L- Gaz.méd
Si les corps étrangers de la vessie ne sont pas retirés par le chirurgien, ils ne peuvent avoir d’autre sort que d’être éliminés par les seules forces de la nature, soit par les voies naturelles, soit par des voies artificielles, ou d’amener une mort 'plus ou moins rapide.
L’expulsion spontanée, bien qu’elle soit favorisée par les dimensions naturelles du canal, par sa brièveté, n’est pas fréquente et les exemples doivent encore être regardés comme des curiosités. Tantôt il s’agit de corps étrangers qui n’ont pas encore subi l’incrustation calcaire, tantôt de corps calculeux; dans ce dernier cas, l'issue n’a lieu qu’après un véritable accouchement laborieux du canal. Cependant la proportion des cas d’expulsion est bien supérieure chez la femme que chez l’homme. Ainsi, sur 58G cas de corps étrangers relevés par Denucé, il a trouvé l’expulsion spontanée dans 57 qui se répartissent ainsi : hommes, 14; femmes, 25. L’issue spontanée comprend deux temps quand le corps étran ger est dans la vessie: dans le premier, le corps s’engage dansle canal ; dans le second, il est expulsé. Or, le premier temps est rarement spontané et devient l’effet d’un pur hasard lorqu’il se produit ; cela se conçoit de reste, parce que le corps ordinairement long se place plus ou moins obliquement, en travers, se fixe, etc. Aussi, la plupart des cas d’expulsion concernent-ils des corps étrangers qui siégeaient dans le canal de l’urètre : une enfant de quatre ans rendit une pierre ovalaire pesant plus d’une demi-once; elle était traversée par une aiguille à coudre d’environ un pouce de longueur et dont les extrémités la dépassaient de quelques lignes.
Un autre exemple a été communiqué à la Société de chirurgie par Aubry. U eut à donner des soins à une paysanne de vingt-deux ans qui s’était introduit un morceau de bois dans la vessie. On fit plusieurs tentatives inutiles pour ramener au dehors le corps étranger dont la nature et l’origine étaient ignorées. Un jour il se présenta de lui-même au méat urinaire et lut facilement extrait l.
Dès qu’ils sont engagés dans le canal, ils provoquent de violents efforts de contraction de la part de la vessie, et si la force de celle-ci n est pas épuisée par un long séjour, ils seront d autant plus efficaces que le canal de la femme est dilatable. Benedetti nous a transmis l’observation bien intéressante d’une femme qui avait une aiguille incrustée dans la \cssie, et qui la rendit un jour par l’urètre pendant les efforts de défécation.