‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 201 sur 304 · Leroy d’Etiolles. Recueil de lettres et mémoires · texte numérisé non relu

Leroy d’Etiolles. Recueil de lettres et mémoires

A. Cooper se servit d’un instrument analogue. Le vésical à quatre de Franco, les alphonsins de Ferry établissent une transition entre le précédent et les pinces à ressort de Desault. Un des instruments de ce genre le plus perfectionné est assurément le trilabe de Civialc. Il se compose d’une canule externe, d’une pince à ressort à trois brandies placée à son

intérieur, enfin d’un mandrin central qui sert, quand il est poussé dans un sens, à s’assurer de la préhension, dans un autre sens, à augmenter l’écartement des branches. De tous les instruments anciens, c’est assurément celui qui a rendu les plus grands services. Il a été lui-même modifié de mille façons, surtout dans la disposition des mors delà pince. Si l’on veut avoir une idée de l’ingéniosité des chirurgiens, il faut lire les modifications diverses de cette classe de l’arsenal chirurgical dans les traités spéciaux. Ashmead est allé jusqu’à établir un mouvement d’opposition entre l’une des branches et les trois autres, de façon à simuler une main.

Dose réussit à retirer un haricot de la vessie à l’aide d’une sorte de porte-nœud de Desault bifurqué et terminé par deux demi-anneaux l.

Mais bien autrement intéressante est la classe des pinces à coulisse dont le type primitif se retrouve dans le bec de perroquet légendaire d’A. Paré et dont le type le plus parfait actuel est représenté par les lithotritcurs d’Heur- „ ... . .... . .. tel ou p, de Charrière, etc. 11 faut encore

pour l’extraction des corps étrangers de ajouter que la combinaison des pinces à

charnières et des pinces à coulisses, réalisée par les pinces à leviers brisés, donne aux instruments modernes une supériorité qui explique la brièveté avec laquelle j ai dû parler des in-

Fig. 58 t 59.

\, Gaz. mèd ., 1853, p. 642.

struments anciens. Toutes ces pinces, quel que soit leur nom, se composent de deux parties qui glissent l’une dans l’autre à frottement doux au moyen d’une coulisse. La branche interne porte le nom de branche male par opposition a l’externe ou branche femelle. Les extrémités ont presque seules subi un grand nombre de modifications suivant les besoins, les cas particuliers, etc. Tantôt les cuillers sont droites- le plus souvent elles sont courbées, pleines ou fenêtrées ; ici, elles sont plates, la elles sont creuses; les uns préfèrent des mors, d’autres de simples cannelures. Enfin les modifications portent encore sur la largeur relative des cuillers, dans le but d’éviter le pincement de la muqueuse et sur l’autre extrémité de l’instrument qui peut être graduée, munie d’un percuteur, d’une pièce fixatrice, etc.

Le percuteur dlleurteloup est encore le préhenseur le plus employé

pour extraire les corps étrangers, surtout les petits modèles, qui

servent pour les enfants. Une branche mâle glisse dans la coulisse

cl une branche femelle; loutes deux sont terminées par un bec recourbé

et s’adaptent de manière à donner à l’instrument l’apparence d’une

sonde coudée ordinaire. Le mouvement des deux branches l’une sur

autre est assure au moyen de deux pièces qui se trouvent à l’autre extrémité.

Une autre modification a rendu quelquefois service : elle consiste à faire traverser le bec de la branche femelle par la branche mâle, qui se meut ainsi sans que la première quitte son immobilité.

Avant de se servir des préhenseurs, le malade est placé dans une position convenable, comme pour la lithotritie ordinaire, couché sur le dos, la tete un peu élevée, les jambes à demi fléchies et écartées, en ayant soin de faire relâcher tous les muscles. L’anesthésie est utile si 1 opère est excitable, très sensible, cl; si, par peur ou autre cause, il nuit aux manœuvres préliminaires; mais souvent les malades dont on connaît la résislance ou la susceptibilité, grâce aux manœuvres préparatoires, supportent bien les tentatives d’extraction.

1° Préhension d'un corps ovoïde de petit volume. — Oucl que soit I instrument employé, il est introduit à la façon ordinaire après l’avoir préalablement huilé; on le fait pénétrer fermé dans la vessie. Quand d y est arrivé, il faut aller à la recherche du corps étranger, ef pou cela se servir des indications fournies par les explorations antérieures, incliner l’instrument dans un sens ou dans l’autre, jusqu’à ce que le corps arrive en contact. Le plus souvent, c’est dans le bas-fond ae la vessie, c’est-à-dire en bas et en arrière qu’il sc rcnconlrc de

préférence. Ce contact n’est pas toujours un choc net comme avec un calcul ou un corps dur; mais si l’on perçoit quelque chose, l’opérateur

Fig. 63. — Bec de lithotriteur pour l'extraction des corps étrangers delà vessie.

ouvre l’instrument en immobilisant la branche male et poussant la branche femelle et en abaissant un peu le talon de l’instrument. Le corps est-il mobile, il vient se placer de lui-même dans la concavité de la

Fig. 61. — Petit lithotriteur pour l’extraction des corps étrangers de la vessie.

branche femelle. On ferme le préhenseur en poussant la branche mâle à la rencontre de l’autre maintenue fixe. Telle est la manœuvre classique ; le corps étranger peut rester sous l’instrument, auquel cas on doit incliner la pince latéralement; le même résultat est obtenu en

Fig. 62. -Brise-pierre de Guyon très utile pour l’extraction des corps étrangers de la vessie.

(Modèle Collin.)

faisant changer la position du malade et en l’inclinant un peu sur le côté ou par la manœuvre indirecte de Guyon. Le corps une fois saisi, on retire doucement le lithotriteur, si l’écartement des becs ne dépasse pas 9 ou 10 millimètres. Dans le cas contraire il faudrait abandonner les tentatives et recourir à d’autres procédés. D’ailleurs cette manœuvre ne diffère en rien de la préhension dans la lithotritie ordinaire, et je renvoie le lecteur aux traités spéciaux.

2° Corps étranger allongé. — Les choses sont bien différentes quand il s’agit d’un corps allongé, mou, llexible, rigide, etc. Ici Ton doit saisir le corps étranger par une de ses extrémités pour le placer dans Taxe du canal. Ce ne sera jamais qu’un hasard pour tous les corps étrangers mous, qu’on se serve d’une pince, d’un litholabe ou d’un lithotriteur

à mors plats. Comme rien n’indique à l’opérateur si l’instrument saisit 1 une des extrémités d une sonde ou le milieu, il ne peut qu’agir aveuglément. Il n en est plus de même pour les corps rigides, surtout depuis les judicieuses observations laites par Caudemont1 sur l’inclinaison du lithoti iteui quand on exerce une traction après la préhension. Cet obseivateur est arrivé empiriquement à des conclusions justes et admises pai les auteuis les plus modernes, toutes les manœuvres opératoires

Fig. G3. — Bac de lithotri tear pour l'extraction des corps allongés.

qu il conseille sont Fondées sur le principe suivant : quand, après avoir saisi le corps étranger, on exerce des tractions sur l’instrument, celui-ci subit une inclinaison latérale, et la cannelure de la branche femelle se trouve toujours du côté le plus court du corps étranger. Si l’on a saisi ce dernier par son milieu, l’instrument reste droit; mais s’il est saisi près d’une de ses extrémités, en le retirant, la main qui le tient éprouvera une résistance plus grande d’un côté que de l’autre, et le litbotritcur s’inclinera du côté de la plus courte portion. La connaissance de ce fait est des plus utiles, parce qu’il suffit ensuite d’une petite manœuvre assez facile pour glisser l’instrument jusqu’à l’une des extrémités. Pour y arriver, on retire un peu la branche mâle sans bouger la branche femelle contre laquelle s’appuie la tige. Ensuite on incline le litbotritcur vers l’extrémité la plus proche; la branche mâle repoussée fixe de nouveau le corps étranger. Si celui-ci est saisi par son extrémité, dès qu’on exerce des tractions, en retirant le bec de l’instrument il se produit un mouvement

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