Schmil’s Jahrb, 1876, v
ments, sont la cause d’accidents fréquents, soit par eux-mêmes, soit par l'inefficacité de manœuvres successives. Le lecteur comprendra la manière dont ils aggravent la situation en se rappelant que tout essai d’extraction infructueux a pour effet inévitable d’enfoncer davantage le corps étranger. Les lésions qu’on a pu ainsi déterminer, sont des plaies du conduit et des perforations du tympan. Les unes et les autres s’annoncent par l’écoulement de sang qui, pendant l’opération, est un fâcheux indice. L’issue de l’air par l’oreille en faisant souffler et fermer la bouche et le nez lèvent tous les doutes sur l’intégrité ou la perforation du tympan ; d’ailleurs l’examen à l’otoscope confirme la première épreuve.
Bourgeois a cherché à expliquer les perforations d’une façon originale. Suivant lui, quand on extirpe des corps mous, le vide se fait en arrière, entre eux et le tympan, et celui-ci pressé par l’air de la caisse, tendrait à s’enfoncer. L’aspiration du conduit, ainsi que je m’en suis assuré, n’a pas le pouvoir de rompre la membrane, et les perforations sont plus fréquentes pour les corps irréguliers ou volumineux que pour ceux qui sont mous. Ces lésions peuvent guérir spontanément, comme l’a établi Lowenberg ; mais elles deviennent quelquefois le point de départ de redoutables inflammations. J’ai déjà cité nombre de cas de mort à la suite d’extraction dans le cours de ce travail; j’en ajouterais facilement plusieurs autres. Un caillou et un grain de café amenèrent la mort après l’extraction; dans le premier cas il y avait eu hémiplégie faciale, dans le second méningite suppurée *. Dans le cas de Champouillon.1 2 3, dès le lendemain de l’opération il y avait de la paralysie faciale qui est un fâcheux indice; puis survinrent de l’otite purulente, de la méningite, de la fièvre et la mort au quatorzième jour. Dalby 5 cite aussi un cas de mort par méningite à la suite de l’extraction pénible d’une pierre. On voit par ces exemples que les résultats de l’opération sont sérieux, et encore je laisse de côlé les faits où il n’existait pas de corps étranger et où la mort a été la conséquence de tentatives réitérées pour un corps imaginaire.
Quelquefois, le chirurgien croit avoir enlevé (out le corps étranger alors qu’il n’en a extrait qu’une partie, et il est arrivé que la portion restante a provoqué des accidents au bout d’un temps plus ou moins long. Je citerai comme exemple de ce genre d’accidents l’observation rapportée par Pelletan.