SIÈGE. — FIXITÉ. — MOBILITÉ
Les corps très-irréguliers s’arrêtent très-souvent au niveau du pharynx; ceux qui, comme les arêtes, les épingles, les aiguilles, présentent des pointes aiguës, s’enfoncent dans la muqueuse, s’accolent aux parois et demeurent fixés dans cette position. Ce (ait est si vrai, que la plupart des accidents de ce genre cèdent, quand on a pu faire descendre le corps au-dessous de l’isthme pharyngien. Pour ceux dont le volume plus gros prête un point d’appui résistant aux efforts de contraction et de déglutition, le siège le plus fréquent est à la partie postérieure du cartilage cricoïde. D’autres descendent plus bas jusqu’à la hase du cou ; d’autres, enfin, sont seulement arrêtés au niveau de P orifice cardiaque. Ordinairement, dans cette position, ces corps restent absolument fixes, en raison des contractions permanentes de la tunique musculeuse, et les exemples de corps mobiles sont des exceptions rares qui ne concernent guère que des animaux vivants. Ainsi, une sangsue, des lombrics auraient pu voyager le long de l’œsophage. Wanderback a publié un exemple de migration de sangsue.
Observation. X., âge de vingt-deux ans, soldat au 16° régiment de ligne, boulanger, vient consulter le 16 juillet 1811 à Moya en Catalogne pour un vomissement de sang qu’il éprouvait depuis une quinzaine de jours. Quelques moyens usuels furent conseillés, mais sans succès. Dans la nuit du 19 au 20, le malade sentit quelque chose qui de l’estomac remontait le long de l’œsophage eu lui causant une sensation pénible et vint se fixer au côte gauche du pharynx, en produisant une tumeur qui gênait beaucoup la déglutition et même l’inspiration. Le vomissement dès lors cessa peu à peu. Les crachats rouges ou noii's continuèrent. — Le 20 au soir, le corps arrêté au pharynx disparut sans que le malade s’en aperçut; mais quelque temps après, le vomissement recommença avec des douleurs plus fortes qu’à l’ordinaire. Saignée. Opium. Les vomissements continuent. Dans la nuit du 21 au 22, le malade étant un peu assoupi fut éveillé par une sensation semblable à celle qu’il avait éprouvée deux nuits auparavant; mais lorsque l’objet fut arrêté au pharynx, au lieu de s’y fixer comme la première fois il détermina dans cel organe une ioiVc contraction qui le fit passer jusqu’à l'arrière-bouche ; alors le malade" y porta vivement les doigts et retira une sangsue pleine de vie et qui paraissait n’avoir éprouvé aucune altération. Cet homme se souvint alors, le 50 juin, avoir bu plusieurs fois dans les
ruisseaux. Guérison rapide. (. Recueil de mémoires de médecine militaire, lro série, l. 25, p. 292.)
Quelquefois des corps réguliers ont pu être mobilisés par les efforts de déglutition ou de vomissements, mais ces faits sont très-rares; de sorte
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que ce qui caractérise les corps de l’œsophage, c’est leur fixité; nonseulement ils sont maintenus en place par faction énergique des muscles constricteurs, mais aussi par l’engrènement des aspérités dans les parois; aussi, quand on a voulu quand même retirer quelques-uns d’entre eux, comme des pièces d’or et des portions d’appareils de prothèse dentaire, il a fallu déchirer la muqueuse sur une grande longueur, et plus d’une fois, on a par ce fait déterminé toute une série i’accidents très-graves.