CHAPITRE II
SYMPTOMES ET ACCIDENTS PRIMITIFS
Il y a de si grandes divergences entre les différents corps étrangers et
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les symptômes auxquels leur présence donne naissance, qu’il y a lieu de faire une distinction entre ceux qui, comme les verres, les bouteilles, etc., provoquent d’emblée des troubles fonctionnels, et ceux qui sont bien tolérés par le canal vaginal. 11 faut absolument éliminer de ce chapitre tous les pessaires introduits dans un but chirurgical et qui non seulement sont bien supportés, mais encore apportent souvent du soulagement à des douleurs anciennes, et à des troubles fonctionnels très accentués ; toutes les bobines, les éponges, etc., dont l’innocuité primitive est absolue et dont le séjour est parfaitement compatible avec le maintien de la santé. Les symptômes et les accidents produits par la présence des corps étrangers de gros volume sont de trois ordres : 1° des symptômes subjectifs; 2° des troubles fonctionnels; 5° des symptômes objectifs.
lu Symptômes subjectifs. — La douleur apparaît de bonne heure après l’introduction des corps étrangers volumineux, et elle ne disparaît presque jamais tant que ceux-ci persistent. Elle est due à la pression des parois du vagin sur les angles saillants et en même temps à la dilatation anormale.
Cette douleur est très difficile à définir et les auteurs ne sont pas explicites sur ce point dans leurs observations. C’est en même temps un sentiment de pesanteur, une souffrance gravative qui se rapproche du ténesme vésical et rectal et donne de faux besoins aux malades. Il doit s’y joindre en même temps la douleur produite par l’irritation du vagin, qui succède promptement à l’introduction, et celle qui résulte de la contraction permanente de la tunique musculeuse. Elle s’irradie dans les reins, le périnée et les cuisses, et a beaucoup d’analogie avec la souffrance des femmes enceintes au moment où la tête va se présenter à la vulve.
2° Troubles fonctionnels. — Les phénomènes de compression provoquent desaccidents de voisinage assez sérieux etqui pourraient être graves, s’ils persistaient. Ce sont des rétentions d’urine et de matières fécales, consécutives à la gêne apportée à leur expulsion. De même encore, on pourra observer des troubles de la menstruation par le seul fait de l’obstruction du vagin, qui ne permet plus l’écoulement des sécrétions et des liquides formés au-dessus du point occupé par 1 obstacle. Ce n est pas toujours immédiatement après l introduction que les accidents de voisinage apparaissent, mais au moment où la réaction provoquée par le séjour du corps étranger commence. En effet, à la pression déjà très forte due à l’objet s’ajoute celle qui résulte du gonfiemenl de la muqueuse et du
tissu cellulaire sous-muqueux, de sorte que, de proche en proche, l’obstruction du canal excréteur de l’urine peut être complète. Assez rarement la rétention des matières fécales est absolue, comme dans un fait rapporte par Hagard, et même au bout de peu de temps, sans aucune intervention chirurgicale, le cours des selles se rétablit, avec des intermittences de constipation et de diarrhée. Il se forme des amas de matières qui sont rejetées en masse au moment des débâcles
Du côté de la vessie, la rétention première disparait, ou bien elle aboutit a une incontinence fort douloureuse, fort gênante. An début, tous les eflorts de miction n’aboutissent pas et déterminent une exacerbation des douleurs vésicales et rectales; un peu plus tard, la vessie perd en vains elforts sa force contractile ; l’urine coulant goulteà goutte s altéré, devient fortement ammoniacale, s’écoule sur les parties géni-
tales qu’elle irrite, enflamme, et ne tarde pas à exhaler une odeur infecte.
Maigre cela, la souffrance qui en résulte n’est pas suffisante pour
lorcer les malades à confier leur histoire au médecin, et presque toutes
ne s y décident que beaucoup plus tard, quand les accidents consécutifs ont paru.
5° objecte. L’irritation provoquée par la présence du
corps etranger produit une augmentation et en même temps une altération rapide de la sécrétion vaginale, qui devient nauséabonde d’abord et ensuite muco-purulente au bout de peu de temps. Peu à peu, les organes génitaux externes se tuméfient, et le doigt introduit dans le vagin peimet de reconnaître un bourrelet muqueux volumineux dont il est
' 'm?‘ ® de S T1,(Iuer ^origine, si on ne sait pas la nature de l’accident et si le corps etranger creux est ouvert du côté de la vulve, comme un veire a joue. Le bourrelet est formé par la muqueuse vaginale boursouflée en avant du bord antérieur de l’objet. Si l’objet est plein, ou si la partie est dirigée en dehors, le doigt rencontre un obstacle anormal convexe, presque absolument fixe, et dont il est impossible de déterminer es contours, tant est grande la puissance de constriction qui
le presse. La vessie pleine d’urine fait saillie au-dessus cm pubis, où la peicussion la délimite très bien.
Les accidents primitifs provoqués parla présence des corps étrangers Pointus sont un peu différents, parce qu’ils agissent d’une autre manière, en produisant une douleur et souvent une lésion de la paroi en 11 point bien localisé. Si le corps étranger est pointu, il peut se propre de suite une perforation qui survient de façons fort differentes
Cl 2 TRAITÉ DES COUPS ÉTRANGERS EN CIIIRURGIE.
suivant les cas. Quand le péritoine est lésé, une péritonite mortelle se déclare , emporte rapidement la malade, dans le plus grand nombre des cas. D’autres lois, après la perforation, le corps étranger chemine insensiblement dans le tissu cellulaire du petit bassin pour aller plus ou moins loin provoquer d’autres accidents. Mais il est rare que ce passage se fasse dès le début, et j’en renvoie l’étude aux accidents consécutifs.