‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 136 sur 304 · Mém. de U Acad, de dur., t, XIV, p · texte numérisé non relu

Mém. de U Acad, de dur., t, XIV, p

i. Bull, de la Soc. anatomique , 1850.

est suffocante, commençant comme une toux ordinaire et fi lissant brusquement. L’enfant à ce moment portait la tête en avant pour vomir. Un autre jour on reconnut l’absence du murmure vésiculaire dans le poumon droit : trachéoto nie, issue spontanée du corps étranger après deux ou trois expirations. Guérison. (Oxley. Lancet , 18/7. p. 843.)

Si le corps étranger séjourne longtemps, et qu’une bronchite aiguë se soit développée, on peut la voir passer à l’état chronique persister pendant des mois eniiers. Elle constitue alors la seule affection appréciable, et l’hésitation du chirurgien en présence de ces symptômes est justifiée comme dans le cas précédent. Dans quelques autres, après avoir duré longtemps elle disparaît spontanément malgré le séjour du corps étranger qui a pu être rejeté longtemps après. L’observation de Monkton est un exemple de ce mode de terminaison.

Observation Tolérance après les premiers accidents. Expulsion spontanée vingttrois semaines après. — Un enfant de sept ans fut amené à West Kent Infirmary le 3 octobre 1862, dans un état de dyspnée extrême et ne pouvant ni parler, ni se tenir debout. Il était froid, cyanosé et évidemment sur le point de mourir de suffocation. Tout d’abord on aurait pu croire à un croup à la dernière période, tant le bruit de sa respiration simulait celui de celte maladie, ou bien encore a une laryngite striduleuse. La veille, au retour de l’école. 1 entant avait dit à sa mère qu’il avait avalé la moitié d’une coquille de noix, ce qui l’avait beaucoup lait souffrir pendant plusê urs minutes. A ce moment il paraissait bien et, saut un accès de sutfocation, cet état avait persisté jusqu'à dix heures du matin. Après, les accidents d asphyxie s’étalent développés et l’enfant avait été amené à l’hôpital. 11 fut maintenu en repos et par précaution on fit préparer les instruments nécessaires pour la trachéotomie. Après un repos de deux heures, la respiration était presque revenue à l’état normal, la vo'x était naturelle et l’air pénétrait dans toute l'étendue des poumons. Dans cet état de choses, comme on pouvait douter de la présence du corps étranger dans les voies aériennes, puisque personne n'avait vu l’enfant avaler la coquille, on suspendit la trachéotomie, le mala le restant attentivement surveillé. Le lendemain la respiration était à peu près normale, il y eut un peu d expectoration et de toux, 1 entant mangea passablement, but et dormit. Le chirurgien en chef pratiqua quelques manoeuvres pour déplacer le corps étranger mais ce fut sans résultat. L’enfant resta six semaines à 1 hôpital. Pendant les trois* premières, les symptômes observés étaient ceux d'une bronchite de moyenne intensité. Les râles et le murmure respiratoire avaient les mêmes caractères dans les deux poumons. Le plus souvent, mais non d une façon constante, on entendait entre les deux omoplates, dans l’inspiration et l'expiration, comme un bruit de voile qui flotte. Au bout de six semaines, quoique amaigri et imparfaitement rétabli, 1 enfant put rentrer chez scs parents, auxquels on recommanda de le ramener toutes les semaines a la visite. A ces visites on ne découvrit rien, on entendait seulement quelquefois une sorte de, bruit vibrant,- qui cessa d’ailleurs complètement six semaines après sa sortie. Vu le bon état de sa santé on cessa d’insister sur ces visites, et 1 enfant lut momentanément perdu de vue. Mais le 1.3 mars, la mère revint poitanl dans sa nia-n la moitié d’une coquille de noix qui avait été rejetée la nuit précédente, dans une forte expiration, vingt-trois semaines après son introduction. Monkton a présenté le fragment de coquille qui avait le volume de la moitié d’une gros>e noisette, et qui était à peine altéré si ce n’est que les bords en étaient un peu usés et arrondis.

Bien que la bronchite soi! le plus souvent légère, elle est parfois assez intense pour entraîner la mort et ajoute alors son action fâcheuse à l’asphyxie imminente. Quelques cas d ■ mort après trachéotomie et après expulsion du corps étranger reconnaissent pour cause l’existence d’une bronchite soit antérieure soit postérieure à l’opération. A plus forte raison le développement de cette maladie sera-t-il dangereux s’il existe une disposition pathologique antérieure à l’introduction du corps étranger comme dans un fait rapporté par Cheever 1 où l’on voit un enfant de dix-huit mois qui avait la coqueluche avaler une allumette. Il y eut immédiatement une aggravation des symptômes de bronchite et 1 enfant mourut.

5° Pneumonie. — Cet te complication assez rare se présente sous deux formes bien distinctes, la pneumonie aiguë et la pneumonie chronique; la dernière est beaucoup plus fréquente que la première qui n’a été observée qu’un petit nombre de fuis. Tantôt elle s’arrête à la période d’hépatisation rouge et se termine alors par la mort ou par résolution, tantôt elle évolue complètement et aboutit à la formation d’abcès pulmonaires.

Dans quelques cas, elle marche avec une grande rapidité, et affecte presque les allures d’une pneumonie gangréneuse, comme dans ce fait de Féréol :

Observation. Pneumonie à la suite de l'introduction d'aliments. Mort. — Un idiot de 55 ;ins mourut de pneumonie avec hépatisation muge. Après avoir h aucoup mange, il eut des vomissements pendant lesquels une portion des aliments pissa dans les bronches. Il mourut en moins de 24 heures dans le coma; 1 h 'palisation occupât la moitié inlérieure du lobe inférieur gauche. Les bronch s de ce lobe renfermaient une matière grisâtre infecte. (Fcreol. Mouvement médical. 1875.)

Quand elle se développe plus tard, ses suites n’en sont pas moins fâcheuses le plus souvent; comme dans le fait suivant cité par Aronssohn :

Observation. Pneumonie à la suite de V introduction d'un haricot.. — Küs« a eu locca-imi il’ubS'Tver un cas de trach» otmnie pour un haricot qui avait (té miro uit dans 1rs bioneiies. Cette opération n’eut au- un resuit. t et la plaie guérit. L'ei faut mourut un mois après 1 accident. L’autopsie montra la lève fixée à l’entrée de la bronche droite; le poumon du même cô.e était hépatisé.

Observation de Vacher. Paille de chanvre dans le poumon. Pneumonie. Mort — « Vacher, habile ehiruigi n de Besançon, iarpor.e q,. une femme de 57 ans, d un tempérament robuste, en brisant du chanvre sur ui.e banc, Ile pour en sepaier les chenevottes, avala un brin de paille sans s'eu apeieevoir; elle ne s’en douta meme que

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