‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 123 sur 304 · Acta Helvetica. Basil, 1751, p · texte numérisé non relu

Acta Helvetica. Basil, 1751, p

‘2. Snciétr de chirurgie , 1871.

d’affaiblissement de la voix, mais les symptômes sont fort variables, et cela se conçoit facilement, parce que pendant ces intervalles de repos les phénomènes changent suivant que le corps étranger va se fixer dans le ventricule du larynx, dans les bronches ou la trachée. La loux persiste assez souvent avec moins d’intensité que pendant les accès, et l’expectoration estun peu plus abondante, toujours spumeuse, striée desang ou rosée.

Symptômes et accidents produits par les corps étrangers fixés

dans le larynx. — Le larynx peut être le siège de corps étrangers, et ils s’y fixent de plusieurs manières ; les uns se logent, comme on l’a vu, dans les ventricules, d’autres occupent l’orifice glottique ou ventriculaire.

De même, en se plaçant à un autre point de vue, les uns s’y fixent d’emblée au moment de leur introduction, tandis que d’autres ne s’y logent qu’après avoir séjourné pendant un temps plus ou moins longdans les bronches ou la trachée. Deux faits dominent toute l’histoire des corps fixes dans le larynx : ou bien ils sont tolérés, alors ils ne causent pas une gène trop considérable au passage de l’air, qu’ils soient implantés de champ ou tubulaires ; ou bien ils occupent et bouchent plus ou moins complètement l’orifice glottique; alors la mort en est la conséquence ordinaire à bref délai.

Les exemples de mort par asphyxie immédiate ne sont pas rares, et ce mode de terminaison de l’accès initial a d’autant plus de chance de se produire que le corps est plus volumineux, qu’il s’enfonce plus facilement comme un coin entre les lèvres de la glotte. Tous ces cas sont surtout des exemples d’enclavement sus-glottiques.

Mais l’obstruction du larynx peut encore se faire par un autre mécanisme, et la mort arrive, quand un corps étranger venu de la trachée ou des bronches se fixe fi la partie inférieure de la glotte et y produit l’asphyxie; tandis que, dans le cas précédent, la mort était la conséquence de l'accès initial, dans celui-ci, elle se produit pendant un accès tardif. L’importance de ce fait n’échappera à personne, parce que l’intervention chirurgicale peut produire d’heureux résultats dans le dernier cas, tandis qu’elle n’a pas souvent le temps d'agir dans le premier, car la mort survient avec une rapidité foudroyante.

Ouaiul ils sont lolcrcs, les corps étrangers du larynx, quelle que soit leur origine, donnent lieu à un certain nombre de phénomènes quisont : des troubles fonctionnels, des signes subjectifs et objectifs dont la connaissance intéresse au plus liant point le chirurgien ; tous ont une grande valeur diagnostique.

Pour être tolérés pendant quelque temps sans provoquer l’asphyxie, les corps étrangers du larynx doivent remplir un certain nombre de corn ditions indispensables. La première et la plus importante de toutes est la persistance du passage de Pair à travers la glotte. Elle se trouve remplie dans quelques cas, quand le corps étranger est assez petit pour se loger dans la cavité du ventricule du larynx; quand il est mince, placé de champ, et qu’il divise l’ouverture glottique en deux parties, ou encore, ce qui est plus rare, quand le corps a la forme d’un tube dont la cavité centrale laisse passer Pair. Il faut, en outre, que le spasme glottique 11e soit pas excessif, et que la douleur causée par l’irrilation ne l’entretienne pas trop longtemps. Dans ces cas seuls, la mort n’arrive pas immédiatement, et il y a une rémission plus ou moins longue qui fait place à une tolérance variable, toujours plus apparente que réelle, ou h. la production -d'accidents graves, qui peuvent menacer l’existence. Ne suffit-il pas en effet d’un petit déplacement accidentel pour que le corps qui se trouvait de champ s’incline et se place de face, pour qu’un noyau de cerise logé dans le ventricule de Morgagni tombe dans la trachée, etc.? Aussi n’y a-t-il aucune certitude qu’un corps arreté dans le larynx ne déterminera pas d’accidents, et ce fait a une grande importance, tant au point de vue du pronostic que du traitement. Même dans le cas d’enclavement partiel, le chirurgien ne devra pas oublier que, par suite des progrès du mal, un corps étranger bien toléré peut devenir mobile à un moment donné et provoquer les plus graves accidents.

Les signes qui accompagnent ordinairement la présence des corps étrangers dans le larynx sont assez peu caractéristiques. En effet, suivant qu’il y a asphyxie immédiate ou non, les symptômes ne diffèrent pas beaucoup de ceux des autres parties des voies aériennes. Une personne avale un gros morceau de viande qui tombe dans le vestibule sus-glottique ; rien, dans la marche des symptômes funestes, ne peut faire distinguer le siège du corps étranger, parce que dans la trachée il aurait pu aboutir au même résultat. Cependant quelques signes de la période de tolérance, quand ils se trouvent tous ou partiellement réunis, ont une valeur réelle et permettent de localiser le point où séjourne le corps irritant.

La douleur est un des symptômes les plus constants; elle passe rarement sous silence, car elle est continue, avec des exacerbations toutes les fois que le larynx entre en fonctions, soit pendant la déglutition, soit par la parole. De plus, elle est bien localisée, et les malades

montrent ordinairement avec la main le point précis où ils ressentent la douleur et où ils supposent le corps étranger. Elle est due à l’irritation toujours grande que provoque sa présence; quelquefois il s’y joint une ulcération, quand quelque aspérité a blessé les chairs et s’y est enclavée.

La même cause engendre encore une toux assez fréquente, laryngée, pénible, irrésistible, convulsive, qui fatigue beaucoup et qui n’aboutit le plus souvent qu’à l’expectoration de quelques mucosités trachéales rarement striées de sang. Elle produit bientôt de la dyspnée et de l’oppression.

A ces signes subjectifs il convient d’ajouter encore la sensation qu éprouvent les malades, qui, en dehors de la douleur, leur permet de préciser le siège du corps étranger; elle existe plus rarement que pour ceux qui sont mobiles dans la trachée.

Leur présence dans le larynx se traduit encore assez fréquemment par des troubles fonctionnels locaux et généraux. 11 est inutile d’insister sur la dysphagie et la gène de 1 hématose que cet accident entraîne toujours à sa suite , mais 1 aphonie partielle ou totale est un signe d’une grande impoi tance, qui ne se retrouve pas au même degré pour les autres sièges ; assez rarement, 1 aphonie est complète, et le plus souvent il n’y a qu’une altération dans le timbre, l’intensité, lelévation de la voix, qui de claire devient rauque, saccadée. Les seuls signes physiques qui permettent d’affirmer l’existence d’un corps étranger du larynx sont : le bruit de soupape et l’examen laryngoscopique positif. Le bruit de soupape se produit piincipalement quand un objet aplati, comme une coquille d amande, d abord entraîné dans la trachée, est venu, pendant un effort d expulsion, se loger dans l’espace sous-glottique où il s’est enclavé plus ou moins. Chaque fois que l’air s’introduit dans le poumon ou qu’il sort, d } a un légei mouvement du corps sur un de ses axes, et ce déplacement se traduit au dehors par un petit bruit irrégulier, intermittent, isochrone avec la respiration, et que le malade perçoit également. Duncan en a rapporte un remarquable exemple, mais ce signe est rare. Bien autrement preneuse est la perception du corps étranger avec le laryngoscope ou aveC |C doigt mtroduit profondément dans le larynx ; j’aurai l’oc-

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d uu-e u, T' Pf ’ pr0V0C>UCnt des hémorrhagies fort rebelles et tant par leur persistance que par leur siège. En effet, en se

gonflant, la sangsue irrite le larynx, gêne l’entrée de l'air, et le sang qui coule lentement provoque de la dyspnée, de la toux, une sensation de picotements, d’occlusion très pénible, très obscure, d’autant plus que les malades ne Se font aucune idée de la cause réelle de leurs maux. Mais l’expectoration sanguine survenant, au milieu d’une santé parfaite, chez un individu qui ne toussait pas et accuse une gêne du larynx, est un symptôme caractéristique des sangsues des voies aériennes.

Dans tous les cas qui précèdent, il n’a été question que de corps irréguliers, irritants, enclavés, dontl’action 11e porte que sur quelques points du larynx, sans intercepter complètement le passage de l’air.

Qu’arrivera-t-il, si le corps étranger est régulier, tubulé, comme une sonde? L’expérience a répondu depuis longtemps à cette question, car depuis la plus haute antiquité on avait proposé de pratiquer le caihétérisme laryngien dans quelques circonstances.

D’autres fois, un chirurgien voulant sonder l’œsophage fait fausse route et entre dans le larynx. De nos jours, le cathétérisme laryngien des anciens a été remis en honneur par Bouclmt, abandonné, puis repris. Enfin, l’esprit ne se refuse pas à admettre qu’un corps creux, un sifflet, une patte d’écrevisse, une embouchure, puisse venir s’arrêter dans le larynx. On a remarqué que, contrairement à ce qu’on voit ordinairement, ces corps sont bien supportés et 11e provoquent pas d acci-

dents immédiats ou consécutifs bien sérieux. Ces tubes modifient peu, en effet, les conditions ordinaires de la respiration, puisqu’ils ne s opposent pas au passage de l’air, et que, par leur action régulière sur la glotte, ils sont moins dangereux et moins irritants, de sorte que le spasme ne se produit pas avec la même énergie.

On a longuement discuté pour savoir si, dans ces cas exceptionnels, la toux devait ou non se produire ; dans une séance de l’Académie de Médecine l, à Gerdy, qui regardait la toux convulsive comme un signe caractéristique des corps étrangers laryngiens, Bérard opposait 1 observation des quelques faits où elle n’a pas lieu. Si on restreint à ce seul cas de corps creux la question de la toux, il est évident que Bérard a raison, parce que, pour que la toux se produise, il laut une occlusion momentanée de la glotte, devenue impossible par suite de la présence du tube.

Mais Bérard n’avait raison qu’à la condition que le tube fût large, à peu près comme l’ouverture naturelle; dans le cas contraire, 1 issue de l’air n’est pas assurée, les symptômes d’asphyxie ne tardent pas à appa-

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