Journal g en. deméd., t. XLIV, p
disposition ne deviennent pas la source d’une suffocation très grande pendant les quintes de toux! Rien de semblable n’est relaté dans les auteurs; dans beaucoup les accidents initiaux sont passés inaperçus et même méconnus.
Je ne saurais admettre qu’un épi de ,blé de trois quarts de pouce détermine assez peu d’accidents pour que l’auteur écrive : « Un enfant est pris debroneho pneumonie, il se rappelle avoir eu dans la bouche un épi.» (Aronssohn). Cette bénignité initiale est beaucoup plus rationnelle avec l’hypothèse de l’ing< stion œsophagienne qui se fait clans le même sens. Déjà Maunoir en 1812 repoussait l’hypothèse de l’introduction dans les voies aériennes, qui a voit été posée par Desgranges, et il dit qu’on « ne conçoit pas lors de l’invasion de la maladie, 1 absence de tout symptôme dépendant de la suffocation 1 ».
Quant aux autres raisons sur lesquelles s’appuient les défenseurs delà migration pulmonaire, elles me paraissent peu solides. Ainsi les corps étrangers de l’œsophage passent beaucoup plus vite dans le tissu cellulaire ambiant que ceux des voies aériennes, tant par leur perforation spontanée que par l’effet de la contraction de l'œsophage sur eux, et la rapidité de certains accidents hémorrhagiques ou autre* en est une preuve bien connue.
De même, le siège n'est pas aussi constant que le pense G"yon et il correspond au moins autant de lois à la partie posléiieme des aies costaux qu’aux parties latérales. Quant à l’ouverlure antérieure, elle est très excepiionnelle. Desgranges fait remarquer que sur 10 cas, / lois l’abcès est venu se former à droite, ce qui vérifie l’introduction dans a bronche droite. Évidemment cette manière de voir est erronée car il reste 9 cas pour la bronche qui devrait être moins favorisée que 1 autre. Enfin on a signalé à diverses reprises l’issue de l'air; mais sa présence dans ces collections s’explique aussi bien par la migration intra-pulmo-
naire des corps sortis de l oesophage.
La concomitance d’accidents pulmonaires inflammatoires sans avoir
une valeur absolue, est beaucoup plus importante et, .jusqu a ce que e nouvelles recherches soient venues décider ce point de pathologie, on est autorisé à regarder comme corps venus des voies aériennes, ceux dont l’issue s’accompagne soit de bronchite aiguë ou chronique, soit meme de fistules pulmonaires communicantes. Le doute n’est pas possible dans le cas suivant de BoneL
1 Maunoir. Thèse de concours. Montpellier, lbi2.
COUPS ÉTRANGERS UES VOIES RESPIRATOIRES
Obset vation. hpi avalé. Abcès thoracique. — Une potiti* lille d’uu en avala un épi de fi ornent. Le quinzième jour il se tonne une tumeur fluctuante au côté droit, vers les cèles supéi ièures. On 1 ouvre et on en lire l’épi. Le silflenient <!e l’air qui sortait par la pair ne pci incitait pas le moindre doute sur la question de savoir si le poumon avait été traversé. ( Bonet . med. Sept. Lib. 3.)
En résumé, les laits de migration pulmonaire sont rares et avec Hevm, je suis amené à penser que le plus grand nombre des cas de ce genre sont dus à des corps venus de l’œsophage.
Ceci dit, la migration peut se faire de deux façons différentes: soit sans inflammation, soit par l’intermédiaire d’une collection purulente qui favorise le déplacement du corps étranger. Dans un premier temps, le corps perfore la bronche où il se trouve fixé et pénètre dans le parenchyme pulmonaire qui s’enflamme légèrement et se laisse traverser. Cette inflammation re.-te plastique, s’il n’y a pas suppuration, tandis quelle évolue plus complètement dans les autres cas. Quel que soit le mode employé par la nature, le corps étranger arrive à la périphérie du parenchyme et des adhérences se forment entre les deux feuillets pleuraux. A ce moment la lièvre s’allume s’il n’y a pas encore d’abcès, elle augmente si du pus a favorisé la migration, et le malade se plaint d’une vive douleur dans un des côtés ou dans le dos. L’attention attirée sur ce point permet de découvrir au bout de peu de temps une tuméfaction qui n’est autre chose qu’un abcès en voie de formation. Celui-ci s ou vie ou est ouvert, déverse du pus d’assez mauvaise nature quand il vient du poumon, (ce qui Je distingue encore de celui d’un abcès venu de 1 œsophage); il entraîne tôt ou tard le corps étranger ou scs débris.
nest pas rare de voir alors une communication se faire d’emblée ou consécutivement entre les bronches et la plaie, caractérisée par le m flernent de 1 air à l’inspiration, cl la présence de pus aéré à l’expiration. Si, au contraire, la migration s’est faite sans ahcès pulmonaire initial, la communication ne se fait pas et les choses se passent beau coup plus simplement, la guérison est plus rapide. - Combien de
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Enhn, cette migration des corps étrangers peut être l’oimine d’acci
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ment la vie. Leclère en a cité de cv “T? comPromeUle prompte-
s exemples contrairement à l’optimisme
de Desgranges qui a écrit à ce propos « mais la nature est trop sage et trop prévoyante pour exposer à de pareils dangers1. » Une inflammation chronique pourra encore enlever le malade ; je reviendrai bientôt sur ces faits.
Accidents pulmonaires consécutifs aigus et chroniques. — Les
uns sont des accidents mécaniques comme l'emphysème, les autres des accidents inflammatoires aigus ou chroniques parmi lesquels les plus fréquemment observés sont la bronchite, la pneumonie, se terminant par résolution, abcès ou gangrène, la pleurésie et enfin la phtisie caséeuse toute spéciale aux corps étrangers du poumon.
1° De l’emphysème pulmonaire. — Ce symptôme a été pour fa première fois signalé par Louis 2 dans une observation célèbre parce que c’est un des premiers faits de corps étrangers des voies aériennes bien observés, et où les indications d’une thérapeutique active, malheureusement repoussee par la limridile ou 1 ignorance des consultants, aient etc nettement posées. Sa longueur ne me permet pas de la reproduire. 11 s’agissait d’une petite fille de sept ans qui avait avalé une fève de haricot sèche, tombée dans les voies aériennnes; dès le second jour entre autres accidents il se montra un emphysème bien caractérisé aux deux côtés du cou, au-dessus de chaque clavicule, symptôme qui n’existait pas deux heures auparavant. Il ne fit pas de progrès sensibles jusqu’à la mort de l’enfant. A l’autopsie Louis trouva que non seulement l’air existait dans le tissu cellulaire du cou, mais encore que le poumon et le médiastin étaient emphysémateux.
Deux mécanismes peuvent être invoqués pour expliquer sa pioduction, mais le second est dans l’opinion de Louis le seul véritable. « On pouvait imaginer que le corps étranger, par l obstacle qu il mettait depuis deux fois vingt-quatre heures au libre passage de l’air, avait causé la dilatation forcée de la trachée-artère, et Déraillement des membranes qui unissent les anneaux cartilagineux de ce conduit ». N est-il pas plutôt rationnel d’admettre que « la rétention de l’air gêné par le corps étranger dans chaque mouvement d’expiration, surtout dans les quintes de toux produisait un refoulement violent de ce fluide élastique vers la surface du poumon, dans le tissu spongieux de ce viscère ». De là, l’air a passé dans le tissu sous-pleural, les médiastins et le cou. Depuis cette observation de Louis et malgré l’opinion de cet auteur illustre qui avait peine à croire que l’emphysème ne fût pas un symptôme es-