SITUATION RELATIVE DES BATIMENTS ENTRE EUX
La situation relative des constructions dépend beaucoup de l'im portance du domaine, mais les mêmes considérations doivent toujours guider le constructeur. Nous allons examiner ce qu'il convient de faire pour une petite, une moyenne ou une grande exploitation.
Maison d'habitation. — C'est pour la maison destinée à servir d'habitation au chef et aux ouvriers qu'on doit principalement rechercher un emplacement salubre. (Voir page 33.)
On peut considérer l'habitation comme un foyer d'où les regards rayonneront sur toutes les parties des bâtiments, afin que la surveillance du maître s'exerce à chaque instant; aussi placera-t-on le logis dans la position la plus favorable à l'action de cette surveillance.
Nous regardons cette considération comme la seule à laquelle il faut avoir égard lorsqu'on choisit son emplacement : nous désirerions que, des fenêtres de la maison, et particulièrement des pièces destinées au chef, de sa chambre à coucher, de sa salle à manger, de son cabinet de travail, il pût être à même de voir les écuries, les étables, les granges même, la cour tout entière, la porte d'entrée, s'il était possible ; que sa voix parvint dans toutes les parties de la cour, s'il appelle un de ses employés ; qu'enfin il n'eût pas une distance trop grande à parcourir, s'il veut s'approcher des bâtiments d'exploitation.
Suivant l'importance du domaine, la maison occupera différentes positions, dont on trouvera des exemples dans les planches ci-après. L'orientation que nous avons indiquée précédemment devra tou-
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jours être prise en considération. Le logis sera aussi attenant à un jardin fruitier et potager, nécessaire à toute habitation rurale.
— Dans les petites exploitations, si les bâtiments sont sur une seule ligne, la maison d'habitation sera au milieu ou à l'extrémité de la série des compartiments dont se composera cette ligne. Si les bâtiments sont disposés sur deux lignes, l'une d'elles pourra être fournie par l'habitation, placée vis-à-vis et en regard de la construction où seront établies les dépendances, écurie, étable, grange, etc.
Dans les exploitations moyennes, lorsque l'étendue des bâtiments permet de les disposer sur les trois côtés adjacents d'un rectangle ou d'un carré, l'habitation est ordinairement placée sur celui des côtés occupés qui se trouve entre les deux autres, soit en avant, soit en arrière des autres bâtiments. Quelquefois cependant on la place sur l'un des côtés extrêmes.
Enfin, dans les grandes exploitations, lorsque les constructions sont disposées sur les quatre côtés d'un rectangle ou d'un carré, l'habitation occupe l'un des côtés en totalité ou en partie. Si la cour forme un rectangle continu, la maison sera, le plus souvent, sur un des petits côtés, et mieux au milieu de l'un des grands côtés (voir la description des planches 155 et 156).
Si la dimension de la cour était assez grande, la maison trouverait peut-être sa place au centre même de cette cour. On pourrait obtenir une disposition très-convenable pour une grande exploitation en choisissant cet emplacement pour la maison et en y joignant un petit parterre servant de lien entre cette habitation et le jardin, ce qui permettrait de diviser la cour en compartiments. On aurait ainsi une cour réunissant quelques-uns des avantages des fermes anglaises, tout en obtenant un aspect plus satisfaisant sous le rapport de la régularité et de la symétrie, et en facilitant singulièrement la surveillance du chef de l'exploitation. Nous le répétons, pour nous cette derrière condition est la plus essentielle à remplir dans le choix de l'assiette de l'habitation.
Dans les dispositions nouvelles que nous proposons pour les bâtiments d'un domaine, on verra que nous avons toujours indiqué
pour l'habitation un emplacement qui réunit les facilités les plus grandes pour l'exercice de cette surveillance si désirable.
Écuries. — Les écuries seront rapprochées le plus qu'il sera possible de la maison d'habitation : le haut prix des animaux qu'elles contiennent, la fréquence des accidents qu'ils ont à redouter, les soins qu'ils réclament à chaque instant, la valeur des aliments qu'ils consomment, et dont il faut prévenir le gaspillage et quelquefois le détournement, sont des considérations qui justifient suffisamment les facilités nécessaires à donner à l'exercice de la surveillance. Plus les écuries seront rapprochées de l'habitation du chef de l'exploitation, plus cette surveillance sera fréquente et efficace.
— Aussi, dans les petites fermes, lorsque les bâtiments sont construits sur une seule ligne, l'écurie est-elle souvent placée à côté même de la chambre principale, et une fenêtre, une porte même permettent au cultivateur d'entendre et de voir ce qui se passe dans l'écurie, de s'y rendre au besoin. Cette disposition doit être recommandée toutes les fois que l'exploitation ne comporte pas plus de deux ou trois chevaux, dont la direction appartient au cultivateur. Dans ce cas, nous conseillerons toujours l'ouverture d'un guichet, d'une petite fenêtre pouvant laisser pénétrer les regards de la chambre d'habitation dans l'écurie.
Lorsque les bâtiments de l'exploitation deviennent plus considérables, lorsqu'un charretier est chargé des soins à donner aux chevaux et qu'il peut coucher dans un cabinet situé à proximité de l'écurie, et communiquant également avec elle par une petite fenêtre vitrée, la surveillance du maître doit encore pouvoir s'exercer, mais avec un peu moins de continuité. Quoique la disposition précédente pût encore être recommandée si les bâtiments étaient attenants, il faudrait, dans le cas contraire, placer l'écurie de telle sorte que sa porte d'entrée fût facilement aperçue par l'une des fenêtres de l'habitation : la disposition en retour d'équerre entre ces deux bâtiments est la plus favorable à cet effet.
Lorsque l'exploitation, plus considérable, comporte plusieurs écuries, il est bon qu'elles soient à côté les unes des autres, et toujours
sous l'oeil du maître. Une petite écurie, destinée à servir d'infirmerie, devra seule être séparée des autres constructions toutes les fois que l'importance du domaine en fera reconnaître l'utilité.
Dans un vaste domaine enfin, les écuries peuvent former une division spéciale de l'ensemble des constructions et réclamer à elles seules une cour distincte.
Il est inutile de dire que les abords des écuries seront pavés ou nu moins cailloutés en petits fragments recouverts de sable, sans que les chevaux aient à craindre des excavations ou des éminences qui seraient causes de chutes et d'accidents.
La proximité de l'abreuvoir est aussi à examiner dans le choix de l'emplacement d'une écurie.
Étables. — Ce que nous avons dit des écuries s'applique, en grande partie, aux étables. S'il s'agit d'étables pour bêtes de travail, les précautions, les soins qu'elles réclament sont à peu près les mêmes que pour les chevaux ; leur valeur seule est un peu moindre, mais elle est encore considérable. Les étables à vaches peuvent être assimilées aux écuries sous le rapport de la surveillance ; il importe que les vaches ne soient pas maltraitées, que les veaux soient pansés et soignés, que le lait ne soit pas détourné, qu'il soit facile de le transporter à la laiterie.
Les étables destinées à l'engraissement ne réclament pas une surveillance aussi continue que les autres, quoique de fréquentes visites y soient nécessaires ; on peut les reléguer dans une partie un peu plus éloignée de l'habitation que les écuries et les étables de service.
— Dans les petites exploitations dont les bâtiments ne comportent qu'une seule ligne, on place souvent l'étable à côté de la maison d'habitation, de sorte que celle-ci se trouve entre l'étable ou l'écurie; on place encore l'étable à côté de l'écurie.
Dans les domaines plus considérables, les étables se rangent à côté des écuries et sur la même ligne. Si cette disposition comporte trop de longueur, on les dispose en regard des écuries et symétriquement avec elles.
Dans une vaste exploitation, les étables peuvent former une cour spéciale et distincte des autres services ; c'est ce qui arrive surtout lorsque l'engraissement des bestiaux à l'étable est l'une des branches principales de spéculation agricole.
Bergeries. — Les bergeries permettent, dans le choix de leur emplacement, un peu plus de liberté que les logements d'animaux domestiques que nous venons d'examiner. Pourvu .que la surveillance générale puisse y être exercée, que les bêtes à laine y accèdent avec liberté, sans être obligées de passer trop près des écuries et des étables, où elles se rencontreraient avec des animaux très-forts et qui pourraient les blesser; pourvu qu'on puisse, au besoin, renfermer les brebis dans un parc attenant à leur logement, et pris soit sur la cour de l'exploitation, soit à côté d'elle, avec la condition d'une clôture efficace non-seulement contre les animaux dangereux, mais aussi contre les voleurs; pourvu que leur position soit garantie contre la violence des vents froids et l'humidité du sol, les bergeries seront bien situées.
— Dans les petites et moyennes exploitations, on place les bergeries suivant l'importance de leur développement à côté ou en re gard des écuries et étables ; dans les grands domaines, elles peuvent former l'un des côtés ou deux côtés de l'ensemble des constructions, et même constituer une cour, une division séparée des autres bâtiments, avec parc d'été et parc d'hiver.
Porcheries. — Il est assez difficile de donner quelques règles pour le choix à faire de l'emplacement destiné à une porcherie, au moins de celle qui ne comporte qu'un développement moyen. Si l'exercice de la surveillance nécessaire en général à tous les logements d'animaux domestiques, si la facilité de porter aux porcs les aliments préparés dans la cuisine de l'habitation, si ces deux considérations demandent qu'on rapproche la porcherie autant que possible de la maison principale, d'un autre côté l'odeur insupportable qui s'exhale des déjections de ces animaux, odeur dont la propreté la plus rigoureuse atténue bien la propagation, mais ne l'empêche pas complètement, surtout dans la saison chaude, cette odeur de-
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vrait faire éloigner la porcherie des habitations des hommes (1).
A la difficulté d'allier ces deux conditions, exclusives l'une de l'autre, se joint la nécessité de l'exposition au midi, presque indispensable à la prospérité de l'animal sous notre climat. Une dernière exigence de l'emplacement est celle de fournir de l'eau à des bêtes qu'on ne peut conduire à l'abreuvoir, ce qui demande que la porcherie soit assez rapprochée d'une source, d'un cours d'eau, d'un puits. Bien des dispositions ont été imaginées pour répondre à ce besoin ; elles consistent généralement dans l'établissement de ruisseaux à l'air libre portant l'eau dans les loges qu'elles traversent simplement comme un ruisseau naturel, ou dans celui de tuyaux avec robinets à l'aide desquels on remplit les auges.
On voit donc qu'il est assez difficile de réunir toutes ces conditions, au moins dans les exploitations qui ne comportent pas une division spéciale à l'usage de porcherie.
— Dans les petits domaines, lorsque les bâtiments sont sur une seule ligne et ne comportent qu'un ou deux toits à porcs, on les place à l'extrémité des constructions. Dans les exploitations de moyenne importance, la difficulté règne dans toute sa rigueur ; on trouvera des exemples divers dans les différents plans de ferme ciaprès ; nous indiquerons les dispositions à préférer. Ce n'est que dans les grands domaines, là où la spéculation sur les porcs est assez grande pour qu'on leur consacre un établissement spécial avec logement de porcher et cuisine pour la préparation des aliments destinés aux animaux, ce n'est que dans cette circonstance qu'on peut parvenir à réunir toutes les conditions désirables pour une porcherie.
Chenils. — Les loges pour chiens de garde trouvent place à proximité et en vue de l'entrée principale de la cour de l'exploitation ; elles en seront à une distance suffisante pour que l'étranger qui pénétrerait dans la cour pendant le jour et sans mauvaise intention
(1) La loi de 1810 a rangé les porcheries dans la l,c classe des établissements insalubres et dangereux, c'est-à-dire parmi ceux qui ne peuvent être établis dans les bourgs sans une autorisation de l'autorité administrative supérieure.
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n'ait pas à redouter les morsures : le chien doit avertir son maître et non être un épouvantail, encore moins un danger.
— Les chiens de berger trouvent ordinairement un abri à quelques mètres de la porte d'entrée de la bergerie : si celle-ci a une grande importance, si elle est entourée de parcs à moutons, on disposera des cabanes pour les chiens sur les diverses faces de ces parcs et en dehors, afin qu'ils puissent avertir de l'approche des animaux carnassiers ou des maraudeurs.
Quelquefois un petit chenil est disposé auprès de l'habitation du berger. Dans tous les cas, il est nécessaire que les chiens soient enchaînés aussitôt que le troupeau est rentré à la bergerie.
— Les petits chenils destinés aux chiens de chasse se joignent ordinairement à une maison de garde ou de jardinier; pour les échauffer pendant l'hiver, on tâche de profiter du voisinage de la cheminée principale ou de celle d'un fournil.
— Quant aux grands chenils, leurs dispositions peuvent être plus ou moins considérables, et alors ils sortent des limites dans lesquelles nous devons comprendre les constructions rurales. Nous renverrons à ce que nous avons rapporté relativement à leurs conditions d'établissement (page 201); c'est un emplacement sec, abrité contre les vents froids, dans lequel on pourra se procurer de l'eau, où la surveillance sera facilitée par le voisinage d'une habitation, qu'on devra choisir pour construire un chenil.
Lapinières. — Les cases à lapins se placent le plus souvent sous des hangars : on les dispose presque toujours transversalement sur un ou plusieurs rangs. Les divers exemples que nous avons donnés pour les porcheries peuvent s'appliquer, sur une plus petite proportion, aux loges à lapins.
On les accole encore aux pignons des bâtiments servant aux écuries et aux étables , dans quelques exploitations même on en construit à l'intérieur de ces logements. Cette position vicieuse, sans offrir de grands inconvénients, doit cependant être rejetée : l'odeur qu'exhalent toujours la litière et les excréments du lapin nuit à la pureté de l'air nécessaire aux chevaux et aux bêtes à cornes. Le
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lapin lui-même, quoiqu'il aime la chaleur, sera plus robuste s'il est élevé dans un endroit où l'air extérieur lui arrive directement.
Le meilleur emplacement pour les cases à lapins est dans un des compartiments de la basse-cour, si l'exploitation en comporte une qui soit distincte de la cour d'exploitation.
La sécheresse du local et la facilité d'accès qu'il présente pour la surveillance sont les seules conditions indispensables à remplir pour l'endroit où l'on réunit des cases à lapins.
— Les clapiers constitueront très-bien une portion de la basse-cour ou une de ses annexes.
Dans une disposition d'ensemble régulière, on en formera une construction symétrique de celle destinée aux diverses volailles. La surveillance doit pouvoir s'exercer à distance sur un grand clapier, par exemple des fenêtres de l'habitation ; cependant il ne faut pas qu'il en soit trop rapproché, pour des motifs analogues à ceux que nous avons donnés pour les porcheries.
— Les garennes factices s'annexeront aussi à la basse-cour. Pour leur emplacement, il n'y a guère d'autre recommandation à faire que celle de les mettre sous les regards directs des habitants de la ferme, afin qu'aucun maraudeur ne soit tenté de s'y introduire sans s'exposer à être aperçu.
Le voisinage d'une habitation est aussi une nécessité pour l'emplacement de toute autre espèce de garennes.
Poulailler. — « L'emplacement du poulailler n'est pas chose indifférente, dit M. Malézieux (1). Un terrain graveleux et sec, garni de quelques arbres capables de donner un peu d'ombrage pendant l'été et d'abriter la-volaille des vents pendant la mauvaise saison, est
un endroit très-convenable Une atmosphère tempérée dans le
lieu où la volaille passe la nuit est indispensable au succès. L'habitant des campagnes qui loge sa poule dans son fournil trouve dans la quantité d'oeufs qu'elle lui donne en hiver une preuve convaincante de l'utilité de la chaleur. On pense communément qu'une
(1) Manuel de la fille de basse-cour, page 92 (voy. note, page 221).
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température de 16° à 1 8° est très-convenable pour la volaille. Aussi bon nombre d'amateurs adossent leur poulailler contre une cuisine ou contre toute autre pièce où l'on fait habituellement du feu ; il en est même qui ne reculent pas devant la dépense d'un tuyau où circule en hiver de l'eau chaude ou de la vapeur. »
Nous n'avons presque rien à ajouter à ces détails donnés par un de nos auteurs les plus compétents. Dans la plupart des petites exploitations on adosse le poulailler à un fournil, pour profiter de la chaleur qui pénètre à travers ses parois ; on utilise même, à cet effet, le comble qui est ordinairement au-dessus du four. On place encore le poulailler à côté d'une écurie, d'une vacherie, ou mieux entre deux de ces locaux ; on lui donne même une communication avec eux par des fenêtres soigneusement garnies d'un treillage, afin qu'elles ne servent qu'au passage de l'air chaud dans la saison froide, et munies d'un volet, pour qu'on puisse les fermer pendant l'été.
Lorsque le poulailler acquiert plus d'importance, il est nécessaire qu'il soit établi à part; il devient la principale portion d'une basse-cour spéciale.
Basse-cour. — La basse-cour est, à notre avis, la partie des bâtiments d'une ferme qui doit être rapprochée le plus possible de l'habitation. Il n'en résulte, d'ailleurs, aucun inconvénient : quand une basse-cour est bien tenue, nulle odeur gênante ou malsaine ne s'en exhale. D'autre part, la surveillance des oiseaux, les soins à donner aux poussins , la récolte des œufs , demandent la visite presque continuelle de la ménagère: elle y fait porter sans grand dérangement les rebuts de la table et les déchets de la cuisine ; il n'en serait pas de même si la basse-cour était éloignée de l'habitation. Le voisinage de celle-ci la protège encore contre les incursions et la rapacité des animaux carnassiers. Tl n'y a que la nécessité de fournir de l'eau aux volailles qui motiverait le choix d'un autre emplacement.
Lors donc que les divers compartiments destinés aux oiseaux euvent être réunis ensemble de manière à former une basse-cour,
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nous croyons qu'il faut s'efforcer de la placer près de l'habitation du chef de l'exploitation.
Le voisinage de l'eau est toujours utile à une basse-cour ; il est presque indispensable lorsqu'elle doit contenir des oiseaux aquatiques : les oies et les canards se portent mieux lorsqu'ils jouent librement dans l'eau. L'enclos de la basse-cour pourra se prolonger jusqu'aux bords d'une grande mare, d'un grand vivier, laissés en talus de son côté, et à pic sur les autres côtés, si l'on ne veut pas que les oiseaux sortent de l'endroit qui leur est destiné et qu'on entoure de treillages. Il est vrai que, dans ce cas, il faut s'attendre à une diminution dans les produits de la pêche ; car, si les cygnes ne mangent pas les poissons (les oies ne s'en nourrissent peut-être pas non plus), les canards, au contraire, se régalent de l'alevin et détruisent tout ce qu'ils en peuvent rencontrer.
Colombiers et volières. — On les place soit dans l'intérieur de la basse-cour, soit dans une portion quelconque de l'enclos de l'exploitation : il faut préférer l'endroit où la surveillance est la plus facile. Des petits pavillons, en forme de lanterne, de campanile, et qui servent à la décoration générale des constructions, reçoivent souvent la destination de pigeonniers. Quant aux volières pour oiseaux de luxe, il est nécessaire qu'elles soient sous les yeux des maî tres ; on les met quelquefois dans les jardins ou auprès de l'entrée d'un domaine.
Faisanderies. — Lorsqu'un compartiment de la basse-cour n'est pas destiné à l'élevage de quelques faisans, qu'on veut un établissement particulier pour eux, il peut être distinct de l'exploitation. Alors il faut un logement pour un faisandier et un enclos spécial pour les faisans dans un bois ou dans une forêt. Nous renverrons à ce que nous en avons dit en parlant de la construction d'une faisanderie (page 221).
Apiers ou ruchers. — On placera les abeilles dans un jardin, aussi loin que possible des basses-cours et des fumiers, à l'abri des vents, proche de l'eau, dans une partie close de toutes parts au moins par une haie vive, et pouvant être facilement aperçue de
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la maison d'habitation, afin que les maraudeurs ne viennent pas tenter l'enlèvement des ruches.
Magnaneries. — - Les localités qui conviennent le mieux aux vers à soie sont à peu près les mêmes que celles qui sont favorables aux abeilles. Les magnaneries provisoires seront établies, de préférence, dans les étages supérieurs des constructions et dans les parties les plus éloignées des dépôts de fumier, des étables et de tout ce qui peut occasionner des émanations animales ou malsaines. Les magnaneries permanentes pourront être construites en dehors de l'ensemble des bâtiments de l'exploitation ; mais alors il faudra y joindre une chambre d'habitation pour le magnanier. Comme tout autre local, plus elles seront rapprochées de l'œil du maître, mieux cela vaudra. On préférera les endroits élevés à ceux qui seraient bas et surtout à ceux qui seraient humides.
Serres à outils. — C'est dans l'une des dépendances de la maison d'habitation que l'on placera la serre à outils, lorsqu'il s'agit d'une moyenne exploitation ; dans un grand domaine, on pourra la rapprocher des ateliers, des hangars, etc.
Ateliers. — Les ateliers seront disposés à peu près dans tous les endroits laissés disponibles par les constructions ayant une autre destination; il faut seulement les éloigner des porcheries et des dépôts de fumier ; il serait bon que la surveillance sur les ouvriers y fût facile ; par conséquent, que l'emplacement ne fût pas trop éloigné de la maison d'habitation, et surtout qu'il fût en vue de celle-ci.
Dans les domaines où les cours sont séparées en portions spéciales, pour les animaux divers, pour les granges, etc., les ateliers seront placés de manière à ce qu'il ne soit pas nécessaire de traverser ces compartiments- pour y accéder.
Hangars et remises. — On réserve habituellement pour ces sortes de constructions tous les endroits qui ne sont pas désignés pour d'autres usages par des conditions spéciales, et principalement par l'exposition solaire ou par le voisinage de l'habitation.
Comme le service qu'exige une partie de ces locaux n'est pas continuel, comme on se borne à aller chercher les voitures dans les re-
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mises le matin pour les y reconduire le soir, il suffira que l'accès de leur emplacement soit très-facile; comme, du reste, on les utilise souvent pour d'autres services, il est préférable qu'ils puissent être compris dans la surveillance générale; ce qui n'empêche pas de les placer à la partie la plus éloignée de l'habitation.
Fenils. — Toutes les fois que les fenils ne seront pas disposés audessus des logements d'animaux, ils devront en être rapprochés autant que possible, afin d'éviter de longs transports pour la provision journalière. Les autres conditions d'emplacement pour les fenils sont la sécheresse du lieu, l'éloignement des sources de mauvaises odeurs et des locaux où se trouvent des cheminées à feu, l'accès facile pour des voitures chargées, et la clôture parfaite pour empêcher l'introduction des gens malintentionnés.
L'économie bien entendue veut que les fenils soient disposés dans des étages ou des demi-étages placés au-dessus des écuries et étables, au moins sous le climat de Paris (voir page 258).
Meules à fourrages ou d grains. — C'est surtout pour ce genre de constructions que doivent être mises à profit toutes les recommandations que nous venons de faire pour les fenils. Lorsqu'elles ne sont pas dans l'enceinte du domaine, il faut leur consacrer une cour spéciale parfaitement close, si ce n'est par des murs, au moins par des haies vives ne laissant aucun passage. La cour des meules sera, autant que possible, à proximité de la grange ou de la machine à battre (1).
Granges. — Le^ conditions à remplir par un bon emplacement pour les granges sont celles que nous venons d'indiquer pour les fenils, à l'exception du voisinage des logements d'animaux, dont au contraire les granges seront éloignées autant que possible. Elles peuvent être aussi à une certaine distance de la maison d'habitation,
(1) La communication de l'incendie est tellement à craindre pour les meules, que l'on s'est demandé s'il n'était pas plus prudent de les disperser sur le domaine à une grande distance les unes des autres, au risque de tenter davantage les voleurs. C'est une question dans la solution de laquelle doit être compris l'examen de celles des assurances et de l'exécution de la police locale. La détermination à prendre dépendra surtout de ces deux considérations.
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quoiqu'il soit préférable que l'on puisse surveiller le travail du battage.
Quel que soit l'emplacement d'une grange, nous regardons comme indispensable qu'elle forme un corps de bâtiment isolé, et séparé au moins de tout logement d'animaux : quelques hangars seulement pourront y être attenants.
Dans la disposition quadrangulaire, les granges occupent presque toujours un des côtés de la cour du domaine : elles sont à droite ou à gauche de l'habitation, lorsque les constructions occupent trois côtés; elles font généralement face à celle-ci, si des bâtiments occupent les quatre côtés : on en verra, du reste, divers exemples dans les planches ci-après.
Gerbiers. — Les gerbiers seront placés d'une manière analogue aux granges : leurs parois ouvertes donnent encore plus de prise aux dangers de rapine et d'incendie.
Cages à maïs, séchoirs, etc. — Tout ce que nous venons de dire des granges et des fenils s'applique à ces constructions ; nous renverrons, pour le surplus, aux détails donnés à propos de leur disposition dans la première partie de ce traité.
Graineries (greniers). — Il serait utile que les magasins de grains fussent placés à proximité de la grange, afin d'éviter de longs transports; mais, comme ils renferment une valeur considérable et qui offre quelque tentation aux détournements, on les rapproche de la maison d'habitation pour qu'il soit plus facile de les surveiller.
L'emplacement le plus convenable pour les graineries est au-dessus des remises et des hangars, aussi loin que possible des étables et des dépôts de fumiers.
— Dans les petites et dans les moyennes exploitations, on place la chambre au grain au-dessus de l'appartement du chef ou dans le corps de logis qui est consacré à celui-ci.
Dans les grandes exploitations, c'est au-dessus des remises et hangars, ou dans des locaux attenants à la grange, qu'on les dispose. On a conseillé de leur consacrer un bâtiment isolé de crainte d'incendie : il en devrait être ainsi, si la quantité de grains à conserver
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était considérable, et surtout si l'on construisait un de ces établissements analogues à celui connu sous le nom de grenier vertical.
L'emplacement des silos à grains sera déterminé par les conditions que nous avons indiquées pour leur construction.
Locaux pour légumes. — Proximité de l'habitation quand il s'agit des légumes pour la consommation de l'homme, voisinage des étables lorsque les légumes sont destinés à l'alimentation des bestiaux, sont les seules indications d'emplacement qu'il convient d'ajouter à celles données précédemment pour leur établissement.
Fruiterie. — La destination de la fruiterie doit la faire rapprocher des locaux où sont employés les objets qu'elle renferme, de l'habitation, de la cuisine même. D'autre part, la conservation des fruits exige leur éloignement des fumières, des écuries, de tous les endroits d'où peut émaner une odeur forte. Les caves de l'habitation conviennent généralement bien.
Sécheries. — L'aération nécessaire à une sécherie spéciale exige un emplacement quelquefois en dehors des bâtiments du domaine, quoiqu'il soit préférable de la faire entrer dans leur ensemble. Dans ce dernier cas, des étages supérieurs seront établis au-dessus des constructions, ainsi que nous l'avons dit.
Vendangeoirs, celliers et caves. — C'est ordinairementdans la partie la plus reculée d'une exploitation que trouvent place les vendangeoirs, caves et celliers, parce qu'il n'est pas nécessaire de s'y rendre fréquemment, comme dans beaucoup d'autres locaux dépendants du domaine, lorsque l'époque do la vendange est passée. Pourvu qu'un caveau pour la provision courante soit établi à proximité de l'habitation, si ce n'est môme dans le corps du bâtiment qui la constitue, et pourvu que les caves et celliers ne soient pas hors de portée d'une surveillance très- nécessaire, on peut leur réserver l'emplacement le plus éloigné de l'habitation ou celui qui restera sans emploi dans la disposition générale du domaine.
On assemble ordinairement les vendangeoirs, les celliers et les caves en établissant entre eux des séparations. Une bonne disposition pour ces trois sortes de locau\ est celle-ci : au rez-de-chaussée, le ven-
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dangcoir divisé en presserie et cuverie, de chaque côté les celliers, au-dessous les caves. Un bâtiment ainsi distribué devrait être isolé des autres constructions.
Tous ces locaux seront éloignés, autant que possible, des dépôts de fumiers, des logements d'animaux, et surtout des porcheries et des poulaillers, de tout endroit d'où s'échappent des odeurs fortes. On recommande encore de les écarter des passages de voitures, ateliers de forgerons, et des locaux où se produisent des vibrations nuisibles à la conservation des liquides.
Un très-bon emplacement pour les caves est le dessous d'un coteau dans lequel elles sont creusées ; elles s'ouvrent alors sur l'une de ses pentes, et il suffit d'établir un chemin d'accès à l'air libre.
Dans les pays où la production vinicole est la plus importante partie d'une exploitation, ce que nous venons de dire doit être modifié, puisque les vendangeoirs, caves et celliers sont les bâtiments principaux, tandis que les autres ne sont que des accessoires. Alors, dans beaucoup de localités, les vendangeoirs constituent un établissement spécial, une vendangerie où se trouvent une habitation pour un vigneron surveillant, une chambre et une cuisine pour le propriétaire des vignes, -puis les locaux qui contiennent les pressoirs, les cuves, et enfin les celliers et les caves au-dessous.
Laiterie. — La laiterie doit être placée dans une situation sèche, aérée, loin des dépôts d'immondices, des fumiers et de tout ce qui est susceptible de charger l'air de miasmes fermentescibles, à proximité d'eau courante, ou d'un puits, d'une source quelconque d'eau, et surtout rapprochée, autant que possible, de la maison d'habitation.
La proximité des étables est avantageuse lorsque celles-ci sont bien tenues, parce que le transport du lait est moins long; mais, d'un autre côté, l'influence des odeurs animales peut être assez à redouter dans la laiterie pour qu'on l'éloigné des étables. Aussi, dans la plupart des exploitations établies, on trouve tantôt la laiterie attenante à l'étable aux vaches, tantôt reléguée dans un bâtiment éloigné, tantôt attenante à la maison d'habitation.
— Dans une petite exploitation, c'est sous la main de la ménagère
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que la laiterie trouvera sa place, souvent à côté même de la cuisine (comme dans l'exemple représenté dans la planche 8).
Dans une exploitation plus importante, la laiterie sera disposée encore de la même manière; ou bien, elle sera attenante à la maison d'habitation, comme on le voit dans les planches 1 42 à 1 47, ou distincte, comme dans la planche 154. Dans un grand domaine, les locaux où l'on s'occupera des produits du lait constitueront un bâtiment spécial, rapproché des étables à vaches et d'un accès facile pour la surveillance du maître (pl. 162).
On a recommandé, pour une laiterie, l'éloignement des usines qui pourraient lui communiquer quelques commotions, et aussi des routes où circulent fréquemment des voitures chargées ; par conséquent, il faudrait la placer à quelque distance des machines à battre, des coupe-racines, etc., et des appareils qui leur transmettent le mouvement.
Glacière. — L'emplacement de la glacière sera déterminé par les conditions de terrains favorables à son établissement. Cette construction sera presque toujours en dehors des autres bâtiments du domaine, au milieu d'un jardin, d'un bosquet, à moins qu'on ne l'installe dans une excavation attenante à la laiterie.
Boulangerie. — La boulangerie est un des locaux les plus dangereux dans une exploitation, à cause de l'incendie que le four peut communiquer aux autres bâtiments ; aussi est-il prudent de lui consacrer un bâtiment spécial isolé et situé même à quelque distance des autres constructions, à l'extrémité du jardin, par exemple.
Dans un domaine dont les bâtiments sont contigus, comme il n'y a point de considération d'exposition particulière à ce local, l'emplacement à lui donner importe peu. On pourrait cependant recommander de le rapprocher autant que possible de l'habitation, de l'éloigner, au contraire, des fenils, granges, paillers. surtout des meules de grains ou de fourrages, et même de le placer sous le vent qui règne le plus fréquemment dans la localité, afin que les flammèches sortant de la cheminée ne soient pas projetées dans les bâtiments.
Lorsque le fournil sert en même temps de buanderie, on peut le rapprocher du lavoir et des viviers, s'il s'en trouve. Dans une grande exploitation, lorsqu'on juge à propos de comprendre le fournil dans l'ensemble des bâtiments, il peut être une des dépendances de l'habitation, dans une cave, par exemple. Si une machine à vapeur fixe est établie dans un local spécial, le fournil sera bien placé à côté.
Dans les exploitations moyennes, comme dans les habitations d'ouvriers, le fournil sera établi dans la principale pièce d'habitation ou dans un petit bâtiment isolé à quelque distance des autres constructions. Nous renverrons à ce que nous avons dit sur ce sujet. (Page 48, pl. 8 et 9.)
Cuisines. — La cuisine domestique fera toujours partie de l'habitation. Dans quelques grandes exploitations, où la maison du chef forme un bâtiment séparé, on dispose quelquefois dans les autres constructions une cuisine avec réfectoire, chambre de dépense, chambre de cuisinière, laverie, etc. Il faut alors que la cuisine soit sous la surveillance d'un employé spécial ; mais nous préférons l'annexer à l'habitation du maître, dût-on lui disposer une entrée particulière pour les ouvriers. Nous en montrerons divers exemples dans les plans ci-après.
La cuisine pour les bestiaux sera ou à côté des étables, ou à côté de la machine à vapeur, si l'exploitation en comporte une. Suivant l'importance des spéculations particulières, une ou plusieurs cuisines rustiques seront établies à côté de chacun des services qu'elles alimenteront. Il faut cependant s'efforcer de n'en avoir qu'une générale pour tous les animaux.
Distilleries et féculeries. — Leur utilisation, n'étant que momentanée, les fera rejeter aux extrémités de l'ensemble des constructions; il faut avoir égard à l'emploi d'un moteur à vapeur, s'il y a lieu, comme à l'aération de la sécherie qui surmontera la féculerie.
Blanchisserie. — Nous n'avons à ajouter à ce que nous avons dit des blanchisseries, quant à leur emplacement, que la recommandation du voisinage de l'habitation autant que le permet la disposition des eaux qui lui sont nécessaires. Nous avons dit que la buan-
EMPLACEMENT DES BATIMENTS
derie se confondait souvent avec la boulangerie, et que les lavoirs étaient alors plus ou moins éloignés. Quant à la lingerie, les soins de surveillance la feront renfermer dans la maison du maître.
Fumiers. — Latrines. — Nous avons parlé de l'emplacement des fumiers et des latrines en même temps que de leur établissement.
Réservoirs d'eau, mares, abreuvoirs, etc. — Toutes ces constructions seront rapprochées, autant que possible, des bâtiments du domaine, non-seulement à cause de leur usage quotidien, mais encore à cause des secours qu'on y trouverait si un incendie venait à éclater dans l'un de ces bâtiments. Nous croyons même utile qu'un abreuvoir, si petit qu'il soit, trouve place dans la cour de l'exploitation; pour l'alimenter d'eau, on le mettra en communication, à l'aide d'un tuyau ou d'un canal souterrain, avec un réservoir situé à proximité. Les auges à abreuver seront toujours placées à côté d'un puits ou d'une pompe, de manière à recevoir les eaux surabondantes qui en seraient extraites.
— Les indications pour l'emplacement des diverses constructions rurales qui précèdent seront complétées par ce que nous avons dit de l'orientation ou de l'exposition et des conditions de facilité dans le service, en traitant de chacune de ces constructions en particulier dans la première partie de ce travail.