lui dire ce qu'il veut, et souvent son ordre, mal entendu, est mal compris et mal exécuté; pour assurer l'accomplissement de sa volonté, le chef est obligé d'aller lui-même porter son ordre; et ici se présente un autre inconvénient : pour aller et revenir, il n'aura pas moins de 200 mètres à parcourir; de l'obligation de franchir cette distance un grand nombre de fois dans la journée peut résulter beaucoup de fatigue. D'ailleurs, le maître hésitera parfois à renouveler sa course, si l'objet de la visite n'a qu'une importance secondaire, s'il ne s'agit que d'un détail omis dans l'ordre principal qui vient d'être porté, s'il pleut, s'il fait trop froid ou trop chaud, etc. Si le maître, surtout lorsqu'il n'est plus jeune, hésite dans ses voyages, combien, à plus forte raison, les v alets se dispenseront-ils de venir le consulter
lorsqu'ils seront embarrassés pour l'exécution d'un ordre ou pour parer à un incident. La surveillance des étables souffrira aussi de cet éloignement, d'abord par la distance qui rendra les visites moins fréquentes, ensuite parce que l'arrivée du chef est aperçue de loin, et qu'une faute ou une négligence est plus facilement dissimulée, sinon cachée. Enfin, dans la disposition du plan premier (pl. 454), toute la longueur de la cour sert au passage des animaux, et il est assez difficile de la tenir aussi propre qu'on le désirerait.
Au contraire, dans la disposition du domaine représenté pl. 156, la maison d'habitation est au milieu de l'un des côtés de la cour; l'œil du maître s'étend sur toutes ces parties, surtout au moyen du cabinet f, où est ménagée une saillie à l'extérieur qui permet de voir sur chacun des côtés du bâtiment. La voix peut être entendue assez facilement à une distance de 40 à 50 mètres, éloignement le plus grand des locaux par rapport au logis; d'ailleurs, la distance à parcourir n'est pas très-grande; on n'hésite plus à faire quelques pas pour se rapprocher et transmettre un ordre. La visite des étables est plus fréquente par cela même qu'elle est moins longue à effectuer. Le chef évite ainsi bien des pertes, ou prévient bien des accidents aux animaux. Enfin ces derniers ne circulent habituellement que dans la partie de la cour qui leur est spécialement destinée; ce n'est qu'exceptionnellement qu'ils se rendent dans l'autre partie où sont les granges et les hangars : ce qui permettrait de clore cette partie par des barrières mobiles, comme des claies de parcs à moutons, placées entre les bâtiments et l'entrée de l'abreuvoir, clôture généralement peu importante, il est vrai, mais qui peut avoir quelque utilité dans des circonstances spéciales assez fréquentes.
L'entrée de la cour, dans le premier plan, est plus rapprochée de l'habitation que dans le second plan ; mais, dans ce dernier, elle est plus en face du logis et, par conséquent, mieux surveillée. Nous croyons, pour cette raison, que la position en est préférable. Du reste, il serait facile de modifier le plan de manière à ce que l'entrée fût à côté du logis, si l'on n'adoptait pas la position de la porte d'entrée indiquée dans le plan (pl. 156).
Pour tous ces motifs réunis, nous croyons que, lorsqu'on adopte la disposition rectangulaire allongée, la maison d'habitation sera mieux placée au milieu de l'un des grands côtés de la cour que dans toute autre partie de l'ensemble.
Disposition en carré. — La disposition des bâtiments autour d'une cour carrée est souvent adoptée, soit que l'on veuille des constructions isolées, soit qu'on les rende contiguës.
Si les constructions du domaine doivent être isolées, il faut placer nécessairement l'une d'elles sur chacune des quatre faces. En les supposant éloignés à 10 mètres l'un de l'autre, distance convenable, la longueur de chacun des bâtiments ne pourra guère dépasser 30 mètres, soit 120 mètres pour le total des quatre parties, parce qu'alors le côté de la cour aurait plus de 50 mètres en longueur, ce qui présente les inconvénients que nous avons indiqués (page 664); cependant deux des bâtiments opposés pourraient encore atteindre 50 mètres, parce qu'ils se prolongeraient au bout des deux autres, ce qui ferait 160 mètres pour le développement total. Quant à la longueur minimum des bâtiments, il n'y a pas lieu de la fixer, puisqu'on peut toujours laisser un peu plus d'intervalle entre les constructions de chacun des côtés ; il faut seulement avoir égard à ce qui a été dit pour la plus petite dimension des cours (page 617).
Mais, si les constructions doivent être attenantes, la disposition en carré ne leur sera applicable que lorsque leur développement total sera compris entre 1 00 et 200 mètres ; on forme alors une cour dont le côté est de 25 mètres pour le premier cas ou de 50 pour le second. En se reportant à ce que nous avons dit des dimensions à donner aux cours (page 617), on verra qu'une cour plus petite ne permettrait pas les mouvements des voitures; en relisant les considérations que nous avons développées dans l'explication de la planche précédente (pl. 156, page 664), on comprendra quels sont les inconvénients d'une cour plus grande.
Si les constructions dépassent 200 mètres de longueur, la cour carrée aura plus de 50 mètres de côté ; d'après les considérations que nous venons de rappeler, nous engagerons alors à renoncer à la forme
carrée et à recourir à une forme rectangulaire allongée dont le plus petit côté ne dépasserait pas 50 mètres.
Cependant beaucoup de constructeurs d'établissements ruraux n'ont pas eu égard à la limite de côté que nous croyons convenable d'adopter pour la forme carrée. Nous allons décrire deux exemples dans lesquels on l'a dépassée : pour le premier, le motif en est peutêtre dans le développement considérable des granges par rapport aux autres constructions; dans le second, des exigences architecturales en ont peut-être été cause. Ce sont encore deux exemples qui viennent appuyer la difficulté, déjà signalée bien des fois, de poser des règles* absolues en fait de disposition de bâtiments ruraux.
Disposition en carré continu. — Le domaine représenté à vol d'oiseau dans la pl. 157 (fig. 760) et en plan dans la pl. 158 (fig. 761) est construit avec la forme carrée et continue. C'est une ancienne ferme de la Brie française (1) dont voici la composition :
A, bâtiment d'habitation ainsi disposé :
a, entrée ou vestibule;
b, grande cuisine ;
c, office ou garde-manger;
cl, cabinet ouvert à la fois du côté de l'entrée et dans le vestibule qui précède la cuisine ;
e, salle à manger des maîtres ;
f, office ou desserte ;
g, salon ;
h, escalier conduisant au premier étage, où sont les chambres à coucher de la famille;
k, latrines.
B, bâtiment de service, symétrique à l'habitation, comprenant :
(1) Ce plan est imité de celui de la ferme du "Vert-Galant, près Vaujours (Seine-et-Oise), bâtie par le comte de Maistres et appartenant à M. Penaud (en 1855). Elle a été exploitée par M. Jourdier, et M. Moll y a poursuivi des expériences sur la valeur, comme engrais, des matières fécales mélangées avec de l'eau et employées en irrigations (voir page 469). Le plan de la ferme a été modifié dans plusieurs de ses parties.
l, forge et atelier; m, sellerie;
nt fournil, pétrin, buanderie; n\ écurie, infirmerie;
o. laiterie, échaudage; p, dépôt de lait; p' , fromagerie.
Dessus ce bâtiment sont des chambres à usage de magasin, de réserve, de sécherie, de grainerie, etc.
C, bâtiment à l'est (voir pl. 101, page 292), contenant
q, grange à avoine avec passage transversal ; rrrrrr, six remises supportant deux graineries à blé, auxquelles on accède par des escaliers tracés au plan.
D, bâtiment au midi, contenant :
s, manège moteur de la machine à battre, accompagné d'un lieu de dépôts' pour balles et menues pailles; la machine est ainsi placée à l'angle des deux bâtiments destinés à contenir les produits qu'elle doit égrainer ;
/, grange à blé avec passage transversal ;
ît, petit hangar que traverse un passage; au-dessus est la sécherie pour la féculerie, avec escalier d'accès.
Derrière cette grange, la cour des meules G renferme les plates-formes pour gerbiers.
E, bâtiment à l'ouest, où sont placés :
u', cuves et râpes de la féculerie mues par le manège qui y est annexé ;
v, écurie pour douze chevaux : une pompe est établie à l'intérieur; elle verse l'eau dans une augë placée transversalement à la paroi de manière à être utilisée à la fois en dehors et en dedans de l'écurie ;
v', chambre pour les charretiers;
v", petite vacherie pour trois bétes bovines;
x x' , poulaillers communiquant par des fenêtres grillées avec la vacherie voisine, afin que la chaleur des vaches échauffe le local des poules ;
DE
DOMAINES
y, vacherie pour sept, à huit bêtes bovines : sur les côtés sont
installées des cases à lapins ; z, vacherie d'élevage pour six bétes.
Au-dessus de tous les locaux contenus dans ce bâtiment est un fenil dont chaque travée est numérotée extérieurement. G, cour des meules derrière la grange, entourée de murs. F, cour coupée en quatre compartiments par deux chemins qui se croisent à angle droit; ces chemins sont pavés comme ceux qui longent les bâtiments ; ils rendent facilement abordables les compartiments qu'ils encadrent ; on a, en outre, indiqué au plan un trottoir pour la circulation des piétons pendant la mauvaise saison. Les quatre compartiments peuvent être plantés d'arbres dans leur périmètre ou au moins aux angles; ils sont occupés ainsi :
II, lumière avec fosse à purin où se rer dent les liquides des écuries, suivant les lignes de points ti s au plan ; latrines audessus.
I, puits et auge à abreuver.
K, abreuvoir et baignoire pour les animaux. Le quatrième compartiment est gazonné et sert au dépôt momentané de bois, matériaux, etc.
.1, petits jardins devant les deux habitations : ils sont clos par des haies d'aubépine taillées à hauteur d'appui. L'un d'eux s'étend sur le côté du domaine derrière le bâtiment C ; on lui a ménagé une porte d'accès qui s'ouvre dans une des remises r.
L'entrée de la cour est entre ces deux jardins ; elle est fermée par une grille, ainsi que le montre la figure 760. Sa surface est de près de 5,000 mètres carrés (70 mètres de côté).
Disposition en carré discontinu. — Cette disposition ne diffère de la précédente que parce que les bâtiments ne se touchent point et qu'il n'y a pas de constructions dans les angles, parties qu'il est parfois assez incommode d'utiliser. Elle ne diffère aussi de la forme rectangulaire dont nous avons parlé que par l'égalité des côtés. Avec ces changements, tous les exemples que nous avons présentés sont applicables à la forme dont il s'agit maintenant.
— Un domaine nouvellement construit près de Paris (1) présente la distribution suivante : en avant, un corps de logis contient l'habitation du fermier, la laiterie et tous les locaux où s'opèrent des manipulations de produits autres que celles du battage des grains ; sur l'un des côtés, un bâtiment renferme l'écurie et un local pour abriter les instruments de transport et une machine à battre (il n'y a point de grange proprement dite, l'emplacement de la batteuse suffit pour l'emmagasinage d'une meule de grain) ; de l'autre côté est une bergerie; enfin le quatrième côté, en face de l'habitation, est occupé par une magnifique vacherie à couloir longitudinal et central pour 100 vaches, dans laquelle beaucoup de dispositions très-heureuses ont été appliquées, telles que rigoles à courant d'eau pour l'abreuvage des animaux, cloisons à claire-voie en avant d'auges placées au niveau du sol, rigoles d'écoulement pour les urines, chemin de fer avec chariot pour la distribution de la nourriture, détails dont il a été question successivement dans notre travail, qui sont très-bien exécutés à Vincennes et qui méritent d'être reproduits dans beaucoup d'exploitations rurales. L'ensemble des constructions pourrait être également imité pour un domaine dont les prairies et les pacages formeraient la plus grande partie du sol et seraient l'objet de spéculation, à l'exception de la culture des céréales.
Ce domaine est représenté en vue à vol d'oiseau dans la pl. 159, fig. 762, et en plan dans la pl. 160, fig. 763. En voici la description : A, bâtiment principal d'habitation contenant :
a, cabinet du directeur ; derrière est un vestibule renfermant un escalier pour l'accès du premier étage où est établi le logement du chef de l'exploitation, s'étendant sur o et a'; a', grande cuisine avec évier ;
(1) Ferme du bois de Vincennes, près Saint-Maur (Seine). Elle a été construite, en 1859, par ordre de l'Empereur Napoléon III, sur les plans dressés par M. E. Tisserand, alors inspecteur, aujourd'hui directeur des établissements agricoles de la Liste civile, et exécutés par M. Ronsier, architecte. D'anciens bâtiments ont dû être utilisés dans le tracé des plans : ce sont ceux qui composent la ligne A où se trouve l'habitation.
Fig. 763.
Gonstntclions rurales. — Grandes exploitations.
b, pièce où l'on fait le beurre, avec fourneau ;
c, laiterie proprement dite (dépôt de lait), dont le sol est environ à 1 mètre au-dessous du terrain environnant ;
d, remise pour la voiture du maîtres e f} magasins pour graines;
remise pour instruments aratoires divers ; au-dessus est un magasin pour les grains, auquel on accède par un escalier omis dans le dessin. (L'ouverture de cette remise-hangar du côté extérieur à la cour, disposition assez commune en Angleterre, ne nous semble pas favorable à la surveillance générale, et nous ne la recommanderons pas.)
A, écurie pour 6 chevaux ;
i, petite remise pour voiture ;
k, sellerie aux harnais ;
/, écurie pour deux chevaux de maître ;
m m, logement d'un contre-maître ouvrier : au-dessus de ce bâtiment élevé d'un étage sont des chambres pour loger des ouvriers sans enfants ;
n, grande salle de réunion pour les ouvriers employés sur l'exploitation ;
A', kiosque placé derrière le bâtiment principal et non loin duquel s'ouvre une porte de la laiterie (ce kiosque ne fait pour ainsi dire pas partie du domaine, il est un lieu d'abri pour les personnes venant y boire du lait produit par les vaches, qui constituent une des spécialités de l'entreprise agricole). En face du bâtiment A, de l'autre côté de la cour, se trouvent :
B, grande vacherie pour 100 vaches (70 mètres de long sur 10 de large), avec couloir central; nous en avons donné (pl. 41 et 42) l'élévation (fig. 174), le plan (fig. 175), trois coupes transversales (fig. 176 à 178), et une description (page 137), dans la première partie de notre travail ;
C, grand hangar sur piliers pour voitures vides ou chargées ; la vue pl. 159, fig. 762, en montre suffisamment la disposition : la surface abritée est d'environ 360 mètres carrés (33 X^)-
D, au devant du hangar on a creusé une fosse à purin où sont conduites les urines de la vacherie ; une pompe à purin et des cabinets d'aisances sont établis au-dessus.
E, bâtiment des bergeries (60m X 6m) ; divisé en divers compartiments : au devant régnent des parcs fermés par des claies à hauteur d'appui, qui constituent des divisions dans la cour ;
p, passage au milieu des bergeries, servant d'atelier pour la préparation de la nourriture à donner aux moutons. E', grand hangar (42œ X 7"') placé derrière la bergerie et ouvert seulement par devant ; une cour, où l'on peut laisser vaguer les bétes à laine, s'étend entre les deux bâtiments ; qq, emplacements pour pailles destinées à la litière.
F, bâtiment symétrique à celui des bergeries, qui comprend :
</, étable pour 20 vaches placées sur un seul rang et auxquelles on donne à manger par un couloir ;
r, petite grange et machine à battre le grain ;
s, boxes pour jeunes chevaux, avec couloir de service ; devant sont de petits parcs avec clôtures élevées d'environ 1m,50 ;
1 1 1, meules de grains à proximité de la machine à battre r.
G, fosse à purin où se rendent les urines provenant de l'étable q et des boxes s.
La porcherie, construite plus tard, n'a pas été comprise dans l'ensemble du domaine ; on la voit dans la vue générale, pl. '1 59, fig. 762. Sa disposition est analogue à celles décrites page 190.
La fumière est placée derrière cette porcherie, un peu loin du lieu de production; peut-être eût-elle déparé l'aspect élégant d'une ferme destinée à l'ornementation d'un parc impérial.
— C'est encore sur la forme carrée qu'est basée la disposition de domaine représentée en vue à vol d'oiseau par la pl. 161, fig. 764, et en plan par la fig. 765, pl. 162. Mais les bâtiments n'étaient point attenants dans l'origine ; ils n'ont été reliés depuis que par des constructions accessoires, faciles à détruire et qui permettraient leur isolement, si le besoin s'en faisait sentir. Ce domaine peut donc être présenté comme un exemple de la forme carrée discontinue. Sa
Page 672.
vu.
Fig. 703.
Constructions rurales. —
Grandes exploitations.
composition est encore basée sur un assez grand développement de culture des céréales. Annexée au château de Rambouillet (1), sur les confins de notre ancienne Beauce, quoique destinée à servir de ferme-modèle, la construction de cette ferme a dû recevoir un reflet des exigences auxquelles donnent lieu les cultures de ce pays
(1) Le domaine de Rambouillet a été construit par les ordres du roi LouisXVl, qui avait acheté au duc de Penthièvre, en 1785, le château, le parc et les bois. M. d'Angivilliers, nommé administrateur aussitôt après, proposa au roi d'y établir une ferme destinée à faire les expériences d'agriculture qui paraîtraient utiles, et à prouver au public l'intérêt que le souverain prenait à ce premier des arts, à l'industrie la plus importante. M. d'Angivilliers, d'après les conseils de Daubenton et de Tessier, suggéra au roi, en 1785, l'idée d'y installer un troupeau de mérinos. Il n'était pas permis de faire sortir ces animaux d'Espagne ; mais Louis XVI écrivit de sa main au souverain de ce pays, et un troupeau de 380 moutons, expédié d'Espagne par les soins de M. de la Vauguyon, alors notre ambassadeur, arriva en octobre 1786 à Rambouillet; ce fut la souche du fameux troupeau de mérinos qui s'est conservé jusqu'à nos jours pur de tout croisement, et qui a tant contribué à l'amélioration de nos races de bêtes à laine. Dans les circonstances qui troublèrent la France, lorsque « le vertige de la destruction, qui signala l'ignorance parvenue à un pouvoir éphémère au moment du cataclysme de notre ordre social, avait débordé tout ce que la raison humaine était capable de lui opposer » {Notice sur J. B. Huzard, par L. Bouchard, 1839, in-8), alors le troupeau de Rambouillet risqua d'être détruit. Les mêmes hommes qui firent planter des pommes de terre dans les jardins royaux pour empêcher leur destruction, qui les réclamèrent comme attributions de la direction de l'agriculture, sous le titre Rétablissements ruraux, exposèrent que ces Bergeries étaient utiles à la nation : elles furent sauvées. C'étaient les membres du bureau consultatif d'agriculture : Gilbert, Huzard, Tessier, Gels, Parmentier, "Vilmorin, Rougi er de la Bergerie; « tous hommes qui se regardèrent comme heureux d'avoir des occasions de rendre service à leur patrie dans les moments où elle se déchirait elle-même et où les étrangers la menaçaient de toutes parts. » (Tessier, Histoire de l'introduction des mérinos en France. Paris, 1839, in-8°.)
En 1800, une nouvelle importation de mérinos faite par les ordres du Premier Consul augmenta le troupeau. Plus tard, Napoléon T" fit réparer les bâtiments de la ferme ; l'on sait qu'il aimait avenir s'y reposer des soucis de l'Empire et causer avec M. et Mm8 Bourgeois, chargés de la direction du domaine, et même s'entretenir avec Delorme, le principal berger.
En 1848, un rapport de M. Huzard fils, présenté au Ministre par la Société centrale d'agriculture, a contribué à sauver le troupeau contre des demandes de dispersion et de déplacement {Mémoires de la Société, 1848-1849).
M. le baron Daurier, administrateur actuel, a modifié diverses parties des bâtiments; c'est à son obligeance que nous devons la communication de quelques dispositions reproduites dans le plan ci-contre.
qu'on a appelé l'un des greniers de la France. Cependant on y a préparé pour les animaux des locaux plus vastes que dans un exemple précédent, puisque, avec un développement de constructions à peu près équivalent, un seul côté est ici consacré aux granges, et qu'elles en occupent deux dans le domaine de la pl. 458.
Voici quelle est la distribution de chacun des bâtiments qui composent l'ensemble du domaine de Rambouillet.
A, bâtiment d'habitation pour le directeur, ainsi distribué :
a, entrée ou vestibule où s'ouvrent l'escalier des caves et celui du premier étage ;
b, bibliothèque ;
0, salle à manger ;
d, petit salon ou cabinet de travail ;
e, grand salon ou bureau ; /', office ; g, cuisine.
Au premier étage, chambres à coucher, etc., à l'usage du directeur, et au-dessus logements de domestiques ;
B, bâtiment d'habitation pour l'économe, le chef des cultures et quelques ouvriers, comprenant :
k, entrée avec escaliers des caves et du premier étage ;
1, cuisine et réfectoire pour les ouvriers de l'exploitation ; /> , cabinet de l'économe ;
/, chambre de l'économe, avec alcôve ;
m, fournil et pétrin ; n, buanderie et cuisine rurale.
Au premier étage, une ou deux chambres pour l'économe, au-dessus des pièces au rez-de-chaussée l et k à son usage ; puis le logement du chef de culture, composé de deux chambres au-dessus de la cuisine i et du fournil m. Dans les combles sont établis quelques logements pour ouvriers employés à l'année; d'autres parties servent de magasin.
C, bâtiment des étables, divisé en deux parties o et o'.
o et o', étables pour douze vaches chacune : la nourriture lem est donnée par un couloir d'alimentation disposé longitudinalement à la construction (voir page 134) ; chacune d'elles
est accompagnée d'un magasin pour le dépôt d'une provision de betteraves. Au milieu, un escalier donne accès à un fenil disposé sur toute la longueur des bâtiments. D, bâtiment des chevaux, symétrique à celui des étables. Il contient :
p, écurie pour six chevaux, avec cabinet de palefrenier ;
p', écurie pour deux chevaux ;
<7, écurie pour six chevaux, avec cabinet de surveillant;
s, compartiment divisé en quatre boxes pour juments poulinières, avec réduit pour palefrenier ;
s', compartiment pour deux boxes, avec réduit pour un garçon;
t, petite étable d'engrais.
Sur toute la construction, fenil avec escalier d'accès au milieu.
Les bâtiments C et D sont reliés avec ceux des deux autres côtés A, B, E et E' par des constructions légères fermant la cour et abritant les locaux suivants :
r r', quatre remises pour voitures (1) ;
u, trois poulaillers avec cour close par un treillage;
y, atelier de charronnage et de menuiserie;
z, forge et atelier de serrurerie.
E et E', vastes granges de construction presque monumentale; chacune d'elles peut contenir près de 3,000 mètres cubes. Une de ces granges est munie d'une machine à battre.
Le mode de construction mérite d'être signalé : on y a remplacé les fermes de charpente par des arcs ogivaux en pierre qui soutiennent le faîte et les pannes ; ces arceaux sont appuyés suides pieds-droits également en pierre de taille et placés intérieurement à la grange, dont les murs leur servent de contre-fort. La portée de ces arceaux est de 12 mètres. Leur construction ne pourrait être imitée que dans des localités entièrement dépourvues
(1) On remarquera l'absence de grandes remises pour les voitures servant à l'exploitation : peut-être est-ce le résultat d'une modification dans le plan primitif; quoi qu'il en soit, on a été obligé bientôt d'établir à côté de la ferme une cour spéciale où l'on construisit un grand hangar.
DE DOMAINES
de grosses pièces de charpente, à cause du prix de revient de la maçonnerie en pierre de taille et des dimensions qu'elle doit atteindre pour être solide.
v, v', x, x\ balliers et petits hangars pour instruments adossés aux granges.
F, grand colombier auquel on accède par un escalier à deux rampes. Dessous est une laiterie semi-souterraine. Le colombier pourrait être utilisé comme grainerie à blé, par la construction de planchers, etc.
G, manège de la machine à battre.
G', dépôt de menues pailles.
H, porcherie demi-circulaire, comprenant douze loges dont deux doubles; chacune d'elles a une petite cour exposée au midi. Les aliments sont versés aux porcs, dans leur loge, par le dehors et sous l'abri de la saillie du toit. Au milieu est une cuisine pour ces bêtes à soies. Dessus la cuisine, le porcher a son logement.
La cour ne contient qu'une grande fumière divisée en compartiments ; au centre, une purinière k reçoit les liquides des étables et des écuries ; des latrines sont établies au-dessus.
A la partie antérieure de la cour, vis-à-vis la porte d'entrée, un petit parterre I, plantée d'arbres à feuilles persistantes comme motif d'ornementation, cache la fumière aux regards venant du dehors. De chaque côté, un puits et une auge d'abreuvoir sont placés vis-à-vis des étables et des écuries.
— On pourrait être étonné de ne point voir figurer de bergerie dans le plan ci-contre ; car le domaine de Rambouillet avait été destiné à l'élevage des bêtes à laine mérinos : mais, lors du projet d'établissement de cette ferme, on pensait que ces animaux pourraient être élevés en plein air dans de simples parcs ; plus tard, on reconnut que cette disposition ne pouvait satisfaire au but proposé, et l'on construisit, vis-à-vis la ferme dont nous venons de donner le plan, un véritable établissement pour l'élevage des bétes à laine ( I).
(I) Avec l'une des dispositions indiquées dans les planches 177 à 182, on
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