‹ Traité des constructions rurales et de leur dispositionChapitre 40 sur 89 · Fig. 906. Fig · texte numérisé non relu

Fig. 906. Fig

s'emploient guère que pour les pièces d'habitation; cependant, pour quelques locaux d'exploitation, on fait des portes à deux battants inégaux, l'un pour le passage habituel de l'homme, l'autre que l'on ouvre en même temps que le premier pour l'introduction de gros

MODES D'EXÉCUTION

objets, comme des tonneaux (voir fig. 82, page 90). Les portes à un vantail sont pleines (fig. 904) ou vitrées (fig. 905, 906 et 907) ; celles-ci ne diffèrent des fenêtres que parce que le bas est rempli par un panneau plein.

Lorsque les portes intérieures sont ouvertes dans un mur, on applique sur un côté de l'ébrasement un chambranle avec feuillure pour recevoir la porte, et de l'autre côté un contre-chambranle, qu'on réunit au premier par un revêtis pour garantir l'embrasure. Dans les cloisons légères, on peut aussi appliquer un chambranle, mais le plus souvent on ménage sur les poteaux d'huisserie une feuillure, ou bien on rapporte une baguette qui en tient lieu; on y adapte alors de chaque côté une moulure pour imiter un chambranle.

Les portes de placard et d'armoire sont faites comme les autres portes, mais en bois léger et mince : elles n'ont qu'un seul parement; on les appuie sur un châssis dormant épais de 0m,025.

Croisées. — Les croisées, dont on ferme les ouvertures destinées à laisser pénétrer la lumière dans les bâtiments, sont des appareils en bois encadrant des morceaux de verre plus ou moins grands.

Dans quelques cas, ces appareils sont fixes et ne s'ouvrent pas; on les désigne alors spécialement sous le nom de châssis : ils sont formés d'un cadre et de croisillons ; on y ajoute un jet d'eau par le bas quand les châssis sont placés au dehors, comme les impostes au-dessus des portes extérieures.

Mais le plus souvent les croisées s'ouvrent; elles peuvent alors encore être formées par un simple châssis, que l'on installe avec des ferrures dans une feuillure ménagée dans la maçonnerie : c'est ainsi que sont établies la plupart des croisées d'écuries et de locaux rustiques (fig. 89, page 92).

Lorsqu'on veut une fermeture plus complète, on compose les croisées de deux parties, l'une fixe ou dormant, l'autre mobile ou châssis, avec ou sans divisions par des barres ou petits bois.

Les croisées à coulisses sont généralement de petite dimension ; leur dormant est un cadre sur les côtés duquel sont placées des jba-

MODES D'EXÉCUTION

guettes recevant les rainures ou gorges du châssis : l'une des baguettes, fixée avec des vis, peut être mobile; la largeur des bois du dormant est à peu près double de celle du châssis. Lorsque les coulisses sont horizontales, ce système ne demande pas de ferrure pour support; mais, quand les coulisses sont verticales, on installe des contre-poids ou des attaches pour maintenir le châssis ouvert ou fermé.

Les croisées à un vantail sont composées d'un cadre ou dormant et d'un châssis mobile. Dans le dormant, une feuillure est ménagée du côté intérieur; un jet d'eau est appliqué du côté extérieur sur le bas ou pièce d'appui. Le châssis est fixé au dormant par des ferrements et s'engage dans ses feuillures; c'est aussi un cadre formé d'abord par deux montants, l'un dit battant de châssis, appuyé sur le dormant, l'autre dit battant de meneau, qui lui est opposé; puis par deux traverses, l'une haute, l'autre basse avec jet d'eau ; enfin par des croisillons ou petits bois pour soutenir les carreaux de verre quand il y en a plusieurs dans la hauteur ou la largeur du châssis. Pour mieux maintenir le châssis mobile, on pratique souvent sur le montant du dormant qui le soutient, au lieu d'une feuillure simple, une rainure dont le fond est arrondi en creux et qu'on appelle noix; celle-ci reçoit une languette ménagée sur le battant de châssis, qu'on appelle alors battant de noix. Toutes les pièces qui reçoivent les verres portent, à cet effet, une feuillure de 0m,006 à 0,008 de profondeur; les petits bois en portent une de chaque côté et sont assemblés à tenons et onglets dans les montants ou dans les traverses. La pièce d'appui du dormant doit être d'un seul morceau avec le jet

Fig. 909. croisées à deux vantaux sont formées d'un

cadre et de deux battants analogues à celui que nous venons de décrire; les vantaux se joignent par une fermeture à gueule-de-loup ou

d'eau qu'elle porte, tandis que la traverse basse du châssis peut avoir un jet d'eau rapporté, quoiqu'il soit préférable qu'il fasse corps avec elle. Sous chacun de ces jets d'eau, on creuse une petite rigole pour empêcher que l'eau coule par-dessous et vienne pénétrer à l'intérieur du bâtiment (fig. 909).

MODES D'EXÉCUTION

bien par un accotement à doucine et à chanfrein ou même à double rainure; la gueule-de-loup est préférable, parce qu'elle empêche mieux les bois de se déjeter et parce qu'elle clôt plus hermétiquement.

Les petites croisées sont quelquefois munies, comme moyen de fermeture économique, d'une barre en bois dite à la capucine,, ayant la hauteur de la baie et jouant sur un boulon servant de pivot pour fermer au moyen de deux crampons contrariés qu'on visse sur le dormant.

— Quand les fenêtres servent de passage à l'extérieur, soit sur un balcon, soit sur un perron, elles deviennent des portes-croisées, ne différant des autres croisées que parce que le haut est vitré et le bas est plein : si elles sont à deux vantaux, la fermeture à gueule-de-loup ne peut guère s'appliquer parce qu'elle exige qu'on ouvre les deux battants à la fois.

— On éclaire parfois les combles à l'aide de croisées placées sur la pente des toits et qu'on appelle châssis à tabatières; ils sont formés de deux cadres superposés qui se rejoignent par une fermeture à noix; les bois du dormant ont une largeur double de ceux du châssis mobile. (Nous conseillerons de remplacer les fenêtres en bois de ce genre par des châssis en fonte qu'on trouve aujourd'hui partout dans le commerce et qui sont moins exposés à une prompte détérioration.)

— Tous les éléments des croisées s'assemblent entre eux à tenons, à mortaises et avec chevilles; on les renforce par des équerres en fer encastrées dans le bois et attachées avec des vis à tête fraisée : ces équerres sont généralement placées sur le parement intérieur.

L'emploi de petits bois ou croisillons en fer sert à consolider beaucoup les croisées : on les encastre à queue d'aronde dans les montants et on les fixe avec des vis.

Les cadres mobiles se rattachent aux dormants par des ferrements que nous indiquerons en parlant de la serrurerie.

— Les dimensions en largeur et en épaisseur des bois employés pour les diverses parties des croisées varient avec celles de la baie où on les place. Voici les principales :

MODES D'EXÉCUTION

Cadres dormants :

0m,05 à 0m,01 d'épaisseur el Qm,QQ à

0B,08 de largeur.

Comme les montants.

0m,8 à 0m,12 en tous sens.

0»,03 à 0m,05 d'épaisseur et 0»,06 à

0m,08 de largeur.

— 0B,01 en plus sur la largeur.

Comme le battant de châssis.

0m,07 à 0m,09 en tous sens.

Comme le battant de châssis.

Depuis 0m,03 à 0,05 en plus que la précédente pour l'épaisseur.

Petits bois ou croisillons : 0*,02 à 0n',05 en tous sens.

— Le bois de chêne est celui à préférer pour les croisées à l'extérieur, à cause des assemblages qui sont très-ténus. Quand on utilise d'autre bois que le chêne pour les châssis, on doit cependant l'employer pour les croisillons.

Volets. — Les volets extérieurs sont des panneaux assemblés haut et bas à rainure et languette dans deux traverses; on les fait en bois épais de 0m,025 à 0"',035, et en chêne de préférence. Les volets assemblés avec des barres, qu'on nomme aussi contrevents, sont moins solides que les autres : quand ils sont ouverts, les barres les tiennent éloignés des murs, ce qui les fait mouiller et pourrir.

Les volets intérieurs sont ordinairement formés de deux parties qui se replient l'une sur l'autre dans l'embrasure de la fenêtre ; on les fait en panneaux à cadre d'assemblage ou simplement emboîtés. La disposition en volets brisés est quelquefois adoptée pour le dehors ; les volets se doublent dans le tableau de la baie ; ils sont bien coûteux pour être utilisés dans les constructions rurales.

On fait encore des volets à panneau plat qui ne sont point attachés avec des ferrures, et qu'on enlève ou qu'on rapporte sur les

Montants

Traverse du haut ,

Pièce d'appui

Châssis ballants :

Battant de châssis

— — à noix. . .

— de meneau simple. . .

— — à gueule-de-loup Traverse du haut

— du bas avec jet d'eau. .

MODES D'EXÉCUTION

châssis de croisée, où on les fixe, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, avec des boulons à trous et des clavettes : ces volets, analogues à ceux des boutiques, sont beaucoup moins commodes que les autres ; ils ne doivent être utilisés que dans quelques cas particuliers, comme, par exemple, sur des châssis qui ne s'ouvrent pas.

Persiennes. — Les persiennes sont formées par un bâti en bois épais de 0m,03 dans lequel viennent s'assembler, à tenons et à mortaises, des lattes inclinées en bois épais de O^OI : ces lames se recouvrent entre elles; quel qu es-Unes peuvent être rendues mouvantes. Les persiennes s'ouvrent à l'extérieur d'une manière analogue aux volets.

Escaliers. — Les seuls escaliers applicables aux bâtiments ruraux sont les escaliers droits. Les escaliers tournants peuvent être disposés dans les maisons d'habitation, mais ils sont difficiles à franchir et même dangereux pour des hommes chargés de fardeaux.

Les escaliers sont composés de limons et de marches.

— Les limons sont des madriers inclinés épais de 0'",06 à 0m,15, suivant leur portée et placés sur champ : ils portent les marches. Lorsque l'escalier est à côté d'une muraille, on se contente souvent d'un seul limon et on appuie l'une des extrémités des marches sur des tasseaux fixés au mur, ou bien on les encastre dans la maçonnerie ; le système à deux limons est préférable ; mais le limon adossé [faux limon) peut être plus faible que l'autre, à condition qu'on le soutienne par des pattes à scellement. Dans tous les cas, l'écartement soit des deux limons entre eux, soit du limon avec le mur, doit être maintenu par des boulons en fer à tête carrée encastrée dans le bois.

Les limons sont entaillés latéralement pour recevoir les marches Ou coupés par-dessus en crémaillère ; dans ce dernier cas, la marche doit encore entrer dans une entaille faite au bas de la partie verticale de cette crémaillère. Quand il y a faux limon, celui-ci est souvent à crémaillère et le limon porte des entailles.

— Les marches consistent en une planche horizontale [pas ou marche) qui reçoit le pied de l'hon me, et une autre verticale

MODES D'EXÉCUTION

{contre-marche) qui empêche le pied de s'introduire entre deux marches. Cependant les escaliers rustiques, dits échelles de meunier, n'ont pas cette seconde planche; il est toujours prudent d'y substituer un revêtement en bois mince qui suit l'inclinaison de l'échelle, et que l'on attache par-dessous.

La marche et la contre-marche sont assemblées ensemble à rainure et à languette ; la contre-marche est fixée de même sur la marche attenante.

Les dimensions à donner aux marches varient suivant l'emplacement dont on dispose ; pour qu'un escalier soit commode, la largeur de la marche [giron) doit être de 0m,25 à 0m,3o, et sa hauteur de 0"',15 à 0m,17. On choisit ordinairement une division exacte de la hauteur de l'étage et de la largeur de la cage où est renfermé l'escalier ; mais il faut que la mesure se rapproche des quantités que nous venons d'indiquer, et que chaque pas soit égal.

— La largeur de l'escalier varie entre 0m,75 et 1 mètre; cette dernière dimension est nécessaire pour le passage d'un homme chargé d'un fardeau.

— Les escaliers droits sont ou d'une volée, c'est-à-dire qu'ils montent d'une seule pièce à l'étage supérieur, ou à paliers, c'est-à-dire coupés en deux, trois ou même quatre sections, par de petits planchers droits qui servent de repos et qu'on nomme paliers.

Les escaliers à une seule volée sont ceux qui occupent le moins de place dans les bâtiments : on leur reproche de fatiguer la personne qui monte ; ils ne s'appliquent guère qu'à un seul étage.

Les escaliers à un palier sont les plus usités et les plus commodes ; ils exigent moins de place que ceux à deux paliers ; pour les installer, on établit à mi-étage un plancher dont une solive, posée sur la rive et un peu plus forte que les autres, reçoit les limons des deux parties de l'escalier : celles-ci sont ordinairement de longueur égale, sauf dans quelques emplacements particuliers où l'on est obligé de donner plus de développement à l'une des branches qu'à l'autre.

MODES D'EXÉGUTTON.

La figure 910 montre le plan d'un escalier droit à un seul palier

p ou à deux parties a (lrc)

et b (2e) ; son emplacement exige 5mX2msoit 10mi- de superficie.

Les figures 911 et 912 sont deux coupes verticales de cet escalier, l'une longi-

Fïg. 910.

tudinale, ligure 912, l'autre transversale, figure 911.

Fig. 911.

Fig. 912.

Les escaliers à deux paliers ou à trois parties ont l'inconvénient d'exiger un intervalle au milieu de leurs deux branches extrêmes ; l'établissement de ces paliers oblige aussi à sceller de biais dans les murs une solive sur laquelle on appuie en croix une autre solive qui est scellée par un bout seulement dans le mur et s'emmanche par l'autre avec les limons. On peut encore appuyer les paliers sur des pièces de bois debout, dites chandelles ; mais cela empêche souvent d'utiliser le dessous des escaliers. Les escaliers à deux paliers, laissant un intervalle (jour) entre leurs trois parties, permettent de monter des fardeaux à l'aide d'une poulie suspendue au-dessus du milieu de la cage.

On peut y établir un monte-charge, avec contre-poids, qu'on guide sur deux ou trois chevrons verticaux ; l'usage en est très utile dans une construction à plusieurs étages.

MODES D'EXÉCUTION

l a figure 913 est le plan d'un escalier à deux paliers p et p' ou à

trois parties abc, dont l'em-

placement occupe 3m sur 4,u,50 soit 13""i,50 de superficie. Les lignes ponctuées sur les paliers p p' indiquent la place des solives de soutien.

Les figures 914 et 915,

Fj<r 913 coupes verticales de cet esca-

lier, sont dessinées, l'une longitudinalement, figure 915, l'autre transversalement , figure 914.

o>m o,oi

Fig. 914. Fig. 915.

Quant aux escaliers à trois paliers ou à quatre parties, ils occupent une surface dont le plan est à peu près carré ; leur construction est analogue à celle des escaliers à deux paliers, mais encore un peu plus compliquée ; ils conviennent peu aux bâtiments ruraux.

La figure 916 montre le plan d'un escalier mixte formé de deux branches droites et à direction parallèle distantes d'environ 50 centimètres, et reliées entre elles par une partie courbe; cette forme d'escalier, assez élégante, peut être utilisée dans une habitation de campagne, mais non clans un autre bâtiment rural ; car l'homme chargé d'un fardeau éprouve quelque incertitude dans sa marche lorsqu'il monte, et surtout lorsqu'il descend des marches plus larges d'un côté que de l'autie. La partie tournante ne peut être établie

MODES D'EXÉCUTION

que par un ouvrier expérimenté et spécial à ce genre de construction d'escalier.

Fig. 91G. Fig. 917.

— On faisait autrefois des escaliers tournants en spirale (fig. 9 17), dont les marches étaient massives et sans limon, un bout étant scellé dans le mur et l'autre supporté par la marche du dessous; ces. escaliers, avons-nous dit, sont dangereux dans les bâtiments ruraux.

Une ou deux marches massives peuvent cependant servir de support inférieur aux limons d'un, escalier droit;, il est préférable d'y placer une marche en pierre dure qui isole les limons du sol.

— Un garde-corps terminé par une rampe est indispensable à un escalier ; les appuis en bois sont assez résistants quand on peut attacher leurs deux extrémités sur des montants solides, sur des cloisons ou des murs ; mais, quand il n'est possible de fixer ainsi que l'un, des bouts de la rampe, l'autre doit être formé par un boulon en fer ayant la hauteur de l'appui, traversant le limon, et solidement arrêté au-dessous par un écrou ; il s'emmanche par- dessus dans une bande en fer mince que supportent des barreaux, tantôt en bois, tantôt en fer, tantôt en bois et en fer alternés, et que l'on recouvre d'une main courante en bois de chêne bien poli.

On établit encore une main courante le long du mur auquel est adossé l'escalier, quoiqu'on puisse y suppléer par une corde passée dans des pitons.

L'ascension facile d'un escalier demande que la main courante soit placée à la droite de la personne qui monte, et que la courbure de l'escalier soit aussi tournée du même côté, afin que l'on monte en tournant en droite.

MODES D'EXÉCUTION

Dimensions des bois de menuiserie dans le commerce. — Les bois sont exploités et se trouvent dans le commerce suivant des dimensions correspondant encore à des anciennes divisions de la toise; en voici le tableau avec la traduction en mesures métriques et les diverses dénominations qu'on leur donne.

Bois de chêne.

Noms.

Epaisseur

Largeur .

Longueur.

6 lignes.

c\ non U ,UvU

Planche (entrevous). .

— (1 pouce)

id.

- (lP-1/2)

id.

Jd

21 lignes

Planche (doublette). .

Chevron , membrure

ou petit battant. . .

Sa fin.

kl

Peuplier.

"Voliges

3 kV

Page 1