‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 220 sur 304 · I. Journal généra! de Médecine, 1822, t. 78, p · texte numérisé non relu

I. Journal généra! de Médecine, 1822, t. 78, p

resta pendant plusieurs années sans causer d’inconunodité ; mais enfin, la douleur survenant, la femme réclama les secours de l’art pour l’extraction de ce corps. Dupuytren explora le vagin et reconnut que les deux parties latérales du cercle étaient libres dans c cana , mais que es auties, lantéiieure et la postérieure, étaient engagées dans la membrane muqueuse et ne pouvaient être dégagées. Le doigt porté dans le rectum fit reconnaître une petite partie du cercle à nu dans cet intestin, et la sonde introduite dans la vessie apprit au chirurgien qu’une autre partie faisait saillie et était également à

nu dans cet organe. Jamais cette femme n’avait eu ni fistule urinaire ni fistule stercorale.

L extraction présentait les plus grandes difficultés : Dupuytren essaya d’abord de scier le cercle dans le rectum ; il ne put y parvenir : alors, à Laide d’une pince très solide qu il fit construire et dont chaque mors offrait un tranchant mousse venant rencontrer autre, il brisa le cercle dans le rectum et dans le vagin, et par Lune et l’autre de ces cavités, il arracha les deux parties du corps étranger circulaire qui présentait trois especes de dents, restes des branches par lequelles l’anneau était supporté. Cette femme guérit sans conserver aucune incommodité. ( Journal Général de médecine t I WVIII 1822, p. 206.) ’ u’

Quand les corps étrangers sont fragiles et peuvent être extraits, il faut les diviser ou débrider le périnée pour faciliter leur extraction. La fragmentation des corps étrangers fragiles est dangereuse, si l’on ne prend soin de garantir les parois contre les éclats. Pour cela, on se sert de plaques de carton (Bijon de Quimperlé), de plaques de métal, de bois, etc...

Quant à la division, elle se fait au moyen de pinces, de ciseaux, de marteaux.

Obset vation. Extraction d un verre à boire. — Bijon fut appelé près d’une femme de trente-huit ans habitant la campagne et qui s’était introduit un verre à boire dans le vagin. Ce verre y était depuis cinq jours ; la femme ne pouvait ni uriner ni aller a la garde-robe et de plus le verre était cassé.

Le toucher fit reconnaître un verre ordinaire, cannelé sur une partie de sa longueur et disposé à peu près transversalement dans la cavité du vagin. Le fond était logé°profondément à gauche et en haut, si loin de l’arcade pubienne que l’extrémité du doigt ne pouvait en circonscrire le tour. L’ouverture du vase, au contraire, plus accessible au loucher, se retrouvait plus facilement à droite et en bas. La pulpe du doigt rencontrait sur le bord une échancrure tranchante de trois centimètres environ de diamètre. La tonne et la position de cette cassure, qui se trouvait justement en face du vagin, ne laissèrent pas de doute qu’elle était le résultat de tentatives infructueuses.

En introduisant le doigt par cette échancrure on reconnaissait que le verre était à moitié rempli par une portion de la cloison recto-vaginale qui y formait comme une sorte de hernie. Ainsi en haut et à gauche, le fond du verre refoulait la vessie, il en comprimait le col et écrasait l’urètre de manière à rendre pour le moment impossible ou dangereuse toute tentative d’introduction de la sonde, tandis qu’en bas les échancrures du verre menaçaient de perforer l’intestin. Le toucher rectal lit constater que ce danger était imminent : on ne pouvait donc pas songer à aller saisir le corps étranger par le fond pour le ramener en avant et le faire sortir dans le sens par lequel il était entré. On tenta de faire une sorte de version par le rectum pour ramener l’orifice du verre devant l’ouverture vaginale; mais dès la première introduction, le chirurgien lut blessé profondément au doigt par un des angles aigus de la cassure. Bijon, introdui-

sanl le doigt le plus profondément possible d;ins l’échancrure du verre, en repoussa peu à peu la masse intestinale. De l’autre main, il présenta une branche de forceps qu'il fit cheminer doucement à mesure que le bourrelet se réduisait. Lorsqu'il eut la certitude que celle masse qui remplissait le verre était évacuée et que la brandie du forceps avait dépassé le périmètre du verre, cette branche fut solidement maintenue. Pour protéger l'intestin, on fit glisser le long du forceps, en suivant la face extérieure de l’instrument, une feuille de carton un peu rigide, large d’un peu plus de trois doigts, bien arrondie par le bout et soigneusement graissée. Il fallut recommencer une seconde fois la même opération. Ensuite on fit peser un peu en liaut sur le fond du verre et l’urèlre auparavant comprimé se dégagea : un violent jet d’urine partit sponlanément, la vessie se vida. Pour protéger l’urètre contre les lésions de la cassure, il fallut introduire deux nouvelles feuilles de carton, l’une en haut et l’autre en côté, de sorte qu’une cloison solide protégea toutes les parois vaginales. On ne put essayer l’extraction simple parce que le forceps 11e joignait pas. Les chirurgiens se résolurent à briser le verre avec des daviers, des pinces à faux germe. Ou and le corps étranger fut suffisamment diminué de volume, on fil sortir le tout ensemble. L’examen des cartons fit voir de quelle utilité avaient été ces nouveaux engins. L’un d’eux, celui qui protégeait la paroi rectale, était en deux endroits profondément incisé; il avait même été presque traversé par une des cornes de l’échancrure du verre,

Une injection à grande eau fut poussée dans le vagin ; un examen attentif fit reconnaître que les parois vaginales étaient intactes.

Les intestins reprirent leurs fonctions; d'abondantes évacuations se firent immédiatement, et au bout de quelques jours la femme se rétablit. (Dijon de Quimperlé. Gazette den Hôpitaux , 1868, S. Ô5U.)

On lit dans un journal anglais qu’une femme avait dans le vagin un morceau de seringue à injection. Le chirurgien appelé réussit à l’extraire en protégeant son index avec du linge et en l’enfonçant dans le bout de seringue comme dans un dé 1 .

Enfin, le débridement a été plusieurs fois employé pour dégager une portion du corps étranger. Ainsi Holmes rapporte qu’un pessaire métallique était si fortement enclavé qu’il fallut diviser le périnée pour faciliter son extraction. Lisfranc fit dans un cas analogue un débridement vulvaire postérieur. Quant au traitement ultérieur, il est des plus simples : il faut d’abord laisser reposer quelque temps les malades, en insistant sur les soins de propreté, et remédier plus tard, par des opérations appropriées, aux complications et aux perforation préexistantes. Les résultats de ces restaurations sont puissamment aidés par la nature qui, après 1 extraction, a une grande tendance à la réparation des fistules.

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