‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 271 sur 304 · Morgagni , livre XIV · texte numérisé non relu

Morgagni , livre XIV

Les procédés de division varient un peu quand les corps ne sont pas susceptibles d’èlrc coupés : auisi on a pu, en se servant d’injections, ramollir et désagréger des boulettes de papier, de mie de pain, de coton, etc. Si les pois ou les graines gonlîées sont devenues molles, il est quelquefois possible de les diviser en fragments. Ces procédés, un peu modifiés, peuvent aussi faciliter l’extraction des corps friables, comme certains coquillages, des perles de verre; mais celte opération peut faire courir des dangers au canal et, à priori, ne doit être qu’exeeptionnellemcnt utilisée. Le Fort essaya défaite éclater un corps étranger, qu’on croyait être un œil de poupée en émail, et qui se trouvait être en réalité une tète de poupée1.

Il y a peu d'années, Voltolini eut l’idée de détruire parla combustion certains corps organiques rebelles aux moyens d’extraction ordinaires. D’ailleurs, cette idée n’est pas neuve, et si ci le avait plus d’importance, il faudrait en rapporter la priorité à Guerrin qui, d’après Renault, «dans un cas d’otite externe entretenue par un noyau de cerise fermant complètement le conduit auditif, se détermina, après de vaincs tentatives d’extraction, à porter sur ce noyau, au milieu d’une canule, un stylet rougi qui le perça extérieurement; un petit crochet termina l'opération2». Voltolini3 se sert de préférence du galvano-caustère, qu’il intr oduit jusqu’au contact du corps en garantissant la paroi au moyen d’un tube en corne. Ce procédé original expose à de grands dangers, et je ne le signale que comme une curiosité ; lui-même, son auteur, en restreint l’emploi aux cas où le corps déterminerait certainement des accidents.

Je citerai, comme exemple de procédé indirect, l’emploi des injections d’eau dans la trompe d’Eustache, qui réussirent entre les mains de Deleau lui permirent de repousser dans le conduit audit if et près du méat un noyau de cerise passé dans la caisse, après avoir perloré le tympan.

Dans ce dernier groupe il y aurait peut-être lieu de rappeler les moyens bizarres dont se servaient les anciens, procédés indirects et mécaniques fondés sur la force d’inertie. Parmi eux, je ne ferai qu’indiquer le procédé de la planche, sur laquelle on appliquait le patient couché dans le décubitus latéral du côté malade et qu’on faisait tomber, espérant que le corps étranger, en vertu de la vitesse acquise, continuerait son mouve-

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