‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 25 sur 304 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

PHÉNOMÈNES ET ACCIDENTS PRIMITIFS

Sous le nom d’accidents primitifs, je range tous ceux qui sont la conséquence immédiate de l’introduction et qui se produisent dans les premiers jours.

Parmi les corps étrangers introduits dans l’œsophage et qui y font un séjour de durée variable, les uns ne provoquent aucun accident et restent latents pendant un temps assez long. On pourrait croire que ce sont les plus petits qui se comportent ainsi, mais il n’en est rien, et des corps très-volumineux et très-longs ont pu déterminer de graves accidents dans d’autres parties de l’intestin sans avoir donné lieu à aucun phénomène particulier dans l’œsophage. Il est même assez curieux de voir les plus gros passer très-facilement ; il est vrai que la tolérance de l’œsophage était devenue très-grande chez certains individus, à tel point que les accidents n’ont commencé que dans les portions plus éloignées du tube digestif. Babington1 rapporte qu’un matelot avalait sans danger des couteaux. Il en avait déjà avalé quatorze ; il s’en introduisit dix-sept autres et mourut deux ans après seulement. La seule observation de Fournier, qui trouva dans l’estomac d’un homme plus de cinquante-deux objets, suffirait à montrer que l’œsophage est dans certains cas d'une trèsgrande complaisance.

En bornant cette étude aux corps arrêtés et fixés en un point quelconque, on trouve encore bon nombre de cas où il n’y a eu aucun symptôme primitif, aucun accident immédiat. Cependant, ces corps perdent cette indolence à un moment donné et manifestent leur présence par des

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