‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 207 sur 304 · Holmes. A. Système of Svrgery. 1801, t. II · texte numérisé non relu

Holmes. A. Système of Svrgery. 1801, t. II

2Û Extraction par les voies artificielles. Taille. — J’ai déjà dit

ailleurs que la taille était presque le seul mode de traitement exclusif des corps étrangers de la vessie avant l’emploi des divers extracteurs. Depuis 1850 elle n csl plus qu’une méthode de nécessité et n’est pratiquée (pic quand les autres procédés d’extraction par la voie naturelle ont échoué ou bien sont absolument contre-indiqués. Quand le corps étranger est depuis longtemps abandonné dans la vessie, quand il s’est recouvert de concrétions calcaires épaisses et dures, surtout si l’on sait que le noyau est un corps métallique comme un porte-plume, il faut de prime-abord renoncer à l’extraction simple et recourir à la taille. En etfet, dans ces cas, les manœuvres nécessaires pour le broiement de la concrétion sont fort dangereuses pour les parois vésicales, d’autant plus qu’elles exigent un peu de force, et que rien ne peut renseigner sur les dégâts commis par les pointes d’un calcul fusiforme. De même, si la vessie est en mauvais état, si les reins eux-mêmes commencent à éprouver le retentissement des lésions des organes urinaires inférieurs, la taille est encore indiquée. Entin il y a des corps étrangers qui peuvent également être extraits suivant les circonstances par l’une ou l’autre voie; j’aurai l’occasion de revenir bientôt sur les avantages et les inconvénients comparés des deux méthodes.

La taille étant décidée, quel procédé faut-il employer de préférence? Ici, il faut considérer deux cas ; suivant que le corps étranger est depuis peu de temps dans la vessie ou suivant qu’il est devenu le centre d’un calcul volumineux. Dans le premier, il ne sera pas nécessaire de faire de larges incisions urétrales et prostatiques, parce qu’on va facilement à la recherche du corps étranger au moyen d’instruments spéciaux; dans le second, au contraire, l’extraction est très difficile, surtout quand un corps étranger ignoré se place en travers du col vésical, forme là un obstacle insurmontable, ou devient la cause de graves désordres.

Pour les corps étrangers récents, on se servira de la taille médiane telle que la pratiquait Marianus Sanctus; ensuite, après l’incision cutanée et l’ouverture du canal suivant les règles, on pourra appliquer utilement la dilatation par le procédé de Dolbeau, qui donnera aux pinces, tenettes, forceps vésicaux, basculeurs, redresseurs, etc., un jour bien suffisant pour leur permettre d’agir. En Angleterre, on emploie beaucoup le procédé dit d’Allartort, qui n’est qu’une modification de la taille médiane de Marianus Sanctus. Porter fait l’incision cutanée d’arrière en avant par transfixion.

Au contraire, si le corps étranger est très irrégulier ou volumineux,

le chirurgien s’adressera de préférence aux procédés qui donnent beaucoup de jour, comme les tailles latérale, prérectale, et il incisera largement la prostate suivant deux de ses diamètres latéraux ou obliques. Dolbeau fit la taille médio-bilatérale pour extraire un corps étranger qui, devenu calculeux, mesurait plus de trois centimètres1. Quelquefois l’incision de la prostate, dans les cas de calculs volumineux et engagés par des pointes, a présenté de grandes difficultés, parce qu’on ne pouvait pas introduire le lithotome ou bien, après son introduction, on ne parvenait pas à l’ouvrir. C’est ce qui faillit arriver à Fleury de Clermont dans un cas où une alêne de cordonnier incrustée occupait la vessie2 *. Il serait bon en pareille occurrence de se résoudre à débrider la prostate avec un long bistouri boutonné. Després5 a proposé de se servir de la taille rectale pour extraire les corps étrangers en incisant sur le corps quand il fait saillie; mais alors c’est une boutonnière et non une taille. Si l’on fait la lithotomie régulière, il faudra inciser l’urètre au-dessous de la prostate et l’on ne voit pas alors les avantages de cette taille rectale, ou bien faire une taille recto-vésicale, qui intéressera souvent les vésicules séminales et le péritoine. Comme le faisait justement remarquer Tillaux, il y aurait danger à se servir d’un semblable moyen.

L’opération n’est en elle-même qu’un premier temps qui doit toujours être suivi d’un second, l’extraction. Après l’ouverture de cette voie artificielle, l’extraction a beaucoup d’analogie avec celle qu’on pratique dans la vessie de la femme par le canal de F urètre. Les mêmes moyens, les mêmes instruments sont utiles. Si le corps étranger est de petit volume, ovoïde, comme une fève, un noyau, de petites tenettes, des pinces courbes ou droites suffiront largement. Il faudrait s’adresser aux basculeurs, aux redresseurs, à la pince de Mathieu, à celle de Leroy d’Étiolles. On les introduit dans la vessie sur le doigt ou un gorgeret. Pour les épingles, l’instrument de Reliquet sera très utile.

Le grand point est de ne pas blesser les parois pendant la manœuvre, et de savoir apprécier les mouvements qu’on imprime à l’instrument. Quelquefois le toucher rectal a rendu des services et a permis de saisir un corps étranger qui fuyait les pinces. Ce serait une erreur de croire, comme l’avancent quelques auteurs, que cette extraction se fait toujours facilement; car des opérateurs habiles ont échoué et pendant plusieurs jours, surtout quand le corps était mou et ne donnait pas une sensation

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