Uid. en GO vol., t, VII, p. GG
DU SORT DES CORPS ÉTRANGERS
cure, et il est à remarquer qu’ils remontent fort rarement le long des membres ou du tronc. Cependant Bayen a rapporté un exemple qui n’est pas unique dans la science \ observé sur un homme qui s’était introduit une aiguille dans le coude et qui ressentit à quelque temps de là une dou leur dans l’épaule du môme côté, dans la peau de la poitrine, au-dessus du mamelon. Ce corps étranger, qui ne mesurait pas moins de deux pouces de long, fut extrait par une incision. Beaucoup plus souvent les corps avalés ou introduits descendent dans les parties inférieures du tronc, aux aines, jusqu’aux pieds. Ceux qui traversent 1 œsophage au cou suivent les organes de cette région et se portent de préférence vers le h ras ou l’aisselle. Mais la tendance à la migration est moins marquée quand le corps venu du dehors n’a pas pénétré profondément; aussi trèssouvent les aiguilles enfoncées dans le sein s’écartent peu de leur point de pénétration, et les faits analogues à celui de Keraudren 1 2 sont exceptionnels.
Enfin, l’immunité dont jouissent les corps migrateurs diminue à mesure qu ils se rapprochent de la superficie. Bans les cas les plus simples, ils ue manifestent leur présence que par de la douleur à la pression, mais beaucoup plus souvent ils provoquent sous la peau la formation d'un petit phlegmon qui favorise leur élimination.
. Wg l'enkystcmcnt. — J ai dit qu un certain n ombie de corps vulnerants pouvaient être tolérés sans s’enkyster, et ce sont surtout ceux qui appartiennent à la précédente catégorie. D’autres restent également inoffensifs grâce à un travail pathologique particulier qui s’effectue autour d’eux et qui aboutit à la formation d’une poche kystique. Ce travail d’enkystement comprend trois périodes distinctes : 1° une période d’isolement; 2° une période de sécrétion plastique; 5° une période d’organisation du kyste.
Dans leurs écrits sur cette question de pathologie générale, les auteurs se sont bornés à constater le fait sans chercher à l’expliquer, et ils n’ont pas su apprécier Y importance et la nécessité de l’isolement, du corps étranger. C’est, cependant un élément capital delà question, parce que l’enkyslement est impossible si la plaie communique avec l’air, si elle suppure, et si la partie profonde du trajet ne s’en trouve pas absolument séparée. Bien n’est plus facile dès lors à comprendre que la disposition très-propice à l’enkystement des corps étrangers piquants qui