‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 286 sur 304 · liull. de Thérapeutique, 1861, t. IA · texte numérisé non relu

liull. de Thérapeutique, 1861, t. IA

nouveau. On supposa qu’il avait ôté avalé et cependant on ne l’avait pas retrouvé dans les selles. 11 était survenu un écoulement d’abord sanguinolent, puis muco-purulent qui avait toujours continué; les narines étaient devenues imperméables à l’air, ce qui obligeait l'enfant à avoir la bouche continuellement entr’ouverle ; le sens de l’odorat s’était perdu ainsi que l’ouïe; l’enfant était toujours restée malingre et s’élait mal développée ; les premiers médecins consultés avaient cru à la déglutition de l'anneau, sans songer parait-il, à s'expliquer par sa présence la persistance des accidents ; d’autres crurent à un ulcère de la gorge, à une fissure du voile, ou à un polype. — Guérison avec perte de substance de la partie postérieure du vomer et des cornets, une déformation de la voûte palatine, un orifice fisluleux au-dessus de la luette. L'ouïe et l’odorat sont revenus.

Enfin, la persistance des accidents et de la compression amène quelquefois la dénudation des os plais du nez qui se carient et se nécrosent partiellement. A un degré plus avancé, surtout quand le corps a été introduit avec violence, des lésions osseuses aboutissent à des déviations de la cloison, à des déformations diverses et à des perforations qui font communiquer les deux cavités.

Terminaisons diverses. — Toutes les éventualités qui suivent l'introduction d’un corps étranger dans les fosses nasales peuvent être rangées dans le cadre suivant : 1° tolérance ; 2° expulsion ; 5° persistance des accidents chroniques.

J’ai déjà parlé de la tolérance, des conditions qui la favorisaient et de son mécanisme de production. Mais il faut reconnaître qu’elle n’est presque jamais indéfinie et que les accidents réapparaissent tôt ou tard, sous la moindre influence.

Quant à l’expulsion spontanée, beaucoup moins rare qu’on ne pourrait le croire au premier abord, elle a lieu ordinairement peu de temps après 1 introduction. Instinctivement, les personnes qui sont victimes d’un accident de ce genre cherchent à se débarrasser du corps étranger par des inspirations et des expirations forcées, auxquelles il conviendrait d’ajouter les effets puissants de l’éternument. Cette expulsion n’a guère lieu que pour les corps de petit volume ou mous, comme ceux qui proviennent des vomissements. 11 v aurait lieu de tenir compte des dimensions normales et relatives des fosses nasales, de la forme du corps, etc.

La longue durée des accidents est la terminaison la plus fréquente.

„ et elle finit toujours par éveiller l’attention. La malade de Pingault n’avait pas moins de 80 ans quand les douleurs la forcèrent de demander des secours. Je ne crois pas qu’il existe d’exemple authentique de mort à la suite du séjour de corps étrangers dans les fosses nasales. On a noté dans un cas un érysipèle de la face qui mit la vie du malade en danger. Mais en dehors de l’assertion de Vidal relative à un cas de mort à la

traité des coups étrangers en chirurgie.

suite du séjour d un tampon de charpie dans le nez, je n’ai pas rencontré un seul exemple de terminaison funeste. Quand l’affection débute dans le jeune âge, elle peut, jusqu’à un certain point, entraver le développement de 1 enfant, comme dans l’exemple d’IIickman rapporté plus haut; ce fait trop isolé mériterait d 'être confirmé par d’autres.

Pronostic. - Après ce qui précède, il est permis d’avancer que le pionostic de cette allection n est pas grave , puisqu’elle se termine dans es cas les moins favorables par des accidents chroniques. Cependant, eu egard a la fétidité de la suppuration, on est en droit de regarder le séjour des corps étrangers comme assez préjudiciable, puisqu’ils donnent, naissance à une infirmité repoussante et à l’ozène. Pour établir parmi les corps étrangers quelque distinction, on pourrait dire que les corps les plus petits et les plus réguliers sont les moins offensifs, et qu'au contraire ceux dont le volume et les irrégularités produisent des accidents compressifs sont plus dangereux que les autres.

Obseï icition. Conci étions fo) niées dans les fosses nasales autour d'un noyau de <ense; par Saviales. — Jacquette Lacource, âgée de 42 ans, éprouvait depuis longtemps des douleurs de tète habituelles, et particulièrement dans le nez, ce qui était accompagne de quelques accidents généraux. Saviales crut d’abord reconnaître un polype dans la narine droite; il voulut en débarrasser la malade, lorsqu’il se manifesta du côté de la tete un érysipèle, qui se termina par un abondant écoulement de pus à travers la narine affectee, pendant une insomnie douloureuse. L’inflammation étant dissipée, Saviales saisit avec des pinces à pansement la concrétion pierreuse d’un demi-pouce de long, et remplissant presque loute la narine : elle s’écrasa par la pression de l’instrument et soi lit par morceaux avec un noyau de cerise qui faisait la base d’une seconde concrétion grosse comme une petite noix et pleine d’aspérités. Dès ce moment h malade fut guérie. (Demarquay in Archiv. de méd ., 4e série, t. VIII, p. 181.)

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