‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 264 sur 304 · OS · texte numérisé non relu

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les unes droites, les autres courbes, etc. Mais tous les chirurgiens sont unanimes pour reconnaître que ces instruments ne remplissent pas le but qu’ils se proposent, parce qu’il est dilfici le de passer simultanément les deux branches entre les parois et l’objet, et que celle tentative a très souvent pour effet, quand le corps n’est pas fixe et pelit, de le pousser plus profondément. Aussi depuis longtemps a-t-on pensé à désarti-

Fig. 90. — Pince de Mathieu pour les corps étrangers de l’oreille.

de Bourgeois.

culer les branches des pincesclà les appliquer isolément pour les réunir ensuite; on exécuterait ainsi dans l’oreille la même manœuvre que pour l’application du forceps en obstétrique. Passavanti, C. Latour, avaient déjà eu l’idée du forceps auris, récemment perfectionné par Bourgeois1; l’instrument décrit par ce chirurgien « se compose de deux branches à anneaux articulées à pivot. Les deux cuillers sont terminées par des cuvettes minces et étroites. Un système de points d’arrêt permet de fixer le corps étranger saisi. L’instrument mesure onze centimètres, il est gradué entre l’articulation et les cuillers. » Avant cet instrument, un auteur étranger avait fait évider les cuillers comme pour le forceps, de manière à leur permettre de s’adapter plus exactement sur le

1. Recueil de mémoires de médecine militaire, t. LX, \,e série.

coips étrangei . Sapolini proscrit absolument tous les forceps, et les raisons qu il donne semblent justes selon lui; on introduit encore assez facilement la piemière branche, mais très <J i lïici lerneni la seconde, « parce qu on est gène par le manche de la première et la main qui le tient. » Ensuite il est souvent très dillicile d’assemhler les branches qui 11e se trouvent pas aux deux extrémités d’un même diamètre.

T Extraction avec les vrilles et les Lire- fonds. — Ces procédés ont été légués à la science moderne par les anciens ; Fabrice de Jlilden, Paré, se servaient de ce moyen quand les autres échouaient cl ils avaient, à cet effet, quelque peu modifié la disposition du lire-fond ordinaire. Paré recommandait une vrille enfermée dans une canule; l’instrument plus complique et également oublié delabrice de Jlilden comprenait un lirefond et deux canules. De nos jours Bonnafont a fait construire et employé un tire-fond qu il vissait dans les corps étrangers susceptibles de se laisser pénétrer, il se servait de cet instrument pour retirer I objet. Deleau pour extraire un pois gonflé a employé un instrument analogue à un tire-halle; J. Cloquet, d'après Bérard, aurait très bien réussi à retirer un noyau de cerise au moyen d’une vrille mince et très aiguë. Enfin, Dupuytren, dans un cas de noyau de cerise solidement fixé dans le conduit, après avoir épuisé en vain les moyens d’extraction, eut l’idée de faire forer ce noyau par Charrière, qui réussit à l’extraire. Langenbeck1 a également imaginé un petit instrument, véritable tirefond en miniature. Malgré les succès obtenus par ces procédés, ils ne mérilent pas de fixer longuement l’attention, parce qu’ils sont d’un emploi fort restreint. En effet, les conditions qui doivent se trouver réunies pour permettre d’y penser, à savoir; la fixité du corps, sa perméabilité et sa position assez superficielle, sont très rarement réalisées.

<>° Extraction avec les agglutinatifs. — Comme les précédents, le procédé qui consiste à attirer au dehors les corps étrangers à l’aide d’une substance poisseuse est très ancien ; Albucasis, Paul d’Egine et déjà avant eux les Latins, y avaient recours. Depuis quelques années ces moyens ont été remis en vogue par quelques chirurgiens.

D’ailleurs, ils varient un peu, suivant que !e corps auquel 011 a affaire est petit ou gros; s’il est petit, il suffit de, verser dans l’oreille un liquide poisseux ou d’en enduire un petit pinceau qu'on introduit dans le conduit auditif en lui. imprimant un léger mouvement de rotation; les uns retirent l’instrument de suite, surtout quand il s’agit de petits insectes, tandis que d’autres laissent la substance poisseuse

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