bull, de thérapeutique, l. Mil, p
lectro-aimant qui a réussi dans un cas de corps étrangers métalliques :
Observation. l u tapissier avait avalé de petits clous : il s’ensuivit une gène au piaijnx et des douleurs dans l’estomac; ils fyrent extraits du rectum au moyen d un aimant. (Union médicale , 1859.)
Certes, cette manière de faire est plus curieuse qu’utile, et je doute qu’elle trouve souvent son application.
traitement après l'extraction. — Quand un corps étranger a été extrait du rectum, la conduite à tenir est simple. Il convient" de con- ^eillci le repos au lit et d administrer une potion antispasmodique pour calmer les douleurs vives qui résultent des tiraillements inévitables de l’anus et du rectum. Bonnet conseillait la saignée, dont on se trouvera bien dans quelques cas. Les jours suivants, on pourra faire quelques injections émollientes, tièdes s’il n’y a pas de déjections sanguinolentes, homes si du sang continuait à s’écouler, comme il arrive quelquefois. Enfin, en cas d’invagination, la muqueuse sera maintenue en place au moyen d’une forte mèche de charpie. Dans la plupart des cas, les
accidents disparaissent immédiatement, et la santé se rétablit, à moins
que quelque complication plus sérieuse n’entrave la guérison.
Résultats de l’extraction par les voies naturelles. — Les 110111-
breuses observations citées dans le cours de cette partie démontrent
aUte ree * dLe 1 extract,on P»1' ^ 'oies naturelles, et je s.iis porté a ero,re que I habileté du chirurgien a une grande influence sur les îesultats obtenus.
L e>t pour faciliter l’extraction que j’ai pris soin de donner d’amples
iÏnlTosn8 Tl-6? <|Ui |,CUVent êtr° ",is CM usa°e; le nombre des Lent "are ^ CSt ,m|>°Ssil>le ou da-'gereuse est relative-
Aussi «St.ll assez difficile de partager la manière de voir des chirur «T dLtahd0'31"3 qUi’i Sa"S PrCUWS SUmsantes’ déclarent que beau-
péritonite, les hémorrhaeies, etc. Celte dernière eau eT"L ' T""’împorlanle et tdb> i i . cau.^e n tst pas la moins
comme dans l’exemple suWantT q"0l°IS ' apparilion de la l'ci itonilc,
Observation. — Un nortef-iiv
1 1,011 Mourante ans fui enfermé à Madrid dans une
maison isolée, saisi par trois hommes qui l’étendirent couché sur le ventre sur un banc, pieds et poings liés et bâillonné, et qui lui enfoncèrent alors un corps dur dans l’anus. Cela fait, ils le délièrent, le portèrent dans la rue, le couchèrent au pied d’un mur où il resta sans connaissance jusqu’au moment où, par hasard, deux ouvriers de ses amis vinrent à passer; ils le chargèrent sur leur dos et le transportèrent à son domicile, où il habitait avec deux de ses compatriotes auxquels il ne raconta rien de ce qui lui ôtai t-arrivé. 11 se mit au lit, souffrant de douleurs à l’anus, mais ce ne fut qu au bout de six ou sept jours, par suite de l’augmentation continuelle de la douleur, qu il prit le parti de se faire admettre à l’hôpital.
Un malaise général, une fièvre modérée, de l’insomnie, de 1 inappétence, des douleurs dans le bas-ventre s’irradiant dans l’aine et survenant a chaque mouvement du malade dans son lit, tels étaient les symptômes apparents de la maladie. A l’anus, aucune trace de violence ; par le toucher, on reconnaît que les deux sphincters sont intacts; au-dessus des sphincters, on heurte un corps dur immobile, dont la surface est alternativement rugueuse, puis lisse ; mais il est impossible de se rendre compte s il est en pierre ou en bois.
En vue de l’extraction du corps étranger, le malade est couché sur le côté gauc ie . mpossihle de l’extraire avec la main ; il n’est même pas seulement mobile; l’emploi des pinces et des cuillers mises en usage pour la taille n’amène pas de résultats meilleurs.
Il ne restait d’autre ressource que d inciser les sphincters et la partie inférieure du rectum à l’aide d'un bistouri droit boutonné introduit sur l’index gauche jusque sur le corps étranger. Après cette incision il devint mobile ; on reconnut toutefois qu un eoips semblable était placé en travers dans le rectum, ce qui explique pourquoi 1 extraction du corps étranger en entier fut très laborieuse. L’hémorrhagie pendant l’opération ne réclama aucune ligature et s’arrêta par le tamponnement; mais il se développa dans le petit bassin une inflammation suppurée qui amena la mort du malade quatre jours apres l’extraction du corps étranger qui n’était autre chose que l’instrument de bois de peu
plier noir connu sous le nom de parte-pinones.
D’après la figure annexée, cet instrument de bois consiste essentiellement en «eux branches de 5 1/2" de long et de 7'" de large terminées en pointe à leur extrémité libre, mais qui sont reliées entre elles à l’autre extrémité par une articulation de -
Construction élastique de celte articulation permet de rapprocher les deux branches de façon qu’elles soient parallèles. D’après Luque, l'instrument fut intiodu.t articulation la première, les branches rapprochées. A l’intérieur du rectum elles s ecarterent
«t se placèrent;! angle droit. . . ,. ,, ,
A l’autopsie, les intestins, surtout le gros intestin, ont une coloration bleuâtre le parois très dilatées du rectum étaient enflammées, et celle degenerescenee s etenda.t dans les régions voisines. Déplus, le rectum avait deux perforations. » (Schmidt sJahrhacher, 1864, p. 214, traduits par le !)' de Mersman.)
Mais aux faits de ce genre il serait facile d’en opposer un grand nombre d’autres dans lesquels, malgré les plus graves dégâts causés par le corps étranger, la guérison a pu se faire par l’extraction. Aux cas déjà cites j’ajouterai le suivant, qui démontre l’utilité de l’intervention clnrurgi-
cale.
Observation. — « Un individu, pour satisfaire une honteuse passion, s introduisit un verre de cabaret dans le rectum. Dans les tentatives qu’il fit pour l’extraire le verre se brisa, et il en résulta une hémorrhagie. Néanmoins l’extraction fut faite, et les accidents s’amendèrent. A quelque temps de là, cet homme s’introduisit par la^s unc < araf<‘ de cristal. Les douleurs qui survinrent donnèrent à ce malheureux mec t c
briser le corps étranger pour le retirer ensuite par morceaux. A cet effet il introduisit dans le rectum le manche d’une pelle à feu. Une hémorrhagie considérable fut le résultat de cette manœuvre ; le chirurgien appelé retira avec des pinces et des teneltes les fragments de verre, et il n’v eut aucune suite fâcheuse. »
En résumé, l’extraction par l’anus est ia seule méthode rationnelle dans les cas où le corps étranger siège à la partie inférieure du rectum ; elle doit toujours être préférée à toute autre, lorsqu’il est accessible et que les manœuvres nécessaires ne sont pas trop violentes. Les perfectionnements dus aux méthodes antiseptiques récentes encouragent encore les tentatives.
De l’extraction parla gastro-entérotomie ou laparo-entérotomie. —
Il existe dans la science un petit nombre d’observations d’extraction des corps étrangers du rectum par l’incision des parois de l’abdomen et de l’intestin. Dans un mémoire récent, lu à la Société de chirurgie de Paris, Studsgaard, de Copenhague, a présenté un nouveau cas d’opération et de succès qu’il faut joindre aux deux autres qui existent dans la littérature médicale; l’un d’eux a été passé sous silence par ce chirurgien.
Le fait le plus anciennement connu appartient à Réalli et remonte à trente ans ; le corps étranger introduit par l’anus était un morceau de bois ; je crois utile de le reproduire.
Observât/ ' -entérotomie pratiquée pour extraire un morceau de bois introduit dans . — Le 18 décembre 1848, on conduisit à l’hôpital d’Orviéto un
paysan réduit .blesse la plus grande. Neuf jours auparavant, conduit par cette idée ingénieuse que il fermait la sortie aux aliments, il réaliserait une économie sur la quantité à ingérer, il s’était introduit un morceau de pieu dans le rectum ; et depuis lors tous ses efforts n’avaient servi qu’à l’enfoncer davantage. Le doigt ne pouvait en toucher que le bout; et il était solidement fixé de manière à ne cédera aucune des tractions que, avec ce peu de prise, on put exercer sur lui.
Après l’échec de toutes les tentatives d’extraction, le corps étranger oblitérant complètement la cavité intestinale et le patient étant menacé de périr dans d’atroces souffrances, Réalli se décida à une opération. Après avoir incisé la paroi abdominale sur le côté gauche, il put sentir distinctement le pieu dans le côlon descendant. Il voulut le faire descendre jusqu’à l’anus, mais ses essais ne réusirent pas et il fallut en venir à inciser l’intestin. Ce ne fut qu’alors qu’on parvint à retirer ce fragment long de dix centimètres et offrant un diamètre de plus de trois centimètres à sa base. La pointe était arrondie et assez mousse. Il n’y avait pas de matières fécales retenues au dessus de cet obturateur ; seulement la muqueuse était noirâtre, la tunique péritonéale fortement injectée et l’épaisseur de la paroi intestinale notablement augmentée.
La plaie de l’intestin fut réunie à l’aide de la suture pratiquée selon le procédé de Jobert. Quant à 1 incision de l’abdomen on en rapprocha les lèvres au moyen de la suture entrecoupée Des applications froides d’abord , puis glacées furent maintenues sur la région operee. On donna a deux reprises de l’huile de ricin. Un écoulement purulent s’écoula par anus. Les premiers jours la tuméfaction des parois intestinales s’opposa au cours des matières, produisit du meteorisme et des vomissements. Trois saignées, deux applications de sangsues, quelques doses d’huile de croton mirent fin à ces accidents qui si aien e ev< s a un <cgie inquiétant. Les évacuations recommencèrent le cinquième
T l’.AlTK DES COUPS ETP» ANGERS EN CIlIRURtilE.
jour. Vers le quarantième les plaies étaient cicatrisées. Deux ans après, la santé est parfaite. [Bull, dei Sc. Médish., et Gaz. méd., juillet 1851.)
Le fait suivant, relaté dans V Histoire de la guerre d’ Amérique1 , est encore plus intéressant que le précédent ; il est regrettable qu’il soit exposé si succinctement. 11 s’agit d’un marin qui s’était introduit dans le rectum, pendant une attaque de dysurie, un morceau de pierre de cinq pouces et un quart de long sur trois de large ; cet homme était âgé de 45 ans. Le côlon avait été perforé et le corps étranger fut extrait de la cavité péritonéale par une incision à la région ombilicale.
Enfin l’observation de Studsgaard est des plus curieuses, tant en raison des détails précis que du beau succès qui suivit la laparo-cntérotomie.
Observation. Fiole à champignons danslc rectum. Laparo- entérotomie. Guérison. — J. F., valet de pied, 35 ans, lut admis le 10 janvier 1878 à l’hôpilal de Copenli gue et sortit guéri le 10 avril 1878. La Veille de l'entrée il s’était introduit un verre à champignons vide, le goulot en haut dans le rectum, d’après son dire, pour remédier à une diarrhée rebelle, et le 10 janvier dans la matinée il fol obligé d’appeler un médecin, des douleurs aiguës s’étant manifestées dans le ventre. Il fut chloroformisé, mais le verre qui avant la narcose était senti dans le rectum, glissa en haut. Il était épuisé par le passage et par les douleurs croissantes ; vomissement de mucosités. A travers la p.iroi abdominale un peu étendue, le verre était palpable le long de la ligne médiane à gauche, le fond près delà branche horizontale du pubis. Le soir, narcoc profonde, rectotomie linéaire postérieure ; la main fut inlrod ute jusqu’au troisième sphincter qu’on n’osa forcer à cause de sa résistance; le verre fut alors de dehors pr* ssé en lias dans le petit bassin, mais il descendait dans une anse de l'intestin en avant du rectum. Immédiatement après, laparo-
entérotomie antiseptique à travers la ligne médiane par une incision de dix centimètres commençant à l'ombilic; une anse qu’on jugea être l’S iliaque, fut extraite, le gou ot en avant et le verre fut ensuite lentement mis à jour par une incision de quatre centimètres sur l’orifice et la partie supérieure du goulot. Toule la circonférence était protégée par des éponges et des compresses entre les matières fécales, et l’incision intestinale fut fermée par douze à quatorze sutures de catgut, d’après la méthode do Lambert, la surface péritonéale avant été lavée abondamment; pour plus de sûreté, les sutures furent nouées à trois nœuds chacune, l’intestin introduit librement et la plaie abdominale réunie avec huit sutures de soie à nœuds et à huit de chiffre alternativement. La durée de l’opération
fut d’une heure. , . .
Le verre avait une longueur de dix-sept centimètres, le diamètre du tond était de cinq centimètres, celui du goulot de trois, l’orifice avait une entaille évidemment de vieille date, longue d’un demi-centimètre et tout aussi large avec des bords tranchants. La guérison traîna en longueur et le pronostic fut pendant longtemps incertain à cause d’une péritonite locale avec formation d un abcès qnej incisai et sm la ligue médiane et à travers le rectum dont une fusée faisait saillir la paroi postérieure. Deux joins apiès l’opération des gaz commencèrent à passer; dès le neuvième jour il avait des se i les spontanées, et elles étaient bien formées sans traces de pus. (Soc. de chirurgie de Paris , 187 8, p.
[Lins les trois exemples que possède la science, l’opération s7est heureusement terminée ; mais, malgré cet heureux début, il ne faut pas
oublier que les indications doivent rester très restreintes. La gastro-entérotomie ne peut être considérée que comme une ressource ultime, pour les cas où le corps étranger situé trop profondément est hors de l’action de la main et des instruments. D’ailleurs elle serait impraticable et inutile pour ceux qui siéger aient dans la portion inférieure du rectum.
Elle expose plus que les manœuvres d’extraction à la péritonite, à l’épanchement des matières intestinales, parce qu’il est impossible, par suite de la disposition anatomique des parties, de mobiliser l’S iliaque et d’éviter l’épanchement de quelques portions des liquides essentiellement dangereux qui s’accumulent au-dessus de l’obstacle. Si l’on crée un anus contre nature, il en résulte une infirmité grave et difficile à guérir. Si, comme Studsgaard, on réduit l’intestin suturé, on s’expose beaucoup à une péritonite En pareille circonstance, c’est l’état du péritoine et de l’intestin qui doit guider le chirurgien sur la conduite à suivre. L’intestin est-il enflammé ou présente-t il des traces de sphacèle, il faut faire un anus artificiel; au contraire, est-il sain, la réduction est la règle. Or l’intestin a d’autant plus de chances d’être dans ces conditions avantageuses qu’on opère plus tôt,, et c’est pour cette raison qu’avec le chirurgien danois, je pense qu’il faut se décider promptement sans attendre l’apparition des accidents d’obstruction ou de péritonite.
Enfin où doit-on opérer? Évidemment le lieu d’élection est variable, déterminé par le siège que le corps occupe dans ES iliaque ou le côlon. J’exclus le rectum parce que les objets (pii s’y trouvent sont accessibles à la main ou aux instruments. Si le corps siège dans l'S iliaque, il faut suivre le conseil de Verneuil et de tous les chirurgiens, faire l’incision de Littré dans la fosse iliaque gauche : mais où inciser pour ouvrir le côlon? S’il y a une saillie au niveau des fausses côtes, on s'en servira comme guide; s’il n’y en a pas, il faut ouvrir en un point qui sera déterminé par l’introduction d’une longue sonde œsophagienne dans le rectum jusqu’au contact du corps étranger. Grâce à cette précaution, le chirurgien arrivera assez près de la portion qui le contient. On voit donc qu’il n’y a pas d’incision fixe et, en tout cas, je ne crois pas que l’incision proposée par Studsgaard faite sur la ligne médiane soit la meilleure. Elle est également éloignée de tous les points, mais elle est éloignée, et je doute qu’elle permette d’aller retirer un corps étranger qui occuperait la fin du côlon descendant, à l’origine du mésocôlon."