CHAPITRE VI
DU DIAGNOSTIC
Du diagnostic. — Le diagnostic servant de base à la conduite du chirurgien, ce dernier devra s’efforcer de le préciser par tous les moyens. Et ce n’est pas chose aussi simple qu’on ledit dans les livres, aussi facile qu’on le croit généralement. Trop souvent on a posé le vrai diagnostic a l’amphithéâtre, bien heureux encore, quand le chirurgien n’a pas, par suite d’une erreur involontaire, inutilement médicamenté le malade; grâce aux progrès de la chirurgie, les moyens de recherches plus précis tendent à rendre chaque jour la tâche plus facile.
La première question qui se pose est la suivante : Y a-t-il ou non un corps étranger arrêté dans l’œsophage? Pour la résoudre, il faut s’enquérir auprès de l’individu ou de son entourage des circonstances dans lesquelles l’accident s est produit. Les renseignements qu’on puise à cette source sont le plus souvent très-utiles, quand il s’agit de personnes adultes, mais il ne faudrait pas croire que ces commémoratifs dispensent d’un examen plus attentif.
D’abord ils sont assez souvent nuis quand il s'agit d’aliénés, d’hystériques, d’ivrognes, et d’enfants en bas âge, qui ne peuvent parler. D’autre part, des personnes ont pu avaler des corps étrangers sans s’en apercevoir, et en ressentir cependant les effets au bout d’un temps plus ou moins long; c’est à cet ordre d’idée que se rapporte le fait suivant.
Un homme de soixante-cinq ans pendant une attaque avale un râtelier en os de deux pouces de long. Dysphagie, qui fut attribuée à la paralysie du pharynx. Le malade ne put être nourri qu’avec des liquides. Cinq semaines après, réclamant son dentier, il ne le trouva plus, et il fut rejeté quinze mois après dans un accès de toux (Hayem, 1. 1, n. 97).