‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 132 sur 304 · l'hil. mcd. Times, I · texte numérisé non relu

l'hil. mcd. Times, I

égard. Les accidents asphyxiques peuvent bien être amendés au début, mais l’irritation n’en suit pas moins son cours et entraînera peut-être des accidents. A ce groupe se rapporte l’observation suivante, qui est un exemple de tolérance indéfinie d’un corps creux après quelques accidents du début. Bourdillat, au mémoire duquel je l’emprunte, y voit un cas de phthisie; c’est certainement une interprétation erronée.

Observation. Tolérance indéfinie d'une pièce de monnaie dans les voies respiratoires. — Le docteur Ileider raconte qu’un enfant de trois ans et demi avala de travers une pièce percée d’un trou à sa partie centrale (octobre 1860). Aussitôt l’enfant fut pris d’une angoisse extrême, la respiration devint haletante et le visage cyanosé. Un vomitif fut administré sans succès. Le soir l’enfant continuait à respirer difficilement, le visage était pâle, la toux fréquente et énergique, le pouls rapide et petit. 11 y eut expulsion de mucus sanguinolent ; le larynx était sensible à la pression. La nuit l’enfant dormait d'un sommeil interrompu par la toux; le lendemain il était plus calme. L’examen du larynx et de la trachée ne présente rien de particulier. À l’auscultation on percevait en arrière, à peu près au niveau de la bifurcation de la bronche gauche, un ronchus grave, et dans le voisinage des râles plus fins, ce qui devait porter à croire que la pièce était arrêtée à ce niveau, sans clore cependant la bronche, à cause du trou central qui y existait. Comme la trachéotomie ne permettait pas d’extraire avec certitude le corps étranger, on se borna à administrer des boissons mucilagineuses, des potions opiacées, et l’enfant garda la chambre. Au bout de plusieurs semaines la respiration devint plus facile et la toux moins fréquente, mais les crachats restés purulents continuèrent à être de temps en temps teints de sang. L’enfant devint d’une maigreur extrême. Plus tard Ileider constata la guérison de la bronchite. Au printemps suivant la santé devint encore meilleure. La percussion démontre à l’endroit indiqué une diminution notable du son dans l’étendue de plusieurs cotées et jusqu’à la ligne axillaire en dehors, avec absence de râle et faiblesse du murmure vésiculaire, ce qui fit croire que la pièce s’était enkystée dans ce point et qu’une portion du poumon avait cessé de fonctionner à cause de l’occlusion de la bronche. Les années suivantes, la guérison était complète. (Extrait de Mémorabilien vderinar Polizeitiche, 1864.)

La tolérance relative n’est pas exceptionnelle clans les cas de corps étrangers tubulés, parce que la respiration continue à s’effectuer comme à l’ordinaire. Cependant elle n’est pas indéfinie, et tôt ou tard des lésions chroniques pourront enlever le malade.

Observation de Kirchoff. Cariule à trachéotomie en caoutchouc séjournant 2 ans dans la bronche droite. Mort. — Un homme de 25 ans, scrofuleux, buveur, atteint d’une laryngite chronique , s’est refroidi ; l’épiglotte cl les replis sont si gonflés qu’il est menacé de suffocation. Trachéotomie ; incision de la membranne crico-thyroïdienne. Introduction d’une large canule double en caoutchouc. Plus de dyspnée, mais celle-ci revenait chaque fois que le malade tentait de l’ôter. Un an après il fut examiné par Czennak, qui découvrit un épaississement cartilagineux de l’épiglotte et une altération mdrbide des cordes vocales ; il laissa la canule en place. Deux ans après, au lendemain d’un festin, le tube externe se détacha de son point d’arrêt au moment où l’on retirait le tube interne. L’après-midi on le sentit derrière le cartilage cricoïde, mais à cause de sa dureté on ne put le Saisir avec la pince courbe ; il glissa plus bas et disparut. Les symptômes thoraciques cessèrent Un peu par l’introduction d’une nouvelle canule en

argent. Au bout de 2 ans, amaigrissement, expectoration toujours croissante. Le malade meurt d’une bronchite aiguë. — L’autopsie ne put être faite. ( Dculsch . Zeitschrift für praks , med., 1870.)

Expulsion spontanée. — Cette terminaison est de toutes la plus fréquente puisque sur 167 faits réunis par Bourdillat, 95 fois l’expulsion par la bouche a eu lieu. Mais dans ce nombre doivent rentrer les cas d’opération, de sorte qu’il n’a pas une valeur aussi grande dans l’expulsion spontanée par les seuls forces de la nature. Tantôt elle est primitive et survient avant que les accidents inflammatoires aient eu le temps de se déclarer, tantôt au contraire, elle n’arrive que tardivement, soit par une cause accidentelle, soit par le fait d’un travail pathologique spécial. Quand l’expulsion a lieu primitivement, c’est que le corps étranger n’est pas enfoncé très profondément dans les tuyaux bronchiques et jouit encore d’une certaine mobilité. Au contraire, elle est exceptionnelle toutes les fois que le corps est solidement fixé, par suite du gonflement ou de sa forme particulière. Le volume du corps introduit joue également un très grand rôle, car on sait que tous ceux dont le diamètre dépasse 4 lignes dans tous les sens ne laissent aucun espoir d’ètre expulsés par les seules forces de la nature. Presque toujours cette terminaison succède à un violent accès de toux pendant lequel le corps étranger déplacé et devenu mobile se trouve projeté dans la trachée et de là dans la bouche. On a noté que plus les corps étrangers se trouvaient profondément situés, plus ils étaient expulsés avec facilité. Ce n'est pas à dire que ce mécanisme aboutisse fatalement à l’expulsion parce qu’une fois dans la trachée, le corps étranger se comporte absolument comme ceux qui sont mobiles dont il a été question plus haut. Ainsi il n’est pas très rare de les voir retomber dans l’autre bronche ou aller se loger dans le larynx. Quelques circonstances favorisent l’expulsion; Marcelin Douatus a cité le cas d une pilule qui, tombée dans les voies aériennes, fut désagrégée, dissoute et promptement expectorée. Mondière rapporte le môme fait de fragmentation pour des haricots, dans un cas au troisième jour, au sixième dans un second.

A coté de cette expulsion primitive, assez ordinaire, s’en place une nuire, l’expulsion tardive, qui survient d’après le même mécanisme et par des causes différentes. Tantôt, par son contact prolongé avec là muqueuse bronchique, le corps étranger a produit une ulcération uni à ete observée plusieurs fois, et alors, devenu libre et mobile, il peut être nus en mouvement par la colonne d’air inspiré ou expiré; tantôt ce sont des collections purulentes qui, formées autour ou au-dessous du corps

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arrêté, s’ouvrent dans les bronches et l’entraînent avec elle. Le mécanisme' n’est plus le même dans les deux circonstances, et la nature se sert de moyens différents pour arriver au même but, la mobilisation de la substance. Dans ce cas comme dans le précédent, après des accidents fort variables en intensité, quelquefois latents, survient une irritation bronchique qui provoque des quintes de toux dont l’expulsion est le terme : dans un fait de Frankel, une perle avalée par une petite fille de

six ans fut rejetée quatorze semaines après.

Une dent fut expectorée deux ans après sa pénétration dans les bronches, et la guérison survint. Dans un cas de Sue, l’expulsion eut lieudixsept ans après; la malade rejeta un croupion de volaille.

Observation de Beneys . Balle avalée. Symptômes de phthisie Expulsion par une vomique au bout de 40 jours. - Un jeune boulanger de îl ans fut pris à une chite le 10 mars 1851. Un jour étant désœuvré, il avala par hasard une balle de p lct (10 -ranimes). Quinte de toux; pendant qu'il dormait une forte respiration lit des cendre le corps Ranger dans la trachée et la bronche droite. Le mabnte eprojm^e suite un accès de suffocation et fit de grands efforts pour fane remonte, la baüe. Ut état d'anxiété dura quelques minutes. Le calme revint peu a peu, quoique le Z SS ae\, balle dans le coté droit de la pohrin - —

la toux devint incessante, les nuits se passèrent sans sommeil ; les ou . mes l

moins pénibles,; ,1 perdit l’appétit, la fièvre “^“3

progrès. Quand Beneys le vit, 57 jours apres 1 accident il le egard^d ap es tous

symptômes, comme atteint d’une phthisie pulmonaire au o degic J P

tard lp o mai le malade a eu à plusieurs reprises des quintes de toux sut tocantes e

dans un effort/pendant qu’il était fortement penché hors de son lit. 11 v0,ni d ^

de plomb avec environ trois cuillerées à bouche de pus. Le malade avoua alo. 1 a ca dent. Peu à- peu sa santé s’améliora, et deux mois apres il était guéri. (Bulletin

Thérapeutique, t. 42. p. 27.)

Les corps étrangers expulsés peuvent être ensuite avalés, Warren a vu un clou de 1er à cheval rejeté des bronches d'un enfant qui 1 avala et le

rendit par les selles à quelque temps de là. ,,

Au lieu de pus, le liquide rejeté peut être du sang, et c est a 1 occasion d’une hémoptysie que le corps étranger se déplacé.

„ 1In maiaJ'e dont il est question dans la Caudie de Strasbourg (1870) présentait tous les syiriplfunos toiictiom^els et ïné^ïvo^ïliys^qii^cs cl

triangulaire très acéré.

Quand le corps étranger a été rejeté, deux choses peuvent se passer ; ou bien les lésions déterminées par sa présence sont très legeres

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