Leçons orales , t. III, p
Fig. 7. — Sonde œsophagienne à boules.
lique également creux [qui fait 1 ollice de caisse de résonnance et transmet les vibrations a 1 oreille île 1 observateur au moyen d un tube de
caoutchouc. Le moindre contact produit une impression dans l’oreille.
Cet instrument, présenté et patronné par Duplay à la Société de Chirurgie en 1874, a déjà rendu des services. Guyon n’a eu qu’à s’en louer. Pour lui « la puissance de transmission du son est même trop grande et il en fut gêné dans une première tentative ». Le frôlement des doigts sur la tige métallique, son contact avec les dents, troublaient la recherche, et il dut revêtir la fige métallique d’un tube en caoutchouc et put dès lors procéder facilement à la recherche du corps étranger; un choc très-net perçu par les assistants eux-mêmes indiqua nettement la présence de la pièce d’argent.
Pour être complet cet explorateur devra être gradué à partir de son extrémité. pour permettre à l’instrument extracteur d’agir sûrement. Au lieu du son perçu par l’oreille, on pourrait également se servir de l'appareil électrique, mais ces instruments d’une application délicate ne se trouvent pas partout et ne donneront pas de meilleurs renseignements que le précédent.
Les notions que ces instruments procurent sont les suivantes : 1° détermination de la présence ou de l’absence de corps étranger; 2° la connaissance de la distance à laquelle le corps étranger se trouve de l’ouverture buccale; 5° jusqu’à un certain point la nature du corps et des notions vagues sur sa forme; 4° sa situation respective par rapport aux parois du canal ; 5° son degré de mobilité.
Moyens de diagnostic particuliers. 11 reste a signaler quelques autres
Fi g. 8. — Résonnateur de Collin pour l’œsophage et l'estomac.
PHARYNX ET ŒSOPHAGE
petits moyens qui pourront fournir dans quelques cas d utiles renseignements. A ce groupe appartient la méthode emplaslique, qm a pou, but de donner des indications sur la position et la lorme reelle corns étranger. Malheureusement, elle suppose le corps hxe et solide, conditions qui sont fort rarement réalisées. De plus cette manœuvre ne
serait pas complètement sans danger.
Un chirurgien anglais, Vallon, rapporte1 qu en explorant 1 œsophage
avec une sonde en gomme il sentit que le corps étranger mordait sur la sonde* il la retira et observa effectivement sur celle-ci des îayuies. Le corps avalé était une portion de râtelier. L’existence de ces rayures permit de déterminer avec précision l’endroit où se trouvait le râtelier et la distance qui le séparait de la bouche. La connaissance de ce fait est intéressante et pourra rendre des services dans quelques circonstances
pour le diagnostic précis.
C’est dans le même ordre d’idées que je rappellerai le cas de Cheever, cité par Terrier. En recherchant un corps étranger au moyeu d’une tige armée d’une éponge à son extrémité, le chirurgien trouva sur elle une petite tache de sang qui lui permit de poser un diagnostic très-précis.
Parfois l’exploration buccale est rendue impossible; c’est ce qui arriva à Broca chez un idiot qui présentait les symptômes ordinaires des corps étrangers de 1 œsophage et qui se refusait obstinément a ou\iii la bouche. Les premières tentatives faites par le nez pour explorer l’œsophage ne réussissaient pas ; la sonde entrait dans le larynx. Broca eut l’idée d’introduire une sonde dans chaque narine. La première s’engagea dans la trachée, la seconde dans l’œsophage. Cet homme avait l’estomac rempli de pommes de terre entières. Le corps étranger était formé, derrière le corps thyroïde, par deux fragments de côte de veau. — Les exemples de difficultés d’exploration ne sont pas très-rares. Ainsi il arrive que l’intensité des accidents asphyxiques et nerveux ne laisse pas au chirurgien le temps d’agir méthodiquement, parce qualors il faut traiter les symptômes avant d’assurer le diagnostic. Il faut encore ajouter à tous ces moyens de diagnostic l 'auscultation de V œsophage par la méthode d’Hamburger. Déjà cette méthode a été appliquée en Angleterre avec fruit dans les cas de rétiécissements ou d’altérations organiques. Elle n’a pas encore été employée pour les corps étrangers; ce serait un point de séméiologie intéressant à étudier.