The medical Press and circulât
ramener clins le conduit auditif par des injections d’air cl d’eau, au moyen de la sonde tubaire; enfin. 1 idée me vint d'entourer la petite boule, qu’on voyait encore derrière la déc' irure de li membrane du tympan, d’une anse de fil de fer au moyen de l’erraseur de Wilde, et je parvins à la retirer sans la moindre douleur >'. (Traité des maladies de l'oreille, p. 12‘J.)
Malgré ce beau succès, le procédé des anses n’en reste pas moins un des moins employés, elles crochets réussissent ordinairement dans les cas où il est possible d’entourer le corps d’une anse de til ou de métal.
5° Pinces courbes. — Depuis longtemps les chirurgiens ont cherché à réaliser des pinces courbes ou coudées qui permissent de saisir le corps étranger en arrière et en avant, ou sur le segment postérieur. — L’instrument construit par Mathieu se compose de deux branches dont Tune est articulée à la façon de la curette de Leroy d’E tiolles ; cette pince coudée est susceptible de rendre des services dans les cas où le corps est peu volumineux, mais, si le corps étranger remplit tout le conduit, elle mérite le reproche qu’on peut adresser à toutes les pinces, à savoir de repousser le corps vers le tympan. Pour Bourgeois, un bon extracteur devrait être construit sur un modèle analogue au brisepierre vésical, se composerait d’une branche femelle articulée comme la curette de Leroy; elle se recourberait après avoir franchi 1 obstacle et alors serait en opposition avec la branche mâle. Malheureusement cet instrument serait presque inapplicable.
Sapolini avait déjà bien étudié toutes les conditions du problème et reconnu qu’aucun des modèles ordinaires n’était pratique1. Cet auteur a imaginé une pince composée et courbe, qui se divise en deux branches après l’introduction; voici la description qu’il en donne :
« A l’extrémité d’un tube cylindrique est fixée une petite lame relativement assez forte, et cette pe ite lame d’acier, longue d’un centimètre environ, est courbée légèrement de manière à présenter une concavité interne. Dans le tube se meut une tige ou un mandrin qui, arrivé à l'extrémité inférieuie du tube, est muni d’une autre petite lame avant li même courbure que la première, de telle sorte que le dos de cette seconde lame soit exactement embrassé par la concavité de l'autre, et que les deux ne paraissent en faire qu’une quand >dles sont rapprochées; la seconde lame est plus courte que la lame externe d’un millimètre et demi. A l’au're extrémité supérieure du tube se trouve un pavillon dans lequel est fixé le mandiin qui porte la lamelle courbe interne, de soi te que l’opérateur en tenant immobile le tube cylindrique (qui porte I u i — même un pavillon pour que les doigts puissent le tenir plus solidement) peut l'a re tourner la petite lame interne et lui faire décrire une ligne circulaire. Pour que pendant l'introduction de l'instrument les deux petites lames ne se séparent pas, il y a en haut une vis qui les rend immobiles. Quant l'instrument est introduit derrière le corps étranger, l’opérateur imprime un mouvement circulaire à la lamelle interne qui
1. Annales des Malad. de l'oreille cl dv larynx , t. II. p. 193.
contourne le corps étranger. Quand un demi-cercle est décrit, ce qui est annoncé par la coïncidence de deuxpoinls noirs, il ne reste qu’à tirer avec patience. »
Cet instrument, encore trop récent pour être jugé, ne me paraît applicable qu autant que le corps étranger ne sera pas exactement logé, et, dans ce cas, d autres procédés réussiraient aussi bien, sinon mieux; ils auraient sur lui l’avantage de la simplicité.
b Les injections. De tous les procédés, les injections sont assurément les plus utiles, les plus simples et aussi les moins dangereux. Les anciens connaissaient déjà leur efficacité ; mais iis les conseillaient plutôt comme
manœuvre adjuvante et préparatoire que comme méthode curative. 11 faut \emr jusqu au commencement de ce siècle pour les voir appréciées à leur juste valeur; Mathias Mayor de Lausanne est un des premiers chirurgiens qui aient vanté l’emploi des irrigations comme moyen d’extraction. Les débuts des injections ne lurent pas très heureux et leur utilité resta pendant assez longtemps méconnue malgré le chaud patronage de G uersant, loynbee, I roltsch, etc. Un peu plus tard, Sirus l'irondi •magina de se servir des injections d’une façon un peu différente. Il 11e lait plus, comme Mayor, des irrigations dans le conduit; il introduit entre le corps étranger et la muqueuse une line canule d’or adaptée à une seringue d’Ancl, au moyen de laquelle il instille en arrière du corps quelques gouttes de liquide qui en s’accumulant tendent à le
repousser en dehors. Il avait donné le nom imagé de levier hydraulique a cet ingénieux procédé qui lui a souvent réussi.
Néanmoins, les injections sont généralement appliquées d’une façon un peu différente, et elles facilitent 1 extraction par un mécanisme assez intéressant. L’eau ou le liquide injecté s’insinue entre le corps et la paroi, remplit le cul-de-sac profond; le courant arrêté par la résistance du tympan rebrousse chemin, et dans ce dernier mouvement mobilise, déplace et ramène vers l’extérieur le corps étranger. J’ai supposé que le corps depuis peu de temps dans le canal n’était pas trop volumineux; les choses ne se passent plus de la même façon, s’il est fixé depuis longtemps, s’il est incrusté de cérumen, car alors les injections ont pour effet préalable de désagréger ces concrétions, et à cet effet elles doivent être longtemps prolongées.
Pour faire les injections on s’est servi des instruments les plus divers el des liquides les plus variés. Tous les modèles de seringues, de poires en caoutchouc, peuvent cire avantageusement mis en usage. Quand 011 prévoit que les injections devront être un peu prolongées, on remplacera ces instruments par un irrigateur ordinaire. Parmi les chirurgiens, les
uns < onseillenl- un jet fort; les autres au contraire recommandent de ne pas agii trop violemment pour éviter des accidents. De même, les uns se servent d eau froide, d autres d’eau tiède; enfin quelques-uns d’eau chaude ; le plus grand nombre préfèrent l’eau à la température du corps humain. Troltsch employait re*u de savon, Gruber à Vienne1 admet 1 usage des liquides particuliers suivant les cas: ainsi il se sert d’une solution de sulfate de zinc au 1/100 lorsqu’il s’agit de graines sèches; pour d’autres corps d’eau de chaux diluée. Si le corps est incrusté de cérumen, la solution de carbonate de potasse ou de soude rendra d’utiles services.
Eulin, avant de quitter ce sujet, je mentionnerai encore les injections insecticides qui ont élé préconisées pour tuer les animaux introduits dans l'oreille. Parmi les plus utiles, Triquct cite les injections d’huile, la dissolution de calomelas (sublimé), une décoction d’armoise, d’absinthe, de mousse de Corse, etc.
La position du corps n’est pas indifférente; on devra placer la personne dans le décubitus latéral du côté de l’oreille malade ; d’un autre côté, il faudra lui recommander d’ouvrir fortement la bouche, d’après la judicieuse remarque de Debout. En effet ce mouvement agrandit le conduit auditif assez notablement, et il suffit de mettre un doigt dans l’oreille pendant qu’on l’exécute pour s’en assurer.
A côté des injections je mentionnerai les insufflations de fumée qui étaient déjà préconisées par Morgagni 2 contre les insectes de l’oreille. Récemment liliaux a vanté l’efficacité delà fumée de tabac dans les mêmes circonstances.
2° Procédés divers. — Les circonstances ont quelquefois conduit le chirurgien à appliquer des procédés exceptionnels qui ne répondent qu’à un très petit nombre d’indications. Les uns agissent sur le corps étranger lui-même, qu’ils sectionnent ou brisent; d’autres sont de véritables moyens d’extraction indirects et n’ont qu’un intérêt médiocre.
Il est arrivé que des corps étrangers irréguliers et pointus soient implantés dans les parois, sans qu’il fut possible de dégager leurs pointes ou de les extraire, à moins de faire de graves délabrements. C’est dans des cas de ce genre qu’on s’adresse à lascction, lorsqu’elle est possible; ainsi des grains d’avoine, de blé, des pailles, ont pu être extraits facilement après leur division. On se sert à cet effet de petites pinces coupantes ou de petits ciseaux à iridectomie.