British. Med . Journal, 1874, I. XXII
DES CORPS ÉTRANGERS DE L’UTÉRUS
Quelques laits epars dans la science, observés la plupart chez les lemmes qui dans un but criminel avaient eu recours à des manœuvres coupables pour se débarrasser du produit de la conception, constituent toutes les connaissances actuelles sur les corps étrangers de l’utérus
A , rlg"®“r,,0n, p0lUTait élarg»’ un peu le plan de ce chapitre et y faire rentrer 1 éludé des elfets des corps étrangers introduits dans la matrice dans un but chirurgical pendant la grossesse; de sorte qu’à coté de I avortement provoqué criminel, ,1 faudrait placer l’avortement provoque thérapeutique. Mais à bien considérer ce qui se passe, le chirureieu ne fait pas autre chose qu’une blessure, un décollement de membranes au moyen d instruments ou de sondes à demeure, et le corps étranger est retire. Au contraire, l’avortement provoqué criminel a plusieurs fois donne lieu au séjour prolongé du corps dont on s’était servi.
I est assez difficile de saisir les causes qui occasionnent l’égarement de ces instruments. A cet égard, il faut diviser les cas en deux catégories suivant que les objets sont manœuvres par des personnes étrangères le p US souvent des sages-femmes qui ne craignent pas de décrocher les èntams, ou bien suivant que ce sont les personnes elles-mêmes qui, dans le meme but mais avec une maladresse bien plus grande, cherchent à 8 introduire des corps étrangers. On a vu une sonde de gomme se briser dans 1 utérus après avoir franchi le col, pendant qu’on l’introduisait.
i leurs, c est encore une personne étrangère qui avait enfoncé dans la matrice une sonde à demeure dans le but de provoquer un avortementmais la sonde glissait et la malade crut bien faire de la pousser plus profondément, si bien qu’elle disparut.
Les quelques cas de corps étrangers de l’utérus que j’ai pu réunir se rapportent à des objets qui ont tous quelques caractères communs : ils sont longs pour pouvoir être introduits profondément, peu volumineux pour entrer dans le col, et pointus pour perforer les membranes ou tout au moins les décoller; la plupart sont rigides. Dans le fait de llrignatclli cite par Lisfranc, il s’agissait d’un os de poulet sur l’origine duquel il est traité des corps étrangers en chirurgie. 40
permis de faire beaucoup de suppositions oiseuses. On peut en dire autant (le pépingle à cheveux observée par Meschede qui pouvait provenir de la vessie, de l’intestin, du rectum et avait pu être introduite par le vao-in. 11 s’agissait d’un fragment de sonde dans une observation rapportée par Lisfranc 4. Un avorteur, dont les méfaits sont consignés dans l’observation de Crouzit, se servait d’une longue aiguille à séton qui ne mesurait pas moins de six pouces de long. Il la perdit un jour dans un utérus gravide.
La broche de bois que Maisonneuve 1 2 retira de 1 utérus d une temme de trente ans, avait cent-vingt-deux millimètres de longueur, était pointue à l’une de ses extrémités et comme tordue à l'autre. Enfin la malade dont il est question dans une observation anglaise s était servie d une sonde entière en gomme élastique qui disparut complètement.
Ce qui caractérise tous ces corps, c’est leur longueur si grande qu’ils ne pourraient jamais se loger en entier dans l’utérus à moins quecelui-ci ne fût distendu par un fœtus de cinq ou six mois. Ce fait n’est pas indifférent, parce qu’il explique plusieurs complications possibles pendant le séjour de ces corps, par suite de leur très grand diamètre. En effet, ils ne restent pas dans la cavité même de l’organe, mais sont implantés dans la paroi, qu’ils finissent par traverser en partie ou en totalité. D’ailleurs, les manœuvres d’introduction déterminent souvent ces perforations, comme on peut le voir dans le fait suivant observé par Zuh-
meister.
Observation. - Branche d'arbre clans l'utérus. - Quelque temps après les premières manifestations de la grossesse, une femme employa une branche d arbre pour nénéfrer dans la matrice, et pour la fixer elle l'appuya a fortement en arriéré qu elle se l'implanta dans la région des reins. Sans que la malade s en doutai, cette branche , qui “it Je longueur de six pouces et le volume d’une plume d oie, séjourna cinq mois dans le bassinet finit par perforer le rectum. (Schmidt s Jahrbucher.)
Présenté toujours, quand au moment de l’extraction le corps était comme engagé' dans l’utérus, il n’y était pas libre et il a fallu des manœuvres spéciales pour l’extraire. Les faits relatifs à ces corps etrangers de l’utérus sont si peu nombreux qu’il y a encore beaucoup do points de leur histoire fort obscurs. Assurément leur migration et leurs déplacements sont encore inconnus, et les contractions utérines permettent de comprendre, jusqu’à un certain point, la perforation de la matrice; il