‹ Traité des corps étrangers en chirurgieChapitre 35 sur 304 · Shetler, Archives de Langcnbeck · texte numérisé non relu

Shetler, Archives de Langcnbeck

presque abolies. Les individus en proie à une soif vive ne peuvent avaler la moindre liqueur sans être menacés d’une nouvelle hémorrhagie. Dans quelques cas, surtout quand la perforation, petite, siège à la partie inférieure, le sang s’écoule en entier dans l’estomac et passe dans l’intestin. Dès lorsjl’individu présente peu à peu, au milieu d’une santé parfaite, tous les symptômes d’une hémorrhagie interne dont le diagnostic est des plus difficiles. Dans un cas, cette hémorrhagie interne ne s’était manifestée que par quelques coliques. A peine est-il nécessaire d’ajouter que toutes les indications tentées jusqu’à présent sont restées infructueuses, d’autant plus que le diagnostic souvent très-incertain dévoie la thérapeutique. Comme type de ce genre d’accidents, je citerai l’observation suivante extraite du mémoire de Bégin1.

Observation. Le caporal Martin, le IG mars 1824, après avoir fait l’appel de sa chambrée et s’ètre quelque temps amusé avec ses camarades, lut atteint d’une hémorrhagie abondante. Sans cause connue; sans douleur préalable, il avait tout à coup vomi ses aliments du repas de cinq heures, mêlés à une quantité de sang, en partie liquide et en partie coagulé, que nous évaluâmes à un litre et demi environ. Je fus appelé aussitôt. M. avait le pouls large sans être dur ou accéléré, le visage était pâle et un peu de moiteur couvrait toute l’habitude du corps. Le malade était tranquille; il n’accusait aucune douleur, et se plaignait seulement d’une légère gêne , qu’il rapportait à la partie antérieure du cou. La respiration était d’ailleurs parfaitement libre.

Le 1 7, vers huit heuresdu matin, l’hémorrhagie se renouvela avec violence. Lorsque j’arrivai, tout secours était devenu inutile. M. succomba dix minutes après. Celte seconde hémorrhagie, évaluée à quatre ou cinq livres, était fournie par un sang vermeil et liquide. On m’apprit alors que le malade avait plusieurs fois avalé des pièces de six francs qu’il rendait ordinairement par la voie des selles quelques jours après et que depuis quinze jours il avait ingéré une pièce semblable qui n’était pas encore sortie.

On découvrit dans l’œsophage, à la hauteur de la bifurcation des bronches, unepièce de six francs solidement retenue par les parois du conduit, placée de champ. La pièce était comme incrustée dans deux érosions profondes produites par les portions de son diamètre qui correspondaient aux côtés du conduit. L’aspect blafard de ces solutions de continuité indiquait assez qu’elles étaient le résultat d’un travail inflammatoire déjà ancien et que l’écu occupait depuis longtemps la place dans laquelle nous le trouvions. L’érosion du coté gauche présentait à son centre un point noir, de la grandeur d’un pois, une sorte de caillot ou d’eschare molle peu résistante. Un stylet mousse porté sur cette partie pénètre sans difficulté jusque dans l’aorte qui, mise à découvert, présenta une ouverture arrondie de deux lignes de diamètre.

En parcourant les observations (les auteurs, on voit que les lésions trouvéesà l’autopsie présentent une grande analogie. Tantôt l’ouverture est étroite, imperceptible, tantôtau contraire elle a pris la forme d’une fente. Cette dernière disposition a été remarquée dans deux circonstances différentes; d’une part quand le corps est aplati comme un os, et d'autre part

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