Journal général de Médecine, 1822, t. LXXVI1I, p
(ravaillii a la vigne, ne s aperçut de rien. A ce moment le pessaire s'inclina en arrière Au bout de huit ans elle commença à éprouver une difficulté passagère, tantôt de rendre ses urines, tantôt daller à la selle. Pendant trois ans elle resta dans cet état. A la fin, vaincue par le mal, sentant chaque jour augmenter la difficulté et la douleur quelle avait a rendre ses excrements et quelquefois ses urines, convaincue d’ailleurs qu’une partie des inatieres focales s’échappait par la vulve, en proie à la plus dégoûtante mal propreté, elle vint trouver Je chirurgien. Janin trouva la partie supérieure du pessaire inclinée en arriéré, et plus de la moitié du pavillon pénétrant dans le rectum par où on la sentait nettement. Les premières tentatives échouèrent. D’après l’avis de Percv et de \ dlerme, on débrida au bistouri pour dégager le pessaire des fragments qui le retenaient. Apres 1 opération la malade fut en état de faire un bon quart de lieue pour retourner chez elle. Peu a peu les excréments reprirent leur voie ordinaire • au bout d un mois, une petite fistule persistait seule.
La moitié du pavillon qui était dans le rectum était recouverte d’aspérités de couleur noire, très fétides qui recouvraient des cristallisations nacrées. La tige, arrêtée dans un repli du vagm, est surmontée par une incrustation pierreuse, ayant l sa partie inferieure une facette légèrement convexe, d’un pouce d’étendue. (, Journal général de médecine , 1822, t. LXXVIII, p. 200.) '
Schmücker a cité un lait analogue au précédent: le pessaire lut retiré «tu bout de dix ans; la malade guérit avec une perforation du rectum.
La proximité du pubis, sa forme, sa disposition, expliquent suffisamlumt pomquoi les perforations urinaires sont les plus fréquentes. Une lots formées, les fistules ne font que s’accroître, de sorte que la commu u ica li on peut devenir très large. Le passage des liquides et des matières est ordinairement la règle à la suite des perforations; mais il n’existe pas toujours, et Dupuytren a rapporté un cas où, malgré deux larges perforations du rectum et de l’urètre produites par un vieux pessaire,
I urine et les matières fécales ne s’étaient jamais écoulées par le vagin. Ofdinairement, ce passage a lieu, surtout pour l’urine qui s’écoule plus facilement que les matières fécales, et les malades se trouvent affligées dune des infirmités les plus affreuses. Et ce n’est presque toujours qu’à ce moment qu’elles viennent demander des secours. Plus d’une femme a été victime de cette incurie hideuse ou de la fausse honte qui l’empêchait de recourir au médecin. Témoin le fait suivant intéressant à plus d’un titre :
Observation. — Gobelet en étain dans le vagin. — Mort. — Une jeune fille de dix-huit ans fut amenée à Dhôtel-Dieu d’Orléans dans un état de marasme effrayant. Elle accusait de vives douleurs dans l’abdomen et une diarrhée constante. La seule chose qu’on put apprendre de celte fille, qui portait sur le visage le cachet d’idiotisme qu’imprime l’habitude de la masturbation, c’est, que depuis le 14 mai elle était en proie aux mêmes souffrances. Le lendemain de son entrée à l’hôpital elle mourut sans qu'on eût le temps de l’explorer. L’autopsie fit découvrir dans l’intérieur du vagin un corps dur, mince et brillant comme du métal, qui, traversant le diamètre de l’or-anc empêchait de pénétrer plus avant. Les petites lèvres écartées, on distingua le bout’ d’un
gobelet en étain légèrement aplati, dont l’orifice était tourné en avant et en bas. Cet orilice irrégulièrement ovalaire était en partie caché par le périnée contre lequel il s’appuyait et poussait en avant. On ne put extraire ce corps qu’en incisant la symphyse du pubis. La vessie lut ensuite ouverte : elle contenait cinq calculs enchatonnés dans des loges formées par la membrane musculaire hypertrophiée. En suivant le canal de I urètre, on reconnut qu’il avait été coupé à deux centimètres du méat urinaire par le bord supérieur du gobelet qui le pressait contre la face postérieure du pubis, de telle façon que l’urine tombant dans le vagin coulait sur le gobelet. Toutes les parties environnantes étaient sphacélées et infiltrées d’oxvde de plomb. ( Bulletin de thérapeutique , t. XXXIV. p. 514.)
Si le chirurgien n’intervient pas pour retirer le corps étranger, cause de tous les accidents, la mort, dans le marasme ou à la suite de complications graves comme la péritonite, des abcès voisins, des néphrites, arrivera tôt ou lard. Dans un fait de Hagard' de Nancy, un pessaire détermina l’étranglement de l’intestin rectum. La cause ne fut reconnue qu’à l’autopsie.
(Juelques complications ont été signalées pendant le séjour du corps étranger ; ce sont : les hémorrhagies provenant des ulcérations et des fongosités, les métrites et les métro-péritonites, la cystite et la rectite. Il faut encore y ajouter les phlegmons du petit bassin et les abcès de la fosse iliaque.
Après ce qui précède, il suffira de signaler les troubles fonctionnels graves produits par le séjour prolongé des corps élrangers dans le vagin. Du côté de la sécrétion urinaire, je noterai l’altération de burine, la rétention et ensuite l’incontinence, soit par regorgement, soit à la suite de la perforation, du côté du rectum. Au début, il existe une constipation opiniâtre ; elle ne cède que pour faire place à une diarrhée incoercible, purulente, résultant de baitéralion de b intest in rectum perforé ou altéré. Enfin à ces accidents s’ajoutent les troubles de la fonction génitale très gênée par l’obstruction du vagin. Chez les vieilles femmes, qui oui d’anciens pessaires oubliés, cet inconvénient n’existe pas; mais chez les plus jeunes, à chaque époque menstruelle, les douleurs et tout le cortège des symptômes de rétention utérine, de rnétrite et de métro-péritonite se déclarent. 11 est rare que ces accidents reparaissent, soit que la fonction s’effectue moins bien, soit que la santé générale, qui va en s’altérant insensiblement, produise de la dysménorrhée d'abord, et enfin une aménorrhée absolue.
2° Corps étrangers longs. — Je ne connais pas d’exemple de corps étrangers longs et pointus du vagin qui aient séjourné longtemps dans le