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CHAPITRE IV

DIAGNOSTIC

C’est le toucher vaginal qui seul donne des indications précises ; mais il faut y adjoindre comme d’utiles adjuvants le toucher rectal et le cathétérisme vésical. Si le premier fait reconnaître l’existence de corps étrangers solides, ces derniers fournissent des notions très utiles sur lacoïncidence d'une perforation urétro-vésicale ou rectale. Enfin, si le toucher est nécessaire pour les corps étrangers solides, il est absolument indispensable d’examiner le vagin à l’éclairage ordinaire à l’aide d’un spéculum pour discerner la nature des corps étrangers mous comme les éponges. Malgré cette simplicité apparente du diagnostic, des corps étrangers assez volumineux sont passés inaperçus ou ont donné lieu à de grosses erreurs de diagnostic. C’est ce qui devient évident quand on songe qu’une bobine à fil en bois a pu séjourner pendant vingt-deux ans, de l’âge de quatorze à trente-six ans, dans le vagin d’une femme, sans que deux maris et des médecins appelés à la soigner se soient aperçus de son existence! Voici ce fait curieux :

Observation de .4. Pearse. — Bobine de (il dans le vagin pendant vingt-deux ans. — Accidents divers. — Une femme de trente-six ans vient consulter pour une ménorrhagie datant de dix jours et ayant entraîné une grande prostration, des coliques très fortes et de l’affaiblissement. Au loucher, on sent un corps recouvert d’un pli de muqueuse, à un pouce de l’entrée. La malade finit par avouer qu’à quatorze ans elle s’était introduit elle-même une bobine de fil. Elle avait déjà eu îles attaques de péritonite et d’hémorrhagie. On en fit l'extraction, et l’on trouva une fistule urétro-vnginale. La bobine était noire; le canal central par lequel le (lux menstruel avait toujours passé était net.

Cette malade, mariée deux fois et soignée par des médecins, aurait réussi à leur cacher l’existence de ce corps de trois quarts de pouce de longueur. (British. med. J. J une , 28, 1875.)

C est avec les cancers que les fongosités qui entourent les corps étrangers, et surtout les éponges, peuvent être confondues. Saignement facile, sensation mollasse, odeur mlecle des produits, toutes les apparences sont tiompeuses , et de lait les exemples d erreurs ne sont pas très rares.

Observation. — Éponge dans le vagin simulant un cancer. — Une dame eneeinle et à terme est examinée par un médecin qui pratique le toucher et croit reconnaître une dégénérescence cancéreuse, avec procidence du col utérin. Capuron consulté, considérant que 1 étal de santé de la femme n était nullement en rapport avec l’altération organique présumée, lit un examen plus approfondi des parties et retira une éponge du vagin. ( Vidal de Cassis , t. V.)

Même méprise serait arrivée à Richet. Cloquet raconte qu’une femme était soignée pour un cancer du vagin, et qu’il lui fit l’extraction d’un pessaire de liège incrusté et entouré de fongosités. Enfin, un autre exemple a été publié plus récemment ‘.

. Signaler ces erreurs, c’est indiquer en même temps les moyens de les éviter, et un examen approfondi fera toujours reconnaître la cause réelle d’accidents trompeurs.

De même que des sangsues se sont fixées dans le pharynx, dans la glotte, dans l’anus, de même on en a vu séjourner dans le vagin et simuler par riiémorriiagie, le seul symptôme de leur présence, les affections utérines les plus graves. Le simple examen au spéculum empêchera de

commettre cette erreur. Cependant elle aurait été commise d’après l'observation rapportée par Guyon (1843).

Observation. — - Sangsue dans le vagin.— Erreurs de diagnostic. — Guyon communiqua a l’Académie des sciences ( 1845) l'observation d’une femme qui fut longtemps traitée inutilement à Boue pour une perte utérine abondante. La perte continuait au moment où elle vint habiter Alger. Elle se confia aux soins de Lebrun qui employa également plusieurs médications sans aucun succès. Cette femme était fort affaiblie, lorsqu il lui fut ordonné de faire des injections avec l'eau vinaigrée. A peine eut-elle usé de ce moyen qu’il tomba du vagin une sangsue vivante de l’espèce de celles qu’on rencontre très abondamment dans le pays. L’hémorrhagie s’arrêta sur-le-champ, et la santé s’est promptement rétablie.

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