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I. Larrey. (Chir. chirurgicale, l. U, p. l{.g

-• Vidal de Cassis. Élément e de pathologie, t. III,

d’une hémorrhagie assez grave et que du sang 11e pénètre pas dans le larynx et les bronches.

La trachée ne prédispose à l’introduction des liquides qu’autant qu elle est ouverte sur une de ses parois, soit par l’effet d un traumatisme, soit par une ulcération profonde qui la met en communication avec 1 œsophage ou un gros vaisseau du voisinage. L opération de la trachéotomie 11’est pas exempte de ces inconvénients, la pénétration du sang dans la trachée est si réelle qu’elle reste encore aujourd’hui l’écueil contre lequel échouent bon nombre d’opérations et qui suscite un grand nombre de modifications opératoires.

iNon seulement la trachéotomie et les plaies fistuleuses de la trachée favorisent la pénétration du sang, mais elles agissent encore autrement d’une façon fâcheuse en produisant une perturbation dans l’acte de la déglutition, sans qu’il sait possible actuellement d’en comprendre le mécanisme. C’est un fait d’observation que les malades qui sont porteurs de canules à trachéotomie sont plus sujets à avaler de travers les boissons que les autres.

Dans d’autres circonstances, la trachée est mise en communication accidentelle avec l’œsophage par une ulcération dont l’origine est fort variable. Tantôt ce sont des corps étrangers de l’œsophage qui gangrènent et ulcèrent par pression la paroi postérieure de la trachée, tantôt ce sont des canules à trachéotomie qui, abandonnées pendant des années, ont fini, par le fait de leur pression à la partie postérieure, par ulcérer la trachée et l’œsophage.

Quand la communication établie entre les deux conduits est devenue assez large, la pénétration des liquides provenant des boissons devient possible pendant la descente dans l’œsophage, et la gravité des accidents de suffocation entraîne bientôt les plus fâcheux effets. Des exemples authentiques de toutes ces variétés sont épars dans la science, et il est bon de les connaître parce que les progrès de l’art doivent les faire disparaître.

En résumé, du sang, du pus peuvent pénétrer par des abcès ou des plaies; des boissons, par des ulcérations œsophagiennes. Il faut encore, pour être complet, mentionner des liquides médicamenteux, du perchlorure de fer que des mains malheureuses et imprudentes ont introduit dans des plaies de trachéotomie pour arrêter l’hémorrhagie!

Quant aux ruptures d’anévrysme dans la trachée, bien qu’elles soient rares, elles n’en existent pas moins, et, par leur gravité foudroyante, ne méritent pas d’attirer l’attention, parce que, comme le disait Louis dans

son mémoire, « l’art ne peut rien lorsqu’il n’y a aucun intervalle entre l’état de la plus parfaite santé et la mort. »

La plupart des liquides pathologiques observés dans la trachée et les bronches proviennent du poumon et des autres organes voisins. Tout le monde sait, en effet, que les hémoptysies sont très fréquentes dans la phtisie, que l’apoplexie pulmonaire produit les mêmes effets, et qu’on a vu des anévrysmes aortiques ou autres s’ouvrir dans les bronches.

Je ne citerai que comme curiosité la possibilité d’une ulcération d’un gros-vaisseau par un corps étranger solide fixé dans les voies aériennes. La science en possède un seul exemple.

D’autres fois, c’est du pus qui fait subitement irruption dans l’arbre aérien et qui produit ce genre d’accidents auxquels on a donné le nom de vomiques. Tantôt il prend naissance dans le poumon même et résulte d’abcès du parenchyme ou d’accumulation de matière tuberculeuse ; tantôt il provient d’un épanchement purulent de la plèvre et même dans

quelques cas d’abcès du foie.

Il existe dans la science, surtout a la suite de traumatismes, des exemples d’issue de bile par les bronches. C’est encore par cette voie que s’introduisent des liquides médicamenteux, qui, injectés dans des ] > laies pénétrantes de poitrine, ou des abcès qui communiquent à la fois avec 1 air extérieur et les bronches, ont pu ainsi pénétrer dans la trachée. Les exemples de ce genre ne sont pas très rares, et j’ai vu, dans le service deM. le professeur Gaujot au Val-de-Grâce, un blessé de la guerre de 1 870-71 , chez lequel des injections de teinture d’iode pénétraient par ce mécanisme jusque dans les bronches et y produisaient des accès de sullocation très pénibles.

I elles sont les causes qui favorisent la pénétration des liquides dans les voies aériennes ; il faut encore ajouter que cette introduction peut résulter accidentellement d’un changement de milieu qui substitue, par exemple, de l’eau à l’air. C’est de cette façon que s’introduit l’eau dans la trachée pendant la submersion ; l’inspiration instinctive n’appelle quelle au lieu de l’air, et la mort par asphyxie en est la conséquence rapide. On a rapporté un cas d’introduction de liquide amniotique dans la trachée d’un nouveau-né, et je pense que le mécanisme de la submersion lui est en tous points applicable.

Enfin il est un symptôme pathologique, le vomissement, nui est que que ois a cause de 1 introduction de liquide dans le larynx, soit ] ai a vio ence avec laquelle la colonne expulsée soulève l’épiglotte et

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la force à s’ouvrir, soit par la trop grande quantité qui fait subitement éruption dans le pharynx. En tout cas, les auteurs font remarquer que tout ce qui gêne l’issue des matières rejetées favorise l’introduction dans le larynx et, à ce propos, Vidal de Cassis1 raconte qu’un infirmier de la Charité, gorgé de vin, allait vomir quand il aperçut Corvisart ; il ferma alors la bouche pour cacher les preuves de son indigestion ; mais les matières passèrent dans le larynx, et le malheureux fut immédiatement asphyxié. Ce fait, qui a beaucoup d’analogie avec ceux de Laënnec, de Mérat, dont il n’est qu’une variante, a beaucoup préoccupé les auteurs ; Foville a cru devoir, dans un mémoire, rechercher les. causes de mort à la suite de vomissements 2.

Parrot a observé un enfant qui mourut par suite de la pénétration du chyme dans les voies aériennes. La muqueuse bronchique avait déjà subi un commencement de' digestion3; Behrend, Piégu ont cité des faits analogues.

Pour A. Foville, plusieurs causes interviendraient dans l’introduction des matières vomies dans les voies aériennes, chez les personnes qui « vomissent de travers. » Avec Mérat, il admet qu’une inspiration brusque peut faire pénétrer ces matières dans le larynx. Dans d’autres cas, les liquides expulsés trouveraient la bouche et les fosses nasales hermétiquement fermées par la contraction spasmodique des muscles; les efforts volontaires énergiques, la période initiale des accès d’épilepsie détermineraient, d’après lui, cette occlusion puissante.

Symptômes produits par la présence des corps étrangers liquides dans les voies aériennes. — Je piendrai tout d’abord comme type, Peau ou une boisson simple avalée de travers, en petite quantité ; le premier phénomène est une toux convulsive, violente, précédée d’un temps très court pendant lequel la glotte irritée se contracte énergiquement. Ces alternatives rapides d’inspiration, de contraction glottique et d’expiration, constituent à elles seules le phénomène de la suffocation, et elles ont pour effet, une congestion du col et de la face qui prend un aspect caractéristique trop connu pour qu’il soit nécessaire d’y revenir.

Cet accès de suffocation dure pendant quelques minutes quand la quantité de liquide introduit n’est pas considérable, quelques gouttes comme il arrive ordinairement. Bientôt celles-ci sont rejetées par les

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