Bull, de r Acad, de Médec., t. X, p
Jades à demander du secours, et l’extraction met un terme à leurs souffrances. Cependant, un petit nombre de faits permettent d esquisser ,e tableau de l’évolution ultérieure des corps étrangers qui séjournent dans le canal. Toutefois, la durée du séjour est fort variable, tantôt te que ques jours, tantôt de quelques mois; un invalide dont il sera question bientôt gardait une aiguille de matelassier dans son canal depuis deux ans! On a peine à comprendre comment des corps étrangers aussi luttants, aussi rigides qu’un objet de cette nature peuvent rester s, lontemps sans déterminer des accidents graves, car ,1 faut bien admette une tolérance relative puisque les malades ne se p aignen pas. < tient en partie à ce que le canal de l’urètre de l’homme est susceptible d’une certaine assuétude et de dilatation insensible. Ne voit-on pas quel degré peut atteindre celte dilatation quand on se rappelle les ampou es nui existent en arrière des rétrécissements un peu serre, de lurette. Dans le cas actuel il se passe un phénomène analogue, mais qui n ■> resse pas toute la périphérie du canal. Grâce a la dilatation 1
tion il se forme une poche adventice dans laquelle se pla 1 ,
un assc7 Ion- temps pour se produire, et ce qui le prouve bien, ce sont les dépôts calcaires qui couvrent ces corps, dépôts qui constituent toujours un revêtement circulaire et jamais partiel. Donc pendant c tain temps l’urine s’écoule entre le corps étranger et la muqueuse peu à peu celui-ci s’enfonce dans une loge qu il se creuse et il peut rester longtemps dans cette situation ; par suite de Paccumi. aticm es dépôts il pourra devehir irritant et provoquera alors une sent d ac dents' Le mécanisme de la formation de ces poches est bien démontré
par l’observation suivante.
Observation. - Aiguille de matelassier Z
talion. - « b" invalide do 76 ans .«U depu. 2 an /2 ^ « faisail
aiguille de matelassier qu ,1 avau u oduite par a0euie^ J ^ une con-
saillie au périnée : on incisa sur ■ et e c la 1’ j j ; éta(t adhérente. Cette concrétion friable et très poreuse, qu entourait l a ^uue ^ ^ ^ de pur4lre
crétion, du volume d une grosse olive, a < guérison en t mois. » I Société
de manière à ne point intercepter je cours des urines. - huenson en t
de médecine de Paris , t. VIII.)
Tous les exemples do tolérance relative se rapportent a des cas de corps étrangers arrêtés dans la portion périnéale de 1 urètre, et je n connais pas pour la portion pénienne. Cette particularité ne serait-elle ,)as la conséquence de l’immobilité dont jouit la première, compauc a
In mobilité incessante, aux changements de position, de volume, de loi igueui de la seconde? Le lait est (pic l’urètre pénien est fort mal disposé pom tolérer les corps étrangers, et que, sauf au niveau du méat, le
canal est loin de piésenter les dimensions qu’offre le cul-de-sac du bulbe.
lu corps étranger peut aussi se créer une loge dans la prostate ou à son niveau, d’après le même mécanisme. C’est grâce à ce travail spécial, que le malade observé par Olivarcz put conserver une aiguille pendant
seize ans dans sa prostate, sans avoir éprouvé des troubles fonctionnels graves.
Observation. Extraction cl'une grosse épingle ayant séjourné pendant 16 ans dans la prostate. — Un homme des Asturies avait commencé à se livrer à la masturbation dès l’âge de 13 ans, et bientôt il avait pris l’habitude d’exciter la muqueuse ure traie avec une épingle assez grosse qu’il retenait par la pointe. Un jour elle lui échappa et s enfonça dans le canal; malgré la gêne et les douleurs il cacha avec soin la cause de ses maux, qui ne l’empêchèrent pas de vaquer à scs occupations. 11 fil même un conge de / années; cependant les accidents devinrent plus sérieux et 16 années apres sa mésaventure, il vint chercher loin de son domicile un remède à ses souf- 1 rances. Olivarcz de \alladohd après un examen attentif, ne put découvrir aucune trace du corps etranger, et le toucher anal resta également muet. On ne put sonder le malade, car en meme temps que de violentes douleurs se produisait une contraction spasmodique qm empêcha toujours la sonde de franchir la portion membraneuse. Le malade indiquait le pcrinee comme le siège des douleurs. Il fut anesthésié et placé e pour la taille, on fit l’incision de la taille latéralisée, et on mit l'urètre â nu
; I„“dUC dcI,lus,cursrcenlimètrcs’ on nc buvait pas l’épingle; la partie supéiu re de incision fut agrandie au bistouri, et on ouvrit une tumeur située au niveau o la pr°s ate; il en sortit un sang noir et épais. Au fond de ce kyste, le doigt sentit a pointe de epmgle, qui lut extraite à l’aide de pinces. La pointe Élisait saillie dans le canal, et celle ouverture était maintenue béante par une coque calcaire qui entourait epmgle. - Guérison normale. Olivarcz de Valladolid (El siglo medico octobre 1805.)
I»e l'incrustation «les corps étrangers «le l’ urètre. — Quoi qu’il GU
soit (le ces explications, quand la tolérance existe, il se produit toujours, comme dans le cas précédent, une incrustation à la surlace du corps! Jout le monde connaît l’extrême rapidité avec laquelle les sondes à demeure dans le canal de l’urètre se recouvrent d’un dépôt particulier, d’abord grenu, puis plus consistant et toujours doué d’une odeur sut (jeneris fort désagréable. Les auteurs sont presque muets sur le mécanisme de formation de ces incrustations et se bornent à constater le fait qu’ils comparent volontiers à la production de dépôts blancs ammoniacaux à l’air libre sur les objets arrosés par l’urine. Est-il besoin d’insister pour montrer combien celte comparaison grossière est peu fondée? eut-on mettre en parallèle deux phénomènes dont l’un se passe à l’air
libre, tandis que l’autre est éminemment caché ! Je pense qu’il se produit ici, comme dans tous les canaux glandulaires, une irritation réflexe qui a pour résultat le changement dans la composition de l’urine. Ce n’est pas dans l’urètre ni dans la vessie qu’elle s’effectue, mais bien dans le rein lui-même dont la sécrétion change de nature. Je ne reviendrai pas ici sur les raisons qui m’ont porté à adopter cette explication; l’altération agit très rapidement, mais il est évident que le canal de l’urètre n’est pas, comme la vessie, un milieu bien favorable à la formation de dépôts successifs, et ceux-ci occasionnent des accidents longtemps avant qu’ils aient pu acquérir un notable accroissement. Aussi, les observations n’en sont-elles pas très fréquentes. Liston 1 a vu un calcul qui s’était formé dans l’urètre autour d’un anneau de cuivre. Beverwyck2, cite le cas d’un enfant qui s’était introduit une tige de renouée dans l’uretre i il se forma un calcul a chaque extrémité du coips étranger.
Observation. — Calcul formé autour d'une aiguille. — « M. Gueury a relire de l’urètre un calcul de 5 centimètres de long, ayant pour noyau une aiguille autour de laquelle s’était formée dans une longueur de 5 centimètres une concrétion calculeuse d aspect
Fig. 41. Calcul uréthral formé autour d’une aiguille, d’après M. Gueury.
mamelonné. La pointe de l’aiguille, libre de tout dépôt, était dirigée en arnèie. On la retira avec la pince de Ilunter à la deuxième tentative; elle siégeait au niveau du bulbe. » (Recueil de mérn. de médecine militaire) fig. 41.
Observation. — Tige de fer dans l'ur'etre. Séjour un an. Incrustation calcaire. — Le 20 mai 1849, Jouault fut appelé auprès d’un homme affecté dune rétention d’urine. Interrogé sur la cause, cet homme avoua qu’un an auparavant il s’était introduit une pointe de fer dans l’urètre, mais qu’une sonde aurait pu passer. On reconnut qu’il existait un corps dur, long d’environ 6 centimètres, occupant sur la ligne médiane, 1 espace qui s’étend depuis la commissure anale jusqu’à la racine des bourses. Les tentatives faites avec la pince de Civiale échouèrent, et on dut pratiquer une incision. A cet effet on fit saillir le corps étranger, et le périnée fut fendu d’un seul coup sur une longueur d’un centimètre et demi. L’extrémité du corps étranger parut alors entre les fèvres de la plaie et fut saisie avec une pince, mais les tractions les plus énergiques ne purent déloger cette pointe de fer. Force fut de prolonger l’incision, et l’extraction en fut alors facile. Ce corps s’était recouvert de concrétions calculeuses; sonde à demeure; réunion de la plaie par des bandelettes. Vers le huitième jour la sonde provoque un peu