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VITRERIE

Le verre en lames minces est employé pour remplir les panneaux des parois qui doivent laisser pénétrer la lumière : dans les bâtiments ruraux, les fenêtres, les portes à jour, quelques parties de cloisons, et quelques plaques dans les couvertures ou dans les planchers sont les seules applications que reçoit le verre.

Les lames de verre, feuilles, ou vitres, doivent être choisies exemples de bouillons, loupes ou bulles, de stries ou côtes, de pierres, de filandres causées par des corps dont la vitrification n'est

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pas complète : il faut aussi qu'elles ne soient pas gauches, c'est-àdire que leur surface soit parfaitement plane. Il existe diverses sortes de verres :

4° Le verre simple, dont l'épaisseur des feuilles ne dépasse pas 0"',002, est employé pour les portes, les fenêtres et les châssis. On en distingue trois qualités d'après la transparence du verre : celui de premier choix et celui de deuxième choix conviennent aux habitations de luxe, celui de troisième choix aux logements ruraux et aux bâtiments d'exploitation ; c'est le verre dont nous allons nous occuper ci-après.

2° Le verre double, dont l'épaisseur est de 0m,003 à 0m,004, sert pour remplacer quelques tuiles dans les toitures ; on l'y fixe avec des agrafes en zinc ou en plomb : on vitre aussi avec lui les châssis de tabatière posés sur les toits.

3° Le verre dépoli est celui qu'on obtient en frottant l'une des faces d'une feuille de verre ordinaire avec un morceau de grès, après l'avoir légèrement huilée ; on obtient le même résultat en frottant l'une contre l'autre deux vitres entre lesquelles on a mis quelques grains de sable après les avoir huilées. Le verre dépoli s'emploie pour les parois des pièces dont on ne veut pas que l'intérieur soit vu ou qu'on désire garantir des rayons solaires.

On remplace le verre dépoli par du verre ordinaire sur lequel on applique une couche de peinture grise à l'huile.

4° Le verre cannelé, dont les feuilles sont ondulées en lignes parallèles, sert aux mêmes usages que le verre précédent; il est un peu plus résistant, mais il coûte plus cher : d'ailleurs, s'il laisse passer une lumière un peu plus intense que celle qui pénètre le verre dépoli, il a aussi l'inconvénient'de fatiguer la vue.

5° Le verre coloré peut servir aux mêmes usages que les deux précédents, et y ajoute un élément de décoration. Son prix empêche qu'on l'emploie dans les constructions rurales; le verre blanc opaque remplace parfois le verre dépoli, et le verre bleu ou vert est employé pour les serres de jardins.

6° Le verre en dalles, plus ou moins épa's et généralement dé-

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poli, sert pour éclairer quelques parties des soubassements de maisons, des caves, des passages obscurs, etc., au-dessus desquels on doit circuler ; ces lames ne dépassent guère 0m,30 à 0ra,40 de côté. On les intercale dans les planchers en les substituant à une partie de parquet ou de carrelage; on les attache à l'aide de crampons fixés sur les solives ou scellés dans la maçonnerie.

— Le verre à vitres est vendu parfois, dans les magasins, par mesure dite à l'équerre, c'est-à-dire d'après la somme de sa longueur et de sa largeur réunies. On commence cependant.à le vendre soit au poids, soit d'après sa surface.

Dimensions du verre. — Les feuilles de verre simple sont fabriquées et se trouvent dans le commerce en six grandeurs principales; elles ont pour côtés, en centimètres,

Dans la disposition des parties à vitrer, on doit faire attention à obtenir des surfaces dont les côtés correspondent à des divisions exactes de ces mesures, afin d'éviter une perte dans l'emploi des feuilles; au moins faut-il veiller à ce que les fractions restant après la séparation des grands carreaux puissent être utilisées pour des ouvertures dont les carreaux soient plus petits. Lorsque ces précautions n'ont pas été prises dans l'établissement des châssis, on sera guidé dans le choix du modèle des feuilles de verre par des considérations analogues.

Nous recommanderons, en général, pour les domaines ruraux l'emploi de carreaux de dimensions moyennes, de 0m,30 à 0"',35 par exemple; les formes rectangulaires très-allongées, 0"',45 sur 0"',15 ou 0"',20 par exemple, sont aussi applicables. Les petits accidents causés par les volailles, par les transports d'instruments sont moins fréquents sur des petits carreaux que sur des grands, parce que les croisillons protègent un peu les vitres; d'ailleurs la réparation est moins coûteuse.

Coupe. — Les feuilles de verre sont coupées à l'aide d'un diamant brut enchâssé dans un petit bloc en bois dur ou en métal (rabot),

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qu'on promène le long d'une règle mince et plate . quand on a une grande quantité de vitres à couper, on se procure un de ces diamants dont le prix n'est pas très-élevé. On peut y suppléer en rayant le verre avec une agate, un silex ou une lime, en faisant chauffer le verre à l'aide d'un fil soufré ou imprégné d'essence de térébenthine qu'on brûle sur la trace obtenue, et en y jetant quelques gouttes d'eau froide; on peut aussi rayer le verre à l'aide d'un poinçon d'acier chauffé au rouge, et y injecter un peu d'eau froide qui fait fendre le verre; mais ces moyens ne réussissent que pour de petites longueurs.

Pose. — On place le carreau, taillé à dimensions convenables, dans les feuillures du châssis destinées à le recevoir ; on l'y fixe à l'aide de petites pointes sans tète, ayant environ 0m,015 à 0,u,020 de long, qu'on enfonce en les frappant avec un petit marteau glissant le long du verre.

Quand les châssis vitrés sont au dehors, les feuillures doivent être aussi du côté extérieur, et on scelle les carreaux avec du mastic de vitrier, dont la composition a été donnée (page 758); on l'unit avec un couteau, en lui donnant la forme de plan incliné, qui facilite l'écoulement de l'eau. On recommande de donner une première couche de peinture dans les feuillures des châssis avant d'y poser le verre, afin de protéger le bois et de faciliter l'adhérence du mastic.

Quand les châssis sont à l'intérieur, on scelle les verres avec la même composition, lorsque les bois sont peints à l'huile; on peut y suppléer par du plâtre que l'on peint ensuite. Mais, si les châssis sont peints à la colle, l'huile contenue dans le mastic pourrait tacher la peinture du bois; on y supplée en employant un mastic dans lequel on a remplacé l'huile par une dissolution de colle, ou par du plâtre fin, ou mieux en fixant de petites bandes de papier avec de la colle de peau ou avec celle de pâle; on choisit alors du papier de couleur analogue à celle du châssis, ou bien on le peint ensuite à la détrempe.

Nettoyage. — Lorsque la peinture des châssis est achevée, il est presque toujours nécessaire de nettojer les vitres.

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Les taches de peinture à la colle, celles causées par la fumée, celles apportées par les insectes s'enlèvent facilement en frottant le verre avec du blanc de craie délayé dans de l'eau et en essuyant avec un linge avant que le blanc ne soit séché.

Les taches de peinture à l'huile ne disparaissent que par un lavage à l'eau seconde, et quelquefois même par un grattage avec un couteau qu'on n'appuie pas assez fortement pour rayer le verre ; on achève le nettoyage avec une bouillie de blanc d'Espagne.

On peut donner du brillant au poli des verres en les frottant avec un linge imbibé d'alcool faible.

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