‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 151 sur 304 · Lancet · texte numérisé non relu

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L’expulsion spontanée primitive par la plaie est le mode de terminaison le plus ordinaire. Ainsi on l’observe 02 fois sur les 91 cas de Durham el il y a des raisons mécaniques et physiologiques qui donnent 1 explication de cette circonstance. Déjà Favier, par une série d expériences intéressantes, avait démontré que, quand on introduit des corps étrangers dans la trachée des chiens, ils sont rejetés avec la plus grande facilité par la plaie trachéale béante1. Cela tient à ce que l’ouverture artificielle n’est pas susceptible de se contracter comme la glotte, et qu’elle offre toujours des dimensions beaucoup plus grandes et fixes. Mais une condition est indispensable pour qu’elle se produise, à savoir la mobilité préalable du corps étranger. Il faut même qu’il soit mis en mouvement par la colonne d’air qui pénètre et qui sort; en un mot, il ne peut être expulsé spontanément que pendant un accès Quand elle a lieu primitivement, l’expulsion ne se fait ordinairement pas attendre longtemps ; a peine 1 au a-t-il pénétre dans la Irachee, qu un accès de toux se produit, et c’est au milieu d’une de ces quintes que le corps mobile est rejeté violemment au dehors à travers les fentes de la plaie maintenue. béante.

L expulsion spontanée tardive se fait de la même façon ; mais elle est le mode d issue ordinaire des corps étrangers qui sont fixés momentanément dans les bronches ou dans la trachée. Ils ne sont expulsés qu’au moment où ils perdent leur fixité temporaire sous les influences les plus diveises, lnritation que cause leur présence le plus souvent. Aussi se fait-elle presque toujours dans les vingt-quatre heures qui suivent l’opération; on les retrouve sur les pièces à pansement, le lendemain ou peu d’heures après.

Sur les quatre-vingt cas de trachéotomie réunis par Bourdillat, l’expulsion tardive eut lieu quatorze fois, dont dix fois dans les vingtquatre heures et quatre fois beaucoup plus tard. Ces derniers faits s’expliquent facilement quand on se rappelle l’évolution ultérieure des corps étrangers fixes de la trachée et des bronches qui peuvent se mobiliser. Dans quelques cas, elle n’a eu lieu que plusieurs mois après l’opération.

L’expulsion par la bouche après la trachéotomie existait dans vim-tneuf faits réunis par Durham sur cent soixante-sept opérations, chiffre inférieur de moitié à celui des cas d’expulsion spontanée par la plaie. Sur un ensemble moins grand, Bourdillat était arrivé au même résultat : dix-sept cas d’expulsion par la bouche pour vingt-huit d’expulsion pri-

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