PEINTURE
La peinture est un revêtement des surfaces à l'aide de matières colorées qui contribuent non-seulement à la propreté et à l'ornementation, mais encore à la conservation des corps sur lesquels on les applique.
Dans les bâtiments ruraux, les emplois de la peinture sont assez restreints; on les a même souvent négligés. C'est un tort, suivant nous; car, au point de vue de la salubrité et de la propreté, nous regardons comme nécessaire la peinture des parois des habitations, ne fût-ce qu'à la chaux ; au point de vue de la durée et, par conséquent, de l'économie bien entendue, il est utile de peindre toutes les parties en bois qui sont directement exposées aux influences atmosphériques.
Les matières colorées en usage dans la peinture des bâtiments consistent généralement en composés métalliques, réduits d'abord en poudre, et ensuite en pâte par leur mélange avec diverses substances qui facilitent leur adhérence sur les parois des corps. Ces substances diverses servent à qualifier les différents modes de pein- (ure usités ; on les distingue sous les noms de peintures à l'eau, à la colle, à l'huile, au vernis, à la cire, etc.
Préparation des surfaces. — Avant d'appliquer la peinture, il faut disposer les surfaces de manière à ce que les couleurs ne se détachent pas.
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Les murs doivent être bien unis, sans aspérités ni vides; un frottis à la pierre ponce enlève les premières, et un rebouchage au mastic remplit les trous. Le mastic est fait avec du blanc de craie trituré à la colle ou à l'huile, suivant le mode de peinture ; pour la peinture à l'huile soignée, le mastic est fait avec de l'huile et du blanc de céruse qui ne jaunit pas comme la craie.
Les bois sont traités à peu près de même; lorsqu'il se rencontre des nœuds qui ne prennent pas bien la couleur, comme dans les bois résineux, on les frotte d'ail ou d'huile grasse (voir page 906). Les parquets sont grattés avec soin.
Les carreaux en terre sont grattés au grès, lessivés, lavés et épongés.
Lorsqu'il se trouve de la couleur ancienne sur quelqu'une de ces surfaces, il faut l'enlever presque entièrement avant d'en appliquer de nouvelle. Si la peinture est à la colle, on mouille et on gratte; si la couleur est à l'huile, il faut la laver, ou avec une forte lessive obtenue en faisant bouillir des cendres avec de l'eau, ou avec de l'eau seconde; celle-ci est une solution de potasse concassée, à raison de 4 kilog. pour 5 litres d'eau chaude, à laquelle on ajoute 10 à 12 litres d'eau quand elle est refroidie.
On encolle ensuite les surfaces à peindre. Pour la peinture à la colle, c'est appliquer au pinceau une couche d'un liquide composé de colle et de blanc de craie; il faut à peu près 150 grammes de blanc par mètre carré. Pour la peinture à l'huile, l'encollage est composé de blanc de céruse et d'huile, à raison d'environ 100 grammes de chacun par mètre carré. Lorsque les murs sont encore frais, on applique, au lieu d'encollage, une ou deux couches d'huile bouillante, à raison de 3 à 400 grammes par mètre. Par économie, on remplace parfois sur des murs secs l'encollage à l'huile par un encollage à la colle, mais les résultais sont moins bons.
Préparation des couleurs. — Toutes les couleurs se trouvent dans le commerce soit à l'état sec, soit à l'état de pâte molle.
Celles qui sont à l'état sec ont généralement subi une première
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préparation : les unes sont réduites en poudre; les autres ont déjà été broyées à l'eau, puis séchées et moulées en petits pains de forme conique qu'on appelle trochisques. Pour utiliser ces couleurs, il faut les réduire d'abord à l'état de pâte en les broyant sur un marbre à l'aide d'une molette, et en les arrosant avec de l'eau ou avec de l'huile à mesure que le broyage s'opère; quelques-unes employées à l'eau peuvent être seulement infusées et pétries, mais on obtient un meilleur résultat par le broyage, qui les réduit à l'état de pâte molle.
Quand les couleurs sont en pâte, il ne reste plus qu'à les rendre assez liquides pour être employées au pinceau; c'est ce qu'on opère en les délayant avec l'un des liquides dont elles sont déjà imprégnées ; on jette dans un vase vernissé ou dans un seau en zinc les couleurs diverses dans les proportions voulues pour constituer les teintes que l'on désire; on ajoute le liquide et on mélange à l'aide d'un bâton que l'on agite, ou d'une brosse à peindre que l'on fait r apidement tourner entre les deux mains.
Les propriétaires ruraux doivent acheter les couleurs en pâte, pour éviter le broyage qui est toujours assez minutieux à faire opérer, surtout pour les couleurs à l'huile; ils peuvent cependant se procurer en poudre quelques-unes des matières qu'il suffit de faire infuser et de pétrir pour la peinture à la colle.
Composition des couleurs. — Quelques couleurs sont données directement par des matières spéciales, mais la plupart d'entre elles sont le résultat de la combinaison de plusieurs substances mélangées suivant différentes proportions; dosées convenablement, elles donnent toutes les teintes possibles. Voici les noms vulgaires des substances avec lesquelles on compose les couleurs les plus employées dans les constructions rurales.
Blanc. — On obtient le blanc en détrempe avec du blanc d'Espagne lorsqu'on ne veut pas vernir, et avec du blanc de céruse ou de plomb si on doit vernir. Pour la peinture à l'huile on emploie le blanc de céruse broyé à l'huile cl détrempé à l'essence de
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térébenthine si on vernit, et détrempé à l'huile coupée d'essence, si on ne vernit pas. On mêle presque toujours au blanc, pour l'empêcher de jaunir, un peu de noir ou de bleu.
Gris.— Les diverses nuances de gris sont préparées en mêlant au blanc du bleu de Prusse, ou du charbon pilé (pour le gris commun) La mine de plomb s'emploie pour les ferrures.
Rouge. — Les ocres, la terre de Sienne calcinée, le rouge de Prusse s'emploient avec la colle. Les mêmes substances, ainsi que le minium fournissent les rouges pour la peinture à l'huile. Les autres rouges, tels que le carmin et le vermillon, coûtent trop cher pour être utilisés à la campagne.
Lilas. — Cette couleur est produite par la combinaison du blanc, du rouge et d'un peu de bleu.
Jaune. — La terre d'Italie jaune et l'ocre fournissent la couleur jaune ; on l'adoucit avec du blanc pour avoir une teinte pâle.
Vert. — Le vert d'eau en détrempe se prépare en mêlant du blanc de céruse et du vert de montagne (terre verte) broyés à l'eau, et en les détrempant à la colle ; on obtient un meilleur vert d'eau en mélangeant de la céruse, de la cendre bleue et du chrome (jaune). Le vert d'eau à l'huile se fait avec du vert-de-gris et de la céruse. Le vert de treillage est obtenu avec les mêmes substances broyées et détrempées à l'huile de noix, et dans la proportion de 4 partie de vert pour 2 de blanc. Le vert de composition estformé par le mélange de 4 partie de blanc, 4/8 de chrome (jaune) et 4/46 de bleu d< Prusse. Le vert de mer, celui de pomme s'obtiennent en variant les proportions de ces mêmes substances.
Bleu. — Le bleu céleste, le bleu de roi et le bleu tendre sont formés par des combinaisons de blanc de céruse et de bleu de Prusse, ou mieux de cendre bleue.
Brun. — La terre d'ombre calcinée, la terre de Cologne, le bistre fournissent les principaux bruns.
Noir. — Le noir de vigne, produit par le charbon de sarment, s'emploie à la colle ; les noirs d'ivoire et d'os, de pêche, de charbon, de fumée sont broyés et détrempés aussi bien à l'eau qu'à l'huile.
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— Le blanc mêlé avec le bleu, le jaune, le rouge et le noir donnera donc toutes les teintes que l'on peut désirer. Les couleurs grises, vertes et jaunes sont les plus solides et les plus applicables aux constructions dans les campagnes.
D'autres substances que celles que nous avons indiquées servent encore en peinture, mais spécialement pour le décor, leur prix élevé ne permettant pas de les employer dans la peinture commune.
Peinture à l'eau. — Les seules peintures employées à l'eau sont le lait de chaux et le badigeon.
Le lait de chaux s'obtient en prenant de la chaux grasse bien blanche, en l'éteignant par immersion, en la délayant dans un peu d'eau et en la passant au tamis ; on la laisse reposer pendant quelques jours et on la mélange avec de l'eau bien filtrée. On l'emploie à l'aide d'une brosse emmanchée au bout d'un bâton pour blanchir les murs extérieurs des habitations et les parois intérieures des logements ruraux.
Le badigeon est un lait de chaux auquel on ajoute de la poudre de pierre tendre (moitié en volume) et quelquefois un peu d'ocre, suivant la teinte que l'on désire avoir. Il s'emploie aux mêmes usages que le lait de chaux.
Pour rendre les tons de ces deux peintures moins crus, on y mêle parfois un peu de noir de fumée. On augmente leur adhérence en faisant dissoudre de l'alun dans l'eau avec laquelle on les délaye, à raison de 1 kilogr. par 25 litres d'eau.
Peinture à la colle. — La peinture à la colle, dite aussi à la détrempe commune, consiste dans l'emploi de couleurs broyées avec de l'eau et détrempées dans une colle qui les rend adhérentes aux parois sur lesquelles on les applique.
La colle forte ou colle de Flandre est formée de gélatine dissoute dans de l'eau de rivière filtrée, à raison de 50 grammes par litre.
La colle de peau s'obtient en faisant bouillir dans l'eau des rognures de peaux d'animaux de toute espèce, pendant 3 ou 4 heures ; il en résulte une pâte qui prend la consistance d'une forte gelée,
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lorsqu'elle est refroidie. Cette colle est plus économique que la précédente ; mais comme elle ne peut guère se conserver que pendant quelques jours, surtout dans la saison chaude, on emploiera plus souvent, à la campagne, une dissolution de colle forte, qu'on peut préparer au fur et à mesure des besoins.
Pour se servir de ces colles, on affaiblit la gelée obtenue en la délayant avec de l'eau chaude, et on en détrempe la couleur, de manière à ce qu'elle file au pinceau, quand on la retire du vase qui la contient. On l'emploie à une chaleur modérée ; trop froide, elle ne prendrait pas, et, trop chaude, elle ne couvrirait pas les surfaces. On ne doit appliquer une seconde couche que lorsque la première est parfaitement sèche.
Le blanc de craie (blanc d'Espagne ou de Meudon) est la base de la peinture à la colle; il en faut environ 125 grammes par mètre carré : on y ajoute les substances colorantes nécessaires pour obtenir les tons que l'on désire.
La peinture à la colle n'est guère utilisable que pour les plafonds, pour les plaques et les âtres de cheminées, pour le haut des murs de quelques pièces; pour presque tous les autres emplois, pour les boiseries, par exemple, elle est si vite tachée, qu'il n'y a pas d'économie à la préférer à la peinture à l'huile : on allie quelquefois les deux modes de revêtement en peignant à la colle toutes les parties qui rte sont pas en contact avec la main de l'homme et en employant la peinture à l'huile pour toutes les autres.
Peinture à l'huile. — C'est en délayant les couleurs avec des corps gras que l'on obtient la peinture la plus solide de toutes, qu'on appelle peinture à l'huile.
On emploie, à cet effet, des huiles végétales, et principalement celles de noix, de lin et d'oeillette ou pavot; cette dernière, à défaut des deux autres. L'huile de noix est préférée pour la peinture à l'intérieur, celle de lin pour les peintures à l'extérieur; celle d'œillette est presque analogue à celle de lin. On rend ces huiles siccatives en les faisant bouillir avec 1/7 ou 1/8 de leur poids de litharge (oxyde de plomb).
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On supplée facilement à ces siccatifs par l'addition de l'essence de térébenthine à l'huile, dans des proportions qui varient ainsi : pour la première couche de peinture, un tiers sur deux tiers d'huile ; pour la deuxième couche, moitié de l'une et l'autre; pour la troisième couche, deux tiers d'essence sur un tiers d'huile. Le poids de l'huile et de l'essence mélangées est équivalent à celui de la couleur. L'essence ne doit être mêlée à la peinture qu'au moment de l'emploi; car elle épaissirait la pâte et empêcherait de l'étendre convenahlement.
On prépare avec l'huile de lin une huile siccative qu'on appelle, par antiphrase, huile grasse : on remplit deux sachets, l'un de lilharge, l'autre de terre d'ombre et de pelures d'oignons, et on met bouillir ces sachets dans l'huile ; au bout de quelque temps celle-ci est dégraissée et propre à être employée dès qu'elle est refroidie.
Le blanc de céruse ou de plomb est la base de la peinture à l'huile, comme le blanc de craie est celle de la peinture à la colle ; cette dernière substance ne doit point être admise dans la peinture à l'huile (1). On remplace aujourd'hui le blanc de plomb par le blanc de zinc (oxyde de zinc), dû à Guyton-Morveau, et que les travaux de M. Leclaire ont montré pouvoir être substitué à la céruse : cette dernière matière exerce une influence pernicieuse sur la santé des ouvriers qui l'emploient , influence dont sont presque toujours exemptés ceux qui travaillent le blanc de zinc. C'est donc du blanc de zinc ou, à défaut, du blanc de plomb, qu'on devra employer ; tous les autres blancs seront rejetés.
La peinture à l'huile est appliquée sur tous les fers et boiseries à l'extérieur; sur tous les objets exposés à l'humidité, on en met trois couches successives. Sur les boiseries à l'intérieur, quoiqu'à la rigueur on puisse se dispenser d'appliquer de la peinture, on aug
(1 ) Pour reconnaître l'altération du blanc de céruse par l'addition de craie, on creuse avec un couteau un charbon neuf, on l'allume et on met dans le creux un peu de céruse broyée; on souffle sur le charbon, et alors la céruse jaunit, et on doit voir apparaître des globules de métal brillants produits par le plomb, que la chaleur rend à l'état métallique en dégageant l'acide carbonique : la craie reste à l'état de poudre blanche.
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mentera les garanties de conservation par un revêtement de deux couches de peinture à l'huile. Des murs intérieurs peints à l'huile sont aussi à recommander au point de vue de la propreté.
Peinture mixte. — On emploie parfois un système de peinture dit économique, qui consiste à donner d'abord une couche à la colle, de manière à bien abreuver les surfaces avec la couleur que l'on désire, puis à y appliquer une ou deux couches à l'huile. L'emploi de ce mode n'est bon qu'à l'intérieur.
La principale application est la mise en couleur des carreaux : pour 4 mètres carrés de surface, on fait dissoudre 125 grammes de colle de Flandre dans 3 litres d'eau bouillante, on aj oute 500 grammes de gros rouge (ou de jaune), et on applique une couche chaude , une deuxième couche est donnée à l'huile et à froid : elle est formée par 100 grammes de rouge de Prusse (ou de jaune) broyés dans 60 grammes d'huile de lin, et délayés avec 250 grammes de la même huile, 60 grammes de litharge et 30 grammes d'essence de térébenthine. Une troisième couche, destinée à empêcher que la deuxième ne colle aux pieds, est formée par une dissolution de 1 00 grammes de colle de Flandre dans 1 litre d'eau, àlaquelleonajoute250 grammes de rouge (ou dejaune); on l'applique tiède. Quand tout cela est sec, on cire ou on applique une encaustique.
La mise en couleur des parquets s'opère en les peignant d'abord en jaune à la colle de Flandre, avec une dissolution de safran ou d'ocre jaune; cette première couche est appliquée tiède; on en met ensuite une seconde à l'huile et on cire ou on encaustique.
Peinture à la cire ou encaustique. — Cette sorte de peinture consiste à détremper à chaud les couleurs au moyen d'une dissolution de cire dans l'essence de térébenthine. On donne ainsi du lustre aux couleurs, et on les préserve contre les injures de l'air. Cette peinture n'est employée que dans le décor, pour l'imitation des bois, par exemple.
Une autre sorte d'encaustique est utilisée pour les parquets et les carreaux, quand on les a mis en couleur à la colle ou à l'huile, ou quand on les a nettoyés suffisamment s'ils sont de belle qualité et
si l'on veut leur conserver leur couleur naturelle. On fait fondre à chaud dans 5 litres d'eau de rivière 500 grammes de cire jaune et 60 grammes de savon ; quand la dissolution est faite, on y ajoute 30 grammes de sel de tartre ou de sous-carbonate de potasse, en ayant soin d'agiter le mélange. Quand la liqueur est bien refroidie, on l'étend au balai sur le carreau ou sur le parquet (pour 20 à 25 mètres carrés), et, dès qu'elle est séchée, on frotte avec une brosse à cirer.
Peinture au vernis. — Elle ne diffère de la peinture àl'huilequ'en ce qu'on détrempe les couleurs broyées à l'huile avec du vernis à l'alcool ou du vernis à l'huile; elle est peu usitée. On supplée à son emploi par l'application d'une couche de vernis sur des peintures à l'huile dans lesquelles on a augmenté un peu la quantité d'essence.
Le vernis assure la conservation des couleurs sur les parois intérieures des constructions, mais il est trop cher pour la campagne.
Peinture au vinaigre. — Elle n'est employée que pour les plaques et les àtres de cheminée. On broie 100 gram. de mine de plomb réduite en poudre dans 250 gram. de vinaigre, et on en frotte les plaques au pinceau, après les avoir nettoyées à la brosse; quand la couche est sèche, on frotte avec une brosse pour faire briller.
Peinture au lait. — C'est une peinture dans laquelle on broie les couleurs à l'eau et on fait entrer du lait pour leur détrempage : le lait est écrémé; il peut être caillé et tourné, mais non aigri. Cette peinture est due à Cadet de Vaux, qui l'a préconisée au commencement du xixe siècle; pensant que ce revêtement économique pourrait être utilisé à la campagne, nous reproduisons les indications qu'il a données pour préparer deux sortes différentes de cette peinture (1).
« Pour la peinture destinée à être employée à l'intérieur, on éteint 200 grammes de chaux en la plongeant dans l'eau et la retirant de suite; on l'expose à l'air pour qu'elle s'y effleurisse et se réduise en poudre; on la met alors dans un vase et on y verse assez de lait pour
(1) Mémoire sur la peinture au lait, par Cadet de Vaux. An IX; 8 pag. in-8.
en faire une bouillie claire; on y introduit 125 grammes d'huile d'oeillette (ou de lin ou de noix), en la versant peu à peu et en remuant avec une spatule de bois; on y ajoute du lait (la quantité totale est de 2 litres) et 2,500 grammes de blanc de craie en poudre, et on délaye avec soin. »
Ces quantités suffisent pour couvrir 20 à 25 mètres carrés en première couche.
Lorsqu'on veut colorer cette peinture, on y ajoute un peu de charbon broyé à l'eau ou des ocres.
Pour la peinture destinée à l'extérieur, on emploie le même procédé, en ajoutant aux proportions indiquées ci-dessus 60 grammes de chaux en plus, 60 grammes d'huile et 60 grammes de poix blanche de Bourgogne; on fait fondre la poix dans l'huile à une douce chaleur, et on la mêle avec le lait de chaux précédemment obtenu.
— On pourrait composer une peinture analogue en remplaçant le lait par une forte dissolution de savon.
Peinture au grès. — Cette peinture a été préconisée pour la conservation des boiseries exposées au dehors : voici son mode d'emploi, pour lequel les bois sont placés à plat, afin que l'huile ne tombe pas et pénètre mieux dans les fibres. On donne une première couche à l'huile pure et chaude, sans couleur, mais dans laquelle on a mis un peu de litharge pour la rendre siccative (quelquefois on prend un peu de couleur grise à base de céruse, qui produit à peu près le même effet); au fur et à mesure que l'on étend l'huile, on saupoudre avec du sable très-fin ou du grès passé au tamis; quand cette couche est bien séchée, on en applique une seconde avec la couleur que l'on désire et même une troisième ; on forme ainsi un revêtement qui durcit, et protège les bois (surtout les bois blancs) contre les influences atmosphériques.
Peinture au sérum du sang. — Cette peinture pouvant être parfois applicable facilement et économiquement à la campagne, nous en donnons l'indication. Elle s'emploie à l'intérieur comme à l'extérieur, donne une belle couleur de pierre, n'exhale pas d'odeur,
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et, dit-on, résiste assez longtemps aux intempéries de l'air. On la prépare en délayant de la chaux en poudre dans le sérum du sang jusqu'à ce que le liquide ait une consistance assez forte pour s'attacher facilement au pinceau. Le sérum du sang est obtenu en mettant du sang dans un endroit frais, où on le laisse reposer trois ou quatre jours ; alors on décante avec précaution le sérum qui s'est séparé du caillot : il doit être pur et presque incolore; on peut le filtrer à travers un linge. Le sérum doit être employé de suite, car il se corrompt très-promptement ; on ne doit préparer que peu de peinture à la fois et l'étendre dès qu'elle est préparée, parce qu'elle épaissit rapidement et qu'on ne peut plus l'employer, à moins qu'on n'y ajoute un peu de sérum nouvellement préparé.