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Medical Presse de Dublin

COUPS ÉTRANGERS UES VOIES RESPIRATOIRES

cl expulsion, sans signes de suffocation. On s’empressa de le relever; il ne donnait plus signe de vie. Le médecin de garde immédiatement appelé arriva au bout de quelques minutes, ne put que constater la mort, et malgré ses soins ne parvint pas à ranimer cet homme.

Autopsie. — On trouva à l’extrémité inférieure de la trachée un long boudin de hachis remplissant complètement le calibre de la trachée et descendant en bas jusqu’à la bifurcation des bronches. L’examen des autres organes ne révélait aucune altération spéciale à l’asphyxie. (Communiquée par M. Perrin.)

Observation de M. Perrin. Obstruction de la glotte et delà trachée par un morceau de viande. Mort subite. — Un vieillard de 82 ans, bien portant et conservant presque toutes ses dents, pendant qu’il mangeait tranquillement fit deux ou trois efforts de régurgitation, poussa un petit cri caractéristique, puis s’affaissa sur lui-même sans donner aucun signe de vie. Les secours médicaux n'arrivèrent que longtemps après, mais les renseignements fournis par les parents sont décisifs. Il s’affaissa sur lui-même comme foudroyé.

Autopsie 24 heures après la mort. — Habitus extérieur normal, face tranquille, décolorée, tète saine. On trouve dans les voies aériennes un bol alimentaire de 7 centimètres de longueur. Ce bol, composé d’un morceau de bifteck, remplit complètement le larynx dans lequel il est fortement enclavé. Son extrémité supérieure dépasse de 12 millimètres l’ouverture supérieure de la glotte; sou extrémité inférieure terminée en pointe atteint le 5e anneau de la trachée. Le larynx est largement ouvert en haut; l’ouverture de la glotte représente un vaste orifice ovalaire, taillé en bec de flûte et que l’épiglotte abaissée avec le doigt ne recouvre qu’incomplètement. Elle parait trop courte d un centimètre environ. L’épiglotte est assez souple. Les cartilages arvlhénoules sont maintenus par le corps étranger au maximum d’écartement. La trachée et les bronches présentent une coloration rouge brune; elles sont tapissées par des mucosités épaisses, ce que confirment d’ailleurs les renseignements relatifs à l’état de santé habituel du malade. Pas d’ecchymoses à la surface des poumons, pas de suffusions

arrièrp1^^ ^ bro”c,ie®* Par extrao^naire pas d’emphysème, un peu d'hypostase en œur Saucî0 v*de, cœur droit contenant 100 grammes de sang fiuide(fig. 28).

Observation de M. Perrin. Pénétration d'un bol alimentaire dans les voies aériennes. j o;i sn/n c. Un invalide âgé de 02 ans, nu milieu d’un repas qui se composait de bœuf s affaisse subitement sans aucune réaction, sans effort d’expulsion ni angoisses* resolution complète. Cet homme tombe sur les genoux de son voisin, immobile, inerte’ servit qUr eoerssPasmes dans les bras et quelques gémissements. Le médecin de

m , r alemcr!!ne pClU que COnslater la mort* Au moment de l’accident

ex,Z„ , très tranquille, ne parlait pas, ne riait ni ne toussait. Rien ne peut • I lucr la pénétration d un corps étranger dans les voies aériennes.

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neure aboutissait à l’éperon trachéal * dont 1 extiemilé «tfe-

na,enl * cuillerées de san» „„„ iZ de" ’Î-Td' eY'm“ caT«» con'p

poumon ni dans la trachée. La face était nam,.,. II,. • ' '-'ccliymoaes ni dans le

nombre suffisant pour la mastication (IL 27) ho"'° etal1 lnu,,lc <le <lollls 0,1

c2° Quand la mort ne survient pas, l’accès initial peut se terminer par l’expulsion spontanée du corps étranger, et, à partir de ce moment, les symptômes effrayants du début vont en décroissant insensiblement.

5° L’accès initial peut se prolonger plus ou moins longtemps, quand le corps étranger reste mobile dans les voies aériennes ; il se compose

Fig. 27. Fig- 28.

Snécimens d’obstruction de la trachée par des substances alimentaires (crêpe, morceau de bœii bouilli). Pièces déposées au musée du Val-de-Grâce par M. Maurice Perrin.

alors d’une série intermittente de petits accès pendant lesquels l’irritation provoque la toux, qui n’a pas le pouvoir d’expulser le corps irritant.

4° L’accès initial se termine assez souvent, après avoir duré pendant quelque temps, par la fixation du corps étranger en un point du larynx, de la trachée et des bronches.

De ces quatre modes de terminaison de 1 accès initial, deux seulement intéressent ce chapitre, ce sont : la persistance de la mobilité et partant la continuation des accidents; d’autre part, la fixation en un point du conduit et la série des accidents divers qui en sont ordinairement la conséquence. J’aurai l’occasion de revenir sur les deux autres, en parlant des diverses terminaisons des accidents produits par le séjour des corps

étrangers dans les voies lespiratones.

Accidents produits par le séjour du corps étranger mobile. — Comme

je le faisais pressentir un [ton plus haut, pour qu’un corps étranger reste mobile dans les voies aériennes, il faut qu’il remplisse un certain nombre de conditions : qu’il ne soit pas trop volumineux, et ne menace pas immédiatement la vie en produisant l’asphyxie par l’occlusion de la trachée. Il faut, en outre, que la contraction des muscles expirateurs soit assez forte pour surmonter la résistance de la glotte.

Dans le cas qui m’occupe, l’accès initial peut être aussi intense qu’à l’ordinaire, mais ce qui le caractérise, c’est, d’une part, sa longue durée, et, d’autre part, ses récidives. Si, ce qui est impossible, à chaque mouvement d’inspiration ou d’expiration, le corps étranger était déplacé, l’accès initial se prolongerait indéfiniment et la terminaison par asphyxie ne serait pas douteuse. Mais les choses ne se passent pas ainsi dans la réalité, et, entre plusieurs accès de suffocation, il y a des temps de repos pendant lesquels le corps étranger reste fixé en un point de la paroi ou des bronches ; les accidents ne se reproduisent qu’autant que, par 1 irritation prolongée, un mouvement de déglutition, un vomissement, un effort d’inspiration ou d’expiration, le corps quitte la place qu’il occupait momentanément, pour suivre de nouveau la colonne d’air qui le repousse contre la glotte fermée et d’où il est ramené, par une inspiration énergique, dans la trachée et dans les bronches. La station debout ou le décubitus joue un rôle analogue.

L’aspect du malade diffère absolument, suivant qu’on le considère dans un moment de repos ou pendant un accès ; le calme de l’un contraste avec les symptômes graves de l’autre, qui ressemblent de tout point à 1 accès initial. Il est inutile de revenir sur les signes extérieurs énumérés plus haut; il s’en ajoute quelques autres sur lesquels j’appellerai l’attention.

Ainsi la toux plus rude, plus convulsive, quinteuse, fatigue beaucoup les malades; à peine une quinte est-elle finie qu’une autre lui succède, provoquée par l’irritation de la muqueuse et surtout du larynx. Ces accidents sont plus graves et plus durables, d’après Desprès, quand les malades sont couchés que quand ils sont debout. Ils aboutissent à l’expectoration de quelques mucosités parfois sanguinolentes, mais qui n’existent pas dans tous les cas et dont l’issue ne produit aucun soulagement.

Un des symptômes que l’on observe assez souvent dans le cas de corps étrangers mobiles dans la trachée est le bruit de grelottement (synonyme : bruit de voile qui flotte , de drapeau) auquel Dupuytren a attac îe son nom, bien qu il fût connu depuis longtemps et mentionné

mi particulier par Zwinger l. Ce bruit se produit pendant l’inspiration ou l’expiration, et il paraît être la conséquence du frottement du corps étranger contre les parois de la trachée ; mais il faut reconnaître que le petit volume et la forme ne sont pas indifférents à sa production. Tantôt il est fort et peut être perçu à distance par le malade ou les personnes voisines, tantôt au contraire, et c’est le cas le plus fréquent, il est beaucoup moins intense, et, pour le percevoir, il est nécessaire d’appliquer l’oreille ou le stéthoscope le long de la trachée-artère. Ce qui tend à prouver que le frottement successif du corps étranger contre la paroi est bien la cause de ce bruit, c est que la main appliquée sur le cou perçoit alors un petit frémissement caractéristique, sur la valeur diagnostique duquel Dupuytren avait attiré l’attention à

juste titre.

11 ne faut pas confondre avec ce signe pathognomonique des corps étrangers mobiles le bruit de soupape laryngé déterminé par les oscillations d’un corps étranger arrêté dans le larynx et qui se soulève et s’abaisse alternativement avec l’inspiration ou l’expiration.

Le malade sent, jusqu’à un certain point, les mouvements du corps étranger, et ce signe a pu servir dans quelques cas à mettre sur la voie du diagnostic. Ainsi, il existe des observations où des erreurs ont été longtemps commises par les médecins qui n’ont pas tenu compte des renseignements précis fournis par les malades. Dans 1 exemple classique de l’ingénieur Brunei, le demi-souverain qu il avait avalé était tiès nettement perçu par lui lorsqu’il se mouvait dans la trachée, et c’est ce renseignement qui permit a B. llrodie d affirmer 1 existence du coips

étranger.

L’auscultation pendant l’accès ne fournit pas de signes caractéristiques ; elle ne permet d’entendre que les bruits qui se passent dans la trachée, et dont il a été question plus haut. On constate encore que la respiration est très accélérée, qu’elle ne présente aucun rhythme régulier. Dcnucé de Bordeaux2 a plus récemment observé un abaissement de

la température.

Quand l’accès est terminé, tout rentre au repos, et le malade éprouve un grand soulagement, 11 lui reste encore la sensation du coips étianger, une douleur diffuse le plus souvent, quelquefois fixe au point où il s’est momentanément arrêté. Il y a bien un peu d’oppression, «le dyspnée,

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