‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 215 sur 304 · Gaz. des Hôpitaux · texte numérisé non relu

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r oblitération de l’organe. Dans quelques faits, celte disposition a presque été réalisée, tant la tuméfaction et les fongosités étaient développées. Bérard a rapporté le fait d’un pessaire qui séjournait depuis vingt-cinq ans dans le vagin el qui avait à la longue produit l’oblitération presque absolue. Au lieu du vagin ordinaire, il ne restait plus qu’un cul-de-sac qui communiquait avec le reste de la cavité et le corps étranger par un petit pertuis placé à la partie supérieure. D’après l’observation, ce serait cetle partie qui viendrait proéminer davantage, et peut-être les efforts de défécation, les tentatives du malade n’y sont-iis pas indifférents. C'est le contraire qui se produit à la lin de l’accouchement normal.

Les fongosités sont très développées quand le corps étranger siège au fond du vagin : j’aurai bientôt l’occasion de rappeler à quelles erreurs elles ont pu donner lieu ; quand le corps étranger est creux comme les pessaires, certains verres, elles pénètrent dans l’orifice laissé libre et contribuent encore à l’illusion.

Les exemples de perforation sont relativement nombreux; tantôt ils intéressent la vessie, l’urètre et le rectum isolément, tantôt en même temps; en compulsant les observations, il ressort que cette dernière variété est la moins fréquente. Dans un fait de Deneux, la perforation de la cloison recto-vaginale avait été déterminée par la tige même d’un pessaire à bilboquet. La couronne se trouvait retenue par les végétations ; elles formaient une masse qui représentait assez bien un cliou-tleur, permettait à peine et seulement dans deux endroits de toucher le corps et les branches du pessaire1. Le mécanisme de ces perforations par gangrène est des plus simples. Les muqueuses vaginale, urétro-vésicale et rectale se trouvent longtemps et constamment comprimées entre le corps étranger d’une part et la paroi osseuse du petit bassin. 11 en résulte un sphacèle localisé qui aboutit à la formation lente d’une perte de substance et d’une communication artificielle entre la vessie, le vagin, hi rectum.

Observation de Laroche , chirurgien aide-major de l'hôpital de la garde royale. Pessaire. — Une villageoise de cinquante-six ans avait été affectée pendant fort longtemps d'une descente de matrice. Après avoir, pendant près de seize années, négligé cet accident, elle vint en 1808 consulter Janin qui lui appliqua un pessaire en ivoire, à bilboquet, et il ne manqua pas de lui recommander de l’oler de temps en temps pour le nettoyer. La peur de se blesser dans cette petite opération, l’incurie de la plupart des gens de la campagne et probablement la crainte de payer à son chirurgien quelques faibles honoraires tirent qu’elle oublia ou laissa le pessaire. feulant quatre ans elle

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