‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 139 sur 304 · Mem.de t' Acad, de méd., 1865. ’ ’ P · texte numérisé non relu

Mem.de t' Acad, de méd., 1865. ’ ’ P

et affecte à tel point la santé générale des malades que Bourdillat proposait de lui donner le nom de « marasme des corps étrangers. » Après la toux qui est le symptôme primordial, l’amaigrissement est le phénomène le plus apparent ; reflétant la gène lonctionnelle. Bans tous ces faits, on est frappé de la similitude des accidents avec ceux de la phtisie et de leur succession bien réglée. 11 n’y a que l’iosue qui dillèie. car tantôt la guérison a lieu après l’expulsion, tantôt l’issue est latale, que le corps n’ait pas été rejeté ou que les lésions aient été telles, que la vie soit incompatible avec elle. Sur les 30 cas de Bourdillat, dans 23 la guérison eut lieu. C’est là un fait tout à fait particulier à ce geme d’affection et qui mérite d’attirer l’attention des chirurgiens. Je me bornerai à citer quelques cas. On verra ainsi que le développement de <c

genre d’accidents peut être assez rapide.

En 1804, Queneau de Mussv présenta à la Société médicale des hôpitaux une enfant de 8 ans qui avait avalé un noyau de prune et otlrif au bout d’un certain temps tous les symptômes de la phtisie piilmonaiie, elle ne recouvra la santé qu’après l’expulsion du corps étiangei. M. La borde a publié 1 une observation dans laquelle la similitude des symptômes était telle avec la phtisie tuberculeuse que le diagnostic erra pendant assez longtemps. Je la prendrai pour type de ce geme parce qu’un grand nombre d autres lui ressemblent.

Observation. Caillou avalé. Pseudo-phtisie. Expulsion spontanée. Guérison En 1862 entrait à l’hôpital des Enfants malades un enfant de 10 ans qui disait avoir avait* en jouant un caillou. 11 n’y avait pas eu d’accès initial de sulfocation, de sorte qu en présence des symptômes locaux, on ne tint pas compte des allégations. A la percussion on constata une matité notable du sommet du poumon droit en arrière; a l auscultation on entendait en ce point des bruits anormaux qne 1 on pouvait rapporter à des craquements, et un bruit de souffle, se manifestant surtout a l’expiration. Ces signes, joints a un état fébrile très marqué, à la nature de l'expectoration, aux sueurs nocturnes abondantes, à l’aff ublissemeiit d s forces, à l’amaigrissement progressif tirent croire a Bouvier, chef de service, à l’existence d’une tuberculisation aiguë. Le traitement tut institué en conséquence. Cependant les symptômes allèrent en s aggravant, et au rm îeu es phénomènes d’une acuité persistante, le malade en était arrive a un état d adynamie fait pour inspirer les plus vives craintes, lorsque l’enfant lut pris de rougeole. 11 eut de véritables accès de suffocation, et on constata dans le poumon, les symptômes d un catarrhe général: en proie à ces nouvelles complications, le ma a< citait aime au (eimei degié de l’épuisement lorsque quatre jours après l’invasion de la rougeole il fut pris d'un acrès de sulfocation d’une violence inaccoutumée à la suite duquel il expcctoia une assez grande quantité de matière purulente. Au milieu de u-lie ma.ièio se tiouvai un corps étranger rougeâtre qui était un caillou. Soulagement immédiat, eu a peu ous les symptômes généraux et locaux disparaissent et la guérison fut complète.

j. Ca-, méd 1868. p. 705.

Les hémoptysies manquent dans ce cas, mais elles ne font pas défaut dans le plus grand nombre. Quelquefois même, l’hémoptysie est pendant longtemps le seul symptôme appréciable, et, s’il n’y a pas eu d’accès initial, elle trompe infailliblement le médecin. Tel est, entre autres, le fait suivant :

Observation de Wertheimer. Hémoptysies multiples. Expulsion spontanée d'une vertèbre caudale de lapin. — Une femme de 58 ans fut prise de toux, d’hémoptysies et de point de côté à droite pendant six semaines. — Au bout de trois mois nouvelle hémoptysie subite. — Quatre mois plus tard hémoptysie violente et vomique renfermant une vertèbre caudale de lapin, complètement macérée munie d’apophyses, en partie rompues, en parties arrondies [Schmidt' s J ajirbücher .)

Si l’affection évolue rapidement comme dans l’exemple précédent, elle peut aussi marcher avec une très grande lenteur.

Observation. -- Une pièce de dix sols avait pénétré dans les voies aériennes d’un ami de Uupuytren. Elle resta indolente pendant cinq ans. llupuylren proposa la trachéotomie qui tut refusée. Parti pour l’Inde ce malade fut pris de phtisie et succomba divans après I accident; on trouva le corps étranger dans une caverne tuberculeuse.

( uupuytren . Leçons orales).

Les lésions produites dans le poumon ont été quelquefois constatées à

I autopsie. Au début, il n’y a qu’une induration pulmonaire qui fait place un peu plus tard à du ramollissement disséminé par loyers isolés. Ces loyers qui irradient autour du corps étranger peuvent se réunir de manière à constituer une poche remplie de matière caséeuse. Peu à peu, le corps étranger se trouve englobé dans la masse, soit primitivement par ulcération, soit après la rupture des petites collections circonvoisines dans les bronches. Ordinairement, quand l’ouverture de la collection a lieu, son produit se déverse dans les voies respiratoires, provoque une violente quinte de toux; l’expectoration de cette matière entraîne assez souvent le corps étranger et c’est de cette façon que la guérison a pu s’effectuer dans bon nombre de cas. Des lésions très avancées ont été constatées à l’autopsie dans un fait rapporté par Jean.

Observation. Autopsie d'un pseudo-phtisique par corps étranger des bronches. — I n homme de 20 ans entre à l’Hôtel-Dieu en 1876 et meurt au bout de deux jours Ton!

? SOmm®1 du P°u,n»n gauche est le siège d'une vaste caverne grosse comme le poin-

II y en a de plus petites au-dessous en communication avec les bronches, et qui sont for' mees par des dilatations bronchiques. Le poumon droit est sain. Au niveau du bord infé rieur du poumon gauche, dans la languette costo-diaphragmatique, on trouve une netil caverne e un corps étranger en os. Ce corps présente la forme d’ une petite ^sphère detix a sept inillunetres de diamètre terminée par une pointe effilée et ressemble à l’extrémité

d un porte-crayon ou d un porte-plume. Il n’y a de tubercules nulle part et une" ran.ification du parenchyme qui n’a pas été détruit f^t îi^rv », *. ,,

franche de h Let ll0mmc était mort d’une méningite

hanche de la convexité. (. Bulletin de la Société anatomique , 1876, p. 507 )

Le processus inflammatoire chronique est également bien décrit et caractéristique dans une autopsie faite par Leuret sur un aliéné. Ici, comme dans la majorité des cas, on retrouve ce contraste frappant entre l’état des deux poumons, et de plus des notions intéressantes sur les lésions des bronches.

Observation. Autopsie d'un aliéné par Leuret. — On trouva le poumon droit adhèrent à la plèvre costale dans presque toute son étendue; mais il était crépitant et presque sans aucune trace d’altération. Le poumon gauche adhérent à la plèvre costale était hépatisé et rempli de tubercules dont la plupart étaient ramollis. En coupant cet organe, on vovait des tubercules très nombreux, et en cherchant la cavité des canaux bronchiques on apercevait que la membrane interne de ce conduit était épaissie et rouge. On trouva dans la trachée un clou long d’un pouce et demi, et dont la tete allongée s’était engagée la dernière dans la bronche gauche où elle devait être relenue. La paroi de la bronche qui avait été en contact avec la tcle du clou était ulcéree et sa membrane interne détruite. — Le clou recouvert de mucosités était oxydé. ( Journal général de

médecine , t. 96, p.220.)

Un autre malade observé par Lanchester 1 2 mourut à la suite du déplacement d’un grain de tamarin, quatre mois après la trachéotomie. On trouva à l’autopsie une pneumonie chionique a\cc prolifération hbreuse interstitielle du poumon.

5° Hémorrhagies par lésion des gros vaisseaux. La violence < es

accès de suffocation et des quintes de toux peut être si grande que les corps étrangers projetés avec force contt e les parois s’implantent profondément au niveau du passage des gros vaisseaux et déterminent leur perforation. Une hémorrhagie fatale en résulte, comme dans un cas de Rokitansky dans lequel un petit corps pointu avait été aspiré dans la trachée et fut enfoncé dans le tronc innominé pendant une quinte

de toux1.

6° Phénomènes cérébraux consécutifs. — Hamburger a rapporte U11 fait très curieux dans lequel, après des symptômes initiaux presque nisignifiants, survinrent des troubles cérébraux développés très brusquement. A ce fait j’enjoins un autre qui peut en être rapproché, sans qu il sod possible actuellement de saisir les liens qui unissent ces troubles ( e l’encéphale à 1 obstruction d’une bronche. Cependant, la disparition des accidents qui a subi l’expulsion autorise à attribuer cet ellct lacheux à leur présence ; voici ces laits :

Observation. Accidents cérébraux guéris par l’ expulsion d'un pois. - b" ' de 70 ans eul une syncope en voilure, à la suite île laque e son u r seuse el obtuse ; amnésie" anorexie, faiblesse ; caractère triste, morose. Changement subit ,

1, British Medical Journal , 1877, p. 28.

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