CHAPITRE V
TRAITEMENT
L’extraction immédiate est le traitement qu’il faut appliquer à tous les corps étrangers du vagin ; mais il y n de grandes différences dans les
t. Chicago Journal. 1876.
difficultés qu’on rencontre suivant les cas. Cependant l’extraction des corps étrangers peu volumineux ou mous ne présente le plus souvent aucun obstacle, et il suffit pour y arriver d’examiner au spéculum et de saisir le corps avec des pinces à polypes, des tenettes à calculs, etc.
Observation — W. Henry Day (Brit. med. Journ. Jane, 15, 1874) cite le cas d’une dame de vingt ans, chez laquelle il lit l’extraction hors de la muqueuse vaginale d’un morceau d’une seringue à injection en verre. 11 mesurait 7ce en longueur et lcc dans son diamètre. Les pointes de ce morceau étaient très aiguës. Ce morceau était accolé transversalement contre 1 orifice utérin, et avec un bord tranchant près du septum vésicovaginal dont la perforation était 'a redouter. On introduisit un spéculum et au moyen d un anneau de parapluie, on put sortir le morceau de verre des plis de la muqueuse, de telle sorte qu’il tomba dans le spéculum et lut facilement trouvé.
Les ciioses se passent moins simplement quand il s’agit de corps très volumineux comme les chopes, les verres à boire, les pots de pommade ou de confiture et les pessaires ; surtout quand ces objets se sont incrustés, ont provoqué des perforations vésicale et rectale et se sont enfoncés an milieu de la muqueuse herniée, boursouflée et recouverte de fongosités. Un pessaire qui a séjourné pendant plus de vingt on trente ans au même point s’est créé Aine loge nouvelle dans les tissus, et il est très difficile de la lui faire quitter. Cependant, c’est à l’extraction simple qu il taut d abord recourir en se servant de daviers spéciaux, de pinces de l' arabeul , du forceps, qui permettent d’ébranler le corps, de le luxer et de l’extraire. Ces manœuvres doivent toujours être prudentes, les
tractions soutenues et modérées. Dans le cas de Deneux, un vieux pessaire était enloui dans les fongosités ; en exerçant des tractions sur la tige, elle se brisa. On ne jugea pas prudent d’enlever l’autre portion, et la mort arriva trois semaines après1 ; cet exemple ne devra pas être suivi. Si on ne réussit pas, on aura recours à d’autres moyens. Ainsi, la division des corps étrangers a été plusieurs fois utilisée, quand ils étaient fragiles ou susceptibles d’ètre fragmentés. A l’aide d’une scie à main ou d’une pince coupante, on divise les pessaires en deux ou plusieurs fragments par le vagin, le rectum et l’urètre, si ceux-ci donnent plus de facilité ou sont déjà perforés. C’est ce que fit Dupuytrcn, dans le cas suivant :
Observation. — Extraction par fragmentation d'un pessaire dans le vagin. — Une femme qu’une affection de matrice avait obligée à porter un pessaire d’ivoire en bilboquet se présenta à 1 llôlel-Dieu de Paris ; elle avait laissé très longtemps ce pessaire sans le retirer : un jour qu’elle voulait l’extraire, la grande tige à laquelle viennent se rendre les trois branches qui supportent le cercle se brisa. Le corps de l’instrument