Courty. Ai' ch. de médecine , 1851, lévrier
1 instrument et le corps étranger ployé. La fenêtre di» bec femelle est destinée a pei mettre a la partie convexe du bec mâle de s’y engager.
P.n ce qui piécède on peut voir que chacun de ces instruments a ses indications spéciales, l’un étant exclusivement réservé aux corps étranger^ longs, flexibles cl durs ; l’autre, à ceux qui sont très souples. L’expéiience a montré que l’instrument de Mercier est très utile dans la pratique, et que pour les sondes, il est préférable à tous les autres du meme genre. Mercier a lait remarquer que les duplicateurs, avant d’être employés, devaient toujours être essayés sur un corps de même nature
que celui qu il faut extraire; autrement, on s’exposerait à le briser sans atteindre le but.
2 Procédés dans lesquels le corps étranger est retiré en fragments. — A côté des nombreux procédés qui précèdent, il faut placer ceux qui ont pour but d’extraire le corps étranger après l’avoir mis en morceaux. S il est friable, comme une concrétion calculeuse, on le broie; si, au contraire il présente une certaine résistance, comme un morceau de bois, on le coupe en fragments qui seront beaucoup plus facilement extraits avec les instruments préhenseurs ordinaires, ou bien seront, à la façon des petits graviers après la lithotritie, rejetés spontanément par le canal de l’urètre. Quand bien même le corps étranger n’est pas divisé, le broiement d’une concrétion qui l’entoure est toujours, s’d est facile, une manœuvre utile, parce qu’elle permet le dégagement du corps lui-même, et rend possible son extraction par les voies naturelles.
Le corps étranger est-il entouré d’une concrétion, on doit se servir de 1 un des brise-pierres ordinaires sans qu’il soit nécessaire de s’armer dun instrument spécial. Mais si le corps doit lui-même être divisé, il laut nécessairement employer des instruments convenablement disposés non plus pour écraser, mais pour broyer. Les premières pinces de ce genre ont été imaginées par Leroy d’ÉtioIles et Civiale; elles portent les noms de litholabos incisifs. Sauf quelques petites modifications de détail, elles se composaient d’un litholabe simple, dont la branche mâle au lieu de présenter dans sa portion courbe un bord inférieur crénelé offrait nn bord à deux tranchants latéraux séparés par une rainure ; chaque fois 1 instrument fait trois morceaux. Ces instruments, qui rendront encore de grands services, ont été un peu modifiés quant à leur disposition, et 1 on a fabriqué des brise-pierres porte-à-faux très puissants : tel est, entre autres, le sécateur cle Caudemont. Comme dans tous les porte-à-faux, le mors femelle présente une grande fenêtre sans dents sur les bords.
Le bec mâle taillé en biseau coupant, vient s’adapter quand on ferme l’instrument à un autre biseau de la branche femelle, de manière à représenter un fort ciseau ou pièce coupante. La manœuvre comprend
deux temps : dans le premier on saisit le corps étranger comme dans toute extraction, dans le second on serre les becs et on le coupe; seulement, tandis que l’un des fragments tombe dans la vessie, l’autre reste retenu entre les mors. On peut l’extraire immédiatement s’il n’est pas trop dur et s’il est convenablement placé ; l’opérateur recommence l’opération un certain nombre de fois.
Ce procédé n’est pas applicable à tous les corps étrangers, parce qu’il y aurait danger à fragmenter des corps tranchants ou pointus comme les aiguilles ou les tubes de verre. Ensuite, il en est un certain nombre qui, comme le cuir, le drap, se prêteront mal à ces essais. On doit donc restreindre la division des corps étrangers, en dehors du broiement des concrétions, aux corps longs qui ne peuvent pas être facilement extraits par une de leurs extrémités comme un morceau de bois, qui ne plient pas, ou bien pour des corps qui, comme certaines sondes, une fois pliées, seraient dans l’impossibilité par suite de leur diamètre de traverser l’urètre. Mais il ne faut pas s’illusionner outre mesure sur la valeur de ce procédé. Quand on est forcé d’arriver à la fragmentation, un long temps est nécessaire pour que la vessie soit complètement débarrassée. Cependant des exemples authentiques prouvent que l'expulsion a été obtenue. Ainsi Birkett 1 raconte qu’il eut à soigner un homme qui avait une bougie dans la vessie; il introduisit un lithotriteur et réussit à mettre le tube en morceaux qui furent rendus avec l’urine. Cuérison. — Chaumel a pu également fragmenter un pampre de vigne égaré dans la vessie d’un vigneron. Cet homme mourut; mais il avait déjà rendu plusieurs fragments, et le malade avait réussi à en attirer un au dehors à l’aide d’une anse de crin tordue qu’il s’introduisait à cet effet par l’urètre.
Fig. 70. — Sécateur de Gaudemonf