Leelm, Th. Paris
fit à la lois dans les bronches par une vomique et à la paroi thoracique.
Observation. Os de mouton dans les bronches Pneumonie chronique. — A la fin de 1859 un forgeron de 26 ans avale un fragment d’os de mouton, d’un demi-pouce de long sur un quart de pouce de large. Suffocation, expectoration sanguine, toux, crachats bientôt purulents. On n’avait pu ni le reconnaître ni l’en débarrasser. Amaigrissement après un mois. Au bout de deux mois le pus fut expectoré avec une telle abondance qu’il en rendait un litre par jour. — Six semaines après l’accident, il rejeta le morceau d’os dans un violent accès de toux. Quelques temps après survint une douleur au côté gauche et il se forma une tumeur en ce point qui s’abcède, s'ouvre et donne issue à une grande quantité de pus. Amélioration très notable, guérison peu après.
On a vu que les épis de graminées ont une tendance toute spéciale à venir former les abcès thoraciques; mais ils peuvent aussi donner lieu à des abcès du parenchyme, comme dans le fait de Rolhmund.
Observation. Épi dans les bronches. Abcès du poumon. Expulsion de débris herbacés.—Un jeune homme de 16 ans avale un épi d'or (je sauvage. Pendant quelques minutes, étouffement, suffocation puis calme. Le lendemain frisson de trois heures. Vomissement dyspnée, chaleurs, fièvre, douleurs violentes à droite entre la quatrième et la cinquième cote, très intense. Statu quo pendant 12 jours. Quinte de toux énergique. Pus nauséabond rendu par la bouche et le nez, contenant des fibres lu-rbacées. Matité à droite, soufle caverneux, murmure vésiculaire fin, pouls 124. Le lendemain, deuxième vomique très fétide avec rejet de fibres herbacées. Guérison très lente en un an. (Deutchs Klinik.)
Enfin, dans l’observation suivante, l’abcès s’est ouvert dans le côlon, terminaison tout à fait exceptionnelle et qu’on peut opposer à l’ouverture des abcès du foie dans la plèvre ou les bronches.
Observation. Abcès consécutifs ouverts à l'extérieur et dans le côlon. — Un enfant de 10 ans avale une tète de fémur de poulet qui entre dans les voies aéiiennes. Quinte de toux longue et énergique qui se renouvela souvent dans la journée. Respiration pemble, eroupale, toux per istante. Poumon gauche normal; sommet droit normal; en nas et en avant matité et absence de murmure vésiculaire. Pression douloureuse au niveau de la 4° côte droite en avant. On diagnostiqua une obstruction de la bronche droite. Déplacement du corps étranger qui fut constaté par la réapparition du murmure vésiculaire. Amélioration. Au 58" jour, douleur dans le liane droit. Gonflement au-dessous de la dernière côte à droite. Matité, abcès, ponction au cinquantième jour. On retira une pinte d’un pus infect; soulagement. Cinq ou six jours après cinq ou six selles infectes; on pensa qu'un abcès s'était ouvert dans le côlon. Amélioration puis pendant huit jours, douleurs au niveau de l'angle droit du côlon. Quinte de toux qm fut suivie d’un soulagement immédiat. Dès lors Pair pénétra librement. On pensa <iue ps avait ete avale ou résorbé. Quatre mois après expulsion de l’os pendant une quinte de toux; guérison. Légère oppression consécutive.
Lappaiition Je I abcès a quelquefois lieu beaucoup plus tardivement, et alors les dégâts produits sont bien plus considérables, car le
poumon se trouve creusé d’une vaste cavité qui en compromet les fonctions ; la mort peut en être la conséquence comme dans le cas de S I ru l lier.
Observation . Os cle poulet dans le poumon. Mort cinq ans après. Abcès du parenchyme. — « En 1S44, un jeune homme de 22 ans mangeait de la volaille et riait en même temps lorsqu’il fut tout à coup pris d'un accès de toux avec suffocation. 11 sentit qu’un corps clranger avait pénétré dans le conduit aérien. Ces syirqilômes cessèrent au bout d’une heure. Trois mois après, quoique avant presque imméd at ment repris sa santé et ses occupations ordinaires il commença à rendre des crachats blancs et écumeux.
Ces accidents s’aggravèrent et cinq ans après ce malade succombait aux suites d une vomique. A 1 autopsie ou trouva au sommet du poumon droit une cavité du 'volume d’une orange. Elle contenait un liquide brun ayant la consistance de la crème et une forte odeur gangréneuse. A la partie postérieure du même organe existe un autre abcès ouvert dans les bronches. Dans cette cavité et à la bifurcation de la lr bronche droite, on trouve une petite pièce d'os libre. Le poumon gauche était comparativement sain.
H n’y avait de tubercules nulle part. Ganglions bronchiques hyperliophiés.
Par tous ces exemples on voit que la pneumonie peut se présenter sous une forme chronique en passant à la purulence, qu elle est une des complical ions les plus fâcheuses, parce qu’elle aflaiblit insensiblement les malades par le fait d’une suppuration indéfinie, et que, malgré l’expulsion du corps étranger, les lésions chroniques peuvent être assez graves pour persister et entraîner la mort. Sou^ ce rapport, cette teiminaison a une grande analogie avec celle par pneumonie caséeuse dont je vais m’occuper.
4° Pneumonie caséeuse ou phtisie. — Il est aujourd hui hoi s de doute que la présence des corps étrangers dans les bronches et d une façon plus générale leur séjour dans le poumon, expose beaucoup les malades au développement de la phtisie. Mais cette allection, sauf chez les individus prédisposés, affecte toujours la lorme caséeuse, reste localisée à un poumon et presque dans tous les cas au côté du poumon qui est le siège du corps irritant. Elle se développe très lentement, pendant des années, débute par une bronchite ordinaire qui devient purulente et chronique. Tous les symptômes par lesquels elle s annonce sont identiques en tous points à ceux de la phtisie commune, et les hémoptysies, ordinairement a*s.z tardives en son! le phénomène caractéristique. Ce qui distingue cette affection, produit d une irritation persistante, de la phtisie ordinaire, c’est que, si les lésions ne sont pas trop graves, si les altérations fonctionnelles n ont pas encore compromis la vie, après l’expulsion du corps étranger, la guérison de tous les accidents se produit.
La proportion de ce mode de terminaison est beaucoup plus élevée qu’on ne serait tenté de le croire à première vue. Ainsi sur 556 laits relevés par Bourdillat, 5(3 luis les individus ont présenté des symptômes de phtisie, et depuis son mémoire, j’ai rencontré nombre de laits analogues.
Pour éviter toute confusion, je me hâte de dire que quelques-uns prouvent que la présence du corps étranger dans les bronches favorise le développement des tubercules chez ceux qui y sont prédisposés; Gaëtan Stanski nous en offre un exemple probant. Ainsi se trouvent vérifiées les idées émises par Broussais l 2.
Observation. Épi avalé. Abcès. Mort de tuberculose au bout de neuf mois. — Une femme de 20 ans avale un épi d’avoine. Suffocation violente mais passagère. Toux continuelle. Deux ou tn is jours après, dou'eur très \ive dans le côté droit du thorax. Toux accrue, crachats rouilles; râles crépitants à la base du côté droit; matité. Gin.j ou six jours ap ès, expectoration muco-purulente, qui persiste. Les symptômes pulmonaires continuent. Tumeur fluctuante entre les fausses côtes et Los iliaque. Application de deux cautères. Au deuxième jour issue de pus, améliorât on passagère mais incomplè e. Nouvelle tumeur au bout de deux mois sous l’ai gle de l’omoplate; on 1 ouvrit aussi par un cautère. On lit passer une mèche par les trous et en la tirant on ranima l’épi brisé en deux parties. Les syinplô nés locaux s’amendèrent alors, mais les signes de phtisie devinrent de plus en plus accentués, la femme mourut neuf mois après l’accident, et à * autopsie on trouva des tubercules au sommet des deux poumons. (Bulletin de la Société anatomique , t. V, p. 85.)
four Stanski, la phtisie existait déjà auparavant. Bien que les antécédents de cette malade soient passes sous silence, I opinion de l’auteur est la seule admissible, et il est probable que l’évolution voisine et ordinaire d un coi ps étianger introduit accidentellement sera devenue une cause occasionnelle sous l’influence de laquelle le développement de la tuberculose a été beaucoup activé. Ce qui tend à le prouver encore, c’est que la phtisie des corps étrangers n’affecte pas plutôt les somme'.s que les autres parties du poumon et n’intéresse qu’un seul organe, chose qui est fort rare dans les cas de tubercules. Cette existence de lésions unilatérales avait déjà été admise comme signe différentiel par Broussais et Bertholle *. A ce caractère il faudrait encore ajouter que le plus souvent
les altérations siègent à droite, à la partie moyenne du poumon plutôt qu aux sommets.
Cette distinction bien élaldie, il ne sera plus question ici que de cette phtisie spéciale, a forme caséeuse, qui altère lentement la constitution
1. Rroussais. Histoire des phlegmasies chroniques t II » 17?,