‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 110 sur 304 · Pératé, thèse tic l’aris · texte numérisé non relu

Pératé, thèse tic l’aris

faut reconnaître, avec Guyon, que ces affections ont plus d’influence sur l’introduction des liquides ; mais je ne saurais admettre avec cet auteur 1 qu’elles n’influent pas sensiblemeut sur la pénétration des corps solides dans le larynx. Déjà Jobert avait été entraîné à nier l’influence de l’épiglotte dans l’occlusion du larynx en s’appuyant sur des données physiologiques erronées : il disait en effet, dans un mémoire présenté à l’Académie des Sciences, que les corps étrangers traversent l’ouverture supérieure du larynx sans relever l’épiglotte, qui n’est jamais abaissée sur elle ainsi qu’on l’a prétendu, car cet organe est toujours relevé en vertu de son élasticité propre. Le fait suivant, publié par Campbell réduit à néant les théories de Jobert et, joint à d’autres analogues, servirait à démontrer que Guyon n’attribue pas aux affections locales une part suffisante dans la pénétration des solides.

Observation. Mort subite produite par un morceau de viande dans le larynx. Altérations anciennes de l'épiglotte. — « Campbell a vu une pensionnaire de Sainte-Perrine qui mourut presque subitement par suite de l’introduction d’un morceau de viande dans le larynx.

« A l'autopsie , on reconnut que l’épiglotte était étroitement fixée contre la base de la langue, et que l’orifice supérieur du larynx était bouché entièrement par un morceau de bœuf bouilli qui avait un pouce de long et qui pesait 8 gr. 9. L’épiglotte était bien loin d’avoir des dimensions ordinaires. On ne pouvait recouvrir l’ouverture sans étendre outre mesure la base de la langue. C’est à cette rétraction ou atrophie du ligament glosso-épiglottique médian qu’était dû l’accident. » ( Arch . générales de médecine, 4° série , t. VII.)

Donc les inflammations aiguës ou chroniques de la région, les phlegmons voisins, les brides cicatricielles, les ulcérations étendues de l’épiglotte pourront entraver notablement la déglutition et favoriser la pénétration des parcelles alimentaires. À cet égard, les lésions épiglottiqucs ont beaucoup plus d’influence que celles du larynx qui peuvent être très étendues sans retentir sur la déglutition. Il faut cependant faire une exception pour quelques cas particuliers, où des fragments nécrosés des cartilages du larynx sont tombés dans la trachée et y ont joué le rôle de corps étrangers. (Hunter, O’shéa, Labbé, Bell,Gocb et Houston, Larrey.) C est de cette façon qu’à la suite de nécroses syphilitiques, de phtisies laryngées, des fragments du cricoïde, du thyroïde ou des aryténoïdicns ont été entraînés par la pesanteur ou par l’air inspiré. Au même ordre d’idées se rattacherait encore le fait suivant relaté par Dowse.

Observation. Mort à la suite de l'introduction d'un fragment de palatin dans le larynx. — « Un morceau d’os palatin nécrosé tomba dans le larynx chez un sujet syphilitique, qui mourut épuisé après avoir présenté de véritables attaques de dyspnée

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