‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 152 sur 304 · Acad, de chir.. I. XIV, p · texte numérisé non relu

Acad, de chir.. I. XIV, p

mitive par la plaie. Tantôt elle a lieu pendant l’opération môme ou immédiatement après, tantôt elle se fait assez longtemps attendre. On s’explique assez difficilement l’influence heureuse que l’opération pratiquée sur la trachée produit sur la glotte : avant l’opération, celle-ci était contractée et ne permettait pas le passage du corps étranger; dès qu elle est achevée, l’issue se fait assez facilement; il est certain que la diminution du spasme, la sédation produite par la libre entrée de 1 air dans les voies aériennes, les modifications survenues dans le courant d’air trachéal n y sont pas indifférentes, sans qu’on puisse savoir comment s’effectue cette

heureuse influence.

Dans un fait particulier le docteur Sendler croit avoir trouvé 1 explication toute mécanique et assez séduisante du phénomène.

Observation. Grain de café dans les voies aériennes. 1 radicotomie ; expulsion p ai la bouche. — Un grain de café torréfié était tombé dans la trachée d un enfant de trois ans el demi. A l’expiration et pendant la toux, on sentait que le corps etranger était mobile. U y avait de la matitc à la base du poumon droit et des raies muqueux dans les quintes de toux énergiques. L’opération, qui avait été ajournée jusque-la lut pratiquée le cinquième jour. La section de la trachée fut faite à une demie ligne au-dessous du cartilage ericoïde. Au moment où on cherchait a introduire la canule, e arain de café fut rejeté par la bouche dans une forte expiration. Sendler pensa que î’ expulsion n’avait point eu lieu plus tôt, parce qu’aprèsUmcision, l’air ne pouvait entrer sans faire descendre le grain de café dans les bronches, qu’au contraire apres 1 operation, l'expiration se faisant seule par le larynx avait pu chasser le grain de café. L enfant fut guéri définitivement quatorze jours après.

Sous le nom (l’expulsion tardive par la bouche après la trachéotomie, il ne saurait être (|ueslion des faits dans lesquels l’expulsion a lieu apres la fermeture de la plaie trachéale, comme dans le cas suivant de Rendu.

Observation. Expulsion à'un haricot par la louche après cicatrisation de là trachéoZk - Un entant ,1e 5 ans avale une fève de banco.. Toux convulsive, dyspnee amélioration. Réapparition des symptômes les jours suivants. On fit In l.adieotonue mais rien ne sortit par la plaie. Le râle trachéal persistait. U plaie lut —e- -

liant 15 jours, puis abandonnée à elle-même se ferma vite. Les accès de suff, cal o reparaissent \u 79* jour, au milieu d’un accès plus violent, expulsion d un flot le matières muco-purulentès 1res fétides. Le lendemain répétition des memes accidents avec expulsion d une coque noire qui était l’épiderme d’un haricot et le totc^g™*. Accès

de toux quinteux persistants et crachats purulents. Amelioration lente. [k\c ./

raies de médecine A" série, t. XXI V.)

Il est évident que les choses se seraient passées de la même maniéré si l’on n’eût pas fait la trachéotomie, et on ne saurait ranger ect exemple dans la môme catégorie que les autres.

Enfin l’expulsion peut se faire peu de temps après l’opération, ou

ü près un temps plus ou moins long à la suite de manœuvres spéciales, (pii toutes ont pour but de provoquer la mobilité du corps étranger et de le taire passer soit dans le pharynx, soit dans la trachée, où il sera soumis a 1 action de l’air. Pour y arriver, quelques procédés particuliers ont été employés par les chirurgiens ; le plus simple de tous consiste à provoquer la toux, soit en introduisant dans la plaie trachéale une sonde (Mazier), soit les barbes d’une plume. Duchâteau réussit à provoquer l’expulsion en irritant la pituitaire1. Ces instruments n’agiraient pas toujours en irritant la muqueuse, mais encore en déplaçant le corps étranger, ainsi que tendrait à le prouver le fait suivant.

Obervation de Marcacci. Fève dans les bronches. — Trachéotomie. Déplacement avec une barbe de plume. — Une enfant de trois ans et demi avale une fève en jouant. Immédiatement cris, puis enrouement. Personne n’ayant remarque cet accident, les médecins pensent au croup et appliquent quatre sangsues sur le cou. La dyspnée augmente pendant la nuit, cyanose, sifflement à chaque mouvement respiratoire. Les parents font appeler les docteurs Marcacci père et fils. Le lendemain les médecins songent à la possibilité du séjour d’un corps étranger dans le larynx. — Trachéotomie indiquée. Malgré 1 opération, la dyspnée persite. Donc le corps étranger est situé audessous du larynx et de 1 incision. Le sang d une veine sectionnée entre dans la trachée; dyspnée à son paroxysme. Avec une pince recourbée, on retire trois fois des caillots de sang. Marcacci fils pratiqua la succion, on met l’enfant la tête en bas, le tout en vain. On intioduit une plume dans la trachée, dans Je but de provoquer la respiration et de nettoyei la trachée; on retire la plume. Issue du corps étranger. L’état d’asphyxie persiste malgré la respiration artificielle. Au bout de cinq à six minutes, première inspiration profonde. On ferme la plaie, l’enfant recouvre la voix. Guérison quatre jours après. L’auteur pense que la plume a dû déplacer la fève et l’entraîner. [Schmitd's Jahrbiicher 1876, v. 170 p. 271.)

Annandale, chez une petite malade qui avait une perle de verre dans les bronches, fit, faire une profonde inspiration et ferma la plaie en introduisant à plat le manche d’un scalpel dans la trachée. Cette irritation provoqua une expiration brusque, et à la seconde tentative le corps étranger fut expulsé.

On a aussi utilisé, la position horizontale qui jointe à la percussion, favorise les déplacements, le décubitus latéral (Pelletan), le décubitus abdominal, la suspension, et récemment un chirurgien anglais 2 insistait sur l’utilité de l’inclinaison du corps, la partie antérieure en haut, la tête en bas; elle permettrait de profiter de l’écartement plus grand de la fente glottique en arrière qu'en avant. Tous ces moyens peuvent réussir, et dans quelques cas ils ont donné de bons

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