MENUISERIE
La menuiserie embrasse les constructions en bois, légères ou
menues, qu'on opère avec des planches; ce sont des revêtements de parois et des cloisons fixes ou mobiles (portes, croisées, etc.) : il faut y ajouter les escaliers pour l'accès des étages supérieurs.
Les bâtiments ruraux contiennent diverses parties établies en planches ou en madriers, comme les auges, les séparations entre animaux, etc.; nous avons parlé de ces objets en traitant de la disposition de chacun des locaux qui les contiennent.
Parquets et planchers. — Les revêtements du sol avec du bois, s'ils ont l'inconvénient d'être combustibles auprès d'une source de grande chaleur et d'être exposés à la pourriture dans un endroit humide, donnent partout ailleurs un usage durable, chaud, léger et agréable. Dans quelques localités, ils ne sont guère plus coûteux que des carrelages, surtout depuis qu'on obtient le débit et l'apprêt des planches à l'aide de machines.
— Dans les rez-de-chaussée, on commence par établir une aire en béton pour éloigner l'humidité; on y scelle des lambourdes ou espèces de chevrons de 0ra,035 à 0m,050 d'épaisseur; on les étrésillonne en les espaçant de 0m,40à 0m,60; puis on cloue dessus les planches. Depuis quelque temps, on a établi des planchers sur bitume (système Gourguechon), sans lambourdes, en scellant à côté les uns des autres des morceaux de bois de 0m,25 à 0m,30 de long sur une couche de bitume chaud ; on prévient ainsi le contact de l'humidité. On exhausse encore quelquefois les lambourdes sur une couche de mâchefer ou de scories de houille, ou bien on établit des courants d'air sous les planchers. Ces deux moyens ne valent pas l'emploi du béton contre l'humidité et contre les rats et souris.
Dans les étages supérieurs, quand les solives sont parfaitement dressées et que leurs vides sont hourdés en plein, on peut se servir des solives pour clouer les planches; mais, plus ordinairement, on y attache des lambourdes minces perpendiculairement à la direction des solives pour recevoir les planchers.
— Les planchers sont des assemblages à plats joints de planches épaisses de 0,025 à 0m,030 ; ils diffèrent des parquets par leur largeur, qui est ordinairement de 0m, 22 : on les cloue sur les lam-
bourdes à l'aide de pointes sans têtes. Malgré l'augmentation de main-d'œuvre, il est préférable d'employer des parquets , qui se déforment beaucoup moins.
— Les parquets sont des assemblages à rainure et à languette de lames en bois, larges depuis 0m,07 jusqu'à 0m,12 et épaisses de 0m,027; on les cloue sur des lambourdes au fur et à mesure de la pose, avec des clous sans tête fixés dans les joints. On donne aux parquets diverses formes suivant les longueurs des bois dont on dispose ; les parquets sont droits (fig. 899); droits à joints alternés (fig. 900), droits à joints en échelons (fig. 901 ) , parquets en point de Hongrie (fig. 902), parquets à bâtons rompus (fig. 903) : on en fait encore à panneaux. Le point de Hongrie est le système le plus solide, mais aussi le plus cher. Les conditions de bonne exécution sont l'emploi de bois bien sec, la réunion exacte des joints, l'attache solide sur les lambourdes, pour que le plancher ne se soulève pas par parties.
Fig. 899. Fig. 900. Fig. 901. Fig. 902. Fig. 903.
Lambris. — Les lambris sont des revêtements en bois de parois verticales intérieures des habitations ; ils sont utiles, et quelquefois même plus économiques que les enduits, dans les rez-de-chaussée des constructions dont les soubassements n'ont pas été établis en matériaux hydrauliques. Tantôt on couvre les murs dans toute leur hauteur avec un lambris, tantôt seulement dans leur partie inférieure.
On les forme généralement de cadres épais de 0m,035, dont les interstices sont remplis avec des planches de 0m,014 d'épaisseur. Ces panneaux ont pour largeur maximum 1 mètre. Le chêne, le sapin, le peuplier sont employés soit seuls, soit alternés ensemble,
de manière à former l'ornemeutation qu'on juge à propos d'y adapter.
Pour fixer les lambris aux murs, on scelle dans ceux-ci des tampons en bois ayant quelques centimètres en côté» sur lesquels on visse les panneaux.
Pour réunir les planches qui forment les panneaux, il faut s'efforcer d'adopter un mode d'assemblage qui masque le retrait du bois lorsqu'il se contracte pendant le temps sec, et qui permette sa dilatation pendant les temps humides. On assemble les montants avec les fonds ordinairement à rainure et à languette ou à embrèvement, en faisant la rainure plus profonde que la hauteur de la languette ; les fonds ont leurs divers morceaux collés ensemble , et on colle encore de la toile par derrière. On pose les panneaux à côté les uns des autres en laissant entre eux un petit intervalle qu'on recouvre par une moulure rapportée et attachée d'un seul côté ; parfois on assemble les panneaux à rainure et languette, et une petite feuillure empêche d'apercevoir le vide s'il s'en opère.
— Quand le lambris doit s'étendre dans toute la hauteur de la pièce, on le divise en deux parties séparées par une cymaise, ou tringle portant moulure en forme de petite corniche; elle est placée à environ 1 mètre du plancher.
Quand un lambris n'est posé que dans le bas d'une pièce, il faut lui donner la même hauteur (1 mètre) et le terminer aussi par une cymaise, sur laquelle frappent les dossiers des chaises quand on les range le long des murs.
— Enfin toute pièce d'habitation, avec ou sans lambris, sera entourée par une plinthe, ou planche placée sur champ et en saillie au bas des murs; elle est plus ou moins haute, depuis 0m,45 jusqu'à 0m,30. Son effet est de protéger les parois contre les chocs des pieds ou des balais, qui dégradent promptement les enduits.
Clôisons. — Les cloisons de menuiserie ne sont guère employées que pour des séparations entre des pièces non habitées, parce qu'elles laissent trop facilement transmettre le son ; cependant on les utilise parfois pour former des alcôves, des chambres d'en-
fants, etc. ; elles servent encore pour la distribution de locaux employés pour le dépôt de produits agricoles.
On les forme ordinairement de planches épaisses de 0m,025 à 0m,040, jointes ensemble à rainure et à languette comme les lambris; on place aussi parfois ces planches à côté les unes des autres sans assemblage, et on recouvre l'intervalle entre eux par un couvrejoint. Les cloisons sont fixées sur les parquets et sur les solives, soit au moyen de tringles rapportées sur ceux-ci et formant plinthe ou corniche, soit dans des coulisses en bois en haut et en bas. Suivant que les planches doivent rester apparentes ou cachées par un revêtement, la menuiserie est plus ou moins soignée. Lorsque les cloisons sont enduites en plâtre, on se contente de traverses et de voliges minces espacées de quelques centimètres et sur lesquelles on fixe des clous pour maintenir l'adhérence du mortier.
Les baies de portes à travers ces cloisons consistent en deux poteaux d'huisserie ayant toute la hauteur de la pièce et reliés par une traverse; leur épaisseur varie de 0m,08 à 0m,1 0. On les dispose .comme nous le dirons en parlant des portes.
— Les cloisons vitrées sont formées, dans le bas, par un panneau plein établi soit à cadre comme les lambris, soit à glace comme un parquet uni, mais avec double parement dans les deux cas; on donne ordinairement à cette partie 1 mètre à 1m,50 en hauteur. Audessus est un châssis composé d'un cadre et de petits bois portant des feuillures creuses de 0m,005 pour recevoir les verres.
Portes. — Les portes sont des parties de cloisons mobiles maintenues par des supports ordinairement en métal ; elles sont extérieures ou intérieures.
Les portes extérieures comprennent des portes cochères ou charretières, des portes d'écuries et d'étables, enfin des portes de maisons d'habitation. Nous avons indiqué quelques exemples des premières avec ou sans guichet ou huisset (fig. 412, p. 273; fig. 413, p. 274; fig. 415 et 416, p. 275 et 276) et des secondes (fig. 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, pages 90 et 91; fig. 283 et 284, p. 180); y compris les portes dites coupées (p. 91); auxquelles il faut joindre les
MODES D'EXÉCUTION
portes à claire-voie utilisables surtout dans les bergeries; quant aux troisièmes, celles d'habitation, ce sont ordinairement des panneaux pleins formés de planches debout mises à côté les unes des autres, assemblées à rainure et languette, et consolidées par des barres transversales et par d'autres en écharpe lorsqu'elles ont une grande largeur : on les forme encore de planches assemblées haut et bas dans deux traverses, l'une inférieure, l'autre supérieure, avec rainures, languettes et clefs ; ces portes sont plus légères que les précédentes et aussi solides. Les unes et les autres sont faites avec des planches épaisses d'environ 0m, 025 et larges de 0m,08 à 0m,4 0, si l'on veut éviter l'effet du jeu des bois. On utilise aussi les portes coupées (voir p. 36 et 91). On fait encore des portes plus élégantes, à cadres grands ou petits, dont les montants et les traverses ont en épaisseur 0m,025 à 0m,040, tandis que les fonds n'ont que 0m,015; le cadre est en bois dur et le panneau en bois moins résistant. On supplée à ces portes ornées en rapportant des moulures sur des portes à panneaux pleins. Enfin on fait aujourd'hui des portes à cadres enbois épais de 0m,06, dont le tableau est rempli par des grillages métalliques, principalement en fonte, encastrés dans une rainure préparée dans les bâtis.
Les portes intérieures sont plus légères que celles qui communiquent avec le dehors; on les fait de la même manière, mais en employant des bois blancs ou résineux dont l'épaisseur ne dépasse pas 0m,025. Elles sont à un ou deux vantaux : celles-ci (fig. 908) ne
Fi". 904.
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Fig. 908.