S? CD OS CM CO OS CM CO OS CM
Ferme simple (fig. 860).
Ferme a entrait retrousse, !: et arbalétrier allant du( faîte au tirant (Cg. 865). i
Ferme avec entrait retroussé et jambes de.
Cintres. — Lorsqu'on établit, des voûtes dans les constructions, il faut installer des supports qui rendent immobiles leurs diverses parties jusqu'à ce qu'elles puissent être soutenues les unes par les autres ; tel est l'objet des cintres en charpente.
Pour les voussoirs des baies de petite dimension, on prend ordinairement deux ou trois planches, épaisses de 0m,03 à 0m,06, et l'on coupe un de leurs côtés suivant une courbe correspondante à l'intrados de la voûte. On place ces planches sur champ et on les attache avec des chevilles ou des traverses, des étrésillons, des tasseaux, en les arrangeant de manière que leur assemblage ait l'épaisseur de la paroi pour laquelle ils doivent être utilisés ; on attache quelquefois dessous un madrier qui sert de semelle. Le cintre ainsi formé est soutenu à la hauteur nécessaire par des potelets droits placés sous chacune de ses extrémités, et par d'autres qui peuvent être inclinés entre les premiers.
Pour les voûtes de grandes dimensions, comme celles des caves, on établit des espèces de fermes mobiles en charpente; elles ont pour objet de soutenir une série de pièces de bois placées à côté les unes des autres, planches, chevrons ou solives, qu'on nomme couchis ou madriers, et sur lesquels reposent les pierres de la voûte. Ces fermes sont composées d'un entrait sur lequel s'appuient deux arbalétriers, dont la partie supérieure est taillée suivant la courbure que recevra la voûte ; en outre, d'un poinçon, de fiches, de contre-fiches, en nombre plus ou moins grand, suivant la portée du cintre. La force des bois employés varie de 0'u,10 jusqu'à 0m,30. On place les cintres de manière que l'entrait corresponde à la naissance de la voûte ; on les soutient par des poteaux dont le pied s'appuie sur une sablière posée sur le sol. Ces poteaux doivent être droits sous le milieu et les extrémités du cintre; dans l'intervalle ils peuvent être inclinés : quand le cintre est assez élevé au-dessus du sol, il faut avoir égard, dans la disposition des poteaux, à la facilité de circuler entre eux pour le service des travaux.
Les cintres taillés en arc plein, en arc surbaissé, en anse de panier ne diffèrent entre eux que par la forme de la courbe. Deux
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cintres, au moins, sont nécessaires pour établir une voûte ; quand celle-ci est longue, il est préférable d'en avoir quatre ou un plus grand nombre, pour ne pas interrompre le travail. On espace les cintres entre eux, depuis 1 mètre jusqu'à 2 mètres, mais guère au delà, afin que les madriers couchés ne fléchissent pas sous le poids de la maçonnerie.
Etayements. — Les étayements ont pour objet de servir momentanément d'appui et de résister à des pressions soit latérales, soit verticales. #
Les pressions latérales sont ordinairement celles que présentent des terres qui menacent de s'écrouler dans une fouille ou un mur qui s'incline. Dans le premier cas, on établit sur la paroi à soutenir une aire grossière en planches ou en madriers placés les uns à côté des autres ; on y superpose quelques traverses en bois plus épais, et on soutient celles-ci par des étrésillons appuyés sur la paroi opposée, ou par des arcs-boutants inclinés dont on arrête solidement le pied sur une sablière fixée au sol. Dans le second cas, on pose sur le mur des traverses en bois de 0m,10 d'épaisseur, traverses qui ont le plus souvent la forme d'une croix formée de deux morceaux entaillés à mi-bois ; on y forme un léger encastrement pour recevoir la téte d'un poteau incliné et fixé ainsi que nous venons de le dire.
Une autre espèce d'étai latéral est celui des baies d'ouverture. On applique, le long de chaque jambage, des madriers debout qu'on appelle couchis, et on intercale entre eux, en les forçant, des étrésillons formés par des bouts de solive ou de chevron, qu'on incline alternativement dans un sens et dans l'autre.
Les pressions verticales que les étais doivent supporter sont ordinairement le poids d'un plancher ou d'un mur à réparer. Quand le plancher est composé de solives seulement, on place dessous des pièces de bois horizontales qu'on fait soutenir par d'autres morceaux de bois appelés étais, jambes de force ou chandelles, verticales ou inclinées, portant sur des sablières fixées au sol. Quand le plancher
est composé de poutres ou de poutrelles avec des solives, on se contente d'étayer les maîtresses pièces. Si le plancher est un plancher haut, il faut étayer celui ou ceux de dessous, de manière que le sol supporte la charge totale.
Quand il s'agit d'un mur haut à réparer, on perce d'abord des trous à travers ; on y insère perpendiculairement à ses faces des pièces de bois longues de 1 à 2 mètres ; on les soutient à chaque extrémité par des étais inclinés en sens contraire ; c'est ce qu'on nomme un chevalement : le bas des étais est soutenu de chaque côté par une sablière parallèle à la direction du mur. On établit, au moins, deux ou trois chevalements sous lesquels on opère le travail qu'on s'est proposé. Il faut, préalablement, étayer les planchers soutenus par le mur et étrésillonner les baies voisines ou celles qui se trouvent au-dessus de la partie où l'on travaille, ainsi qu'il vient d'être dit.
En établissant les étais, il faut avoir soin de tailler leur partie inférieure en biseau, de ne pas les frapper pour les roidir, mais d'employer à cet effet des pinces ou leviers en fer, et d'éviter les ébranlements ; on cale ensuite les étais avec des coins que l'on arrête avec quelques clous.
Échafaudages. — Les échafaudages sont destinés à porter les ouvriers et les matériaux <je construction pendant l'exécution des travaux ; ils sont ordinairement formés, soit par des chevalets en charpente supportant des planches , soit par des perches dites échasses qu'on enfonce dans le sol à 1 mètre environ de distance des murs, à 2 ou 3 mètres les unes des autres ; on relie les échasses par des traverses horizontales attachées avec des cordes et portant d'autres pièces dites boulins, fixées au mur par une de leurs extrémités; sur celles-ci on installe des planches à côté les unes des autres.
On forme des échafaudages plus résistants à l'aide de pièces de bois moisées ou assemblées à mi-bois, ou à tenon et mortaise; mais ces systèmes sont trop coûteux pour être recommandés, si ce n'est pour des travaux considérables.
Dans les constructions rurales qui présentent généralement peu
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de hauteur, on emploie les chevrons et les pièces des combles pour former les échafaudages. Cependant, toutes les fois que l'on aura facilement des perches ou des bois bruts, il faudra les utiliser de préférence, pour éviter les altérations auxquelles les bois façonnés sont souvent exposés pendant les travaux de maçonnerie.
On doit veiller à ce que les échafaudages présentent une solidité suffisante pour supporter les matériaux et les hommes, et pour que ceux-ci n'aient point de danger à courir.
La couverture des bâtiments ruraux est une des parties les plus essentielles de leur construction. De sa bonne confection ainsi que de son entretien dépendent, en effet, non-seulement la durée des charpentes, des planchers, des édifices même, mais aussi la conservation des fourrages, des grains, des instruments que, dans l'industrie agricole, on est accoutumé à mettre sous son abri. C'est pour cette raison que nous donnerons quelques développements à cette partie de notre travail.
Forme à donner aux toits. — Il ne convient de donner aux toits des bâtiments ruraux que deux formes, celle à un égout dite en appentis et. celle à deux pentes.
La première ne s'applique qu'aux petites largeurs, qu'à celle de 4 mètres, par exemple, ou au-dessous ; on l'emploie toutes les fois qu'il s'agit d'appuyer un bâtiment sur un autre plus élevé ou d'utiliser des murs de clôture.
La forme à deux pentes, dite encore à deux eaux, est celle dont la construction est la plus régulière. Nous recommanderons, dans son emploi, d'éviter autant que possible tout ce qui donne lieu à des raccords de surface, comme les croupes et les lucarnes. Les angles rentrants (noues) et les arêtes qu'ils nécessitent sont' une cause d'augmentation du travail lors de leur établissement et, plus tard, permettent trop souvent l'infiltration des eaux.
Dans ces deux formes de toits, plus la pente est considérable, plus
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l'eau s'écoule rapidement et moins les effets de la capillarité, qui tend à faire remonter l'eau entre les éléments du toit, sont à craindre. Nous indiquerons, à chaque espèce de couverture, l'inclinaison nécessaire, en faisant observer que, si une plus grande pente nécessite une plus grande surface de la couverture, la durée en sera toujours plus longue et l'abri plus efficace.
L'égout pendant est préférable à l'égout retroussé ; il n'exige point que la pente du toit soit discontinue et se prête facilement à l'emploi des gouttières, ainsi que nous le dirons plus loin.
— On termine parfois les côtés de la couverture à l'aplomb des murs du pignon ; il vaut mieux les faire dépasser de 0m, 20, 0m,30 et même 0m,50, suivant l'élévation du bâtiment. On protège ainsi ces pignons contre la pluie, et on prévient souvent l'écartement de la pointe, surtout si on a soin de placer dans le faîtage une cheville en fer qui entre dans la maçonnerie du pignon. Si l'on craint que le vent ne soulève la couverture en s' engouffrant par-dessous, il faut la garnir d'un petit plancher en voliges clouées sous les chevrons, et attacher les pièces principales de la charpente avec des pattes scellées dans les murs.
Une disposition analogue convient sur les façades des constructions : que l'on établisse ou non un entablement ou une corniche, il est bon de faire dépasser le toit de 0m,30 à 0m,40.
Dans quelques domaines, surtout dans ceux qui se rapprochent de la forme rectangulaire continue, il est utile de réserver un passage à couvert le long des bâtiments et même un abri temporaire pour quelques instruments : dans ce cas, le prolongement du toit peut atteindre à 1 mètre, et on soutient le bout des chevrons par des écharpes scellées dans les murs et portant quelques traverses ; on abrite également ainsi les portes d'entrée, les portes de granges et les hangars.
Des ouvertures dans les toits. — Ces ouvertures ont pour but de laisser passage à la lumière et aux fardeaux qu'on veut faire entrer dans les combles; c'est ce qui s'opère le plus souvent à l'aide de lucarnes. On doit en restreindre le nombre, d'après ce que nous avons
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dit plus haut. Toutes les fois que le prix des matériaux ne s'y oppose pas, il faut élever les murs et y pratiquer des baies en forme de fenêtre ou de porte; les combles seront agrandis par cet exhaussement, et on évitera les inconvénients que nous avons indiqués. Si la position du bâtiment permet aux voitures de s'approcher des pignons, on peut encore y ouvrir des baies de portes.
Les ouvertures destinées aux fardeaux doivent être faites à l'aplomb des murs et garnies d'un seuil en saillie de 0m,20 à 0m,30; on les munit d'une poulie fixée au-dessus du linteau.
Les ouvertures destinées à laisser passer la lumière peuvent être relativement petites; elles sont closes de châssis vitrés, ou de toiles métalliques et même de grillages. On éclaire suffisamment les combles en remplaçant çà et là une ou deux tuiles ou ardoises avec un verre double fixé dans une échancrure de la volige ou de la latte, à l'aide de clous et de petites bandes de métal.
Couvertures diverses. — On emploie, pour abriter les bâtiments ruraux, des couvertures en matières végétales, d'autres en terre cuite, d'autres en pierres (schistes et laves), enfin des revêtements métalliques.
Couvertures végétales. — Paille ou chaume. — Si la couverture en paille n'offrait pas un immense danger par sa combustibilité, ce serait, sans contredit, le meilleur mode d'abri pour les bâtiments ruraux. Ne demandant qu'une charpente très-faible, que des rudiments de charpente pour ainsi dire, peu coûteuse en général, légère et durable en même temps, la paille protège par son inconductibilité les combles contre les changements brusques de la température extérieure, et facilite la conservation des produits de la culture qui y sont déposés; aussi dit-on qu'elle est chaude en hiver et fraîche en été. Mais à côté de ces avantages se place un grand inconvénient : combustible au plus haut degré, la paille prête un aliment terrible à l'incendie communiqué par l'imprudence, par la malveillance, par le voisinage ou même par la foudre. Ajoutons qu'elle ne peut être employée sûrement dans les localités où règne un vent violent, comme au bord de la mer; qu'elle facilite la mul-
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tiplication des rats et souris en leur offrant de faciles repaires; qu'enfin, dans les localités voisines des villes, dans celles où l'agriculture se perfectionne, la valeur de la paille est devenue assez élevée pour que le prix de son emploi dans les toitures soit égal à celui de matériaux moins dangereux.
Toutes les fois que l'on pourra employer un autre mode de couverture, même à un prix plus élevé, nous donnerons le conseil de rejeter le chaume. D'ailleurs les règlements administratifs interdisent son emploi dans beaucoup de pays : il devrait être prohibé d'une manière absolue dans tout endroit où les habitations sont agglomérées, pour n'être toléré que dans les localités isolées et pour les bâtiments ruraux épars dans les campagnes, qui n'offrent pas de danger immédiat par la propagation de l'incendie.
On rangera dans la catégorie des établissements peu dangereux les constructions provisoires, comme celles que l'on élève parfois pour y opérer l'engraissement de quelques animaux, pour des abris dans les herbages, pour la conservation de récoltes, pour les glacières isolées ; quand on détruit ces constructions, la paille fournit aux animaux une litière d'assez médiocre qualité, il est vrai, mais encore propre à composer du fumier. C'est parce que le chaume peut être utilisé avec quelque avantage pour ces bâtiments que nous décrirons son mode d'emploi.
— La paille qui sert pour les toitures est celle du blé, du6/e blanc de préférence ; il faut rejeter avec soin celle qui est attaquée par la rouille. La paille de seigle est utilisée quelquefois, mais sa durée est moindre; si sa tige est plus flexible, elle conserve moins bien la forme droite et rigide qui facilite l'écoulement de l'eau.
La paille de blé doit avoir environ \m,%0 de longueur. On la prépare en la battant par petites poignées sur un tonneau pour en extraire le grain ; il faut rejeter tous les brins de paille brisée (étrain ou étrein) pour ne conserver que la paille droite (glui, gluis ou fétu),
Ainsi que nous l'avons dit, la charpente doit être très-légère ; elle est inclinée à 45°. Les fermes et pannes se réduisent à des
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dimensions à peu près égales à la moitié de celles qu'on emploierait pour une couverture en tuiles; elles peuvent être en bois blanc. Pour le faîtage et les sablières, qui sont souvent exposés à l'humidité par infiltrations du faîte ou par hygrométricité des murs, je conseillerais d'employer du bois de chêne, les sablières pouvant, du reste, se réduire à une planche de 0m,03 à 0m,05 d'épaisseur. Le chevronnage se forme de perches à peine équarries, en bois de toute espèce, ayant de 0,n,05 à 0n,,06 de diamètre et espacées entre elles de 0m,60 à 0m,65. On fixe ces chevrons sur les pannes à l'aide de chevilles en bois, pour empêcher leur glissement. Sur les chevrons on établit un clayonnage, soit en perchettes attachées à l'aide d'osiers, soit en lattes blanches avec des clous, les unes ouïes autres étant espacées entre elles deOm,15 à 0m,20; une chanlatte très-petite se place sur l'extrémité inférieure des chevrons. On sépare la paille en petites bottes d'environ 0m,25 de diamètre, on les attache avec un osier formant une espèce de 8 et dont une des extrémités est destinée à fixer la botte sur le clayonnage, et l'autre à la botte suivante ; un second osier relie en un autre point la botte au chevron. On établit un premier rang de bottes de telle sorte que l'extrémité du brin de la paille où tient l'épi (épi que l'on a toutefois retranché à l'avance) se trouve à la partie supérieure ; on a soin de presser ces bottes l'une contre l'autre à l'aide des osiers et d'un instrument appelé paroir. On établit ensuite un second rang de bottes de paille de manière à ce que leur base soit placée sur les intervalles des bottes du premier rang, intervalles qui, du reste, doivent être peu apparents ; on a soin d'égaliser les extrémités inférieures des brins de chaume en les coupant avec une faucille. On termine enfin en établissant au faîtage une javelle recourbée que l'on couvre avec de la terre glaise. Pour plus de solidité, on peut y mettre des tuiles faîtières et quelques rangs de tuiles plates : on couvre aussi parfois les rives avec des tuiles.
Quand la couverture est achevée et après les premières pluies, il s'opère souvent dans le chaume un retrait, d'où résultent des trous qu'il est nécessaire de boucher.
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Pour couvrir \ mètre carré en chaume à 0m,25 d'épaisseur, il faut environ 20 kilogrammes de paille.
La durée d'une couverture en paille s'étend à trente et quarante années; elle peut être prolongée à une soixantaine d'années par de légers repiquages opérés avec soin pour" boucheries trouscausés par l'humidité que la mousse y entretient, quand on la laisse pousser sur le chaume.
Préservation contre l'incendie. — On a essayé d'atténuer les chances d'incendie que présente la couverture en paille par divers procédés dont l'efficacité ne nous semble pas devoir être de longue durée. Cependant on pourrait protéger ainsi des toitures contre la chute accidentelle d'étincelles ou de parcelles enflammées provenant du voisinage.
On a recommandé un enduit composé de sept dixièmes de terre glaise, d'un dixième de sable, d'un dixième de crottin de cheval et d'un dixième de chaux vive, le tout bien mélangé et corroyé avec de l'eau jusqu'à consistance de mortier. On l'applique sur la surface du chaume, avec une truelle, à l'épaisseur d'environ 0l",01 , en ayant soin de remplir à l'aide du même instrument les fentes et les fissures qui se forment à mesure que la dessiccation s'opère.
M. Legavrian a établi des toitures qu'il appelle ignifuges (1). Elles se composent de panneaux mobiles, et qu'on applique sur la charpente. Les panneaux se forment avec des faisceaux de paille bien liés et attachés à côté l'un de l'autre à la manière ordinaire, après qu'on les a fait tremper dans des mélanges préservatifs, dont il donne les trois compositions suivantes :
1° Gendres et scories de houille passées au crible. 2 parties. Chaux éteinte d'avance et réduite en pâte. ... 2 Argile délayée dans l'eau 1
Le tout corroyé avec du sang de bœuf (12 kilogr. 500 gr. par hectolitre) et de la bourre (crins) de vache (0k,'l80).
(1) Nouveau mode de couvertures rurales dit ignifuge. Paris, M"10 Huzard. 1829, in-8. (Nous n'avons pu nous renseigner sur la durée de ce genre de couverture.)
MODES D'EXÉCUTION
2° Tuiles ou briques pulvérisées et passées au crible. 2 parties.
Chaux \
Argile 0 1/2
Sang de bœuf et bourre de vache comme ci-dessus.
3° Soble fossile ou falaise de rivière 2 parties.
Chaux . 2
Argile 1
Sang de bœuf et bourre de vache comme ci-dessus.
M. J. Guyot a inventé un système de paillassons qu'il rend ininflammables par l'immersion du chaume dans une dissolution de sulfate de cuivre : ces paillassons, fabriqués à la mécanique, sont composés de brins parallèles reliés entre eux par deux ou trois rangs d'attache en fil de fer galvanisé; ils forment de longues bandes hautes de 0"',50 à 0,n,60 ; on les superpose, par étages, à la manière des tuiles. Ce système de couverture très-léger est trop perméable pour des constructions permanentes ; il convient à des abris provisoires.
Peut-être le trempage de la paille dans une dissolution d'un sel métallique avant de l'employer à la manière ordinaire serait-il le meilleur moyen d'obtenir son incombustibilité (1).
Joncs, roseaux et. glaïeuls. — On fait encore des couvertures analogues au chaume avec diverses espèces de joncs, roseaux ou glaïeuls, et principalement avec Y Arundo phragmites (roseau à balai)dont les tiges creuses sont dures et ligneuses, le Scirpus lacustris (jonc à paillassons, ou des tonneliers), l'Iris pseudo-acorus (faux glaïeul) et le Typha lalifolia, dont les tiges sont plus molles et plus spongieuses.
Les toits en jonc présentent les mêmes inconvénients que la paille ; mais leur durée est un peu plus grande, et ils résistent mieux aux vents. Leur construction se fait de même ; il faut avoir soin d'attendre la dessiccation complète des tiges, pour éviter un reirait qui laisserait de trop grands vides dans la couverture.
(1) "Voir les expériences sur l'incombustibilité des matériaux faites d'après les ordres de l'administration, par M. de Lapparent, ingénieur de la marine, auteur de V Instruction sur les bois de marine, in-4", 1859.
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Bruyères. — Quelquefois on emploie la bruyère desséchée, pour des constructions provisoires surtout. 11 faut que la bruyère ait, au moins, 0m,60 de longueur. On la range par petits lits superposés et assemblés entre eux par des osiers, comme on fait pour la paille. Cette couverture est peu solide et résiste mal aux vents.
Toiles. — On pose, depuis quelques années, des couvertures fort légères en toile cirée ou gommée ; 'ces couvertures conviennent bien à de petits appentis, à des hangars, à des constructions provisoires ; elles peuvent se contenter d'une faible inclinaison, celle de 30 à 35°, par exemple. Leur durée, assez limitée du reste, est proportionnelle aux soins qu'on apporte à leur entretien.
Lorsqu'on n'a que de petites étendues à couvrir, on peut former des châssis rectangulaires en bois, sur lesquels on cloue des loiles cousues ensemble ; ces châssis s'appuient d'un côté sur le faitage et de l'autre sur la partie supérieure des murs du bâtiment. Les châssis, facilement transportables au besoin, sont exposés à être déchirés ou emportés lorsque la disposition du bâtiment permet au vent de s'engouffrer par-dessous.
Pour plus de solidité, on établit sur le chevronnage un plancher continu en bois léger; on applique un lé de toile à la partie inférieure du toit, et suivant la longueur du bâtiment. Après avoir cloué ce premier lé par en bas seulement, on pose dessus et à l'envers un second lé de toile; avec les deux lés superposés on fait un rempli à la partie supérieure, et on cloue ce rempli sur le plancher; on retourne ensuite le second lé de toile de manière à ce qu'il s'applique au-dessus du premier en recouvrant le rempli; on procède de même pour un troisième, un quatrième, jusqu'à ce qu'on soit arrivé au faîtage, que l'on couvre d'une double épaisseur de toile.
Au lieu de clous, qui sont faciles à arracher, ou dont la tète laisse passer l'étoffe, il est préférable de mettre un tasseau très-mince qu'on cloue sur le rempli fait avec les deux lés de toile. On procède alors de même que dans le premier cas, en renversant l'étoffe pardessus le tasseau. Celui-ci est donc couvert par le second lé lorsqu'on le retourne en dessus pour l'appliquer sur le toit.
8bï
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On a quelquefois aussi appliqué les lés d'étoffe dans le sens de la pente du toit, perpendiculairement au faîtage; mais cette disposition est moins bonne que la précédente.
On a enfin collé des toiles cirées sur le toit, soit après avoir répandu un peu de goudron liquide sur le plancher en voliges, soit après avoir échauffé la toile en la faisant passer à travers un feu de paille.
Papier. — Le papier goudronné devient d'un emploi assez fréquent dans les mêmes circonstances que celles que nous avons indiquées pour la toile. La durée du papier est au moins égale, sinon supérieure, à celle de cette dernière, lorsqu'il est posé avec tous les soins nécessaires, et son prix d'établissement est moindre.
Sur un plancher en voliges, on coule une couche de goudron chaud ; on colle le papier dessus, dans le sens de la longueur du toit, en commençant toujours par le bas et en le pressant pour le faire adhérer; on applique par-dessus une nouvelle couche de goudron qu'on saupoudre avec du sable de rivière.
Lorsque le tout est sec, on peut encore donner une couche de goudron. L'entretien de ce genre de couverture consiste dans de nouvelles couches partielles ou totales, appliquées lorsqu'on s'aperçoit que le toit prend une couleur rougeàtre.
On pose aussi le papier en bandes parallèles à la pente du toit ; on recouvre les joints avec des tasseaux goudronnés.
Le carton, ou papier épais, est employé comme celui-ci.
« La préparation du carton se fait de la manière suivante : on commence par le mettre tremper quelques heures dans l'eau, et on l'empile ensuite sur une planche inclinée, pour laisser écouler l'eau surabondante ; le lendemain on le colle avec du goudron bouillant, qui pénètre facilement dans l'intérieur de ses pores ouverts par l'humidité. » (De Valcourt, Mémoires sur l'agriculture, 1841, in-4°.)
Planches. — Le bois est utilisé en couverture, soit sous forme de planches, soit sous forme de bardeaux. Les planches s'emploient de différentes manières; elles ne réclament qu'une charpente légère, établie sous un angle de 35° à 45°. Le plus souvent on les dispose
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suivant la pente du toit, de manière à éviter l'emploi des chevrons ; on place d'abord une rangée de planches qu'on assujettit haut et bas sur les pannes avec des clous, en laissant entre elles un intervalle plus petit de 4 à 5 centimètres que la largeur de ces planches. On pose d'autres planches par-dessus ces vides, de manière qu'elles recouvrent les premières de 0m,02 environ par chaque côté. Il est préférable de ne séparer les planches de la première rangée que par des intervalles de 3 à 4 centimètres, et de les recouvrir avec des petites lames ou couvre-joints de 5 à 6 centimètres.
Il vaut mieux disposer les planches horizontalement sur des chevrons espacés de 4 mètre entre eux ; on place au bas des chevrons et perpendiculairement à leur direction une petite chanlatte sur laquelle on cloue une première planche. On en pose dessus une seconde, de manière à couvrir le tiers de la première ; puis une troisième, et ainsi de suite, en ayant soin que les joints, aux extrémités, ne correspondent pas les uns avec les autres.
Pour plus de solidité, on rapporte quelquefois sur les chevrons une crémaillère, dont les crans ont pour dimensions les deux tiers des planches employées, ou on entaille les chevrons eux-mêmes.
On comprend que plus la largeur des planches sera petite, plus il y aura de bois employé, mais aussi plus sera grande la durée de la couverture, les planches travaillant et se gondolant en raison de leur largeur.
Un goudronnage donné à la surface de cette couverture en prolongera la durée.
Bardeaux. — Les bardeaux sont de petites planchettes rectangulaires en bois de chêne ou de châtaignier, quelquefois même de hêtre ou de sapin ; leurs dimensions sont de 0m,30 à 0m,35 de longueur, de 0m,4 5 à 0ra,20 de large, sur 0m,01 à 0ra,02 d'épaisseur.
Les bardeaux se posent sur une charpente légère, puisque le poids du mètre carré en bois de chêne n'est que de 40 à 45 kilogrammes : elle doit être établie sous un angle de 45" au moins ; plus cet angle sera grand, plus la conservation de la toiture sera assurée. Tout le monde a pu voir des tourelles de châteaux dont la couverture en
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bardeaux et très-inclinée s'est conservée pendant de longues années.
On dispose les bardeaux de même que la tuile, sur un lattis espacé de 0m,10, si les bardeaux en ont 0m,30, de manière qu'il n'y ait qu'un tiers de leur surface d'apparent; on les fixe à l'aide d'un clou, et mieux de deux clous, pour lesquels il est ulile de faire les trous à l'avance, afin d'éviter la fente.
On a conseillé de tremper le bardeau dans du goudron, pour en augmenter la durée. Quelquefois on arrondit sa partie inférieure, ou même on la termine en pointe, ce qui rend l'égouttage plus facile.
Couvertures en terre cuite. — Tuiles, — Les couvertures en tuiles de diverses formes sont les plus communément employées dans les constructions rurales; elles ont, en effet, l'avantage d'une assez grande solidité jointe à une imperméabilité suffisante ;- leur seul inconvénient est leur poids, qui exige une forte charpente pour le supporter.
Qualités des tuiles. —On apprécie la qualité des tuiles delà même manière que celle des briques : une bonne cuisson, l'absence de fentes et de geais produits par les pierres calcaires dans leur composition sont les conditions principales de leur durée ; il faut qu'elles y joignent une régularité de forme assez constante. Toutes doivent rendre un son clair quand on les frappe avec un corps dur et même avec le revers du doigt. — Les tuiles romaines, celles dites à S, celles à canal, mises à terre du côté concave, doivent supporter le poids de l'homme sans se rompre. Pour les tuiles à crochet, il faut que celui-ci soit suffisamment long pour s'agrafer sur la latte.
Tuiles romaines. — Les tuiles dites romaines, en usage encore dans les contrées méridionales et dont on a repris ici la fabrication, sont des espèces de tuiles plates à rebords et à peu près rectangulaires ; on les pose à côté les unes des autres sur un carrelage continu en briques minces, de 0m,02o à 0m,030 d'épaisseur, hourdées sur un chevronnage espacé de 0m,30 à 0™,35 et incliné de 15» environ. Les joints se recouvrent avec des tuiles creuses légèrement coniques dont le côté convexe est tourné en dessus. Le poids de
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cette couverture est très-lourd et exige, par conséquent, de fortes pièces de charpente ; la durée en est très-longue.
Tuiles creuses ou à canal. — Les tuiles creuses sont employées dans presque tous les pays, et particulièrement dans le midi de la France. Ce sont des espèces de demi-cylindres un peu coniques, ayant 0m,30 à 0m,50 de longueur, suivant les localités.
Sur un chevronnage distant de 0m,30 et incliné de 15" à 25°, on établit un plancher, continu autant que possible, soit en voliges de sapin ou de bois blanc, soit avec des briques minces ou tuiles platesbandes, comme pour les tuiles romaines ; le dernier système est plus coûteux et plus lourd, mais il est bien plus résistant et garantit mieux les combles des influences extérieures. Quand on se sert de voliges, on les pose quelquefois dans le sens de la pente du toit, en les clouant sur les pannes sans employer de chevrons : dans ce cas, il faut que les voliges aient au moins 0™,015 à 0,u,020 d'épaisseur, pour ne point fléchir sous le poids de la tuile, et que les pannes soient rapprochées de 0m,80 à 1 mètre.
Sur ce plancher on pose, en commençant par le bas du toit, un rang de tuiles, de manière que leur concavité soit en dessus et en laissant environ 0m,10 d'intervalle entre elles ; un second rang vient recouvrir le premier de 0m,1 0 ; puis un troisième, un quatrième s'établissent de même jusqu'au faite de la couverture; les tuiles ainsi placées s'appellent chanées ou chéneaux. Les intervalles laissés entre elles sont recouverts par d'autres tuiles de même espèce, mais placées dans le sens inverse, c'est-à-dire que leur convexité est tournée en dessus ; on les appelle chapeaux. Le faîtage enfin est recouvert par des tuiles pareilles, mais dont les dimensions en largeur sont plus grandes.
Pour plus de solidité, on maçonne souvent le premier rang de tuiles situé au bas du toit ; quelquefois on assujettitun rang sur trois ou quatre ; on scelle aussi avec du mortier de chaux les joints des tuiles faîtières posées à recouvrement ; enfin, lorsque la localité où l'on construit est exposée à des vents violents, on maçonne sur les chapeaux et de. manière à laisser libre le fond des chéneaux des
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tuiles creuses en lignes espacées de 2 mètres en 2 mètres et formant des sortes de guirlandes.
Les noues et arêtiers sont formés par des tuiles creuses posées en canal ou en dôme, dont on maçonne les raccords avec les pans de la couverture.
Le poids d'un système de tuiles creuses posées sur volige est d'environ 60 kilog. par mètre carré ; la couverture est fort solide et se prête facilement aux réparations et remaniements.
Tuiles en S, dites flamandes [<X>). — Les tuiles flamandes sont formées, pour ainsi dire, de la réunion de deux tuiles creuses, l'une concavje, l'autre convexe; chacune d'elles forme à la fois chéneau et chapeau. Tout ce que nous avons dit pour les tuiles creuses s'applique à celles-ci; elles se posent de même sur un plancher en s'agrafant par le côté les unes avec les autres. Il faut choisir une bonne forme de ces tuiles afin que les joints soient bien recouverts et les chéneaux assez creux. On maçonne quelquefois les joints entre eux, mais cette précaution est plus nuisible qu'utile ; le mortier se détache sous l'action des pluies et des gelées, et ses débris entretiennent alors une humidité qui contribue à faire pourrir le plancher.
Tuiles plates ou à crochet. — Comme les tuiles plates sont les plus faciles à fabriquer et à mettre en place, leur usage est aussi le plus fréquent dans les constructions rurales. On les dispose sur un chevronnage incliné de 40 à 60 degrés ; il faut préférer l'angle de 45 degrés : c'est celui qui se prête le mieux aux calculs de surface, aux assemblages de charpente, et il est le plus généralement choisi. Nous l'avons toujours adopté pour les couvertures que nous avons fait établir, et l'usage en a été satisfaisant.
On espace les chevrons de 0m,30 à 0m,33, de manière que la latte qu'on cloue dessus, et dont la longueur est de 1m,30. puisse être appuyée sur quatre chevrons ; un espacement plus grand, comme celui de 0m,055 à 0m,60 employé quelquefois, laisse fléchir la latte, quoiqu'on la fortifie par des contre -lattes ou lattes clouées dans le sens des chevrons, et il en résulte des ondulations vicieuses.
Sur le chevronnage on cloue des lattes dont l'espacement, va-
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riable suivant la grandeur de la tuile employée, est du tiers de la longueur de cette tuile. Les lattes doivent être épaisses de 0m,006 au moins et en cœur de chêne, à l'exclusion complète de celles en aubier, dites lattes blanches, ou en tout autre bois.
Dans les toits à égout pendant, les seuls dont je m'occuperai ici, la latte placée à la partie inférieure du toit est remplacée par une chanlatte : c'est un chevron fendu suivant la diagonale du carré qui forme sa section. Sur cette chanlatte s'appuie un premier rang de tuiles juxtaposées et agrafées à une latte clouée au-dessus; on en superpose un second rang, de manière à doubler le premier et à en recouvrir les joints; puis on en place un troisième, en ne laissant apparent qu'un tiers de la surface du second ; un quatrième couvre de même le troisième, et ainsi de suite jusqu'au faîte. Une triple épaisseur recouvre donc tout le toit. Si, à l'extrémité de chaque ligne, il reste de l'espace, on le remplit par une tuile coupée ou, mieux encore, par un morceau de bardeau en chêne fixé avec un clou; nous avons fait servir à cet usage des morceaux de douelles de tonneau dont la conservation a été satisfaisante.
Le faîtage se recouvre avec des tuiles creuses dites faîtières, qu'on réunit les unes au bout des autres, en maçonnant leurs joints avec du mortier ; on fabrique des tuiles faîtières qui s'agrafent entre elles et dont l'emploi est bien préférable à celles qui se superposent.
Les arêtiers se couvrent de même que le faîtage. Quant aux noues, on se sert de tuiles carrées spéciales à cette destination, ou de tuiles creuses ordinaires jointes avec du mortier.
On maçonne souvent aussi les rives du toit sur les pignons ; cet usage, qui n'a d'effet que contre la violence du vent, doit être rejeté, parce qu'il entretient l'humidité dans le chevron.
Suivant les divers pays, les tuiles ont des dimensions différentes. Voici celles des deux modèles les plus usités :
Celles dites grand moule, à Paris, ont 0m,015 d'épaisseur, 0ra,3i de haut et 0,n,23 de large, il en faut 38 par mètre carré ;
Celles dites petit moule ont 0m, 01 3 d'épaisseur, 0m,32 de haut et 0m,18 de large, il en faut 64 par mètre carré.
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Le poids des premières est de 98 kilog. et celui des secondes de 84 kilog. par mètre carré.
— Pour des constructions qui ne doivent pas avoir une longue durée, pour des hangars et abris, on établit quelquefois un système de couverture dit à claire-voie. On espace les tuiles les unes des autres de 0'",03 à 0"',05, et on ne recouvre que la moitié de leur hauteur; cet arrangement, s'il est économique, a l'inconvénient de laisser pénétrer la neige sous la couverture.
Tuiles à emboîtement. — On fabrique maintenant des tuiles à emboîtement qui semblent présenter quelques avantages sur celles à simple recouvrement ; elles sont plus légères et, en même temps, pl us étanches. Elles ne conviennent qu'aux couvertures planes, leur emploi pour les noues et les arêtiers étant assez difficile. Nous en avons donné des exemples dans deux de nos dessins (planches 15 et 27). Il y a différents bons modèles de tuiles à emboîtement.
Des tuiles de cette espèce, fabriquées par la maison Muller, sous la garantie d'un brevet d'invention, ne pèsent que 37k,50 par mètre carré. Les chevrons peuvent être espacés de 0'n,80, et les lattes de 0m,33 ; toutefois ces lattes doivent avoir une épaisseur de 0m,021, c'est-à-dire triple de celles qui sont généralement employées.
Tuiles en verre. — Aux dernières expositions des produits de l'industrie française figuraient des tuiles en verre épaisses d'environ 0"',0I ; leur emploi pourrait être utile dans quelques parties des combles, qu'on éclairerait ainsi sans y établir des lucarnes.
Couvertures en pierres. — Ardoises. — Les ardoises sont plus légères que les tuiles; leur aspect est agréable et leur poli permet à l'eau de s'écouler promptement ; mais elles sont plus cassantes, moins durables que les tuiles, et permettent plus facilement aux changements de température de se faire sentir à l'intérieur.
De même que la tuile, on établit l'ardoise sur un chevronnage recouvert d'un lattis, mais un peu moins incliné ; toutefois ce procédé est moins employé que celui qui consiste à clouer l'ardoise sur un plancher en voliges de 0m,012 à 0"',01 3 d'épaisseur. Chaque volige doit être assujettie avec au moins trois pointes, et chaque ardoise
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avec deux clous à tête dits clous à ardoises. Les rangs se recouvrent des deux tiers de leur surface.
Comme l'ardoise est assez fragile, on est dans l'habitude d'établir à l'égout du toit un double rang de tuiles formant larmier, sur lequel vient s'appuyer la première ligne d'ardoises. Quand on veut y appuyer des échelles plus facilement encore, on assujettit sur le bord des chevrons une planche en chêne de 0m,25 à 0,D,30 de largeur, sur laquelle s'attachent, avec des crochets, des bandes en zinc de 0m,40 roulées en petit boudin sur les deux bords, et agrafées entre elles à leurs extrémités. De pareilles bandes, établies depuis plus de trente ans sur une de nos constructions, n'offrent presque pas de traces d'altération.
Les noues se font soit avec du métal, soit avec des tuiles creuses, sur le bord desquelles on laisse avancer l'ardoise.
Pour les arêtiers, on peut se borner à joindre les ardoises entre elles, ce que permet leur facilité à se laisser tailler; on les recouvre aussi de lames de plomb ou de zinc placées en forme de V renversé \, et qu'on fixe avec des crochets.
Le faîtage se termine comme les arêtiers : le procédé qui consiste à laisser saillir au dehors les ardoises qui se trouvent du côté du vent dominant doit être rejeté; les. frimas les font toujours casser, et la fracture a lieu souvent au-dessous du point de jonction. 11 vautmieux se servir deplomb ou de zinc ou même de tuiles faîtières.
Plusieurs modèles d'ardoises de grandeurs différentes sont en usage; les plus anciennement utilisés en France sont au nombre de deux :
L'ardoise dite grande carrée a pour dimensions
0"\300 de haut, 0n',217 de large et 0">,003 d'épaisseur;
L'ardoise dite petite carrée ou cartelette,
0m,2l7 de haut, 0m,<l60 de large et 0m,0025 d'épaisseur.
I mètre carré de la première espèce contient 46 ardoises et pèse 29 kilog.; \ mètre carré de la seconde en contient 85 et pèse 24 kil. Le premier système est le meilleur.
Grandes ardoises. — Depuis quelques années, la compagnie des ardoisières d'Angers fait fabriquer des ardoises de grande dimension, dites modèle anglais ; elles portent 0m,64 de long sur 0m,36 de large et 0m,005 d'épaisseur. Quoique leur poids (30 à 35 kilog. par mètre carré) soit un peu plus grand que celui des autres ardoises, ces couvertures sont à préférer, parce qu'elles offrent une grande solidité ; elles ont toutes les qualités de la tuile sans en avoir le poids considérable; leur prix est moins élevé que celui du zinc; l'inclinaison de la couverture peut être réduite à 15 degrés, et le voligeageest à claire- voie; mais on est obligé d'employer des clous en cuivre de 0m,035 de longueur, ceux en fer n'offrant pas assez de résistance ou de durée. Voici les indications données par la compagnie d'Angers pour l'emploi de ces ardoises :
« Le couvreur, après s'être assuré que le chevronnage est parfaitement réglé, fixera le recouvrement ou liaison à donner à ses ardoises, suivant l'angle d'inclinaison du toit; il devra être de 0m,08 pour les toitures inclinées au-dessus et jusqu'à 20 degrés, et de 0"',10 à 0m, 12 pour celles qui varient de 19 à 15 degrés; le recouvrement adopte, on en déduira facilement : 1° le pureau ou surface visible de l'ardoise sur la toiture, qui devra toujours être égal à la moitié de la hauteur de l'ardoise, déduction faite du recouvrement ; 2° l'écartement des voliges, qui doit toujours être égal au pureau. Les voliges doivent être en bois de sapin du Nord, attachées à deux pointes par chevron, larges de 0m,08, mises en chanlatte à l'épaisseur de 0m,03 à 0m,02. Si on employait des voliges sciées droites, ce qui serait d'un moins bon usage parce que la volige serait moins aérée et, par conséquent, dans de moins bonnes conditions de conservation, on les mettrait à l'épaisseur de 0m,02.
« L'ardoise sera toujours clouée à deux clous en cuivre; ces clous peuvent être placés soit en tête de l'ardoise, soit au milieu, suivant que l'on veut plus ou moins serrer les ardoises entre elles. Toutes les ardoises ne pouvant être de même épaisseur, il est essentiel qu'avant de les poser sur le toit le couvreur en fasse le triage en trois catégories et par degrés d'épaisseur : les plus fortes seront aux
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égouts, celles d'une moyenne épaisseur au milieu du toit, enfin celles un peu plus minces près le faîtage. »
Grosses ardoises. — Dans certaines contrées enfin, la Normandie, par exemple, on se sert de grosses ardoises dites pierres, ayant de 0,n,02 à 0m,03 d'épaisseur. Ces ardoises, taillées dans des schistes grossiers, s'établissent comme les tuiles plates, mais avec un recouvrement moindre ; on calfeutre tous les joints avec du mortier de chaux hydraulique. Si on a soin de réparer ces joints tous les dix ou quinze ans, cette couverture, dont le poids est considérable, peut avoir une durée séculaire.
Laves. — On utilise les laves comme les grosses ardoises ou pierres ci-dessus.
Couvertures métalliques. — Plomb. — Le plomb, à cause de son poids et du prix qu'il coûte, n'est employé dans les constructions rurales, que pour couvrir les faîtages, les noues et les chéneaux ; pour qu'il ne se déchire pas, il faut que les feuilles employées aient 0m,0035 à 0m,0045 d'épaisseur. Le poids des premières est de 40 kilogrammes, celui des secondes de 55 kilogrammes par mètre carré.
Le plomb est presque généralement aujourd'hui remplacé par le zinc dans ses diverses applications.
Zinc. — Le mode récent de couverture en zinc ne nous avait pas paru pouvoir s'appliquer aux constructions destinées à abriter les récoltes ou à loger les animaux, à cause de la facilité avec laquelle ce métal subit et laisse pénétrer les variations de la température extérieure; mais nous en avons vu, depuis peu, de si nombreuses applications, que nous n'hésitons pas à indiquer son emploi, quelquefois plus économique que tout autre procédé, surtout si on en considère la durée. Bien établie et avec une épaisseur convenable, une couverture en zinc peut se conserver une trentaine d'années sans réparations.
Ajoutons de suite que, pour la même raison que dans les habita~ tions destinées à l'homme il est indispensable d'établir un courant d'air et un plafond par-dessous le zinc, de même il serait bon de garnir le dessous des couvertures des bâtiments ruraux avec des
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espèces de planchers en terre, en paillassons, en roseaux, en planches même, de manière à arrêter l'influence des brusques transitions de chaleur. C'est surtout sous le zinc que nous recommanderons l'emploi des ventilateurs dont il a été parlé pour les logements d'animaux.
La couverture en zinc est fort légère ; son poids est de 8 à 10 kilogrammes par mètre carré. Elle s'opère à l'aide de feuilles de 2 mètres de longueur et qui ont 0m,50, 0m,65 ou, plus généralement, 0m,80 de largeur. L'épaisseur variable de ces feuilles a été cotée suivant divers numéros; les numéros employés pour la couverture sont :
Le n° 12 pesant 4k,65 par mètre carré, 0m, 00069 d'épaisseur.
La charpente destinée à soutenir le zinc s'établit sous un angle de 1 0° à 1 5°, de telle sorte que l'élévation du faîtage au-dessus de l'entrait peut se réduire au dixième de la largeur du bâtiment. Cette charpente consiste en un plancher continu en voliges clouées sur un chevronnage espacé à 0m,80 (de milieu en milieu), lorsqu'on emploie le système de couverture dit à tasseaux avec feuilles de 0m,80; si on préfère le système dit en zinc cannelé, le chevronnage disparaît, et il n'est plus besoin que de pannes espacées entre elles à 1 mètre.
Les conditions de solidité d'une couverture en zinc sont : que le métal ait la liberté de se dilater avec la température; qu'il soit bien attaché, de manière à ne pas être soulevé par les vents; que tous les joints formés par la réunion des feuilles soient recouverts suffisamment et de telle sorte que l'action de la capillarité ne fasse pas remonter l'eau; enfin que le zinc soit le moins possible en contact avec du fer, ces deux métaux, dans un air humide, constituant les éléments d'une pile voltaïque qui contribue à leur destruction réciproque.
Nous ne décrirons que deux des divers procédés en usage; ce
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sont les seuls qui remplissent les conditions ci-dessus établies et qu'il convient d'adopter.
Couverture à tasseaux. — A la partie inférieure du toit, on fixe d'abord, avec des clous en zinc, une bande de ce métal ayant depuis 0m,06 à 0m,08 de largeur et faisant saillie de 0m,03 sur l'arête des chevrons. Ces bandes posées, on cloue sur la volige et de 0m,80 en 0m,80, de manière à ce qu'ils correspondent aux chevrons, des tasseaux en bois léger, à section trapézoïdale ayant environ 0m,05 à la base (fig. 888), sous lesquels sont engagées, de mètre en mètre, des pattes en zinc dont la forme est représentée ci-contre (fig. 889) : ces pattes servent à retenir les feuilles de zinc qu'on place entre les tasseaux après avoir recourbé leurs deux extrémités inférieure etsu-
Fig. 890. Fig. 888. Fig. 891. Fig. 889.
périeure en agrafes dirigées en sens contraires, et après avoir relevé leurs bords de 0m,03 (fig. 890). La partie inférieure s'agrafe dans la bande d'égout déjà posée (fig. 892) ; le pli du haut est retenu par
Fig. 892. Fig. 893.
deux pattes en zinc clouées sur la volige (même figure), et les deux bords relevés sont maintenus par les pattes en zinc fixées sous les tasseaux (fig. 889), de sorte que la feuille de zinc est attachée parles quatre côtés. La feuille supérieure se pose de même ; elle s'agrafe dans le pli de la première, en recouvrant ses pattes d'attache (fig. 893), comme celle-ci s'était agrafée dans la bande d'égout.
Il ne reste plus qu'à recouvrir les tasseaux, ce qui se fait à l'aide de couvre-joints ou chapeaux de forme à peu près trapézoïdale, représentée dans la fig. 891, ayant un biseau à la partie inférieure,
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afin d'éviter l'action capillaire dans le contact de ce couvre-joint avec le rebord de la feuille de toiture. La fig. 894 indique, en section
transversale, le mode d'assemblage des feuilles, des tasseaux et de leur recouvrement.
Les couvre-joints se fixent de deux manières : souvent on tes cloue sur le tasseau en recouvrant la tête du clou par une calotte en zinc soudée dans son pourtour. Il est préférable de supprimer les clous, en assemblant les couvre-joints par emboîtement les uns dans les autres; cette réunion est maintenue par de petites pattes soudées en dessous des couvre-joints en forme de gaine : le chapeau placé le plus bas est fixé, à l'aide d'une patte clouée, sur le bout du tasseau ; on y soude une petite pièce pour le terminer.
Le faîtage est composé d'un tasseau de 0n',08 à 0,n,10, sur lequel le zinc s'attache comme sur les autres tasseaux : les points de réunion avec ceux-ci sont recouverts soit par des soudures, soit par des petits bouts de couvre-joints soudés au faîtage et s'avançant de Om,'IO sur les petits tasseaux.
Tous les arêtiers se font de même que les faîtages ; les noues et chéneaux consistent dans une bande de ziuc recourbée en forme d'U, et sur laquelle viennent, de chaque côté, se replier les feuilles de la couverture, de manière à laisser un peu d'espace pour le jeu du métal par la dilatation.
Couverture cannelée. — Le zinc sous forme de feuilles cannelées acquiert une rigidité qui lui permet de se soutenir sans l'emploi de
neuf cannelures pour 0"',80 est celle qu'il est préférable d'adopter. Ces feuilles pèsent 7 kilogrammes environ par mètre carré.
chevrons, ainsi que nous l'avons dit. Des différentes formes de cannelure employées, celle à section régulièrement ondulée présentant
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Le système d'attache consiste à clouer sur les pannes trois pattes qui accrochent la feuille à sa partie inférieure; un crochet latéral placé au milieu de la feuille la maintient encore en la fixant à la panne; enfin la feuille de dessus, attachée de même à l'aide de crochets, assure la première en la recouvrant de 0m,12. On place les feuilles à côté les unes des autres en superposant les deux premières cannelures.
Dans ce mode d'emploi du zinc, les raccords sont assez difficiles, à cause des ondulations, qui peuvent laisser des vides. Pour le faîtage, on est obligé d'employer une pièce recourbée qu'on fixe avec des pattes soudées horizontalement sur les deux côtés et qui recouvre de 0m,15 à 0m,20 les versants du toit.
Gouttières. — La plupart du temps on ne met point de gouttières aux toits des bâtiments ruraux; il en résulte un grave inconvénient pour la conservation des murs qui les constituent : pendant les pluies, s'il fait du vent, l'eau qui s'égoutte des toits est projetée sur les parois des murs; si le temps est calme, l'eau tombe au pied de ces mêmes murs, rejaillit en partie contre eux, ou va mouiller leurs fondations en s'infiltrant dans le sol : dans tous les cas donc, l'humidité communiquée par l'égout des toits devient pour eux une cause de destruction. Pour l'éviter, on est dans l'habitude d'enduire de ciment hydraulique la surface inférieure des murs jusqu'à 1 mètie d'élévation, et de paver le sol qui l'avoisine en lui donnant la pente nécessaire pour rejeter au loin l'eau qui tombe des toits ; on peut compléter ces précautions par l'assèchement du pourtour des bâtiments à l'aide de tuyaux souterrains (drainage). Les gouttières sont un moyen plus efficace de protection ; elles ont, en outre, l'avantage de permettre la réunion des eaux et leur conduite dans des abreuvoirs ou des citernes, ce qui n'est point à négliger dans beaucoup de localités.
Deux espèces de gouttières sont en usage : les unes sont appelées gouttières en dessus ou chéneaux, et les autres gouttières en dessous ou pendantes.
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Les premières s'établissent au-dessus des murs et sont supportées par des corniches; elles se font quelquefois en tuiles creuses, mais mieux en plomb : il convient de donner à celles en métal une pente de 0m,01 par mètre. Leur emploi doit être presque entièrement banni des constructions rurales; elles sont exposées à des engorgements fréquents, surtout lors de la chute des feuilles, et on n'est le plus souvent averti de ces obstructions que par des dégâts apportés dans les bâtiments.
Les gouttières proprement dites s'établissent au-dessous du rang inférieur des éléments qui composent la couverture. Ces gouttières sont toujours visibles et facilement surveillées ; les désordres qu'elles éprouvent n'ont guère d'inconvénients pour la construction. On les fabrique en bois , en fer-blanc ou en zinc. Les gouttières en bois sont composées de deux planches de chêne assemblées en forme de V ou de trois planches formant les trois côtés d'un rectangle ; on prolonge leur durée en les revêtant de couches de peinture; néanmoins leur usage est peu recommandable. Les gouttières en fer-blanc ont la forme d'un demi-cylindre creux; elles se piquent par la rouille et se percent. Les gouttières en zinc présentant la même forme sont préférables; il faut employer du zinc n° 12 ou même 1 4, afin que le poids de l'eau ne les fasse pas fléchir.
On suspend les gouttières à l'aide de crochets qu'on espace généralement de 0m,80 entre eux; les crochets, que l'on trouve tout fabriqués dans le commerce, se terminent par une queue en pointe de 0in,12 à 0m,15 de longueur; on les enfonce dans les murs en les frappant sur un petit cran qu'ils portent à cet effet.
Il arrive quelquefois que ces crochets ne sont pas suffisants ; il faut en faire fabriquer de plus longs, que l'on peut terminer par une patte à scellement; enfin, si la saillie des toits est très-grande, on fixe les gouttières avec des crochets dont la queue, percée de trous, est attachée avec des vis sur l'extrémité des chevrons.
La pente des gouttières peut être de 0m,005 à 0m,010 par mètre; leur diamètre varie suivant leur pente et la surface de toit dont elles reçoivent les eaux; on leur donne de 0"',15 à 0"',25 de large.
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L'extrémité la plus basse de la gouttière est bouchée ar une pièce soudée, et l'écoulement de l'eau s'y opère par un trou percé dans le fond, communiquant avec un tuyau vertical en zinc, à la partie inférieure duquel est un coude destiné à éloigner l'eau du bâtiment. Il est nécessaire de poser en dessous du coude une cuiller en pierre taillée qui serve d'origine au ruisseau de conduite des eaux.
Lorsque la descente des eaux doit s'opérer au point de rencontre de deux gouttières, il est bon de faire aboutir celles-ci dans une cuvette terminée par un tuyau de chute et garnie d'un trou de trop-plein; les engorgements sont moins fréquents avec cette disposition.
On fait maintenant des tuyaux de descente en fonte, assemblés à emboîtements; ils sont plus résistants que ceux en zinc. On les attache sur le mur avec des colliers, à double scellement, espacés de \ mètre; les colliers les plus hauts'doivent être à charnière. Ces tuyaux ont \ mètre à 4m,05 de longueur. Voici le poids des diamètres les plus usités; les premiers ne servent que pour l'écoulement des eaux provenant d'éviers :
Tuyaux de 0m,054 de diamètre, pesant 9 kil.
Comme les tuyaux en zinc, on les surmonte par une cuvette, et on les termine en bas par un coude ayant le
H même diamètre qu'eux.
Une bonne disposition, indiquée dans la fig. 896, est applicable toutes les fois que la pente du terrain permet de conduire souterrainement dans un réservoir les eaux provenant des gouttières. Au lieu de placer une cuiller à la surface du sol sous l'égout du tuyau de descente, nous avons prolongé ce tuyau jusque dans une petite cavité creusée dans le sol, garnie en matériaux hydrauliques et couverte par une plaque en fonte qu'on relève
Fig. 896.
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pour le nettoyage; de ce creux partent des tuyaux qui conduisent les eaux à leur lieu de réunion. On empêche ainsi le jaillissement, sur le bas des murs, de l'eau tombant du tuyau dans la cuiller.
Paratonnerres. — Lorsqu'on veut préserver un bâtiment contre les atteintes de la foudre, il faut y établir un paratonnerre.
La plupart du temps, les exploitations rurales n'ont pas besoin de cette protection : on peut entourer les bâtiments par de grands arbres, que la foudre frappe plutôt que des constructions plus basses qu'eux; mais il est beaucoup de localités, surtout de lieux élevés, où les vents violents amènent de fréquents orages et brisent les arbres; la prudence conseille d'y établir des parafoudres. Nous allons, à cet effet, donner quelques renseignements d'après les indications de Y Instruction rédigée par les membres de l'Institut.
( — Un paratonnerre se compose de deux parties : la tige et le conducteur ; ce dernier est le prolongement de la tige.
— La tige est une barre en fer rond ou carré, amincie de la base à son sommet. Le diamètre, ou le côté de la base, varie depuis 0m,05o pour une hauteur de 6 mètres, jusqu'à 0m,065 pour une longueur de 10 mètres.
La pointe du paratonnerre est formée par un cône en cuivre rouge, en argent (au titre de la monnaie), ou mieux en platine, de 0m,05 de long, soudé dans une olive attachée elle-même à la barre de fer (fig. 897). Ces pointes sont fabriquées par presque tous les constructeurs d'instruments de physique.
Quand la tige d'un paratonnerre mesure plus de 5 mètres de long, elle serait assez difficile à fabriquer d'un seul morceau, deviendrait cassante et peu portative; il est préférable de la former de deux ou trois parties. On assemble les deux barres inférieures par un tenon de Fig. 897. Q...t2Q( emboîté dans une mortaise et fixé par une goupille; les deux parties supérieures peuvent être jointes par un gou-
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jon vissé dans les deux barres. La fig. 897 indique la disposition de ces assemblages.
Au bas de la tige, à 0m,08 du toit, on scelle une embase métallique, destinée à rejeter l'eau de pluie qui coule le long de la tige et à l'empêcher de s'infiltrer dans l'intérieur du bâtiment.
La tige du paratonnerre est fixée ordinairement sur la charpente, le plus souvent sur le faîtage. Si c'est au milieu de celui-ci, comme en A (fig. 898), on perce la pièce de bois d'un trou de même dimension que le pied de la tige rendu carré ; on fixe, avec quatre boulons ou deux étriers boulonnés qui embrassent et serrent le faîtage, deux plaques en fer épaisses de 0m,02, portant chacune un trou correspondant à celui fait dans le bois, et dont
vissant sur l'extrémité de la tige contre la plaque inférieure.
On obtiendrait un peu plus de solidité en prolongeant la tige et la maintenant par deux arcs-boutants, ainsi qu'on le voit en A' ; il faudrait peut-être alors arrondir l'extrémité inférieure de la tige.
Si l'on peut appuyer le paratonnerre sur le lien CD de la charpente, on soude à la tige deux oreilles qui embrassent les faces supérieure et latérales du faîtage, et descendent jusqu'au lien, sur lequel on les fixe au moyen d'un boulon E.
Si la tige doit être posée au-dessus d'une ferme, on perce le faîtage d'un trou dans lequel on fait passer son pied, et on l'assujettit contre le poinçon B C au moyen de plusieurs brides.
Quand le paratonnerre est placé sur une voûte ou sur un mur,
Fig. 898.
on voit en P le plan. La tige s'appuie , par un petit collet, sur la plaque supérieure , contre laquelle on la presse fortement au moyen d'un écrou se
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sur un pignon de refend, par exemple, on termine la tige par trois ou quatre empattements ou par des arcs-boutants qu'on scelle dans la pierre avec du plomb ou du plâtre.
— Le conducteur est la portion du paratonnerre qui fait communiquer la tige avec le sol. On le réunit solidement à la tige en le pressant, au moyen d'un boulon, entre les deux oreilles d'un collier brisé à charnières, placé un peu au-dessus de l'embase (fig. 897), on l'y réunit encore en le terminant par une fourchette qui embrasse la queue d'un étrier à plaque et à écrous placé aussi au-dessus de l'embase et serré sur la tige.
Autrefois le conducteur était formé par des barres de fer de 0m,01 5 de diamètre ou de côté ; ne pouvant le faire d'une seule pièce, on réunissait plusieurs barres bout à bout par un assemblage à redans.
Aujourd'hui on remplace la tige de fer par une corde métallique (en fil de cuivre ou de laiton), à laquelle on donne 1 centimètre carré de section, les fils ayant de 0m,001 à 0Œ,0015 de diamètre.
Le conducteur ne doit présenter aucune solution de continuité lepuis la tige jusqu'au sol; il est soutenu, parallèlement au toit, à 0m,l2 ou 0œ,15, par des crampons à fourche ou à anneau, dont la patte recourbée se glisse sous le revêtement qui forme la couverture ; pour plus de solidité, on remplace par une lamelle de plomb l'ardoise ou la tuile qui est vis-à-vis le crampon. Après s'être replié autour du larmier de la toiture et de la corniche du bâtiment, le conducteur s'applique contre le mur, le long duquel il doit descendre dans le sol, et se fixe au moyen de crampons que l'on scelle dans la pierre.
Quand le conducteur est arrivé dans le sol à 0m,50 ou 0m,60 de la surface, on le recourbe pour le conduire dans un puits ou un trou fait dans la terre et creux de 4 à 5 mètres si l'on ne rencontre pas l'eau moins profondément; là le conducteur est divisé en deux ou trois branches pour augmenter les points de contact avec la terre. Si le trou creusé n'atteint pas l'eau, ou au moins une couche constamment humide, on le remplit avec de la braise de boulanger, corps bon conducteur de l'électricité (le charbon non rougi est mau-
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vais conducteur); mais il est préférable de prolonger le conducteur jusqu'à ce qu'on rencontre un terrain humide.
Pour empêcher l'altération du métal dans la terre, on l'entoure quelquefois d'un auget formé en briques ou en tuiles, et qu'on remplit de braise au milieu de laquelle repose le conducteur.
— Quand le bâtiment renferme des pièces métalliques un peu considérables, comme les lames de plomb qui recouvrent le faîtage et les arêtes du toit, des gouttières, des fers ou fontes d'ornement, des charpentes en fer, des supports d'arbres en espalier, etc., on les met en communication avec le conducteur à l'aide de petites barres de fer de 0m,008 de côté ou avec du gros fil de fer.
Disposition générale. — On admet, d'après l'expérience, qu'une tige de paratonnerre protège efficacement contre la foudre autour d'elle un espace circulaire d'un rayon double de sa hauteur (on a dit même quelquefois triple). — Lorsque, suivant cette appréciation, le bâtiment exigerait une tige de 10 mètres, il est préférable de disposer deux paratonnerres élevés chacun de 5 mètres.
Les conducteurs doivent être dirigés dans le sol par la voie la plus courte; mais quand on a deux paratonnerres sur un bâtiment et qu'on veut leur donner un conducteur commun, ce qui est suffisant, on fera concourir en un point sur le toit, à égale distance de chaque tige, les portions de conducteurs qui ne peuvent être communes; et, à partir de ce point, on établira un conducteur de même dimension que pour un seul paratonnerre. Pour trois de ces appareils, il sera prudent de poser deux conducteurs. Quel que soit le nombre de paratonnerres, on les rendra tous solidaires en mettant en communication les pieds de leurs tiges et en établissant un conducteur particulier pour chaque paire de paratonnerres.
On recommande de placer les conducteurs sur les murs qui font face aux côtés d'où viennent le plus fréquemment les orages.