‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 130 sur 304 · DU SORT DES CORPS ÉTRANGERS FIXES DE LA TRACHÉE ET DES BRONCHES · texte numérisé non relu

DU SORT DES CORPS ÉTRANGERS FIXES DE LA TRACHÉE ET DES BRONCHES

Abandonnés à eux-mêmes, les corps étrangers qui siègent dans la trachée, et les bronches peuvent suivre une marche bien différente, suivant qu’ils sont expulsés, tolérés, ou suivant qu’ils provoquent autour d’eux une réaction inflammatoire aiguë ou lente assez souvent plus fâcheuse que l’accident lui-même. J’étudierai donc successivement dans les chapitres suivants divers modes de terminaison que je diviserai en ; 1° altération des corps étrangers; 2° tolérance des bronches et séjour prolongé ; 3° expulsion spontanée des corps étrangers ; 4° migration de certains d’entre eux; 5° accidents pulmonaires tardifs et chroniques qui sont la conséquence de la présence dans les bronches ; 6° troubles divers.

1° Altérations que peuvent subir les corps étrangers fixes des bronches. — Par leur nature quelques-uns des corps qui se lixent dans les bronches sont susceptibles de subir des altérations. Ce fait a été souvent noté pour certaines graines, qui trouvent dans le milieu où elles séjournent des conditions favorables à leur gonflement, s’imbibent de liquide et augmentent de volume. Les haricots secs, si souvent la cause de ce groupe d’accidents, se comportent de cette façon, et l’on a pu maintes fois constater que, par l’effet de ce gonflement, l’épiderme était détaché des cotylédons et que ceux-ci étaient séparés. Il est inutile de faire remarquer combien une semblable altération peut être favorable, et l’on trouve effectivement dans la science des observations dans lesquelles une heureuse terminaison par expulsion spontanée a été due à cette modification dans la structure du corps étranger. Malheureusement, ce petit avantage est largement compensé par l’inconvénient qui résulte du gonflement lui-même; au début il empêche la mobilité de se produire, et fixe plus solidement encore les corps étrangers dans les bronches.

Que si le séjour de ces graines est plus prolongé, on pourra même voir la germination se produire, et cette altération curieuse a été observée par Rendu, chez un enfant de 5 ans qui rendit au 79e jour, long-

temps après la trachéotomie, au milieu de Ilots de pus, une coque noire qui était l’épiderme du haricot et le haricot germé. D’autres laits de ce genre avaient déjà été rapportés par Lebouis, Debout et Mondière, et ces dits sont si .laciles à comprendre, si classiques, qu’il est superflu d’insister plus longuement i.

Dans le cas de Debout, les deux cotylédons étaient séparés et portaient une tige longue d’un centimètre. Le haricot avait séjourné un mois dans le larynx.

D’autres corps s’altèrent dans la trachée et les bronches par imbibition comme les précédents ; ce sont, par exemple, les corps formés de poudres agglutinées, comme les pilules, qui peuvent à la longue se désagréger. On a toujours cité à ce propos l’observation de la pilule de Donatus, qui, introduite dans les voies aeriennes après avoir provoqué des accidents initiaux intenses, fut rejetée en fragments quand le ramollissement des parties constituantes en eut lacilité l’expulsion. Chiffort- Albutt a vu la même terminaison à la suite d’une pilule d’aconit avalée de travers. Sans doute pareils faits sont fort rares, mais on voit plus souvent des petits débris de pain et surtout de la croûte pénétrer dans la trachée, provoquer des accidents primitifs aigus qui se terminent spontanément et ne reparaissent plus quand l’imbibition s’est faite.

Cependant il ne faudrait pas baser sur cette éventualité une thérapeutique expectante, parce que, malgré la trachéotomie, une croûte de pain a déterminé la mort, sans qu’elle se fût ramollie. Le fait publié pai Mitchel Henry 2 est instructif à ce point de vue.

Observation. Croûte de pain dans la trachée . Trachéotomie. Mort. — Une enfant de

;me cr°ûte de pain. Accès de suffocation. Trachéotomie une heure après.

ce Z f i 6 f maintenue écartée par des fils d’argent réunis derrière le cou,

sn„! C0IîSlde[e C°mme m0,ns danSereux qu’une canule susceptible de s’obstruer

de m!n‘ Amï10ra T\maiS P.ersistancc ,,u corPs étranger. On espéra que le morceau ie pain, quel e que fut sa position, se ramollirait et qu’après s’étre désagrégé, il serait

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Il n LSI pas jusqu aux corps les plus durs, comme les dents, qui mil pu subir une altération lente et une division dans le poumon. C’est f'c que tendrait a prouver l’observation suivante :

Observation. Dent dans les bronches. Expulsion au bout d'un an Mnrt a +1 - .sic pour une avulsion don, aire chez „„ homme; réveil et louv vid^e

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