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Traité des opérations sur tes voies urinaires

procédés de chaque méthode , en insistant sur les indications qu’ils remplissent. De cette façon, la thérapeutique est moins exclusive, et les substances qui rentrent dans plusieurs catégories en même temps seiont cxli ai tes par plusieurs procédés dont le choix est laissé à l’initiative du chirurgien.

1 Extraction j»ar les voies naturelles. — Cette méthode comprend un certain nombre de procédés divers, qui ont cependant quelques caractères communs. Tous en effet agissent sur le corps étranger au moyen d’instruments d’un assez fort calibre, et ils exigent par conséquent une prepaiation du canal. Il laut donc, par des manœuvres préparatoires, mettre l’urètre dans des conditions qui lui per-

mettent de supporter le passage des instruments et faciliter leur jeu dans la vessie au moyen d’injections convenables.

Manœuvres préparatoires. — La dilatation préalable du canal de l’urètre est une des précautions les plus indispensables, et qui se présente quelquefois avec urgence, quand on se trouve 4en présence de canaux anormaux, comme il arrive aux personnes qui ont des fragments de sonde ou de bougies dans la vessie. Beaucoup d’entre

elles se traitaient pour un rétrécissement du canal, de sorte qu’à la

difficulté de remédier à l’accident s’ajoute impérieusement la nécessité de fane une dilatation préalable. Quelle que soit la raison, il faut se rendre compte avant tout de l’état du canal , et cela au moyen d une bougie à boule ou d’une bougie conique. Après avoir déterminé d’avance sa dilatabilité, on l’habitue peu à peu au passage des instruments plus volumineux et à forte courbure , qui devront manœuvrer dans la vessie; mais il ne faut pas chercher sur l’urètre normal à dépasser un diamètre supérieur à 9 ou 10 millimètres; je montrerai plus loin les dangers et les inconvénients qui résultent de l’oubli de ces données. La dilatation est encore moindre, s’il s’agit d un urètre depuis longtemps malade ou si la sonde , pour arriver dans la vessie, traverse une prostate hypertrophiée, irritable, qui ne se prête pas volontiers au'passage des instruments litbotriteurs. Dans ce cas , il n’est pas prudent, comme on l’a fait quelquefois, de chercher à brusquer outre mesure la lésion première, à passer quand même, parce qu’on s’expose à de graves accidents; et l’extraction, déjà sérieuse par elle-même, devient alors une opération réellement dangereuse.

Civiale a fait la dilatation d un rétrécissement, avant d’extraire uu fiagment de bougie de la vessie, mais elle n’était pas suffi-

santé et, en retirant l’instrument et le corps étranger, celui-ci se brisa de nouveau au niveau du rétrécissement. A la rigueur, on peut appliquer à l’urètre de l’homme les trois procédés qui sont d’un usage fréquent et plus efficace pour l’urètre de la femme. Ce sont : 1° la dilatation lente et progressive au moyen d’un jeu de sondes; 2° la dilatation continue au moyen de sondes en corde à boyau, etc., laissées dans l’urètre; 5° enfin la dilatation brusque ou forcée au moyen des instruments dilatateurs ou divulseurs.

Quant à la préparation de la vessie, elle consiste généralement dans l’injection préalable d’une certaine quantité de liquides, ordinairement de l’eau, dans le but de la remplir et d’éviter d’en blesser les parois pendant les manœuvres des instruments, de se mettre ainsi à l’abri de ses contractions qui, d’autant plus énergiques que le corps étranger est en contact avec la paroi, empêchent presque absolument le jeu des pinces et des lithotriteurs. Quelques chirurgiens ont eu l’idée d’injecter d’autres substances que de l’eau, et cela d’après des vues personnelles ou pour favoriser la préhension dans certains cas particuliers. Ainsi Cazenave de Bordeaux conseillait d’introduire des liquides épais, mucilagineux, qui englobaient le corps étranger et l'immobilisaient un peu ; d’autres ont injecté de l’huile pour lubréfier les parois vésicales et favoriser le passage pendant l’extraction. Je ne signalerai que comme curiosité l’idée émise par Ségalas et qu’il a appliquée lui-même; elle consistait dans l’injection simultanée ou successive d’une certaine quantité d’air et d’eau, dans le but de faire surnager le corps étranger qu’il cherchait. On avait fait inutilement de nombreuses recherches pour découvrir un fragment de sonde long de trois pouces, devenu noyau d'un calcul et qui était encore tout incrusté lorsqu’il le retira : c’est alors que ce chirurgien imagina de faire des injections d’air et d’eau. Assurément, ce sont là des procédés d’exception curieux, mais qu’on n’imitera qu’avec la plus grande réserve, en se rappelant que l’introduction d’air dans la vessie n’est pas d’une innocuité bien démontrée.

Division. — La méthode d’extraction par les voies naturelles comprend des procédés qui se rangent dans deux groupes, suivant que le corps étranger est extrait entier, ou suivant qu’on le retire en fragments. Je les passerai en revue successivement.

1 Procédés dans lesquels le corps étranger est retiré entier.

— Tous les instruments mis à la disposition des chirurgiens pour remplir ce but appartiennent à l’une des trois classes suivantes :

1° Les préhenseurs simples;

2° Les redresseurs ou basculeurs ;

5° Les duplicateurs.

1" Préhenseurs simples. - Ils ont pour but do saisir le corps étranger par une de ses extrémités et de l’extraire en le retirant suivant son grand axe. La préhension à peu de distance de ses extrémités est une condition indispensable si le corps est long, et qui ne l’est évidemment plus s il est ovoïde sans diamètre prédominant.

Le nombre des préhenseurs est très considérable ; beaucoup d'entre eux, par suite de perfectionnements successifs, ont disparu de sorte qu’il serait oiseux d’entrer dans des descriptions spéciales pour des machines surannées. Les anciens possédaient déjà quelques instruments qui leur permettaient d’extraire des corps étrangers de la vessie par les voies naturelles. D’abord on s’est servi de crochets, d’anses métalliques, qui n’avaient aucune précision, agissaient à l’aventure et réussissaient quelquefois a extraire des corps longs, surtout quand ils se présentaient avec une extrémité renflée retenue par le crochet Morga gui nous a transmis un exemple de ces heureux résultats obtenus au moyen d un instrument appelé crochet de Volpi, du nom du chirurgien « qui se servit d’un fil de fer très poli dont il avait courbe l’une des extrémités en forme de petit crochet et presque d’anneau, de telle sorte qu il pouvait prendre l’aiguille sans blesser la vessie, et que celle-ci une lois prise, sa petite tète empêchait qu’elle ne s’échappât. »

Je ne mentionne qu’en passant le crochet de Loiscau et les succès fortuits obtenus avec l’œil d’une sonde métallique, dans lequel un corps long et de petit volume s’était engagé par hasard. Leroy d’ÉtiolIcs a été assez heureux pour extraire ainsi une branche de brise-pierre qui était restée dans la vessie d’un enfant de six ans ‘. Ce fait n’est pas unique; mais jamais de semblables exceptions ne pourront servir de base à une thérapeutique sérieuse.

Un second groupe d’instruments comprend toutes les pinces à ressort, depuis la pince de Ilunter coudée et adaptée par Dcsault aux corps etrangers de la vessie, les anses métalliques glissant dans une canule ( ruithuisen, J. Cloquet, Jacobson, serre-nœud prostatique de Leroy) jusqu’aux instruments plus perfectionnés de Civiale, d’Asbmeads.

Déjà Ma ri a nus Sanctus avait imaginé de longues pinces à charnières res minces et très longues, se manœuvrant avec une vis latérale.

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