OU SERRURERIE
La serrurerie comprend la fabrication des ouvrages en fer utilisés pour relier, pour renforcer ou pour assujettir diverses parties des constructions. L'emploi du fer dans les bâtiments ruraux a pour résultat une augmentation assez considérable des frais d'établissement, mais il procure presque toujours une plus grande solidité dont la garantie n'est pas à dédaigner par le constructeur.
Les ouvrages de serrurerie peuvent être divisés en trois classes : ouvrages en fonte, gros fers et petits fers.
A l'exception de quelques gros fers dont on varie les dispositions,
tous ces objets se trouvent tout fabriqués dans le commerce. Nous nous contenterons d'une rapide énumération, en renvoyant aux. indications que nous avons données en parlant de chaque construction en particulier.
Ouvrages en fonte. — Voici les principaux usages de la fonte dans les bâtiments ruraux; : colonnes de support, solives, chéneaux, caniveaux, tuyaux de descente des toits et autres de conduite des eaux (page 867), balcons de croisée, plaques de cheminée, fourneaux, grilles et grillages de toute espèce.
Les articles composés de plusieurs parties doivent être taraudés avec soin, et les trous remplis avec une cheville en fer, dont la tête bien limée ne fasse pas saillie.
Gros fers. — Les gros fers, ou fers de bâtiments, sont employés pour relier les diverses parties de maçonnerie ou de charpente.
Les chaînes pour
b tenir l'écartementdes
murs (fig. 918) sont Fi£v 918' des barres droites et
terminées à chaque bout par un œil dans lequel on engage une ancre; comme on ne peut guère les faire d'un seul morceau, on rattache leurs deux tronçons par un nœud à crochet A, ou à charnière B, ou à moufles et à clavettes C : ce dernier est celui qui permet de serrer davantage.
Les tirants (demi-chaines) remplissent le même but que les chaînes, mais on les attache sur les Fig. 919. Fig. 920. pièces de bois : ils sont droits ou
contournés et portent un talon qui entre dans le bois ; on engage dans leur œil une ancre droite (fig. 919), ou à F, ou à S (fig. 920). Les harpons ont un crochet au lieu d'ancre.
Les crampons ou agrafes à scellement ^ , ^ ^ ^ ^ ~\ servent à relier des parties de macon-
Fig. 921. nerie entre elles (fig. 921); ils sont droits
à queue de carpe A, ou à crochet B, ou coudés G. On en fait de
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semblables, mais à pointe, et d'autres avec des trous forés' pour recevoir des vis, lorsqu'on veut relier des pièces de bois.
Les corbeaux, espèces de forts crampons, ne sont scellés que pjr un bout dans les murs. Quand il faut supporter un poids considérable, on les consolide par une barre de fer placée en écharpe.
Les potences ou consoles (fig. 922) composées d'une traverse et d'une écharpe droite ou contournée ser-
Fig. 922. vent pour porter des tablettes dans les cuisines, les laiteries, les écuries, et \
Les manteaux de cheminées (fig 923) soutiennent la partie antérieure du tuyau ou les hottes de four-
Fig. 923. neaux au-dessus des jambages.
Les embrassures sont des ceintures en fer plat presque analogues aux manteaux en fer carré; elles soutiennent extérieurement les coffres de cheminées contre les murs de dossier.
Les fentons, petits fers longs de 0m,40 portant crochet à chaque bout, relient les languettes des tuyaux; une autre espèce, servant pour les cheminées en briques, est faite en fer plat portant un T à un bout et un scellement à l'autre.
Les bandes de trémie (fig. 924) soutiennent la
^ — IF51 maçonnerie des foyers et âtres de cheminées dans
Fig. 924. les vides entre les solives d'enchevêtrure.
Les chevétres en fer reçoivent le bout des solives d'un plancher par le bout qui joint un âtre de cheminée; ils ont la même forme que les bandes de trémie, mais sont généralement en fer carré.
Les barres soutiennent diverses parties des âtres, des fourneaux, des languettes de cheminées, des ventouses, etc. Les plates-bandes, en fer plat et percé, réunissent des pièces de charpente.
Les boulons sont des chevilles en fer rond ou carré de différentes espèces; ils ont une tête plate ou ronde, ils s'attachent soit à pointe, soit à scellement, soit à clavette, soit à écrou. Les petits boulons servent pour fixer les ferrures des portes, les plus gros pour les pièces de bois moisées, pour les escaliers, pour les réunions de pièces de charpente, etc.
MODES D'EXÉCUTION
Les brides ou liens consolident les assemblages des bois de charpente ou assurent les accotements entre deux de ces pièces; on les fait à barre et écrous (fig. 925) ou à boulon avec clavette ou avec
Fig. 925. Fig. 92G. écrou (fig. 926). Les frettes sont des espèces de brides qui s'appliquent plus généralement à la forme circulaire, comme à des assemblages de
O pieux, des tètes de pilotis, etc.; leurs extrémités sont presque toujours soudées l'une sur l'autre (fig. 927) ; quelquefois, mais rarement) elles sont Fig. 927. Fig. 928. terminées par des oreilles (fig. 928), qu'on
réunit avec une vis et un écrou. Les étriers pour enchevêtrements (fig. 929) consolident , en
les soutenant, les assemblages de solives entre elles ; d'autres étriers à branches droites rattachent le milieu d'un Fig. 929. Fig. 930. tirant au poinçon ; enfin d'autres (fig. 930) reçoivent les lambourdes de chaque côté d'une poutre.
Les crochets à chéneaux et les colliers supportent les gouttières, les chéneaux et les tuyaux de descente; ils sont scellés dans les corniches et dans les murs; on fait des colliers à charnières qui s'ouvrent à volonté et se tiennent fermés au moyen d'une broche.
Enfin des crochets en fer qu'on attache sur les toits pour faciliter le service des couvreurs, des bandes de fer de toute espèce pour consolider les fourneaux de cuisine, les auges, les constructions légères, etc.; d'autres pour des entraits, etc.; des linteaux, des barreaux pour les fenêtres, les grilles, des barres percées réunies pour les bois, etc., sont encore dans la catégorie des grosses ferrures employées dans les bâtiments ruraux.
Poids des fers du commerce. — On trouve chez les marchands des fers préparés ; pour aider à se rendre compte des frais que leur emploi peut comporter et des ressources en dimensions qu'ils donnent, nous reproduisons, d'après MM. Claudel et Laroqué dans leur Pratique de l'art de construire, le tableau du poids des fers.
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