‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 182 sur 304 · Gaz. niéd. , 1849, p · texte numérisé non relu

Gaz. niéd. , 1849, p

rétrécissements consécutifs, l’infiltration d’urine, et favoriser la réunion immédiate.

Faut-il anesthésier pendant l’opération? Les auteurs sont d’accord sur ce point ; il est évident qu’il y a utilité à se débarrasser des contractions inutiles des malades et de leurs mouvements désordonnés qui gênent les manœuvres, et peuvent encore avoir, comme dans le fait suivant, le grave inconvénient de faire passer le corps étranger dans la vessie :

Observation. — Sonde da7is l'urètre. Chute dans la vessie pétulant l opération. Extraction. Guérison. — Un homme de 40 ans faisait usage, pour se tiaitei d un rétrécissement du canaî de l’urètre, d’une bougie neuve, (orte et entière ; il gai da un jour sa bougie dans son lit et s’endormit. Lorsqu’il se réveilla, il ne vit plus de bougie; elle avait pénétré à 1 pouce du méat urinaire. Les manipulations qu il lit n aboutirent comme toujours qu’à l’enfoncer davantage. Un médecin appelé fit une incision au périnée pour l’extraire; mais les mouvements désordonnés du malade la firent tomber dans la vessie. On fut assez heureux pour la retirer le lendemain avec le percuteur d’Heurleloup. La petite plaie périnéale guérit bien.

L’opération est modifiée suivant qu’on la pratique sur la portion pénienne de l’urètre ou sur la portion membraneuse. Dans le premier cas, la verge étant relevée, on fait saillir le corps étranger entre les doigts et on incise sur lui parallèlement à l’urètre. Les tractions pour l’extraction doivent être très ménagées. La manœuvre opératoire diffère un peu quand le corps étranger est dans la région membraneuse, car il est plus difficile de trouver le point où il se termine, et quand il est en partie dans l’urètre, en partie dans la vessie, il faut nécessairement un conducteur pour aller ouvrir le canal. Si le corps étranger volumineux, incrusté, est facilement perçu, on incise sur lui directement en faisant une incision médiane de quelques centimètres. Quand, en introduisant le doigt dans le rectum on peut encore faire saillir une des extrémité» au périnée, on s’en servira encore comme conducteur; mais dans tous les autres cas, il est prudent d’introduire un cathéter dans l’urètre. Les uns ont employé une sonde métallique ordinaire, d’autres, une pince

de limiter, etc. .

Quelque soit l'instrument, l’incision de la peau et des premiers plans achevée, le chirurgien va à la recherche du conducteur ou du corps étranger et ouvre sur lui le canal. Par cette plaie, il introduit des pinces qui lui permettent de saisir et de pratiquer l’extraction du corps étrangei.

S’il y a des rétrécissements, il faut les dilater et cela par 1 urétrotomie interne. Cette manœuvre n’est pas toujours mdilferente : car NoUa a vu une attaque de rhumatisme apparaître à l’occasion de son

incision. Ce chirurgien, après avoir fait la boutonnière, s’arrêta parce que le fragment de sonde avait quitté l’urètrfe et était tombé dans la vessie. C est alors qu il songea à dilater par la plaie et qu’ayant introduit un lit hoti itcui il nussit à ramener le fragment de sonde par une de ses extrémités l.

Après l’opération, quelle est la conduite à tenir? Sur ce point, la tendance des contemporains diffère notablement de celle des anciens. De tout temps, on a été d’accord pour ne pas pratiquer la suture de la plaie, mais 1 entente cesse dès qu il s agit de mettre une sonde à demeuic. Autiefois la règle était de mettre une sonde à demeure pour faciliter la réunion par première intention de la plaie et éviter l’infiltration d’urine. Demarquay conseille encore la pratique ancienne. De nos jours, surtout par suite de l’énergique protestation de Richet, beaucoup de chiiuigiens sont davis que la sonde à demeure non seulement est inutile, mais encore a plus d'inconvénients que d’avantages. On met une sonde à demeure, d’après Richet, pour empêcher que l’urine ne s’écoule par la plaie; or, cela n’a lieu que si elle est débouchée, ce qu’on ne fait pas habituellement : il en résulte que l’urine passant entre elle et le canal peut aussi bien infiltrer la plaie. Il faut encore y ajouter toutes les sécrétions du canal, augmentées et viciées par la présence d’un corps étranger; en irritant la plaie, elles favorisent le développement de l’inflammation En second lieu, on a pour but, en mettant une sonde à demeure, d’empêcher la formation d’un rétrécissement. Or, l’expérience montre que la guérison sur une sonde se fait le plus souvent par suppuration, et ce n’est pas un bon moyen d’éviter les coarctions cicatricielles que de ne pas chercher à obtenir la réunion immédiate. Le professeur Richet supprime la sonde, abandonne la plaie à elle-même et ne pratique le cathétérisme qu’au bout de vingt-quatre heures, à moins que besoin ne. s’en fasse sentir auparavant. Holmes, Rirket, Maurice Perrin, etc., se sont rattachés à cette conduite, et c’est celle que je conseillerai ici, à moins qu’on ne soit forcé de placer une sonde à demeure s il y a incontinence d’urine ou cystite. En ce cas, selon le précepte ancien, on appliquera une sonde à demeure débouchée.

Demarquay et Parmentier disaient qu’ils n’avaient pu trouver un seul cas de mort après l’opération de la boutonnière. Ce jugement est malheureusement erroné. Sans doute les cas malheureux sont rares ; mais ils existent et j’en connais plusieurs dans lesquels l’opération a été suivie d accidents, d’infection urineuseou d’infection purulente. Dans celui de

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