Gaz. hebdomadaire
eet enfant pour retirer le pépin qui avait suivi l’air et était entré dans le larynx. Ajoutons à ces faits celui d’un homme qui , suçant une patte d’écrevisse, avala une écaille (Aronsohn) ; celui d’un oiseleur avalant un noyau percé qui lui servait de rappel; cet accident est arrivé plusieurs fois à des enfants qui usent certains noyaux sur leurs deux faces pour en faire des sifflets. Dans ces cas, le mécanisme est des plus simples et la pénétration aura d’autant plus de chances de se produire que le corps étranger sera plus régulier et plus léger, ou que le courant d’air aspiré sera plus fort. C’est donc bien le résultat d’une aspiration consciente qui les produit.
Mais ces exemples sont assez rarement aussi bien tranchés, et l’inspiration est beaucoup plus souvent inconsciente et brusque. Les causes qui provoquent fréquemment cette inspiration accidentelle, spasmodique en quelque sorte, sont : la frayeur, la surprise, le rire, la toux, un choc brusque, la douleur. En un mot ce sont toutes les causes qui produisent sur l’homme un mouvement d’inspiration instinctif, et les cas où ce phénomène se produit sont beaucoup plus nombreux qu’on le croit. N’est ce pas à la frayeur qu’il faut rapporter les faits suivants?
Observation. — Un enfant qui mangeait une amande dans la rue est renversé par une voiture; accidents asphyxiques immédiats. L’amande a été inspirée brusquement. (Aronsohn.)
Observation. — Un militaire marchant dans la rue en mangeant une prune, rencontre un cheval, s’écarte brusquement et avale le corps étranger. Peu de douleur, pas d’oppression, pas de toux convulsive ; il rendit le noyau en toussant douze heures après.
Dans ces exemples, le mouvement brusque produit sous l’influence du danger imminent a une action très marquée; mais même quand il n’y a pas mouvement consécutif on a observé cette inspiration. Ici c’est un haricot avalé par un enfant subitement tiré de sa tranquillité; là c’est une embouchure de trompette qu’un autre entant tenait dans sa bouche en jouant et qui tombe dans la glotte au moment où on lui chatouille le cou (Benoit). Les exemples de ce genre sont très nombreux; ds sont presque toujours complexes, de telle sorte que plusieurs des causes précédemment énumérées agissent en meme temps. Le lait ressort bien des exemples suivants.
Observation. — Brusque admonestation donnée à un enfant qui soufflait dans une trompette. 11 aspire l’anche de l’instrument. (Aronsohn.)
Observation. — Un enfant mangeant des cerises est brusquement renversé par un porc. 11 avale un des noyaux. (Travers, Ann. de la Chr. f'r. et étrangère , p. 575, 184.)
La toux, le rire, en déterminant une succession rapide d’inspirations et d’expirations énergiques, peuvent amener la chute de corps étrangers solides dans le larynx, surtout pendant la déglutition. L’explosion brusque d’un rire soudain pendant un repas, une quinte de toux inopinée, sont très souvent la cause de la pénétration accidentelle.
Jusqu’ici l’aspiration à distance ou un brusque mouvement d’inspiration a déterminé l’introduction; dans les laits suivants, c’est à la nécessité de violentes inspirations provoquées par la douleur qu’il faut rapporter la cause des accidents. Pendant l’avulsion d’une dent, l’individu pousse des gémissements, et la dent arrachée tombe dans le larynx. Ce fait n’est pas unique dans son genre, et j’en ai rencontré quelques cas.
On a coutume d’attribuer à la pesanteur la cause d’un certain nombre des cas d’introduction dans le larynx, et tous les auteurs depuis P. Proche reproduisent à ce sujet l’observation classique de l’ingénieur Ilrunel qui avala une pièce de monnaie jetée en l’air et qu’il s’amusait à recevoir dans la bouche. Ou le corps étranger tombe alors directement dans le larynx ouvert, la tète fortement penchée en arrière, ou bien un violent mouvement d’aspiration instinctif contribue pour sa part cà la pénétration. 11 faut se rappeller le mouvement d'inspiration si accentué et si bruyant des chiens qui happent les morceaux qu’on leur jette, pour se faire une idée de la nécessité de ce mouvement d’aspiration instinctif chez l’homme dans les mêmes circonstances, de
sorte qu’à l’action de la pesanteur s’ajoute toujours celle de l’inspiration brusque.
La cause devient beaucoup plus mécanique encore dans quelques exemples d’accidents survenus pendant les manœuvres d’exploration faites par des personnes incompétentes ou par des chirurgiens pour découvrir des corps étrangers arrêtés dans le pharynx. 11 n’est pas rare de voir les déplacements produits par l’introduction du doigt aboutir à la pénétration du corps étranger dans les voies respiratoires.
Observation. Allumette clans les voies aériennes. Mort. — Un enfant de Hiv w* sn, rodun une allumette ordinaire dans 15s, lune du go«ier Pend an" l’on t ÎT tentatives d extraction, l’allumette se déplaça et tomba dans la Irael l îll ^ §
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Observation. Mort d'un enfant asphyxié par une dent de lait dans le larynx. — Aronsohn, rapporte que le professeur Rigaud vit mourir entre ses mains un enfant qu’il opérait d’un bec de lièvre double. En avançant le lobule et passant les épingles, l’enfant succombe et meurt. L’aulopsie révéla la présence d’une dent de lait entre les lèvres de la glotte, dont elle bouchait entièrement la lumière.
Jusqu’à présent, je n’ai envisagé que la pénétration des corps étrangers solides introduits par la bouche ou les fosses nasales; il y en a qui peuvent venir de l’estomac par le vomissement, ou par un mouvement ascensionnel propre. En ce cas, il y a presque toujours introduction simultanée des solides et des liquides; ce genre d’accident, très fréquent, a rarement des conséquences aussi fâcheuses que dans les faits de Verduc, Morgagni, Laënnec, Corvisart, etc. L. borsek en a encore publié, récemment, un exemple saisissant observé chez un idiot qui vomit en mangeant et mourut subitement. On trouva à l’autopsie, audessus du larynx, un morceau d’étoffe d’indienne l.
Quant aux corps étrangers qui pénètrent spontanément de l’oesophage dans le larynx, ce sont des lombrics vivants qui, au sortir du pharynx, passent dans la glotte où ils ne tardent pas à produire de graves accidents. Oppolzer, Aronsohn en ont rapporté de curieux exemples, et ce dernier auteur a beaucoup insisté sur leur mode de pénétration dans les voies aériennes.
Corps étrangers introduits par ta trachée. — Les corps étrangers
solides qui pénètrent dans les voies aériennes par les parois de la trachée viennent de l’extérieur à travers une plaie, de l’intérieur à travers une plaie ou une perforation de la trachée. Toutes ces variétés ont été rencontrées, et le fait rapporté par Lamartinière 2 est un exemple classique de traumatisme.
Observation. Épingle enfoncée dans la trachée. Extraction. Guérison. — « Un enfant jouait avec un fouet au bout duquel était fixée une longue épingle sans tète, [/enfant est subitement pris d’une suffocation, et il y avait danger de mort prochaine, lorsque Lamartinière ayant remarqué un point rouge sur la partie antérieure du cou, y porta le doigt. Il aperçut une résistance insolite, incisa et arriva sur 1 extrémité de 1 épingle cachée sous les téguments et transfixant la trachée. L épingle Int arrachée et le malade guérit. »
Suc a observé un cas analogue dans lequel la pénétration du corps étranger s’était faite de dehors en dedans. Aiary, cité pat llé\m, dut retirer d’une plaie du cou une portion de l’aile du thyroïde complè-